Scandale des pilules de 3e et 4e génération : retour sur la déferlante médiatique

dimanche 20/01/2013 - mis à jour le 12/09/2014 à 19h25

Depuis le début du mois de décembre, les médias se sont faits l’écho des victimes des pilules de troisième et quatrième génération. En cause : les risques d’embolies pulmonaires de ces pilules.

Un emballement médiatique...

« Alerte sur la pilule » titre le Monde, « Faut-il avoir peur de la pilule ? » s’interroge Europe1.fr, « La pilule troisième génération en accusation » répond l’Express. Les termes sont effrayants et les articles parfois alarmistes. Des récits poignants aux actions en justice, les victimes des pilules de troisième et quatrième génération sortent du silence suite à la médiatisation de l’affaire. Trente femmes devraient déposer plainte contre les laboratoires Bayer, Merck et Pfizer dans les jours qui viennent. Sur le site internet de l’Association des Victimes d’Embolie Pulmonaire (AVEP), on dénombre onze témoignages déposés entre mai et novembre 2012. Depuis le 14 décembre - date du dépôt de la plainte de Marion Larat, victime d’un AVC, contre le laboratoire Bayer - 31 témoignages sont venus s’y ajouter. Séverine Oriol, médecin au planning familial du Rhône, note une véritable inquiétude de ses patientes : « Au quotidien, ce que cet emballement médiatique change pour moi, c’est le nombre d’appels de patientes paniquées ». Même constat du service AlloContraception – numéro d’information sur la contraception, basé dans l’Hérault - « que ce soit lors des interventions ou au centre d’appel, les femmes nous posent énormément de questions ».

… qui suscite l’inquiétude des praticiens

De nombreux professionnels soulignent le danger d’une telle campagne médiatique. Dans un communiqué, le planning familial invite les patientes à ne pas céder à la panique et à poursuivre leur contraception. L’association s’inquiète : d’abord parce qu’il s’agit d’un moyen de contraception peu contraignant, essentiel à la liberté des femmes mais aussi pour le risque qu’une telle diabolisation représente. Déjà en 1995 en Angleterre, les effets indésirables des pilules de troisième génération avaient créé un émoi collectif, conduisant à l’arrêt brutal de la contraception de centaines de femmes. Cette pill scare [1] avait vu augmenter de 11 % les IVG en moins d’un an.
Le 2 janvier, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, appelait au calme : « Il faut éviter de donner le sentiment que la pilule serait un danger. ». Bernard Hédon, président du collège national des gynécologues obstétriciens français, rappelle que le risque de thrombose veineuse est plus élevé lors de la grossesse (0,06 %) et davantage encore lors de l’accouchement (0,1 %). Pour lui, il est essentiel d’éviter les réactions émotionnelles et « les interruptions brutales de contraception qui seraient pire que tout. ». Si la pilule comporte des risques qu’il ne faut pas négliger lors de la prescription, la balance bénéfice/risque du contraceptif invite à la plus grande mesure dans le traitement qui est fait de l’affaire.

Notes

[1Littéralement : peur de la pilule. Terme apparu à la suite du scandale de 1995 en Angleterre pour désigner l’affolement autour du contraceptif

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Romain Bresson

Depuis le collège, un seul objectif : devenir journaliste ! J’ai alors tout entrepris pour réaliser ce rêve. C’est donc naturellement que je me suis dirigé vers la Licence en Science Politique de (...)

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