Silence, on viole !

Le viol au Congo, une arme de destructuration massive.

jeudi 04/12/2008 - mis à jour le 01/03/2009 à 14h47

L’Est de la République démocratique du Congo est le siège d’un conflit armé qui a fait de nombreuses victimes ces dernières années. Plusieurs organisations internationales tirent la sonnette d’alarme mais rien ne semble suffir. Chaque jour, des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles sont victimes de viols commis de manière systématique par les forces combattantes. Ces agressions sexuelles tendent à devenir de véritables armes de guerre.

Un drame humain

Le corps las et la tête baissée. Chaque jour, elles sont des centaines à se presser aux portes des centres de soins après des actes de maltraitance. Elles ont subi des viols à répétition, parfois sous les yeux de parents ou enfants, des enlèvements, des séquestrations. Elles se plaignent de maux de tête, de douleurs abdominales, certaines d’entre elles n’ont plus d’organes sexuels lorsqu’elles parviennent à atteindre les camps de réfugiés et les hôpitaux. Les hommes ne sont pas épargnés par les crimes sexuels. Des vieilles mains tremblantes aux yeux perdus des enfants, tout laisse penser que la guerre fait rage au Congo.

Une situation stagnante

En 2004, un rapport de l’organisation internationale Amnesty International [1] faisait déjà mention du drame qui était en train de se dérouler sur le territoire congolais. La situation était urgente et perdurait depuis plusieurs années.

«  Dans de nombreux cas, des femmes et des jeunes filles ont aussi été utilisées comme esclaves sexuelles par les groupes armés. Des hommes et de jeunes garçons ont également été victimes de viols. Ces viols ont parfois été accompagnés ou suivis de blessures, d’actes de torture ou de meurtres. Souvent, ce sont des actes commis en public et devant des membres de la famille de la victime, notamment des enfants. Certaines femmes ont même été violées près des cadavres de membres de leur famille.  »

Quatre ans plus tard, l’organisation mène toujours des actions pour être entendue. Dimanche 25 novembre 2008, des membres d’Amnesty International manifestaient sur la Place de la Monnaie de Bruxelles pour dénoncer la banalisation de ses actes.
Le 27 novembre 2008 à New York, des organisations non-gouvernementales (Oxfam, Refugees International, World Vision et Human Rights Watch) pressaient l’ONU [2] de faire le nécessaire pour mettre fin au conflit en garantissant la sécurité des civils.

Mais concrètement, sur le terrain, la situation ne cesse de se dégrader et les mesures ne sont pas prises. "La situation humanitaire est toujours aussi terrible" d’après Georgette Gagnon, directrice exécutive de la division Afrique de Human Rights Watch. Amnesty International s’indigne : "Dans un contexte d’effondrement de l’autorité de l’État dans l’est de la RDC, les lois nationales et le droit international ne sont plus respectés et toutes les factions armées ont perpétré et continuent de commettre en toute impunité des actes de violences sexuelles."
Dans un pays où des millions de civils souffrent et meurent des traumatismes engendrés par des années de guerre, les structures de santé, loin de pouvoir accueillir tout le monde, s’effondrent par manque de moyens, surpopulation et pénurie de personnel.

Une arme de guerre

Un reportage de Susanne Babila, « Le viol, une arme de guerre au Congo », diffusé sur Arte en 2007, a mis en image les atrocités vécues par les populations congolaises. Médecins, humanitaires et psychologues s’indignent du silence qui a trop longtemps accompagné les victimes. Il ne s’agit pas d’actes isolés mais d’une véritable missive guerrière, venant toucher la population congolaise dans son intimité, fragiliser les structures familiales, favoriser la transmission du VIH et traumatiser durablement des populations. Le 17 janvier dernier, une résolution du Parlement européen [3] demandait à l’Union européenne et aux Nations unies « de reconnaître le viol, la grossesse forcée, l’esclavage sexuel et toute autre forme de violence sexuelle comme crimes contre l’humanité, crimes de guerre graves et comme une forme de torture, qu’ils soient ou non perpétrés de manière systématique ». Une condamnation attendue par les victimes.

Liens vers le film de Susanne Babila, "Le viol, une arme de guerre au Congo" :

Première partie

Deuxième partie

Troisième partie

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2 réactions

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  • Silence, on viole !

    23 septembre 2009 01:26, par bantu

    repondre message

    Bonjour,
    Il faut relayer ce message pour le monde entier se lève contre les violences faites au mères Congolaises : Concert le 14 Octobre à la Bellevilloise des Bantunani contre les violences comme arme de guerre..

    http://www.bantunani.com/CommConcert14oct.htm

    Voir en ligne : Quand le groove dénonce un génocide

  • Silence, on viole !

    25 février 2009 17:45, par nancy nadon

    repondre message

    Bonjour,

    Le Groupe Éducalivres inc. travaille actuellement à la publication guide d’enseignement pour les enseignants en Monde contemporain (histoire), 5e secondaire. Nous vous demandons, par la présente, l’autorisation de reproduire les extraits suivants dans la section matériel reproductible du guide d’enseignement et le tirage de ce guide sera de 1000 exemplaires. Ces extraits se retrouveront également dans une section intitulé « ressources en ligne » dans Internet qui ne sera accessible que par les enseignants utilisant notre matériel avec mot de passe.

    Nous vous demandons, par la présente, l’autorisation de reproduire les extraits suivants dans notre guide ainsi que dans notre section « ressources en ligne ».

    Silence, on viole !
    Le viol au Congo, une arme de déstructuration massive. L’Est de la République démocratique du Congo est le siège d’un conflit armé qui a fait de nombreuses victimes ces dernières années. Plusieurs organisations internationales tirent la sonnette d’alarme mais rien ne semble suffir. Chaque jour, des dizaines de milliers de femmes et de jeunes filles sont victimes de viols commis de manière systématique par les forces combattantes. Ces agressions sexuelles tendent à devenir de véritables armes de guerre.[…]

    Une situation stagnante
    En 2004, un rapport de l’organisation internationale Amnesty International [1] faisait déjà mention du drame qui était en train de se dérouler sur le territoire congolais. La situation était urgente et perdurait depuis plusieurs années.
    « Dans de nombreux cas, des femmes et des jeunes filles ont aussi été utilisées comme esclaves sexuelles par les groupes armés. Des hommes et de jeunes garçons ont également été victimes de viols. Ces viols ont parfois été accompagnés ou suivis de blessures, d’actes de torture ou de meurtres. Souvent, ce sont des actes commis en public et devant des membres de la famille de la victime, notamment des enfants. Certaines femmes ont même été violées près des cadavres de membres de leur famille. »
    Quatre ans plus tard, l’organisation mène toujours des actions pour être entendue. Dimanche 25 novembre 2008, des membres d’Amnesty International manifestaient sur la Place de la Monnaie de Bruxelles pour dénoncer la banalisation de ses actes. Le 27 novembre 2008 à New York, des organisations non-gouvernementales (Oxfam, Refugees International, World Vision et Human Rights Watch) pressaient l’ONU [2] de faire le nécessaire pour mettre fin au conflit en garantissant la sécurité des civils. […]

    Une arme de guerre
    Un reportage de Susanne Babila, « Le viol, une arme de guerre au Congo », diffusé sur Arte en 2007, a mis en image les atrocités vécues par les populations congolaises. Médecins, humanitaires et psychologues s’indignent du silence qui a trop longtemps accompagné les victimes. Il ne s’agit pas d’actes isolés mais d’une véritable missive guerrière, venant toucher la population congolaise dans son intimité, fragiliser les structures familiales, favoriser la transmission du VIH et traumatiser durablement des populations. Le 17 janvier dernier, une résolution du Parlement européen [3] demandait à l’Union européenne et aux Nations unies « de reconnaître le viol, la grossesse forcée, l’esclavage sexuel et toute autre forme de violence sexuelle comme crimes contre l’humanité, crimes de guerre graves et comme une forme de torture, qu’ils soient ou non perpétrés de manière systématique ». Une condamnation attendue par les victimes.
    source : http://www.hautcourant.com/Silence-on-viole,539

    Nous vous remercions d’avance de votre précieuse collaboration et vous prions d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos sentiments distingués.

    Une réponse rapide serait grandement appréciée.

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