Sorties de la semaine n°3 : Thurston Moore, Efrim Menück et Herman Düne

mercredi 25/05/2011

Tour d’horizon et sélection des disques qui font l’actu cette semaine - et feront peut-être l’histoire demain. Aujourd’hui, HautCourant a choisi Thurston Moore, Herman Düne et Efrim Menück.

Beaucoup de lecteurs se demandent comment échapper à l’assaut radiophonique quotidien infligé par l’affaire DSK. Ou comment nourrir leurs cages à miel devant les transpirations télévisuelles offertes par Roland-Garros, dont le pendant sonore peut devenir, à force, rébarbatif. La solution est simple : enfoncer ses écouteurs “and push play” [1]. À la clé, trois itinéraires : finir de devenir fou en écoutant Thurston Moore, se rendre léger et frais avec Herman Düne, ou être sèchement déçu par le pourtant génial Efrim Menück.

Thurston Moore – Demolished Thoughts

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Pour tous ceux qui ont loupé les trente dernières années, rappelons que Thurston Moore est le guitariste/chanteur du groupe Sonic Youth. Celui-là même qui a terrorisé des générations entières d’adolescents avec des albums comme Daydream Nation, A Thousand Leaves ou Evol. Avec un son reconnaissable entre mille, à base de guitares préparées, les New-Yorkais ont traversé les décennies en s’imposant comme cultes et inépuisables.

Malgré une production constante et abondante avec Sonic Youth, Thurston Moore a multiplié les collaborations extérieures et les projets solos. Il livre aujourd’hui un troisième album sous son nom, cette fois-ci produit par Beck. Et c’est juste extraordinaire. Avec sa guitare acoustique et le violon de Samara Lubelski, Thurston nous invite dans son monde folk, où le jeu de Sonic Youth croiserait l’intimité du regretté Nick Drake. Il est juste étonnant de constater comme l’artiste semble déborder de créativité, tant il arrive encore à nous surprendre. À écouter d’urgence. Ici Benediction, qui ouvre l’album :

Thurston

Efrim Menück – Plays “High Gospel”

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On ne pouvait qu’attendre avec une impatience de gosse l’album solo d’Efrim Menück. Il est connu comme l’un des fondateurs de Godspeed You ! Black Emperor, groupe de post-rock contestataire de Montréal devenu plus que mythique et reformé en 2011 pour une série de concerts dont les survivants semblent encore porter les stigmates. Voilà, Godspeed, avec ses morceaux instrumentaux de vingt minutes, avec ses implacables montées de cordes et de batterie qui arrachent les tripes, avec son label d’avant-garde Constellation Records, c’est du lourd. Constellation qui produit également le second groupe de Menuck, A silver Mt. Zion (tout aussi culte, avec du chant en plus), et forcément, donc, son album solo.

Alors voilà, on en est à attendre le messie, conforté qu’on est après l’écoute d’un premier morceau, Our lady of parc extension and her munificent sorrows. Un fou nous a même écrit que ce titre « synthétise déjà un pan de musique qui va de Aretha Franklin à Godspeed. High Gospel quoi. » Il sera lui aussi terriblement déçu par le reste de l’album qui, il faut le dire, est chiant au possible. On ne sait pas trop où Menück a voulu en venir sur ce coup-là. Il nous laisse au bord de la route, perdu dans un trip trop personnel. Plays “High Gospel” est le genre de disque d’où il n’émerge rien que du bruit, duquel on décroche au bout de dix minutes malgré toute la bonne volonté du monde. Dommage. Mais le premier morceau reste très bon (comme un ou deux autres qui émergent finalement du néant), alors on vous le met :

Herman Düne – Strange Moosic

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On ne pouvait pas passer à côté du nouveau Herman Düne, groupe franco-suédois quelque peu entouré de mystères et célèbre pour le tube I wish that I could see you soon, paru sur Giant en 2006. La fiche Wikipédia des zinzins barbus les met dans la case anti-folk. Quesako ? C’est un peu confus, alors disons qu’Herman Düne se situe entre la pop, le surf, le rock et la folk music. C’est un mix bien frais, un smoothie en quelque sorte. Porté par la voix atypique de David-Ivar Yaya Herman Düne (Cosmic Neman, le second membre, s’appelle aussi Herman Düne…), le duo offre une musique souvent légère, parfois mélancolique, mais toujours très mélodieuse.

Cette fois, le disque a été enregistré à Los Angeles et sent encore plus la Californie qu’à l’accoutumée. Le clip de Tell me something I don’t know est un véritable court métrage où Jon Hamm, vu dans la série Mad Men et le film de Ben Affleck The Town, partage l’affiche avec une étrange peluche bleue. Oui, les Herman Düne sont un peu fêlés mais ils nous mettent de bonne humeur. Et comme toutes les bonnes choses, c’est à consommer sans modération !

Herman Düne

Notes

[1et appuyer sur play

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