Sylvie Goulard, spécialiste de l’Europe, confiante sur le futur de l’Allemagne

mercredi 06/12/2017 - mis à jour le 11/12/2017 à 16h43

L’éphémère ministre des Armées, députée européenne pendant plus de sept ans, affiche son optimisme quant aux négociations en Allemagne, en vue de la formation d’un nouveau gouvernement. Et plaide pour une Europe de la défense, plus transparente sur ses institutions.

L’Europe : des craintes, des espoirs. L’ancienne eurodéputée expose ses inquiétudes, mais réaffirme son inébranlable confiance en l’Europe et en l’une de ses figures tutélaires, Angela Merkel, malgré la crise politique que traverse l’Allemagne.

À l’occasion des Tribunes de la presse à Bordeaux, l’éphémère ministre des Armées Sylvie Goulard était invitée à s’exprimer sur l’état actuel de l’Europe. Elle est intervenue en tant qu’ancienne eurodéputée - poste qu’elle a occupé durant plus de sept ans - mais également ancienne conseillère du président de la Commission européenne, Romano Prodi. Les bienfaits comme les failles de l’Europe, Sylvie Goulard les connait bien. Pourtant chantre de l’Europe, elle a quitté son poste de ministre dans le premier gouvernement Edouard Philippe, suite à l’ouverture d’une enquête sur des emplois fictifs au MoDem. Mais cela n’a pas entaché sa réputation d’experte sur l’Europe.

Angela Merkel dans la tourmente

Au coeur de l’Europe : l’Allemagne. Angela Merkel, chancelière allemande depuis 2005 et européenne convaincue, constitue l’une des figures les plus solides de l’Union européenne. Depuis plusieurs années, la chancelière critiquée pour sa poigne de fer, inquiète les européens du fait de sa fermeté et de la position hégémonique de son pays. Mais aujourd’hui, ils craignent que les difficultés qu’elle rencontre ne mettent en péril l’avenir de l’Europe. Et si la chancelière est réduite à régler des affaires internes, son investissement dans les affaires européennes sera bien moindre.

Plus d’un mois après les élections législatives en Allemagne et l’entrée de l’extrême droite au Parlement (AfD), le pays inquiète. L’Union chrétienne démocrate (CDU) d’Angela Merkel, sortie en tête avec seulement 33% des voix, doit constituer un nouveau gouvernement de coalition. Le soir même des résultats, le président du SPD (Parti social-démocrate d’Allemagne), Martin Schulz, a annoncé la fin de leur collaboration avec les conservateurs de la CDU et CSU. Du fait de la position affaiblie d’Angela Merkel, les négociations sont rudes et, la chancelière peine à trouver un accord avec les libéraux du FDP et les Verts.

Les désaccords avec les libéraux et les Verts bénéfiques ?

Un désaccord qui, selon l’ancienne eurodéputée, n’est pas nécessairement désavantageux. Elle certifie que « les Verts auraient eu bien plus de problèmes, notamment sur les questions de défense (…), que le SPD ».

On comprend que l’ancienne ministre des armées qui a décrit le président Macron comme « un homme extrêmement pro-européen et avisé », souhaite que le projet de refondation et de démocratisation de l’Union européenne, prônée par le chef de l’État, aboutisse. Et les ambitions européennes d’Emmanuel Macron n’auraient pu être réalisées avec les libéraux et les Verts dans la coalition, en raison de leur unique exigence : « une application rigoureuse du pacte de croissance et de stabilité ».

Quant aux craintes d’un nouvel échec des négociations et de la déstabilisation de la chancelière allemande, l’ancienne députée européenne reste optimiste et n’a « aucun doute qu’une coalition sera trouvée » et que « Merkel restera chancelière ».
Le Parti social-démocrate d’Allemagne (SPD) est d’ailleurs revenu sur ses propos il y a quelques jours, ouvrant la voie aux discussions avec les conservateurs. Et les membres du parti débattront des propositions de la direction pendant le congrès du parti qui aura lieu du 7 au 9 décembre, à Berlin.

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L’Europe inquiète, Sylvie Goulard rassure

L’ancienne conseillère de Romano Prodi se dit soucieuse de «  la montée des nationalismes en Hongrie, Pologne… » qui mettent en danger l’Union. Et atteste que si la «  coalition précédente a échoué sur l’Europe  » c’est à cause de «  toutes ses insuffisances ».

L’absence de défense et fiscalité commune, d’une meilleure transparence au Conseil des ministres de l’Europe… Autant d’opacité que de points à améliorer au sein de l’Union européenne. L’ancienne eurodéputée affirme sur l’Europe qu’« à la fois on en a besoin et à la fois il faut la changer, mais ce n’est pas une raison pour laisser tomber  ».

Profondément convaincue des bienfaits de l’Union, elle clame qu’elle « a apporté la seule période de 70 ans où les gens ne se sont pas entretués ». Une Europe qui a des problèmes, certes, mais une Europe qui peut s’améliorer, selon l’ancienne eurodéputée.
Se définissant elle-même comme « la Mamma » de l’Union, elle plaide pour une Europe renforcée, qui prend en compte « tout le monde ». « On ne pourra rien construire si on en laisse de côté  » ajoute-t-elle. Fervent soutien de l’Europe, elle finit par conseiller de « clouer le bec à ceux qui ont la critique trop facile » sur l’Union.

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