Avant-première

Un goût d’inachevé pour le dernier Sofia Coppola

vendredi 31/12/2010 - mis à jour le 30/01/2011 à 14h40

Plus de quatre années se sont écoulées depuis son dernier long-métrage. En 2011, l’enfant du cinéma américain revient dans les salles obscures avec une nouvelle réalisation : Somewhere. Le Lion d’Or du 67e festival cinématographique de Venise valait-il l’attente ?

Johnny Marco est un acteur de blockbuster, beau gosse mais blasé, qui a élu domicile au Château Marmont, un hôtel de Los Angeles. Ni des jumelles strip-teaseuses ni une bouteille de Petrus ne parviennent à susciter son intérêt. Seules son agent et ses obligations d’acteur à succès le sortent de son lit. Alors que son ex-compagne lui confie leur fille de 11 ans, Cleo, le quotidien du Don Juan s’en trouve bousculé... En somme, un scénario qui ressemble grandement au synopsis de la série Californication.

Johnny Marco, un Hank Moody édulcoré

JPEGDans le fond, la star hollywoodienne de Sofia Coppola n’est pas différente du désormais célèbre Hank Moody, écrivain new-yorkais exilé dans la Cité des Anges pour reconquérir le cœur de sa femme et rester proche de sa fille. Johnny Marco a le même style vestimentaire un peu “grunge” : des tatouages, des jeans troués, des tee-shirts rock’n’roll associés aux chemises à carreaux usées jusqu’à la moelle... Il a simplement troqué le coquard du bad-boy Moody, obtenu lors d’une folle nuit d’amour en compagnie d’une mineure, avec un poignet cassé.

JPEGTout semble les rapprocher, jusqu’à leur talent pour Guitar Hero ! À ceci près que Hank Moody est connu pour ses répliques cinglantes et ses tirades cyniques qui ont données une nouvelle dimension à David Duchovny. Alors que Johnny Marco évolue dans le monde de Sofia Coppola. Elle accorde une place immense aux silences, à la suggestion et aux plans longs. Un style qui n’est pas au goût de tous et qui pourrait en décevoir certains.

Des scènes intimes et justes entre un père et sa fille

Être fan de Sofia Coppola, c’est en partie apprendre à apprécier les longueurs. La réalisatrice aime mettre en scène des personnes perdues, coincées dans une cage dorée. À l’image de Bill Murray dans Lost in Translation ou de Marie-Antoinette, interprétée par Kristen Dunst, Stephen Dorff tourne en rond (littéralement, à en voir la scène d’ouverture !). Le film n’a ni réel début ni véritable chute, c’est un moment dans l’existence de Johnny Marco.

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Bien souvent, le spectateur tourne aussi en rond, ne voyant pas où Sofia Coppola veut les emmener. « Somewhere ! [1] » pourrait-elle répondre. L’intérêt est de suivre le personnage dans une errance quasi-artistique. Cleo, jouée par Elle Fanning - la petite sœur de Dakota -, apporte un peu de sens à la vie de son père. Et de ces scènes intimes et justes, la digne fille de Francis F. tire la force de son œuvre. La bande-annonce fait bien son travail en mettant en avant ces moments-là du film. Et avec le groupe français Phœnix, l’univers si particulier de L.A. a trouvé son fond sonore. Dommage qu’il ne soit pas plus mis à contribution.

Une longue attente pour finalement ne pouvoir qu’entrevoir le talent de Sofia Coppola : voici de quoi laisser de nombreux cinéphiles sur leur faim. Et ce seront les mêmes qui, plein d’espoir, iront voir son prochain film !


Somewhere - Sofia Coppola
envoyé par Suchablog. - Court métrage, documentaire et bande annonce.

Sortie du film dans les salles françaises prévue pour le 5 janvier 2011.

Notes

[1« Quelque part ! »

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