Crise économique

Un vieux vélo pour remonter la pente

jeudi 22/12/2011

Depuis 2005, l’association le Vieux Biclou à Montpellier, voit adhérer de plus en plus de personnes en situation de précarité, pour qui le vélo est une bonne alternative pour réduire leur budget de transport.

Un bon coup de pédale pour faire dérailler la crise ! Le Vieux Biclou, unique atelier associatif de réparation de vélo montpelliérain, compte aujourd’hui plus de 700 adhérents. Cyclistes passionnés et souvent malgré-eux, ils viennent réparer leur deux-roues, se former ou bien acheter des pièces d’occasion, le tout à des prix abordables. Tous ont choisi “l’écomobilité” pour deux grandes raisons : circuler sans polluer et à bas coût. Faire des économies semblerait être la raison principale de leur investissement.

Le deux-roues à grand pas

Selon un rapport de l’Insee de 2010, le transport représente en moyenne 14% du budget des ménages français. Il occupe ainsi le second poste de dépense, après le logement (25,6%) et devant l’alimentation (13,4%). En voiture, en train, en tramway ou à vélo, les Montpelliérains sont nombreux à opter pour le deux-roues. La culture du vélo se développe à grands pas. En témoigne le nombre de kilomètres de pistes cyclables qui a triplé dans le département en moins de 10 ans. Rapide, non-polluant, pas cher et sportif sont les qualités mises en avant dans le guide des transports, édité par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe). Selon son rapport, « il faut un quart d’heure pour faire 3 km à vélo et un trajet en voiture sur deux, fait moins de 3 km ». Tout cela, les Montpelliérains semblent l’avoir bien en tête. Seulement, faut-il encore avoir un vélo, savoir en faire et surtout avoir les moyens de l’entretenir. Dérisoire pensez-vous ?

Pas de bitume sans biclou

« Beaucoup de gens sont dans la galère » affirme Johan Doré, coordinateur de l’association Le Vieux Biclou à Montpellier et chargé d’étude dans le transport. Cet atelier associatif de réparation de vélo aide les cyclistes depuis 2005 à entretenir leur bécane et promeut l’écomobilité. Avec un nombre d’adhérents égalant 700, l’association parle de record cette année. Qui sont-ils ? J. Doré l’étudie depuis plusieurs mois. Pour lui, les locaux sont fréquentés « généralement par les plus précaires, beaucoup d’étudiants, des chômeurs récents, souvent âgés, sans oublier les Sans Domicile Fixe ». Un constat qui laisse à penser que le facteur économique prime sur le côté écologique de la pratique du vélo. Jérémie est étudiant à Polytech’Montpellier. Son budget ne lui permet pas de circuler en voiture ni même en tramway. « Le vélo c’est bien plus facile, plus rapide et économiquement je m’y retrouve », a-t-il confié. Membre du Vieux Biclou, ce jeune étudiant de 19 ans constate que bon nombre de ses collègues sont dans le même cas. Avec une cotisation annuelle de 15 à 20 euros, l’atelier met à disposition le matériel nécessaire pour l’entretien des bicycles. Également, des pièces de rechange d’occasion sont en vente à un prix plus abordable que sur le marché. De quoi séduire les personnes à faible revenu et plus particulièrement les victimes de la crise économique.

« Les gens s’en foutent d’être verts, c’est juste qu’ils n’ont pas de sous » - Johan Doré

Un nouveau mode de vie ? « Dépressuriser le côté anxiogène de la crise ». Pour J. Doré, « la pratique du vélo est un modèle de transition, une tendance de fond qui va de pair avec le phénomène de covoiturage ». Sous la face écologique de ces nouvelles tendances, se cache la question du budget. Pour le jeune coordinateur, « les gens s’en foutent d’être verts, c’est juste qu’ils n’ont pas de sous ». La vélonomie, à savoir l’apprentissage de la mécanique pour garantir un usage régulier du vélo, est pour ce dernier, un signe de précarité : « Quand quelqu’un vient apprendre à se débrouiller seul, c’est la preuve qu’il n’a pas les moyens de le faire faire à quelqu’un d’autre (…). Quand je suis entré dans l’association il y a six mois, je souhaitais développer la pratique du cyclisme et finalement, je suis là pour aider les personnes en difficulté ». Le vélo demeurerait-il un bon remède à la crise ? Le bon Vieux Biclou semble y veiller.

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