Photojournalisme

Visa pour l’Image, les coups de coeur de Hautcourant

jeudi 26/08/2010 - mis à jour le 27/08/2010 à 10h01

Samedi 28 août débute Visa pour l’Image, l’incontournable festival international de photojournalisme. A cette occasion, Hautcourant publiera une petite série d’articles. Commençons avec une présentation de quelques unes des expositions coups de coeur. Travaux engagés et photographie humaniste sont au rendez-vous.

Visa pour l’image a 22 ans. 22 années de photographies fortes - parfois choquantes - mais jamais dénuées d’humanité et de vérité. « J’estime que les photographes ont raison de faire ces photographies et que j’ai raison de les montrer. Jamais une photographie n’est trop violente. Jamais. C’est la réalité du monde qui l’est. Après, c’est vrai, il y a des images que je ne montre pas… Il y a des images que j’ai osé montrer, même si je savais qu’elles allaient créer la polémique mais, je répète, ce n’est pas la photographie qui est violente c’est la situation qui l’est. Il y a des séries qui m’empêchent de dormir pendant des jours », confie Jean-François Leroy, fondateur et directeur de l’institution qu’est devenu le festival international de photojournalisme, Visa pour l’Image à Perpignan.

« J’aime bien parler de la force d’une image, et non pas de l’esthétisme. Quand on parle d’esthétisme, on ne voit plus la réalité. La réalité n’a pas besoin d’être esthétique mais d’être vraie », explique-t-il. Et, cette année, les images fortes sont légion. Hautcourant fait son Top 7 !

Top 1 - Munem Wasif, « En Dieu nous croyons »

Le travail de Munem Wasif est un vrai coup de cœur. Depuis des années, il photographie son pays, le Bangladesh, avec beaucoup d’âme et d’humanité. En 2008, il gagne le prix du Jeune reporter à Visa pour son travail sur les réfugiés climatiques. Cette année, il revient avec un travail sur la perception que les Musulmans ont d’eux-mêmes et de leur religion au Bangladesh, un pays qui compte plus de 130 millions de pratiquants. Ses clichés vont au-delà des préjugés que peuvent avoir les occidentaux de la religion musulmane et montrent l’impact que le 11 septembre a pu avoir sur les Musulmans à travers le monde. La photographie en tête de l’article montre des jeunes filles lisant en Bengali, leur langue maternelle, à la médersa Alia à Satkhira.

Top 2 - Andrea Star Reese, « The urban Cave »

Les clichés de la photographe Andrea Star Reese nous frappent de plein fouet ! Et font un triste parallèle avec notre actualité. Ils nous montrent la survie d’hommes et de femmes qui vivent dans des campements de fortune malgré les efforts des municipalités pour les expulser. Vivre sous un pont ou le long d’un tunnel de métro désaffecté, la misère, l’incertitude, sont le lot quotidien de ces New-Yorkais sans-abri.

Top 3 - Grégoire Korganow, « Carnet d’urgences »

« J’étais mort ». Voilà l’origine du projet de Grégoire Korganow. Après un accident de moto à Paris, le photographe est entre la vie et la mort. Il est entre les mains d’inconnus qui vont lui sauver la vie. Il veut mettre des visages sur ces inconnus. Il suit alors, mois après mois, le quotidien des équipes d’urgentistes. Des clichés Noir et Blanc qui montrent la vie, et parfois l’incompréhension devant ses dures réalités et ses coups du sort.

Top 4 - Justyna Mielnikiewicz, « Souffrance partagée, lignes divisées »

La jeune photographe d’origine polonaise et géorgienne, Justyna Mielnikiewicz, montre à travers ses photographies les liens compliqués entre les différentes communautés du Caucase du Sud. Elle bouscule les clichés de façon surprenante. Elle a gagné le Prix Canon de la Femme Photojournaliste décerné par l’Association des Femmes Journalistes en 2009 et soutenu par Le Figaro Magazine.

Top 5 - Gali Tibbon, « Échos de la Jérusalem chrétienne »

Cette année, Visa fait la part belle aux spiritualités et religions à travers le monde. Gali Tibbon aussi. Avec son reportage sur les pèlerins et Chrétiens de Jérusalem. Ses photographies s’apparentent à un voyage des plus mystiques au cœur de la Ville sainte. Par milliers, les pèlerins y affluent pour revivre les derniers pas de Jésus en remontant la Via Dolorosa, « Chemin de la Souffrance », qui mène au Saint-Sépulcre. D’une très grande construction et d’une lumière magnifique, les clichés de Tibbon transpirent de l’âme des croyants.

Top 6 - Cédric Gerbehaye, « Fleuve Congo »

Tel un devoir de mémoire, le photographe belge Cédric Gerbehaye fait un voyage au cœur de la République Démocratique du Congo, et plus particulièrement sur les rives de son fleuve éponyme. Avec douceur et force à la fois, Gerbehaye transmet toute la majestuosité du Congo, le second fleuve le plus vaste au monde. Une apparente sérénité nous envahit. Mais peut-être n’est-ce qu’un leurre ?

Top 7 - Olivier Laban-Mattei, « Le jour où tout a basculé »

Il est le coup de cœur de Jean-François Leroy. Pourquoi ne serait-il pas non plus le notre ? Il a toutes les qualités pour ! Après tout, c’est « un mec… waouh, un mec bien, droit dans ses bottes, sachant ce qu’il veut, sachant ce qu’il fait, pas bidouilleur. Enfin, vrai quoi ! Et bien, c’est ce genre de mecs qui me donnent envie de continuer ce métier ! » Olivier Laban-Mattei, la trentaine, travaille au plus près des hommes et de leurs souffrances. Victimes des leurs et surtout de la guerre, ils restent dignes pourtant. C’est cette dignité que capte le jeune photographe à travers ses clichés.

Hors compétition, l’incontournable William Klein

Comment ne pas évoquer le grand William Klein alors que Visa lui rend hommage à travers une rétrospective de ses quatre grandes séries sur Rome, Moscou, Tokyo et New-York ? De ce maître ayant influencé des générations et des générations de photographes, nous retiendrons surement ses photographies d’enfants, armes au poing, à la frontière du jeu et de la violence. Attention aux “contacts” parfois brutaux avec la réalité !

Bien sûr, à côté de cette petite sélection, nous vous laissons le soin de découvrir tant et tant d’autres images coups de poing ! Pourquoi venir si ce n’est parce que ça vous « intéresse d’avoir de vraies images que l’on ne montre plus ailleurs ».

Entrée libre pour toutes les expositions de 10h à 20h, tous les jours, du 28 août au 12 septembre. Perpignan, différents lieux.

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