Entretien

Weepers Circus : « Chacun résonne dans les influences de l’autre »

vendredi 23/04/2010

Les Weepers Circus retombent en enfance ! Dès 19h, petits et grands pourront venir les écouter sur la scène du Foyer des Campagnes, à Pézenas. A l’occasion du Printival 2010, ce groupe mi-dingo, mi-poète, mi-farceur, présente son dernier spectacle. Éric Kaija Guerrier, auteur-compositeur et guitariste, répond aux questions de HautCourant.

Quelles musiques influencent le groupe ?

Nos influences, nos envies, nos goûts ont évolués. Quand nous avons démarré, dans les années 1980, nous étions très influencés par la musique médiévale, folk, les pays de l’Est,... Puis, très vite, nous avons pris goût à la chanson française : Brel, Brassens, Ferré,... Ce sont nos influences majeures. Ensuite, nous avons très vite retrouvé le goût des années 1970, avec les Beatles, les Stones,... Nous aimons beaucoup l’histoire de la musique et nous sommes très curieux de son passé. Ce sont ces musiques-là qui sont dans notre cœur.

Nous ne nous sommes jamais affranchis de nos influences et nous ne les avons jamais cachées. Notre musique acoustique est devenue un peu rock. Au fur et à mesure des albums - huit en tout- nous présentons autre chose : une autre démarche, une autre piste, un autre chemin.

Avez-vous tous les mêmes ?

Non, en effet. Par contre, nous nous retrouvons tous dans les influences des autres, dans cette diversité de parcours, de cheminements. Chacun résonne dans les influences de l’autre. C’est l’avantage d’être six. Au sein d’un même disque, d’une chanson à l’autre, nous explorons d’autres univers.

Qu’est ce qui vous inspire ?

Aucun de nous n’est sensible au réel. Nous ne sommes pas dans la description d’un réel, quotidien et habituel. Nous aimons bien le monde des rêves, faire une lecture du monde onirique, dire une émotion, dire les choses de la vie d’un point de vue symbolique et poétique. Ce de manière à ce que l’auditeur puisse se faire sa propre lecture du texte, sans qu’il se sente prisonnier par quelque chose qui soit trop concret.

Aujourd’hui, la chanson française est plutôt dans l’optique de description d’un quotidien, des petites choses. Que ce soit Bénabar, Aldebert... Ils le font bien mais ce ne sont pas les thématiques qui nous préoccupent.

C’est pour cette raison que vous venez de réaliser un disque-livre et un spectacle pour les enfants ?

Nous y avions déjà pensé voilà quelques années mais l’occasion ne s’était jamais présentée. Lorsqu’un producteur et éditeur spécialisé dans l’enfance nous a sollicité, nous n’avons pas hésité. Nous lui avons proposé de faire un livre-disque. En effet, quand nous étions petits nous lisions une collection Le Petit Ménestrel, alors nous sommes partis de cette idée-là. Puis, comme nous sommes de Strasbourg et que nous sommes fans de l’illustrateur Tomi Ungerer, nous avons proposé à son musée de travailler avec nous sur ce projet. Certains des dessins sont extrêmement connus, d’autres sont des inédits. La seule chose imposée par les producteurs était de faire la moitié de l’album avec des chansons existantes et l’autre avec des créations.

Nous avons repris l’univers traditionnel du conte : les ogres, les princesses, les indiens... Mais, en les détournant. Nous en avons fait quelque chose d’actuel qui s’insère dans notre monde.

Juliette, Emma Daumas, Olivia Ruiz, vous avez invité de nombreux artistes sur cet album ...

Nous avons eu envie d’inviter des gens que l’on aime bien. Juliette, que nous considérons comme une très grande auteure et interprète, a eu la gentillesse de pousser la chansonnette avec nous, Didier Lockwood a posé un violon, Olivia Ruiz avec qui nous collaborons depuis des années, Caroline Loeb, Frédérique Bel, Serge Bégout, Christine Ott... C’est assez rigolo de se retrouver tous ensemble sur ce projet. Il est vrai que nous marchons d’abord à l’affectif, à l’amitié. L’artistique vient après.

En parlant d’amitié et de rencontre, parlez-nous de Dany Lapointe...

Nous nous connaissons depuis quelques années. Indépendamment du festival (ndlr, Printival Boby Lapointe), elle est devenue une très, très, bonne copine. Elle est très attachante et d’une gentillesse incroyable.

Pour la petite anecdote : il se trouve que Dany est une très grande fan de Juliette. Et, lorsque nous lui avons dit que nous allions reprendre “l’Hélicon” de Boby Lapointe avec Juliette, elle était toute contente. Elle nous a dit : « bon, les gars, quand vous l’enregistrerez avec Juliette, je veux être là ! ». Donc, en septembre dernier, elle nous a rejoint à Paris. Ce fut une vraie rencontre au sommet qui a été l’occasion de grandes révélations... Juliette nous a raconté que son papa, Jacques Noureddine, musicien, a joué sur les albums de Boby Lapointe. Dany ne le savait pas. Nous non plus. Nous étions tous très émus car nous avions le sentiment d’assister à quelque chose de particulier.

Quel est le souvenir que vous gardez de votre premier Printival ?

Nous avons participé au Printival il y a cinq ans. Nous en gardons un très bon souvenir, le sentiment d’une dimension familiale. L’ambiance est détendue, on sent de l’affection entre les gens, de l’empathie les uns avec les autres... Puis, c’est très bien organisé. Nous avons accepté de revenir sans la moindre hésitation.

D’autres projets ?

Un album pour le printemps 2011. Nous sommes en train d’écrire les chansons. Musicalement nous sommes encore dans le vague... Dans tous les cas, nous voulons proposer un objet, refaire un livre-disque. Un objet que l’on aurait envie de garder chez-soi, de regarder en écoutant... Dans un monde où l’on consomme, on prend, on jette, la musique comme le reste, nous avons envie d’offrir un petit objet d’art.

Recueilli par Julie DERACHE

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