Le directeur de l’Opéra lève le rideau sur sa vie

Par le 14 décembre 2012

Une large bibliothèque parsemée de livres sur l’art, quelques albums lyriques, une vieille chaîne Hi-Fi…un léger parfum embaume la pièce. Au centre, un bureau finement ciselé d’or et de noir, « style Régence-Louis XV » annonce une voix fluette. Le lieu en impose, le personnage tout autant. À la tête du joyau culturel de Montpellier, Jean-Paul Scarpitta est une figure marquante de la ville. Une importance balancée par une sensibilité apparente et dont le regard traduit toute la profondeur.

Né le 1 novembre 1955 en Algérie française, d’un père diplomate et d’une mère au foyer, Jean-Paul Scarpitta a grandi dans un milieu favorisé. Autant qu’il s’en souvienne, le directeur de l’Opéra a toujours été mélomane. « Ma mère avait une très grande voix, elle chantait tout le temps. Je crois que j’ai gardé ça d’elle » se souvient-il. « La musique, vous savez, c’est ce qui touche le génie, ce qui vous donne une diversité intérieure ». À 14 ans, il se souvient être allé pour « 5 francs » à l’Opéra, acclamer la future danseuse étoile Ghislaine Thesmar. Une révélation.

Un homme passionné par l’art

Le baccalauréat en poche, il suit son « instinct » qui le conduira à étudier l’art, et l’art dramatique en passant par l’école du Louvre, à Paris. Très vite habité par l’envie de créer, il se lance dans des expositions artistiques, puis s’essaie à la réalisation de film : « ce n’est pas ce que j’ai fait de mieux » concède-t-il. Il en retiendra tout de même une grande amitié avec l’acteur Gérard Depardieu. Petit à petit, il revient à son premier amour : le chant lyrique, et entreprend la mise en scène d’opéras. Le carnaval des animaux, Jeanne d’Arc au bûcher, la Traviata, les Noces de Figaro, comptent parmi ses meilleures réalisations.
« Mettre en œuvre son imagination, c’est une chance » confie-t-il.

Directeur de l’Opéra Montpellier

Le 1er janvier 2011, sonne l’heure de la consécration : Jean-Paul Scarpitta devient directeur de l’Opéra national de Montpellier. Mais ce passionné de théâtre tient à rester metteur en scène pour garder « une fibre artistique ». En un an et demi, il aura connu des hauts et des bas. Il y a les grands moments de palpitation, au lever et au tomber du rideau d’un opéra minutieusement préparé. Les récents travaux pour recréer à l’identique ce fameux rideau qui jadis brûla accidentellement. Mais il y a aussi les polémiques à répétition. Plusieurs accusations ont émané du syndicat de l’orchestre national pour harcèlement moral. Sur 39 dossiers présentés, sept viennent d’être reçus aux prud’hommes avec un jugement prévu fin 2013. Une motion de défiance interne a même recueillie 83 % à l’encontre du directeur.

Mais Jean-Paul Scarpitta tient à rester droit : « j’adore me remettre en question, mais là c’est trop ! on a voulu me salir, j’irai au bout de mon honneur ! » tempête-t-il. Alors pour se consoler, il s’investit parallèlement dans la fondation de Carla Bruni-Sarkozy – une amie de longue date – dont il est membre. « On offre des bourses à de jeunes étudiants pour qu’ils puissent accéder à des études d’art » précise le directeur de l’Opéra qui prévoit pour la saison prochaine de « faire venir des jeunes talents de toute l’Europe. » Et puis, à côté de ça, il y a la mise scène, l’art lyrique, la musique, toujours, comme un baume au cœur.

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à propos de l'auteur

Auteur : Meddy Mensah

Originaire de la région champenoise, mais Normand d’adoption, j’ai fait la majeure partie de ma scolarité au pays du cidre et des vaches, avant de poursuivre mes études universitaires du côté de Rouen. Une année de Droit, trois années d’Histoire – et, une Licence en poche, avant de terminer par un Master de Science Politique, et me voilà débarquant dans ce Master II des métiers du journalisme. Le dessein est tout tracé: devenir journaliste politique de presse écrite, si possible dans un titre national. Un métier qui cristallise à lui seul toutes les passions qui m’étreignirent depuis ma prime jeunesse : le goût de la transmission du savoir, la senteur d’un papier journal, l’exercice de style et la plume comme fidèle alliée. Autant de fantasmes, d’élégantes rêveries, de fragiles aspirations… mais qui n’a pas, en lisant Honoré de Balzac, voulu se faire Rubempré ; pour peu que ces visions ne deviennent pas des illusions perdues…