2e émission K-In Actu

Les membres de l’équipe d’Haut Courant animent l’émission K-In Actu en collaboration avec Kaïna TV.

Au programme du 22 février 2013 :

Reportage sur les artisans du bâtiment : Le chantier de Pierrevives fait débat – Jordane Burnot, Clothilde Dorieux, Marion Genevois, Coralie Pierre

Interview de Saïd Benabida et Najib El-Aïdaoui, respectivement président et vice président de l’associaiton 2AIP

Le Rapporteur : Entretien avec Tekilla- Richard Lacroix, Simon Robert

Chronique Viens dans mon quartier – Lucie Lecherbonnier

Présentation : Coralie Pierre, Simon Robert

Le reportage présenté dans cette émission n’est qu’une version partielle d’un reportage de quatre minutes.
L’AMAI, association Montpelliéraine d’aide et d’insertion n’a pas souhaité être associée aux invités et interviewés sur le plateau de l’émission, membres de l’association 2AIP. Ces deux associations d’artisanat du bâtiment, basées dans le quartier de la Paillade poursuivent pourtant un même but : faire entendre leur voix auprès des pouvoirs publics de Montpellier qui n’accordent des chantiers qu’aux gros constructeurs, sans impliquer les artisans locaux comme c’est le cas sur le chantier de Pierrevives. Si l’AMAI estime que la CAPEB, syndicat des artisans du bâtiment, n’œuvre pas suffisamment en faveur de l’emploi de ces artisans locaux, l’association 2AIP est associée à la CAPEB et soutenue par le Conseil général. Alors qu’André Vezihnet a décidé de retirer à l’AMAI une subvention de près de 40 000 €, les tensions entre les deux associations sont palpables. C’est pourquoi le reportage a été tronqué dans l’émission. Pour voir la version complète de ce reportage, cliquer ici.

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K-In Actu

Les membres de l’équipe d’Haut Courant animent l’émission K-In Actu en collaboration avec Kaïna TV.

Au programme du 22 janvier 2013 :

Reportage sur les emplois sous contrat d’avenir – Jordane Burnot, Clothilde Dorieux, Marion Genevoix, Coralie Pierre

Interview de Sébastien Clausier, responsable de la crèche Zébulon et employeur d’une jeune sous contrat d’avenir

Le Rapporteur: Entretien avec Monotov – Richard Lacroix, Simon Robert

Chronique Cinéma – Coline Chavaroche

Chronique Viens dans mon quartier – Lucie Lecherbonnier

Présentation: Coralie Pierre, Simon Robert


K-In actu 01 par masterjournalisme08

Joël Dicker, La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert : Un thriller haletant mais pas que…

Il ne faut pas se fier aux apparences. Ce pavé de 670 pages pourrait en effrayer plus d’un au premier abord, mais il s’agit en fait d’un page-turner à la française redoutable. Une fois lancé, difficile de s’arrêter. Ce roman aux multiples tiroirs plonge le lecteur au cœur du processus créatif, avec la naissance d’un roman dans le roman. Les histoires s’enchevêtrent et s’entremêlent pour ne laisser aucun répit jusqu’à la dernière page.

L’intrigue est simple. Le 30 août 1975, dans le New Hampshire, Nola Kellergan, une adolescente de 15 ans disparaît sans laisser de trace tandis que la dernière personne à l’avoir aperçue est assassinée.

Au printemps 2008, aux prémices de l’élection présidentielle, Harry Quebert, écrivain renommé est arrêté suite à la découverte des ossements de la victime dans son jardin. L’Amérique apprend stupéfaite qu’il entretenait une relation secrète avec la jeune fille, 33 ans plus tôt. Il était alors âgé de 34 ans.

Au même moment, Marcus Goldman, jeune écrivain érigé au rang d’auteur à succès suite à son premier roman, souffre de la maladie des écrivains. La fameuse crise de la page blanche. Immédiatement, il quitte New York pour Aurora afin d’innocenter son seul ami et mentor en faisant fi des suppliques de son éditeur qui lui réclame un nouveau manuscrit.

C’est le récit d’un amour impossible entre Nola et Harry bien qu’il soit plus spirituel que physique.

C’est le portrait sociologique d’Aurora, New Hampshire, une petite ville sans histoire où les habitants sont rongés par de terribles secrets, d’impénétrables non-dits.

C’est le parcours initiatique de Marcus qui va affirmer son statut d’écrivain en déterrant les secrets les plus sombres de celui qui lui a tout appris.

L’enquête que va mener Marcus pour blanchir Harry, alterne entre la vie d’aujourd’hui à Aurora et celle des années 70. En revenant sur la genèse de cette disparition, elle donnera lieu à de nombreux rebondissements. Marcus ne pourra en décrocher avant d’en avoir découvert les arcanes les plus profonds… le lecteur non plus !

Joël Dicker [[Après, Les derniers jours de nos pères, ce deuxième roman de Joël Dicker a reçu le Prix Goncourt des lycéens et le Grand Prix du Roman de l’Académie française 2012.]], réalise un thriller magistralement bien construit à la fois léger et grave. Il nous dresse le portrait d’une Amérique moyenne qui n’hésite pas à couvrir d’opprobre ceux qu’elle a glorifiés hier. Il décrit le monde sans pitié des médias, le rôle dictatorial de celui de l’édition, les affres de l’écriture et de la création artistique.

En structurant son livre en 31 chapitres correspondant à 31 conseils pour écrire un grand roman, Joël Dicker nous donne une grande leçon de littérature. Il ne manque pas d’appliquer la règle numéro 4 : «Lorsque vous arrivez en fin de livre Marcus, offrez à votre lecteur un rebondissement de dernière minute…il faut garder le lecteur en haleine jusqu’au bout». C’est réussi !

Le « Capital » ne fait pas recette

La bande-annonce s’avérait prometteuse, mais le film en son entier est bien loin du compte.

Le pitch s’annonçait attrayant – comment le système bancaire corrompt la race humaine – mais sa mise en scène réalisée par Costa-Gavras le vide de tout intérêt.
Le casting semble mal choisi : Gad Elmaleh s’essaie en requin de la finance et tend à faire du film une tragi-comédie davantage qu’un thriller financier. Les personnages sont odieux ; mais il fallait bien s’y attendre dans ce milieu, et ne captivent en rien le spectateur. Le choix des répliques s’apparente à une succession d’expressions capitalistes, qui, mise bout à bout finissent d’achever l’attention de l’auditoire qui perd vite le fil de l’histoire.

« Continuons à prendre aux pauvres pour donner aux riches » [[Citation du film]]

Sur grand écran, les financiers s’illustrent ainsi sous leurs plus mauvais jours. Les scènes s’enchainent sans laisser le temps de tout bien comprendre. On passe de Paris à Miami, de Tokyo à New-York et les réactions des uns et des autres sont aussi surprenantes que les rebondissements laissent à désirer. De trahison en faux-semblants l’univers des traders semble aussi palpitant qu’une journée de débat à l’Assemblée Nationale. Encore que les sujets débattus y sont relativement maitrisés. Dans « Le Capital » Gad Elmaleh campe le président d’une des plus grandes banques européennes. Parvenu à ce poste par une sombre manoeuvre de financiers véreux, il enchaine les décisions les plus abracadabrantesques au gré de ses envies, sans stratégie apparente il se fait la marionnette de plus puissants que lui. Comble de l’histoire : il parvient à se maintenir à son poste et renouveler sa présidence à la direction du groupe. Abandonnant derrière lui tout scrupule, et avide de pouvoir et d’argent, il ne semble guider que par la quête du « toujours plus ».

Vraisemblablement le public visé sortait tout droit d’HEC et le plaisir du cinéma se voit complètement mis de côté. Si vous ne sortez pas d’une grande école, il faudra s’accrocher pour suivre l’histoire du début à la fin. Déroutant, certes, mais pas forcément dans le bon sens du terme : en témoigne les ronflements de mon voisin de salle sombre.

Traiter le système bancaire en période de crise aurait pu s’avérer payant, mais on est bien loin de l’authenticité fracassante de « Margin call » . Sorti en 2011 le film suivait des traders de Wall Street à la veille de l’éclatement de la crise des subprimes. Compréhensible et incisif, il plongeait le spectateur au coeur du milieu. Avec « Le Capital » la seule immersion que pourrait connaître l’auditoire serait au coeur de son propre ennui.

Le réalisme insoutenable de «The Impossible» fait pleurer les salles

Plongée au cœur de l’enfer : « The Impossible » réalisé par Juan Antonio Bayona revient sur le tsunami qui a balayé l’ouest de la Thaïlande en Décembre 2004.

« Dans un film comme celui-là, tu dois voir le monstre en face, et plonger ta caméra à l’intérieur, pour faire vraiment ressentir au public ce que c’était d’être là-bas » confie Juan Antonio Bayona. [[Propos recueillis par l’AFP.]]

Le scénario reprend l’histoire vraie, d’une famille espagnole partie passer les vacances de Noël dans un complexe hôtelier luxueux. La nature ne fera aucune distinction entre les touristes et les locaux. Ravageant tout sur son passage, un raz de marée s’abat sur les côtes thaïlandaises.

Immersion totale pour le spectateur pris au piège d’un film sans faille, qui nous fait vibrer d’émotions du début à la fin : on y retrouve la peur bien sûr et la surprise face à l’inimaginable qui se produit. Cette vague qui fracasse tout sur son chemin et emporte hommes, femmes, enfants. Les scènes sous-marines nous emportent avec elles, nous tourmentent aussi. Les cris insupportables d’une mère cherchant son enfant, la torture infâme des blessures qui lui sont infligées, très vite nous plongent dans l’horreur absolue de la situation. C’est ce réalisme qui est le plus poignant. Le spectateur est transporté au cœur de la tempête.

« C’est le réalisme de l’émotion que je cherchais » explique le réalisateur.[[Propos recueillis par l’AFP.]]

A la peur et l’angoisse de l’instant présent, succède l’impossible organisation de l’après tsunami. Des côtes entières dévastées, des champs de ruine où s’amoncellent des corps sans vie. L’insupportable souffrance des milliers de blessés, Juan Antonio Bayona ne nous épargne aucun détails sordides. Certaines scènes restent intolérables à voir, mais l’œil se détourne malgré lui : impuissant, on voudrait que cesse l’enfer.
Puis vient l’attente et l’espoir impérissable d’un père à la recherche de sa femme et de son fils aîné. Une famille séparée, déchirée, qui se croise sans se trouver, se perd dans une souffrance infinie sinon désarmante. L’innocence des enfants et le courage d’un fils, mais aussi l’extrême solidarité humaine : ; face à l’horreur la plus intégrale, face à l’acharnement d’une nature qui massacre sans distinction.

Une jolie surprise donc pour cette superproduction au casting américain : Ewan Mac Gregor et Naomi Watts subliment ce que la bande-annonce présentait comme un énième navet. Loin du compte, c’est un panel d’émotions des plus poignantes qui attend les spectateurs de « The Impossible ».

Une agence artistique à la recherche de nouveaux talents

C’est dans une petite ruelle du coeur de ville montpelliérain que se cache la nouvelle« Kurves Agency » . Son fondateur, Ludovic Bobée, nous accueille les bras ouverts pour nous parler de son étonnant projet : une agence artistique spécialisée en nouveaux talents, qui cherche à démocratiser l’art sous toutes ses formes.

« Rendre l’art accessible à tous, surtout aux plus jeunes »

Dans une ambiance intimiste et cosy, l’objectif est clairement affiché par le maître des lieux. « Ici, ce n’est pas une galerie conventionnelle mais plus une plaque tournante. On recherche des oeuvres de nouveaux artistes et on les expose pour les faire connaître. D’un autre côté on vise essentiellement le grand public, surtout les jeunes en pratiquant des prix abordables » .

Et de fait, les supports choisis par ses artistes collent relativement au profil de la clientèle recherchée : du plus classique avec des posters sérigraphiés ou des impressions sur toile, mais aussi du mobilier retravaillé comme une table basse de grande marque dont le support est recouvert d’un collage imperméable aux motifs bigarrés. On y trouve aussi des planches de skate peintes à l’huile qui, dépourvues de leurs roues, sont à accrocher dans votre salon.

Enfin, une ligne vestimentaire pourrait, à terme, venir s’ajouter à cette longue liste de produits dérivés disponibles sur place.
« Le but ce n’est pas de gagner de l’argent, mais qu’un étudiant moyen puisse s’offrir des objets d’arts numérotés et signés par les artistes avec des prix qui oscillent entre 30 et 800 euros » nous confie Ludovic entre deux coups de fil.

« La Factory d’Andy Warhol c’est l’objectif ultime de mon entreprise »

Il faut dire que le jeune montpelliérain est plutôt débordé ces derniers jours : entre la préparation de l’inauguration de son atelier, la recherche de nouveaux talents, et la gestion quotidienne de l’agence ; le rythme est plutôt soutenu.

Pour autant, sa porte reste ouverte et les visiteurs sont toujours les bienvenus.
C’est sur un fond de Serge Gainsbourg, massés dans un divan moelleux que se forme une petite assemblée faites d’amis proches et d’artistes en collaboration. Autour d’un café, ou d’un verre de fin, à toute heure de la journée, on y parle d’art bien sûr, mais aussi de musique ou de sujets plus personnels.

Un haut lieu de socialisation donc, comme le reconnaît volontiers notre hôte. « J’ai voulu reprendre le principe de la fabrique d’Andy Warhol, mais à une échelle moindre. Dans 30m2 j’ai réussi à créer un espace bureau, une deuxième partie pour l’atelier et enfin un espace d’exposition » .


Un objectif ambitieux que Ludovic semble bien prêt à réaliser. Il planche déjà sur de nouveaux projets qui devraient voir le jour sous peu, notamment la création d’un téléthon pour le mois d’Octobre 2013. En partenariat avec la mairie de Montpellier et l’association Etincelles, ce dernier s’inscrirait dans la lutte contre le cancer du sein.

Mais pour l’heure, les priorités restent ciblés autour de l’organisation de l’inauguration de l’agence qui aura lieu en cette fin de semaine. L’occasion pour ce jeune entrepreneur de faire connaître son projet et lancer ces jeunes artistes prometteurs, le tout dans une ambiance agréable et bon enfant.

Infos pratiques : Kurves Agency, 11 rue St-Anne, 34000 Montpellier. Accès libre du mercredi au dimanche inclus de 10h30 à 19h Inauguration le 22 et 23 Novembre 2012 de 19h à 23h.

Vieilles Charrues : une programmation décevante

La programmation du 20e festival des Vieilles Charrues a été dévoilée ce mardi 12 avril. Malgré la présence de Snoop Dogg, Lou Reed, Supertramp ou Scorpions, l’édition 2011 s’avère décevante. Aperçu.

Montpellier : des guides pratiques en un clic

Pour Frédéric Lemonnier, tout a commencé en octobre 2009 avec le lancement de Tout-Montpellier.com pour répondre « à un besoin d’information locale et hyperlocale de plus en plus fort ». En effet, il estime qu’ « il manquait un lieu central d’échanges entre tous les Montpelliérains, c’est pour cela que le site donne une large place au participatif. » Tout_montpellier.jpg

Portails informatifs et participatifs

Les loisirs, sorties, sports constituent l’essentiel de l’information des deux city-guides. Une ligne éditoriale confirmée par le rédacteur en chef de Montpelliernet.fr, Yoann Chambon. « C’est un réel intérêt de gérer ce type d’information plutôt que la politique » précise-t-il. Lancé en septembre 2010, Montpelliernet.fr est dirigé par une société basée àMontpellier_net.jpg Toulouse. L’alimentation du site est momentanément gérée à distance : « nous espérons avoir un correspondant sur place d’ici le début de l’été. » Une période de rodage « propre à ce que connaissent les sites lors de leur première année d’existence » confesse le rédacteur en chef.

Tout-Montpellier.com mise, lui, sur une double contribution : l’équipe rédactionnelle et les Montpelliérains eux-mêmes. Les bons plans sorties, restaurants et autres sont partagés dans « le but d’y trouver l’information la plus complète. Cela n’est possible qu’avec la participation de tous » précise Frédéric Lemonnier. Au-delà de l’actualité, « le site met par exemple à disposition des associations et des artistes des outils de promotion, et ce dans une totale gratuité ». La gestion du contenu est réalisée par une équipe de trois rédacteurs et d’un expert en référencement. « Nous espérons recruter deux journalistes à plein temps dans la deuxième partie de l’année. »

Des pistes de réflexion pour se développer

La jeunesse de ces sites ne leur permet pas encore d’acquérir une vraie visibilité. Ils pâtissent du manque de communication autour d’eux, « les moyens financiers étant limités, malgré une énergie et des idées bien présentes », déplore Frédéric Lemonnier. Les deux sites s’accordent sur la nécessité de multiplier les partenariats avec la ville et les principaux clubs sportifs pour faciliter leur évolution. Avec 40 000 visiteurs uniques mensuels, Tout-Montpellier compte atteindre 100 000 clics d’ici la fin de l’année. Montpelliernet.fr, financé en partie par les encarts publicitaires, enregistre jusqu’ici 2 000 visiteurs par jour et espère être au point d’ici la rentrée prochaine.

Les city-guides montpelliérains continuent de se projeter dans l’avenir. « Nous envisageons de mettre en place une billetterie en ligne, afin que le site devienne le plus complet possible, et développer l’aspect participatif » confie Yoann Chambon. Dans sa lancée, Tout-Montpellier.com songe à mettre en place des services de baby-sitting, colocation et gastronomie locale.
Les deux fondateurs font le même constat : « Il reste encore de la place sur le net pour développer des projets qui mettent en valeur la ville et conquérir le public.»

Agora des savoirs : la saison est ouverte !

Méditer sur « les valeurs, les sciences et les savoirs ». C’est le pari que se lance, cette année, l’Agora des savoirs montpelliéraine. Mercredi 3 novembre, la philosophe Sylviane Agacinski a ouvert la première conférence publique. Et pour l’occasion, elle a choisi d’aborder la question complexe de « l’inestimable ».

Forte du succès de sa première expérience, la ville de Montpellier remet ça ! L’Agora des savoirs s’offre une seconde saison. Une nouvelle occasion pour les Montpelliérains de rencontrer de grands spécialistes et d’aborder avec eux des thèmes précis, souvent peu traités. Riche de ses intervenants, à l’image de la philosophe Sylviane Agacinski, prestigieuse invitée de la leçon inaugurale, l’initiative culturelle continue ainsi de démocratiser le savoir.
Trois cycles, une trentaine d’intervenants, chercheurs, enseignants, essayistes…Le programme de la manifestation a les atouts nécessaires pour séduire, cette année encore, un large public.

Mais « l’Agora des savoirs a un gros défaut : les femmes y sont sous-représentées ». Conscient des faiblesses de ces rendez-vous culturels, Michaël Delafosse, adjoint au maire délégué à l’action culturelle, veut y remédier. L’invitation de la philosophe Sylviane Agacinski en est le parfait exemple. Spécialiste du rapport entre les sexes et auteur de plusieurs ouvrages sur le sujet (dont le célèbre « Drame des sexes »), elle incarne l’importance de la réflexion féminine.
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« Que voulons nous savoir ? »

Triste constat que celui de la spécialiste lors de l‘ouverture des débats. « Nous vivons dans une époque mal à l’aise avec ses valeurs. » Crise des valeurs ? Entre passion pour l’égalité et crainte des hiérarchies, il semblerait que la notion même de valeur perde sa signification. Elle a été réduite dans nos sociétés à l’intérêt relatif d’un individu. Pour la philosophe, « cette conception de plus en plus subjectiviste et individualiste des valeurs » pourrait s’expliquer par le « manque de reconnaissance commune des valeurs, au sens de ce qu’est l’estime ».

Dans le « monde désenchanté » de Max Weber, cité volontiers par la professeur agrégé de Philosophie, la neutralité scientifique est essentielle. Elle doit faire face aux conflits d’intérêts qui entourent les Hommes. Pour le sociologue allemand, la recherche scientifique serait libre des valeurs, ces dernières se trouvant ailleurs dans la société. Valeur et vérité ? Deux concepts que tout semble opposer.

Cependant, cette hypothèse des sciences neutres et libres, exemptées de valeurs, laisse de côté la question de la finalité du savoir scientifique. Sylviane Agacinski veut mettre l’accent sur l’impossibilité de séparer l’ »avoir » du « vouloir » : « que voulons nous savoir ? La question est souvent éludée pourtant la réponse n’est pas si évidente que cela ». Les connaissances scientifiques correspondent à une recherche précise, à l’utilisation d’une méthode particulière et à la poursuite d’un but singulier.

Or, l’idée de valeur n’est pas dissociable de celle d’orientation : si toute recherche implique une orientation, elle pose inévitablement la valeur de ce qui est recherché. Cette valeur n’est rien d’autre que ce qui est digne d’être recherché. Par syllogisme, si ce qui est recherché est la vérité alors la vérité est une valeur.

La conception technoscientifique, seule vérité possible ?

Cette réflexion complexe ne va pas de soi. De nos jours, la conception technoscientifique est un pilier essentiel, souvent considérée comme l’unique détentrice de la vérité. « Mais est-ce la seule vérité possible ? » La philosophe y voit un certain danger : celui de la relativisation de tout autre point de vue et du renvoi de ces derniers à des conceptions subjectives.
« On fait comme si le regard scientifique était naturel, alors qu’il n’est qu’une possibilité de la vision des choses. » La pratique technoscientifique est une technique mais n’est pas la seule. Trop souvent oubliée, la question de la pluralité des visions du monde apparait primordiale dans le discours philosophique de Sylviane Agacinski.

Après deux heures d’exposé, la brillante philosophe pose à son public admiratif une dernière question. « L’extension de la vérité technoscientifique n’est-elle pas en partie responsable de la dévaluation de toute autre façon de considérer la réalité ? » Une nouvelle réflexion qui laisse aux apprentis philosophes de quoi patienter jusqu’à la prochaine conférence.

« La rançon du succès »

Une première soirée réussie pour l’Agora des savoirs qui a attiré une foule de curieux. Obligeant d’ailleurs les plus téméraires à s’installer dans les escaliers de l’ancien cinéma Rabelais.
Que les assoiffés de savoirs n‘attendent pas le dernier moment pour se rendre aux prochaines conférences. Ces rendez-vous culturels sont très prisés et les places assises y sont chères ! Mais comme Hélène Mandroux, maire de Montpellier, le dit si bien: « c’est la rançon du succès ».

Le programme de l’Agora des savoirs

Une semaine avec Europe Ecologie

Pendant une semaine, Haut Courant a suivi Europe Écologie dans la dernière ligne droite de la campagne des régionales : réunions, meetings, débats participatifs, rencontres avec les différents candidats. Haut Courant vous donne ainsi un aperçu du programme d’Europe Écologie ainsi que de ses différentes figures.