Le NPA prend forme

Olivier Besancenot s’est déplacé à Montpellier le 15 novembre 2008. C’était à l’occasion d’une réunion nationale des comités d’Initiative pour le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA). A ses côtés : Sophie, étudiante du Comité de Montpellier, Hervé, postier CGT du comité de Nîmes, Célinia du comité jeunes de Perpignan, et Raoul-Marc Jennar du comité du Conflent. Le NPA est encore un projet. Aucun nom définitif pour le moment. Il succèdera néanmoins à la Ligue Communiste Révolutionnaire (LCR), lors du Congrès prévu fin janvier 2009. Pendant ce temps, les idées fusent.

Le NPA se veut une alternative à la gauche existante. Il prône un anticapitalisme et un antilibéralisme assumés et rejette toute alliance avec le Parti Socialiste. Son ambition : rassembler au-delà de la base militante actuelle de la LCR. Quelques pistes sur le programme du futur parti…

Les Idées

Le meeting touche à sa fin. Le son du groupe Totum Orchestra envahit peu à peu le Parc des Expositions. Militants aguerris ou simples observateurs, ils acceptent de dévoiler leur sentiments sur un parti en gestation.

Réactions

Olivier Besancenot est le porte-parole médiatique du projet de NPA et force est de constater qu’il ne laisse pas les militants indifférents. Véritable showman, il manie humour et sujets graves avec un certain talent. Morceaux choisis…

Un chef Charismatique

Ambiance morose à La Poste

Partout en France des manifestations contre le changement du statut de La Poste et l’ouverture de son capital à hauteur de 30% avaient lieu ce samedi après-midi. Depuis quelques mois, cette mesure faisant craindre une privatisation à terme est envisagée afin de trouver des financements supplémentaires à l’entreprise devant, dès 2011, faire face à la concurrence, selon la direction. A Montpellier, c’est au Peyrou que le comité intersyndical avait mobilisé ces troupes (et les usagers) quelque peu moroses.

Plusieurs centaines de personnes étaient présentes mais moins que prévues, resteront dans la camionnette CGT nombre de drapeaux, l’arrivée du bus retardataire des Biterrois n’y changeant rien. A 15h20, les différents bataillons syndicaux et politiques jusque-là dispersés devant l’Arc de Triomphe se rejoignent et entament la marche. Tout y est : djembés, tracts, postiers en uniforme réglementaire, sifflets, haut-parleurs scandant des morceaux bien choisis : « les postiers allez allez allez, non non non à la poste privatisée » et pourtant ça ne prend pas et on n’insiste pas tellement pour que ça prenne. La masse aérée avance d’un pas apathique, les regards sont peu concentrés, certains discourent même des élections du PS de la veille, le volume sonore du cortège anormalement bas dans différents points du cortège le permettant.
L’itinéraire s’achève devant le Théâtre place de la Comédie. Là tous s’arrêtent net et écoutent religieusement le discours du comité rappelant les fondamentaux de la mobilisation : « défense du service public », « La Poste, outil de solidarité et d’égalité sur le territoire », « la privatisation, elle ne se négocie pas, elle ne s’amende pas, elle se combat», « nous les ferons plier » entre lesquels s’intercalent des applaudissements francs et enthousiastes. Car si vous voulez les voir s’animer nos postiers, il existe des mots magiques : « usagers », « service public », « rentabilité » qui tournent en boucle bien avant « baisse des effectifs » et « précarisation ». « L’ouverture du capital de 30% même au profit de la Caisse des dépôts, c’est du pipo! A terme La Poste sera privatisée, dès lors s’engagera une dynamique de rentabilité dont l’effet concret sera par exemple l’augmentation du prix du timbre » commente Francis Viguié, conseiller municipal LCR à Montpellier. Un facteur CGTiste renchérissant « Les activités non-rentables disparaissant comme certaines tournées ou agences, comment feront les personnes âgées qui habitent les campagnes pour aller retirer de l’argent ? Le service public, c’est tout public, personne ne doit être mis de côté ». « Le facteur, c’est un lien social, aussi bien en campagne qu’en ZUS (zone urbaine sensible) où je travaille à Montpellier. D’ailleurs, les usagers nous soutiennent à 95% mais ils ne se sont pas déplacés » regrette Brigitte. L’absence des usagers mais aussi des élus aura certainement porté un coup au moral des troupes, mais peut-être pas assez pour démobiliser lors de la prochaine étape en décembre lors de la remise du rapport Ailleret sur l’avenir de l’entreprise encore publique.

Le Second Tour de Haut Courant

Haut Courant poursuit son partenariat avec Montpellier Plus, le quotidien gratuit de Montpellier. Des membres de notre équipe ont pu suivre les faits marquants de ce deuxième dimanche électoral. Sur Montpellier, le seul suspense restait dans les pourcentages obtenus. La liste d’Hélène Mandroux passe largement au-dessus de son adversaire Jacques Domergue. La bonne surprise de la soirée est à mettre à l’actif de Jean-Louis Roumégas et des Verts (fusionnée avec la liste LCR-CUALs-MTE de Francis Viguié). Cette liste d’opposition peut se prévaloir de ses 18,62% pour revendiquer une place dans l’exécutif montpelliérain.

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«Nous ne sommes pas une petite partie jetable de la gauche»

Les Verts de Jean-Louis Roumégas, et la liste d’Hélène Mandroux n’ont pas réussi à s’entendre pour le second tour des élections municipales. Avec 11,12% des suffrages, ils se présentent alliés à la liste Montpellier écologique, sociale, vraiment à gauche conduite par Francis Viguié (5,46%). Explications d’Emmanuel Reynaud, secrétaire régional des verts.

Contre toutes attentes, Les Verts présentent au second tour une liste commune avec Montpellier écologique, sociale, vraiment à gauche.

Oui, la liste de Francis Viguié qui regroupe la LCR, les Collectifs Unitaires Anti-Libéraux (CUAL) et Montpellier Tous Ensemble (MTE). C’est une liste de gauche alternative très diverse, comme ils aiment à le montrer. On a pu se contacter rapidement, car on partage beaucoup de combats. Nos militants se connaissent. Pour le coup, il y avait urgence. Eux comme nous avons du y réfléchir très vite du fait des contraintes légales (dépôt des listes en préfecture mardi à 18H) et logistique (impression des professions de foi et du matériel de vote).

Vous n’aviez jamais envisagé de ne pas fusionner avec la liste d’Hélène Mandoux?

Non, jamais! Si on l’avez envisagé, nous n’aurions pas agit comme ça vis à vis du parti socialiste. Nous avons cru un accord possible, cela aurait été si nous avions eu face à nous des partenaires loyaux. Georges Frêche avait déclaré «vouloir nous faire descendre en dessous des 10%», mais c’était avant le premier tour. Nous avons prouvé que nous étions une force électorale, et les politiques ont le devoir de respecter les gens.

Pendant la campagne, le message que nous passions était qu’il fallait que l’on fasse plus de 10% pour peser, mais qu’ensuite on conclurait une alliance avec Hélène Mandroux pour le second tour. Elle, de son coté, acquiesçait. Au second tour, on va demander aux électeurs s’ils pensent qu’Hélène Mandroux a bien fait d’éjecter les Verts, et donc de dire aux 9000 personnes qui ont voté pour la liste de Jean-Louis Roumégas : «Vous ne m’intéressez pas». Elle les place sur le même plan que les électeurs de Jacques Domergue. Ni eux, ni nos électeurs n’auront droit à la parole. C’est plutôt grave.

Emmanuel Reynaud (à gauche) et les photographes de presse le 9 mars au soir

Quelles sont les conséquences pour vous, d’une entrée dans l’opposition?

Nous avons toujours été pragmatique. Il n’y a pas d’opposition de principe à avoir. En revanche, en cas de désaccord avec la majorité, nous n’aurons pas de compromis à faire. Nos électeurs nous soutiennent. Il n’y aura pas de «vote utile», Hélène Mandroux a déjà gagné. Quand on est dans sa position, agir comme elle l’a fait avec nous est synonyme d’arrogance. En ce qui me concerne, je n’aimerai pas être dans la liste Mandroux à l’heure actuelle, avec ceux qui ont participé à l’éviction de l’écologie de la ville de Montpellier. Qui va nous protéger demain des promoteurs immobiliers? Je ne vois pas ce que le MoDem de Dufour et le PCF peuvent apporter à cette ville.

Les Verts, ne sont pas là pour protéger des pâquerettes! Nous avons un message fort qui concerne la planète, l’environnement, et donc les gens. Je ne comprends pas qu’elle abandonne l’écologie au profit d’une absence de projet pour la ville. Si on en croit la profession de foi de Mandroux, elle est pour l’emploi, pour le logement, pour l’environnement. C’est bien. Comme tout le monde en fait. Le seul message politique que délivre cette liste c’est: «Nous sommes les plus forts, donc on fait ce que l’on veut!».

«Nous avons un problème avec Georges Frêche»

Hélène Mandroux vous a proposé 4 sièges au conseil municipal, au final vous en visez 6 dont 2 accordé à la liste de Francis Viguié. Qu’est-ce que ça change?

La politique ce n’est pas de la comptabilité! Il est question de rester debout, on ne peut pas accepter n’importe quoi. Quand on est élu on représente des gens, en l’occurrence, les 9000 qui ont voté pour nous. Ils l’ont fait pour un projet et c’est pour celui-ci que l’on se bat. Si on ne pèse pas au sein d’une majorité, à quoi ça sert? En étant dans l’opposition, on crée des lignes pour l’avenir. On sera là pour rappeler le message que les électeurs écologistes ont voulu faire passer.

On sera également là pour faire passer un message: «Nous avons un problème avec Georges Frêche». Nous l’avons toujours dit. Ce message sera plus clair si on est dans l’opposition. Honnêtement, le traitement «Frêchiste» réservé à l’opposition, nous ne le souhaitons à personne. Ses méthodes sont presque dignes de la Stasi [[Police Politique de la RDA]] ! Le principe c’est l’intimidation et la menace. Il n’y a aucune humanité dans sa façon de traiter les gens. Il faut admettre que les choses ne sont plus comme ça depuis Mandroux. Contrairement à Frêche, elle est humaine. Profondément.

Pourtant vous ne cessez de pointer sa «déloyauté»

Elle est mal entourée. On se demande qui tire les ficelles dans cette liste, elle s’est tellement contredite! Elle n’a pas cessé de dire qu’elle voulait des verts. Je renvoie au PS les mots de Robert Navarro [[1er secrétaire de la fédération socialiste de l’Hérault]] : «Quand on veut vraiment un accord, on le trouve».

Georges Frêche dit vouloir faire à Montpellier avec cette alliance qui va du PCF au MoDem un «Laboratoire d’un futur parti de gouvernement». Pourquoi le fait-il sans les Verts? C’est ne pas tenir compte des résultats! Nous ne sommes pas une petite partie jetable de la gauche! Nous notre propos n’est pas de faire que Montpellier soit aussi gros que Shangaï. Sans prétention, les verts veulent pouvoir peser sur l’avenir de la planète.