Dans la peau d’un Père Noël

Rencontre d’un pré-retraité qui prend son rôle très à coeur.

« Cherche un homme d’environ cinquante ans pour faire le Père Noël au mois de Décembre, distribuer des friandises aux enfants, faire des photos avec eux. Expérience souhaitée. »

Les annonces de ce type sont nombreuses, les élus le sont moins. Car, ne s’improvise pas bonhomme à la hotte qui veut.
A 56 ans, Gérard Santandera en sait quelque chose. Vêtu du traditionnel costume rouge, arborant lunettes de vue et longue barbe blanche, il officie du 21 Novembre au 24 Décembre devant le Carrousel, sur la place de la Comédie de Montpellier. Après une carrière dans le commerce international, il aborde la retraite sereinement, en accordant une importance toute particulière au personnage qu’il incarne depuis trois ans déjà : « Je fais ça par passion, pas pour le fric. C’est un peu ma bonne action de l’année. J’ai décidé de le faire parce que ça représente tout ce que je n’ai pas eu l’occasion de réaliser dans ma vie. »

S’il apprécie le rapport privilégié qu’il partage avec les familles, son quotidien de Père Noël est particulièrement éprouvant. Debout du matin au soir, Gérard rencontre entre 350 et 400 familles selon les journées. Quand les enfants ne lui récitent pas leur liste de cadeaux, ce sont les adolescents qui lui réclament une photo. De bonne grâce, il accepte de faire plaisir à chacun, même quand cela devient difficile : « En réalité, les tours de manège me donnent le tournis. Mais les enfants s’éclatent, ça les fait rire de voir le Père Noël malade. Du coup, quand je descends, on dirait que j’ai bu un coup. »
Mais chaque jour, Gérard prend son rôle très à cœur. Quand il enfile son costume rouge, il sait qu’il doit être exemplaire : « Toute l’année, je suis un gros fumeur. Par contre, en décembre ma consommation passe d’un paquet à cinq cigarettes par jour. Fumer devant les gosses, c’est vraiment pas possible ! La première journée est la plus difficile, mais après ça va.»
Pour ce futur retraité, les fêtes de fin d’année relèvent davantage de l’ascèse que de l’excès.

Etre Père Noël, c’est aussi être à la croisée de la vie des autres, entendre les rêves mais aussi les déboires de nuées d’enfants. Et en temps de crise, il est un observateur éloquent.
En trois ans de bons et loyaux services, Gérard a vu changer les choses : « dès l’année dernière, il était possible de voir que les parents voulaient faire plus, mais ne pouvaient pas. J’ai travaillé dans le commerce international et je peux affirmer que cette crise n’est pas conjoncturelle mais bel et bien structurelle. Il y aura encore d’autres Noël difficiles à venir. »
Malgré une économie morose, les enfants lui offrent toujours de petits cadeaux : des pièces de 50 centimes, des bonbons, des dessins, des biberons… Tout en lui faisant promettre de bien les gâter le 25 décembre. Pour les moins chanceux, il est aussi un confident : « On prend de sacrées gifles parfois, parce qu’on ne s’attend pas à ce qu’un enfant nous livre des choses émouvantes ou carrément tristes. Il faut savoir écouter. » L’année dernière, Gérard a ramené plus de 800 lettres d’enfants chez lui. Il les a ouverte une à une, et y a répondu durant tout le mois de Janvier : « c’est un sacré travail, mais j’adore ça. »

Le 24 décembre, Gérard quittera la place de la Comédie pour jouer une dernière fois
le Père Noël auprès d’une association où l’attendent plusieurs familles, avant de rejoindre la sienne, composée de six fils et de dix-huit petits enfants. La trêve de Noël ? Mr Santandera ne la connaît pas.

Noël : la ruée vers les cadeaux

Dernière ligne droite avant Noël entre nostalgie, euphorie des fêtes et business pour les commerçants.
La course aux cadeaux est lancée et aucune génération n’y échappe. Quels sont les produits phares cette année? Mais le danger existe avec certains jouets toxiques pour les enfants comme nous l’indique « 60 Millions de consommateurs » dans une enquête .

À vos marques, prêt ? Partez ! Le compte à rebours vient d’être lancé avec le début des illuminations de Noël le 21 novembre à Montpellier. La ruée vers les cadeaux est entamée depuis fort longtemps et les rayons dans nos centres commerciaux sont déjà bien rodés. Cette année, comme l’indique Nicol Michel, vendeur au rayon jouet de l’hypermarché Auchan, «le produit phare qui remporte un franc succès est le produit «V.tech».» C’est un jeu interactif, éducatif et d’éveil pour les enfants. À Carrefour, c’est le même phénomène avec deux tendances nettement différentes. À une époque où l’on parle de parité et d’émancipation de la femme, les filles restent tout de même passionnées par la cuisine«french touch» qui est d’ailleurs déjà en rupture de stock. «C’est la panique pour ce produit, tout le monde le cherche et tout le monde appelle mais il n’y a rien à faire» confient Marie Aznar et Guilaine Querol du rayon jouet, expliquant que les produits Pet shop et Anna Montana se démarquent également. Quant aux garçons, ils s’emparent de tous les produits catch cette année, les ceintures, les figurines, le ring… et s’illustrent encore une fois par leur violence. Mais les jouets que le Père Noël va déposer au pied du sapin seront-ils totalement inoffensifs pour les enfants ? L’association «60 millions de consommateurs» tire la sonnette d’alarme. Les parents doivent être vigilants car certains jouets peuvent s’avérer très dangereux pour les enfants. Certains ne possèdent pas de dispositif de sécurité. L’association a testé 66 articles [[http://www.60millions-mag.com/actualites/actualites_du_mois/trop_de_toxiques_sous_le_sapin]] pour enfants et met en garde contre la présence de produits toxiques parfois susceptibles de perturber la reproduction.

Les livres de la hotte de Noël 2009

Avec l’arrivée du Père Noël, la librairie Sauramps remplit ses rayonnages. Située au coeur du quartier commerçant de Montpellier, le célèbre bouquiniste prend le parti de surprendre ses clients par une kyrielle d’ouvrages aspirant à satisfaire petits et grands. Passage en revue.

En tête de gondole, ils trônent. Stratégie commerciale oblige, les prix littéraires et best-sellers attirent l’œil du chaland dès son entrée chez Sauramps. Pour Alain, responsable commercial, « le dernier prix Goncourt, Trois femmes puissantes de Marie N’Diaye, est une valeur sûre en terme de vente », même s’il précise  » que ce n’est pas pourtant pas le meilleur ouvrage » de l’écrivaine. Et de renchérir, « une femme, noire, qui parle du problème des femmes ça marche toujours ». Pourtant ses anciens livres sont particulièrement prisés en ce moment.

Cette tendance est à l’image de Mylène, enseignante trentenaire, qui achète « par principe tous les prix littéraires ». Et la rentrée littéraire ? « Mis à part les livres primés, je ne me sens pas plus que ça influencée par les nouveautés ». Enfin elle reconnaît tout de même acquérir les derniers Marc Levy et autre Anna Gavalda, « des livres un peu cul-cul pour les vacances et la plage. C’est juste pour le divertissement » dit-elle avec une pointe de confession.

Des nouveautés comme celui d’Hubert Haddad avec Palestine suscitent aussi l’intérêt du public. Le Goncourt des lycéens, Le club des incorrigibles optimistes de de Jean-Michel Guenassia demeure également un prix qui attire les lecteurs. Alain ajoute que « le livre de Jacques Chirac, qui n’est pas une œuvre littéraire « , se vend bien auprès de clients souvent âgés de plus de quarante ans. Les romans étrangers ont peu de succès par rapport aux nouveautés de la littérature française « même si les romans français sont plus littéraires, plus auto-centrés avec l’autofiction ».

Au rayon poche, Lucile, la libraire, dévoile une couverture en ajoutant d’un air gêné : « Ce livre marche particulièrement bien en raison de son titre ». Il s’agit du Festival de la couille de Chuck Palahniuk. Selon elle, « le rayon des livres de poche est moins affecté par la crise économique. Au contraire, s’il est privilégié c’est bien en raison des prix plus abordables ».En période de Noël, les nouveautés littéraires sont des cadeaux favoris. Les lecteurs acquièrent même plusieurs livres aiguillés par un bandeau-conseil écrit par les libraires.

Du côté des jeunes, Ilana, collégienne de 13 ans, préfère les mangas. « J’ai mes séries préférées et je les achète au fil des sorties ». En revanche, les nouveautés littéraires, elle ne les connaît pas. Pas étonnant au vu des statistiques d’Alain. D’après lui, « ce sont plus généralement les femmes qui achètent, environ 60 % ». Il est vrai qu’au premier abord, la population est largement féminine.

La bande dessinée, un domaine débordant

En cette période de fêtes, un flot de bandes dessinées surabonde les rayons de Sauramps. Une palette de couleurs et de personnages fantasques s’anime sur les couvertures cartonnées.Au comptoir, derrière un rempart d’ouvrages menaçant de s’effondrer, Michael, le vendeur nous explique qu’il reçoit, toute l’année en moyenne, une quinzaine de nouveaux titres par semaine. « Le mois de décembre, c’est la trêve des confiseurs, les éditeurs ont déjà sorti la grande cavalerie avant Noël. »
Sous le sapin, les trois tendances de cette années devraient confirmer le succès des séries populaires : Astérix – L’anniversaire d’Astérix et Obélix : Le livre d’or, Blake et Mortimer tome 19 – La malédiction des trente deniers et De Cape et de Crocs Tome 9 – Revers de fortune

Pour choisir les best-sellers qui feront les meilleures ventes de cette fin d’année 2009, il faut faire le tri parmi les nombreux albums publiés par les maisons d’édition. « Quand un représentant nous propose tel ou tel produit, on doit choisir certains qui nous semble bien mais parfois on peut se tromper. Du coup, on se retrouve avec un stock sur les bras, pour faire baisser les piles on les met en tête de gondole mais ce n’est pas cela qu’on va conseiller », avoue le responsable du rayon.
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Les coups de cœur du libraire ne s’affichent pas toujours sur les devants des rayonnages. « C’est le genre d’albums que j’arrive mieux à vendre en parlant qu’en les montrant » reconnaît-il. Et pour cause, il nous propose un choix qui se veut plutôt hétéroclite : Le premier de la série « Encyclomerveille d’un tueur », L’Orphelin, aux éditions Delcourt, qui signe le retour de Thierry Ségur aux crayons dans un univers fantastique très riche en graphisme.
Et le tome 2 d’ « Auto bio » de Cyril Pedrosa, des éditions Fluide Glacial, un recueil de gags « auto-bio-graphiques » mettant en scène avec humeur les contradictions du mode de vie bobo-écolo.

La BD est dans l’air du temps. Et de plus en plus les professeurs viennent puiser dans les collections de bande dessinée pour les étudier à l’école. C’est un véritable phénomène de société qui prend de l’ampleur et où l’on voit apparaître de nouveaux éditeurs chaque année. Pour preuve à Sauramps, l’espace réservé à la BD et aux mangas ne cesse de grignoter sur celui des autres genres littéraires.

Quant aux mangas, un nouveau lectorat se développe, à coté des plus passionnés, estime Michael, « ils s’interrogent et demandent ce qu’il y a de mieux ». Les différents types de mangas permettent de concerner un large public et non plus seulement des enfants. Ils connaissent aujourd’hui un public divers et apporte un nouveau regard et d’innovants sujets à cette expression majeure du dessin.

Amis lecteurs, c’est le moment de s’offrir une échappée culturelle, le nez dans les pages !

Najat Belkacem : « La foule, c’est l’âme de la Fête des Lumières »

Porte-parole de Ségolène Royal pendant la campagne présidentielle de 2007 et adjointe au maire de Lyon, Najat Vallaud-Belkacem supervise la Fête des Lumières depuis 2008. Pour Haut Courant, elle revient sur l’édition 2009 qui s’est achevée le 8 décembre. Avant de se lancer dans la bataille des élections régionales de mars prochain en Rhône-Alpes.

La Fête des Lumières de Lyon victime de son succès

Le soir du 8 décembre 1852, une fête religieuse totalement improvisée a lieu dans les rues de Lyon. Depuis, elle se perpétue chaque année même chez les laïcs, qui placent des lampions lumineux sur leurs fenêtres. La mairie a repris le flambeau en 2005 et organise désormais la célèbre Fête des Lumières. Aperçu contrasté de l’édition 2009, qui a commencé le 5 décembre et s’est achevée hier.

Près de Montpellier, un Noël séparé par des barreaux

La maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone n’est qu’à 10km de Montpellier. Pourtant, les 693 détenus qui vivent derrière ces murs n’ont pas vu la ville s’illuminer et se couvrir de ses parures de Noël ; ils n’ont pas vu l’immense sapin bleu et blanc de la place de la Comédie, ni les pères Noël faire leurs apparitions au coin des rues. Alors Noël en prison, c’est juste une période comme les autres, à quelques choses près…Jeudi 26 novembre, à l’accueil de la prison héraultaise, rencontre avec les familles des détenus et des membres d’associations investis dans l’univers carcéral, en attendant l’heure du parloir.

« Un film qui permet de se laisser envahir par la magie de Noël » écrit Philippe V dans la feuille d’Hector, l’hebdomadaire écrit par des détenus de la prison. Il évoque le dernier Walt Disney, le drôle de Noel de Scrooge. Pourtant il ne verra ni le film, ni la magie de Noël. « C’est juste une période encore plus dure et déprimante pour eux» confie Cathy la femme d’un détenu qui purge une peine de 25 ans. « Pour moi c’est une période angoissante, je suis tracassée pour mon mari, et triste pour mes enfants. En même temps ça fait dix ans que c’est comme ça, donc j’ai l’habitude de fêter Noël sans lui » ajoute-t- elle avec un sourire fataliste, tout en enlevant ceinture, collier et bottes pour passer le portique de sécurité avant le parloir.

Dans la cour d’entrée de la prison, un petit espace vert et un local permettent aux familles d’attendre l’heure du parloir. Jean-Claude Mauroux, membre de l’association locale de soutien aux détenus, Aviso, et représentant de l’ANVP (Association Nationale des Visiteurs de Prison) les accueille avec bonne humeur, toujours un mot gentil et un franc « bonjour » aux uns et aux autres. Enfin plutôt aux unes, car la majorité sont des femmes, souvent très jeunes, accompagnées de leurs enfants. C’est le cas de Kelly, 20 ans, dont le mari purge une peine de 3 mois de prison. Pour lui, Noël sera symbole de liberté et de retrouvailles en famille. Il va être libéré, bientôt, le 9 décembre, « si tout va bien et qu’il ne se refait pas attraper à faire le yoyo » explique la jeune maman, qui est venue accompagnée de leur bébé de deux mois. Le monde carcéral a en effet ses codes et son vocabulaire, le yoyo consistant à faire passer des produits licites ou illicites d’une cellule à l’autre avec une corde de fortune, faite de bout de tissus ou de sacs plastiques.

La majorité des femmes de détenus n’ont pas cette chance, elles attendent fébrilement de savoir si une permission sera accordée à leur conjoint. « Plutôt rare en général, ce sont les permissions pour la réinsertion qui sont favorisées, de type entretien, formation… » confie Jean-Claude Mauroux. Deux ou trois jours maximum, pour passer les fêtes en famille, mais elles ne sauront qu’aux alentours du 12 décembre si la requête est acceptée ou pas par l’Administration Pénitentiaire. En attendant, elles réfléchissent déjà au contenu du colis. Elles sont une trentaine ce jour-là et la solidarité est évidente, certaines viennent ensemble, prennent le même bus. Aux nouvelles, elles livrent les quelques astuces pour mieux vivre cette épreuve, ou juste échanger leurs expériences. Débat autour de ce fameux colis de 5kg, rempli de victuailles de Noël, le seul autorisé au parloir excepté le sac de linge. Elles peuvent le déposer entre le 15 et le 25 décembre mais ne peut contenir que de la nourriture, pas de lettres ni de cadeaux « c’est la seule chose qui change à Noel, sinon les règles ne sont pas plus souples pendant les fêtes » explique Martine. Elle a 51 ans, et c’est déjà le troisième Noël qu’elle passe sans lui. « Comme il n’a pas été jugé, il ne peut pas avoir de permissions. Je vais lui apporter du foie gras et les plats qu’il aime et que je vais les cuisiner moi-même. ».

Le directeur de l’établissement, Bernard Giraud soutient l’action des associations, mais l’afflux de visiteurs pendant les périodes des fêtes de fin d’année, ne permet pas d’assouplir les règles, ou de rallonger les plages horaires des parloirs. « Au sein de l’établissement, il y aura un menu spécial pour Noël et le Nouvel An. », confie-t-il. A l’évocation de l’augmentation des dépressions ou des suicides pendant les périodes de fêtes, comme évoqué dans l’article de Libération du 24 novembre, par un infirmier de la prison de Fresnes, « On est vigilants toute l’année, même si cette période est source de tensions pour les détenus. On parle d’ailleurs souvent des suicides, mais très peu des vies qu’on sauve… ».

Derrière les murs et les barbelés, c’est une véritable petite ville, ou se côtoient plusieurs acteurs : détenus, gardiens, administration pénitentiaire, associations, famille. Il y a une vie et une ville carcérale derrière les barreaux, sauf qu’en ces lieux la magie de Noël se résume à un colis de 5kg, et ironise jean-Claude Mauroux « un peu de sel en plus dans la popote ».

Du côté des associations, certaines organisent des goûters de Noël, d’autres restent fidèles au poste comme les membres d’Aviso, présents à tous les parloirs, même celui du 24 décembre. Marion Mayer-Bosch, déléguée régionale Occitanie de l’association GENEPI Montpellier regrette de devoir ralentir le rythme de leurs visites pendant les fêtes « car l’association est composée par une majorité d’ étudiants qui rentrent chez eux pour les fêtes ». Les bénévoles qui restent sur place continuent néanmoins les visites afin de ne pas rompre ce « lien d’humain à humain », entre citoyens libres et citoyens détenus, pour décloisonner la prison.

Vos enfants sont plutôt Petshop ou boîte à musique ?

A un mois de Noël, les Montpelliérains commencent déjà à préparer leurs cadeaux. Le jouet arrive en première place sur leurs listes. Ce, à tout âge. Où choisir « le » jeu qui fera plaisir ? Que l’on soit amateur de voitures miniatures ou de dinettes en porcelaine, tous les goûts sont servis. Zoom sur deux enseignes incontournables de Montpellier, et pourtant bien différentes.

Au détour des rues de Montpellier, la magie de Noël s’opère. Les magasins de jouets ne désemplissent pas. Toutes les générations se pressent devant les vitrines de commerces atypiques : du Sanctuaire de la Miniature à la boutique manga Ikoku, en passant par le monde virtuel des jeux-vidéos chez Micromania. Tous les goûts sont servis. Répondre aux envies de chacun, c’est le pari qu’ont fait deux établissements montpelliérains : Pomme de Reinette et Pomme d’Api et la Grande Récré. D’un côté, une petite échoppe regorgeant de merveilles, installée à Montpellier depuis près de quarante ans. Maisons de poupées et vaisseaux spatiaux, toupies et automates, boîtes à musique et autres trésors s’alignent sur les étagères. Sans oublier, à l’étage, le petit Musée du Jouet dévoilant la magnifique collection du propriétaire. De l’autre, une grande chaîne nationale, soit cent-vingt magasins de 1000 m² en moyenne, représentant près de 10% des parts du marché français. Sur les rayonnages, une offre quelque peu différente : les derniers jeux à la mode, aux couleurs vives et à la pointe de la technologie.

Les deux boutiques touchent une clientèle éclectique, de tous âges, de tous styles. Néanmoins, quelques dissemblances sont perceptibles. Fabrice Depardieu, chef d’équipe à la Grande Récré, parle d’un acheteur « moyen-haut de gamme » dont « le budget moyen par enfant à l’époque de Noël est de trente euros ». Plus attaché à un acquéreur qualitatif, fidèle de générations en générations, Alain Simon, gérant de Pomme de Reinette et Pomme d’Api affirme, avec un petit sourire, que sa clientèle est composée de « tous ceux qui rêvent encore et qui ont besoin de faire rêver ». Ce, à « tous les budgets. Vous pouvez même trouver des articles à 1 euro. ».

Chacune des deux enseignes s’est préparée à l’invasion de Noël. Alain Simon effectue ses commandes un an à l’avance. Ses choix sont guidés par l’instinct mais aussi par quarante années d’expérience professionnelle. Il reçoit ses livraisons au mois d’octobre et peut alors exposer son stock pour les fêtes de fin d’année. Ses jouets viennent d’un peu « partout dans le monde. Notamment l’Allemagne ». La Grande Récré réceptionne également ses articles en octobre. Cette fois, le stock est géré par une centrale d’achats dont le siège est à Paris. Fabrice Depardieu et ses collègues, n’ont donc qu’une petite marche de manœuvre quant au choix de leurs produits. Ce sont des stratégies commerciales, sur fond d’accords, qui sont à la base de la mise en avant de produits phare. Par exemple, pour la seconde année consécutive, la chaîne promeut la figure d’Arthur. Un partenariat a été réalisé entre le réalisateur Luc Besson et la direction de La Grande Récré.

En plus de gérer les commandes, les deux boutiques doivent embaucher du personnel supplémentaire pour cette période de l’année. « Pour le mois de décembre, nous engageons deux personnes en plus au niveau des caisses et deux personnes en plus pour emballer les cadeaux. Ce sont des contrats de 27h par semaine » informe Fabrice Depardieu.

Préparer Noël, c’est aussi envisager les tendances, mettre en avant les classiques. Différents selon l’enseigne. Côté Pomme de Reinette et Pomme d’Api, cette année, les produits phares sont : « les maisons de poupées pour les filles. Ça correspond à la mode du cocooning. Pour les garçons, ce sont les chevaliers, les forts qui sont sollicités ». Selon Alain Simon, la boite à musique reste le jouet indémodable. Autre monde, autres tendances du côté de la grande consommation : « Depuis quatre ans, les petites filles sont demandeuses de Petshop. C’est un créneau très fort. Les garçons, quant à eux, apprécient tout ce qui est super-héros : Spiderman, Batman, Wolverine… La série Gormiti fait également fureur ! Cela suit l’évolution connue par les Pokémon. » Pour Fabrice Depardieu, les grands classiques restent le Monopoly, tout ce qui est Playmobil, le Mille-bornes : « La marque Playmobil marche de mieux en mieux. Cette enseigne a une très bonne stratégie commerciale. Elle sait réactualiser des anciennes collections. Par exemple, cette année, elle a décliné le thème Egypte, thème qui date d’il y a 15 ans mais très bien recontextualisé ». La démarche des grandes enseignes est donc très marketing. Ces dernières cherchent à répondre aux besoins du client, à suivre la mode. Suite, aux problèmes qu’il y a eu l’an passé avec les jouets importés de Chine, la clientèle demande de plus en plus des articles made in France. De petites entreprises françaises sont donc sollicitées. Jeujura, fabricant de jouets en bois, et Ecoiffier, spécialisé dans les jeux pour les tout petits. De même, avec la mouvance écologique, les produits « nature » sont très demandés. Une gamme en bambou a notamment été lancée.

La crise ne semble donc pas toucher ce secteur. Chacun est d’ailleurs unanime : « la crise, connais pas ! » D’un côté, « le cœur est toujours là. Ce sont juste les budgets qui s’adaptent » souligne Alain Simon. Autre argument de poids : « les gens achètent toujours autant de jeux. Ça leur remonte le moral, leur fait oublier leur quotidien » affirme Fabrice Depardieu. Langue de bois ? En tout cas, le constat est clair : les magasins sont pleins de monde « même si cette année la saison a commencé un peu plus tard ».

Stratégies commerciales, tendances, effets de mode, … Malgré tout, l’esprit de Noël perdure… Les enfants ont les yeux pleins d’étoiles en regardant les vitrines, et les parents sont prêts à tout pour satisfaire leurs bambins. A commencer par contacter le Père Noël et ses petits lutins !

Noël : Une liturgie à multiple facettes pratiquée par des catholiques montpelliérains

Depuis le 28 Novembre, les fidèles ont débuté une nouvelle année chrétienne. Durant trois dimanches, dominicains, carmes et paroissiens célèbrent l’attente de la naissance du Christ.