Montpellier teste le dépistage rapide du Sida

«C’est une véritable innovation», le ton est donné : le test rapide de dépistage du VIH marque un tournant dans la lutte contre le virus. A l’initiative de Aides et de l’Agence Nationale de Recherche sur le Sida (ANRS), le projet d’expérimentation Com’test était présenté par Bruno Spire, président national de l’association, mardi 18 novembre à la faculté de médecine de Montpellier. Plusieurs responsables locaux de la Lesbian and Gay Pride et de SOS Homophobie étaient présents pour inaugurer ce dispositif dont Montpellier est la ville pilote.

Plus simple et plus rapide qu’une analyse en laboratoire, la personne s’auto prélève une goutte de sang sur le doigt. A la manière d’un test de grossesse, la bande immunochromatographique révèle son statut sérologique. Trente minutes plus tard, si la bande bleue apparaît le résultat est positif. Un gain de temps énorme qui, à terme, vise à réduire au maximum le délai entre la prise de risque et le dépistage, même si les trois mois d’attente restent pour l’instant la norme. La réduction de ce délai devrait permettre d’agir au plus vite tant au niveau du traitement que de la prévention. « Les personnes qui connaissent leur statut virologique se protègent davantage que les personnes qui l’ignorent», rappelle Bruno Spire.
Comme toute expérience, celle-ci portera sur un échantillon de population : les HSH (hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes). A l’origine de ce projet, un chiffre : la population masculine homosexuelle est soixante-dix fois plus touchée par l’épidémie que les hétérosexuels [[étude INVS, 2006]]. Dans l’Hérault, 36% des nouveaux cas diagnostiqués entre 2003 et 2007 sont des HSH, contre une moyenne nationale de 29%. Ajouté à cela un constat : un sentiment d’incompréhension et de jugement moral de la part des soignants à l’égard de personnes qui vont régulièrement se faire dépister.

Dépistage alternatif en 30 minutes

«Le VIH n’est toujours pas une maladie banalisée dans notre société, le jugement moral peut être un frein car ces personnes [ayant des pratiques à risque] se sentent en échec d’une certaine prévention», explique Bruno Spire. La démarche communautaire a été choisie pour y pallier. L’accueil, l’écoute et le suivi tout au long de la procédure s’effectuent dans un cadre non médicalisé par des volontaires formés par Aides. Et c’est justement tout l’intérêt de la démarche, car il est déjà possible d’acheter ce type de test sur internet pour le faire à domicile. Le test des laboratoires Biomérieux a été choisi pour l’expérimentation. Parmi les autres tests rapides agréés par les Autorités de Santé françaises et européennes, celui-ci a été jugé «plus fiable [à 98-99%] et plus maniable» précise France Lert, responsable du groupe dépistage à l’ANRS. Il ne s’agit pas de le substituer au dépistage classique par prise de sang. D’autant que contrairement au dépistage en laboratoire celui-ci ne permet pas de détecter d’autres Infections Sexuellement Transmissibles (IST) comme les hépatites. Atout majeur mis en avant par Aides : l’accessibilité. «Une offre de dépistage diversifiée permet d’attirer ceux qui n’ont pas suffisamment recours au dépistage» souligne le président de Aides. Si aujourd’hui la loi ne permet pas à des acteurs non médicaux de réaliser ce test, Roselyne Bachelot, Ministre de la santé, s’est dite favorable aux expérimentations menées par les associations. Dans le cas où cette expérimentation s’avèrerait concluante en terme de réduction des risques et de fréquence de dépistage chez les HSH, elle pourrait être reconduite auprès d’autres populations. Après Montpellier, le dispositif sera étendu à Lille, Bordeaux et Paris. L’étude prendra fin au mois d’octobre 2009, les résultats attendus fin 2010.

3 questions à Fanny Cherpe, Présidente d’Aides Hérault

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A 27 ans, Fanny Cherpe est Présidente de l’association Aides dans l’Hérault depuis mars 2007.

Pourquoi le centre d’Aides à Montpellier a-t-il été choisi?

Aides-Montpellier n’a pas été choisi. Nous sommes à l’initiative du projet et nous y travaillons depuis juin 2007, voilà pourquoi nous sommes les premiers à nous lancer. Lorsqu’au printemps 2007 nous avons senti les premiers frémissements [[Les scientifiques et associatifs impliqués dans la lutte contre le Sida commençaient à s’intéresser à cette nouvelle forme de dépistage pour le grand public. Le test rapide était jusque là utilisé par les soignants maniant des seringues et exposés au risque.]] en France de la possibilité de se saisir de cet outil de dépistage utilisé en Europe [[Les Pays-Bas et la Suisse ont recours au test rapide mais en présence de personnel médical. La France devient avec cette expérimentation le premier pays européen à proposer le dépistage rapide communautaire.]], Aides-Montpellier a décidé de sauter sur cette occasion. J’ai immédiatement été partie prenante du projet avec la volonté ferme de le mener à terme. Aujourd’hui je suis très heureuse et fière du travail accompli par l’équipe. Nous sommes aujourd’hui 10 personnes, volontaires et salariés, formées au dépistage rapide.

Combien comptez-vous faire de dépistages?

L’objectif de l’étude n’est pas quantitatif mais bien qualitatif. Nous pensons néanmoins dépister 3 à 4 personnes par permanence pendant un an, ce qui nous amène à près de 400 dépistages.

Comment allez-vous communiquer cette information auprès de votre public?

La communication se fait aujourd’hui par le bouche à oreille. Nous avons choisi de ne pas lancer le projet tambours battants afin de nous permettre de gérer le flux de personnes souhaitant se faire dépister plus sereinement. Mais très bientôt des flyers présentant le projet seront mis à disposition dans les lieux identitaires gays.

Sida : Un dépistage rapide bientôt lancé par Aides

Aides veut mettre à disposition un nouveau test de dépistage du virus du Sida

Lors de l’inauguration de ses nouveaux locaux (1), mardi 1er avril au soir, l’association Aides a annoncé vouloir mettre en place un dépistage rapide du virus du sida, d’ici la fin de l’année. Le principe est simple. Une goutte de sang (prélevée sur un doigt) dans un boîtier et, vingt minutes après, le résultat (fiable à 99,9 %) apparaît.

Les personnes seront reçues par les membres de Aides, dans deux pièces, pour faire le test mais surtout pour discuter et être orientée.
« Ce projet est expérimental, associatif et non médicalisé. Nous voulons être un auditeur en plus des autres centres de dépistage, explique Jean-Philippe Morel, coordinateur départemental. Si le test est positif, nous enverrons la personne vers les structures classiques. »

Néanmoins, comme pour les autres tests, il faut compter un délai de trois mois avant de déceler le virus. « Ce n’est donc pas un permis de baiser, prévient Alain Ligni, secrétaire de la délégation départementale. Le résultat signifie que la personne est saine à un instant T, c’est tout ».

L’association projette de créer le même système pour déceler l’hépatite C. La volonté des membres de l’association ne s’arrête pas au dépistage. Il existe également des groupes de parole, des actions de soutien pour les personnes séropositives et tout un travail de prévention pour les séronégatives.

Dans le département de l’Hérault, une personne sur 200 serait contaminée par le virus du Sida.

(1) Avenue Saint-Charles, ouvert le lundi, mercredi, vendredi de 14 h 30 à 17 h 30.

(article publié dans Midi Libre du 3 avril 2008)

Sidaction : le VIH n’attend pas

Je contamine un être humain dans le monde toutes les sept secondes, et toutes les dix secondes, une personne meurt à cause de moi. Je touche en ce moment plus de 33 millions d’individus… Les idées reçues qui m’accompagnent se propagent à la même vitesse que celle à laquelle j’attaque votre système immunitaire. Je me contracte au cours d’une relation sexuelle, d’une fellation ou d’un cunnilingus. Je suis dans votre sang et non pas dans votre salive… Je suis le syndrome d’immunodéficience acquise, autrement dit le Sida.

La session 2008 du Sidaction démarre en ce 28 mars et va durer trois jours. Cette année, le thème retenu est l’égalité des chances des personnes séropositives en France et dans le monde. Dans l’Hexagone, plus de 4 500 bénévoles se mobiliseront pour assister aux quelque 400 animations proposées par l’association. Présidé par Pierre Bergé et Line Renaud, Sidaction est le seul organisme qui reverse 50 % des dons récoltés à la recherche –l’autre moitié étant réservée aux campagnes de prévention et à l’aide aux malades, en France et dans vingt-neuf pays en développement. L’année dernière, les donateurs ayant composé le 110 ou ayant effectué une promesse de don sur www.sidaction.org ont permis de récolter près de six millions d’euros.

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Aujourd’hui, 130 000 Français sont porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Au-delà de la maladie, les personnes contaminées et leurs proches souffrent essentiellement de l’exclusion et la discrimination qui entourent la maladie. Les porteurs du virus sont également victimes de préjugés liés à la peur de la contamination, que ce soit en matière d’accès à l’emploi ou de cohabitation dans les lieux publics. Le Sida n’est pas contagieux, il est transmissible lors relations sexuelles non protégées ou bien lors d’un contact avec le sang d’une personne contaminée. Le virus ne peut pas se transmettre par la salive, et d’ailleurs, le baiser est devenu un symbole médiatique puissant de la lutte contre la mise à l’écart des personnes séropositives. Il n’est pas non plus exclusivement lié à l’homosexualité, comme en témoignent les chiffres : l’an passé, 48 % des contaminations sur le territoire national se sont produites lors de rapports hétérosexuels non protégés.

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Si la transmission lors de tatouages ou de piercings est possible, il est primordial de veiller à ce que le tatoueur utilise un matériel stérile à usage unique et à ce que son atelier soit entretenu avec une hygiène irréprochable. S’il n’y a aucun contact avec du sang, les risques de contraction du virus sont écartés. D’autres circonstances peuvent être à l’origine de la contamination, comme l’explique la pharmacienne Anne-Aurélie de Fleurian : « L’échange de seringues ou de pailles est particulièrement dangereux. Il est important d’utiliser des seringues à usage unique et de ne pas partager son matériel y compris dans le cas des pailles pour le sniff car les muqueuses nasales sont rapidement abîmées par la pratique et peuvent saigner, donc transmettre le virus. »

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Dans Le point sur l’épidémie de Sida 2007 publié en novembre dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé estime à environ 33,2 millions le nombre de personnes atteinte du VIH. Si, vingt-cinq ans après l’identification du virus, les scientifiques ont concrètement progressé, il n’en reste pas moins que le VIH tue. Et à ceux qui pensent que la prévention, le dépistage, et les dons aux associations comme Sidaction peuvent attendre : le Sida, lui, n’attend pas pour se propager.

Sidaction : le VIH n’attend pas

Je contamine un être humain dans le monde toutes les sept secondes, et toutes les dix secondes, une personne meurt à cause de moi. Je touche en ce moment plus de 33 millions d’individus… Les idées reçues qui m’accompagnent se propagent à la même vitesse que celle à laquelle j’attaque votre système immunitaire. Je me contracte au cours d’une relation sexuelle, d’une fellation ou d’un cunnilingus. Je suis dans votre sang et non pas dans votre salive… Je suis le syndrome d’immunodéficience acquise, autrement dit le Sida.

La session 2008 du Sidaction démarre en ce 28 mars et va durer trois jours. Cette année, le thème retenu est l’égalité des chances des personnes séropositives en France et dans le monde. Dans l’Hexagone, plus de 4 500 bénévoles se mobiliseront pour assister aux quelque 400 animations proposées par l’association. Présidé par Pierre Bergé et Line Renaud, Sidaction est le seul organisme qui reverse 50 % des dons récoltés à la recherche –l’autre moitié étant réservée aux campagnes de prévention et à l’aide aux malades, en France et dans vingt-neuf pays en développement. L’année dernière, les donateurs ayant composé le 110 ou ayant effectué une promesse de don sur www.sidaction.org ont permis de récolter près de six millions d’euros.

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Aujourd’hui, 130 000 Français sont porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Au-delà de la maladie, les personnes contaminées et leurs proches souffrent essentiellement de l’exclusion et la discrimination qui entourent la maladie. Les porteurs du virus sont également victimes de préjugés liés à la peur de la contamination, que ce soit en matière d’accès à l’emploi ou de cohabitation dans les lieux publics. Le Sida n’est pas contagieux, il est transmissible lors relations sexuelles non protégées ou bien lors d’un contact avec le sang d’une personne contaminée. Le virus ne peut pas se transmettre par la salive, et d’ailleurs, le baiser est devenu un symbole médiatique puissant de la lutte contre la mise à l’écart des personnes séropositives. Il n’est pas non plus exclusivement lié à l’homosexualité, comme en témoignent les chiffres : l’an passé, 48 % des contaminations sur le territoire national se sont produites lors de rapports hétérosexuels non protégés.

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Si la transmission lors de tatouages ou de piercings est possible, il est primordial de veiller à ce que le tatoueur utilise un matériel stérile à usage unique et à ce que son atelier soit entretenu avec une hygiène irréprochable. S’il n’y a aucun contact avec du sang, les risques de contraction du virus sont écartés. D’autres circonstances peuvent être à l’origine de la contamination, comme l’explique la pharmacienne Anne-Aurélie de Fleurian : « L’échange de seringues ou de pailles est particulièrement dangereux. Il est important d’utiliser des seringues à usage unique et de ne pas partager son matériel y compris dans le cas des pailles pour le sniff car les muqueuses nasales sont rapidement abîmées par la pratique et peuvent saigner, donc transmettre le virus. »

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Dans Le point sur l’épidémie de Sida 2007 publié en novembre dernier, l’Organisation Mondiale de la Santé estime à environ 33,2 millions le nombre de personnes atteinte du VIH. Si, vingt-cinq ans après l’identification du virus, les scientifiques ont concrètement progressé, il n’en reste pas moins que le VIH tue. Et à ceux qui pensent que la prévention, le dépistage, et les dons aux associations comme Sidaction peuvent attendre : le Sida, lui, n’attend pas pour se propager.

Sidaction : le VIH n’attend pas

Je contamine un être humain dans le monde toutes les sept secondes, et toutes les dix secondes, une personne meurt à cause de moi. Je touche en ce moment plus de 33 millions d’individus… Les idées reçues qui m’accompagnent se propagent à la même vitesse que celle à laquelle j’attaque votre système immunitaire. Je me contracte au cours d’une relation sexuelle, d’une fellation ou d’un cunnilingus. Je suis dans votre sang et non pas dans votre salive… Je suis le syndrome d’immunodéficience acquise, autrement dit le Sida.

La session 2008 du Sidaction démarre en ce 28 mars et va durer trois jours. Cette année, le thème retenu est l’égalité des chances des personnes séropositives en France et dans le monde. Dans l’Hexagone, plus de 4 500 bénévoles se mobiliseront pour assister aux quelque 400 animations proposées par l’association. Présidé par Pierre Bergé et Line Renaud, Sidaction est le seul organisme qui reverse 50 % des dons récoltés à la recherche –l’autre moitié étant réservée aux campagnes de prévention et à l’aide aux malades, en France et dans vingt-neuf pays en développement. L’année dernière, les donateurs ayant composé le 110 ou ayant effectué une promesse de don sur www.sidaction.org ont permis de récolter près de six millions d’euros.

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Aujourd’hui, 130 000 Français sont porteurs du virus de l’immunodéficience humaine (VIH). Au-delà de la maladie, les personnes contaminées et leurs proches souffrent essentiellement de l’exclusion et la discrimination qui entourent la maladie. Les porteurs du virus sont également victimes de préjugés liés à la peur de la contamination, que ce soit en matière d’accès à l’emploi ou de cohabitation dans les lieux publics. Le Sida n’est pas contagieux, il est transmissible lors relations sexuelles non protégées ou bien lors d’un contact avec le sang d’une personne contaminée. Le virus ne peut pas se transmettre par la salive, et d’ailleurs, le baiser est devenu un symbole médiatique puissant de la lutte contre la mise à l’écart des personnes séropositives. Il n’est pas non plus exclusivement lié à l’homosexualité, comme en témoignent les chiffres : l’an passé, 48 % des contaminations sur le territoire national se sont produites lors de rapports hétérosexuels non protégés.

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Si la transmission lors de tatouages ou de piercings est possible, il est primordial de veiller à ce que le tatoueur utilise un matériel stérile à usage unique et à ce que son atelier soit entretenu avec une hygiène irréprochable. S’il n’y a aucun contact avec du sang, les risques de contraction du virus sont écartés. D’autres circonstances peuvent être à l’origine de la contamination, comme l’explique la pharmacienne Anne-Aurélie de Fleurian : « L’échange de seringues ou de pailles est particulièrement dangereux. Il est important d’utiliser des seringues à usage unique et de ne pas partager son matériel y compris dans le cas des pailles pour le sniff car les muqueuses nasales sont rapidement abîmées par la pratique et peuvent saigner, donc transmettre le virus. »

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