Sectes

« Comme on tombe dans la drogue... »

Paru dans dans Midi Libre le 04/04/08

samedi 05/04/2008

Mona Teulière-Vasquez, artiste peintre dans les Pyrénées-Orientales, témoigne de sa chute dans l’église de scientologie. Elle s’en sortira au bout de dix ans.

« J’étais étudiante en art dans les années 80. J’étais passionnée de philosophie. Avec des amis, nous nous échangions des livres. L’un d’eux m’a un jour passé un livre de Ron Hubbard (fondateur de la scientologie). Il n’y avait pas lieu de s’en méfier, on n’en parlait pas à l’époque. Hypnotisée par ce livre, j’ai voulu en savoir plus » .


Sur le marque-page du livre figure insidieusement un numéro de téléphone. A aucun moment, le terme de scientologie n’apparaît.


« Les sectes avancent masquées. Les gens ne s’aperçoivent pas que le plus souvent, ce sont eux qui vont vers elles et non l’inverse. On m’a d’abord proposé un séminaire gratuit, et puis on a commencé a me demander de l’argent, de plus en plus.
Comme avec la drogue, au départ, ça ne coûte rien d’essayer, et puis on se retrouve désocialisé sans s’en rendre compte. J’étais exploitée par la secte. Contrainte de trouver des sommes énormes.
 »


A la recherche de toujours plus d’argent pour la secte, Mona ira jusqu’à la prison dans une affaire d’escroquerie. C’est là que s’est opérée la prise de conscience.
« Le juge m’a contraint à un sevrage forcé, m’interdisant tout contact avec la scientologie. Cela m’a sauvé la vie. »


Pour s’en sortir, « extérioriser », Mona a écrit deux livres : « Et satan créa la secte » et « La secte, comment je m’en suis sortie... ».

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3 réactions

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  • « Comme on tombe dans la drogue... »

    5 avril 2008 03:03, par Philippe Seguin

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    L’important, est-ce vraiment le livre ? la secte ? le moment ? ou tout ce qui l’a précédé ? J’suis assez ok pour l’élément déclencheur que peut jouer une image, un objet, un son ou je ne sais quoi mais pas pour en faire un axiome. J’me réfère pas vraiment à l’article (qui est un, une interview mais à tous ces mecs qui, par calcul ou par bêtise, sont incapables de nous servir autre chose que le dernier maillon de la chaîne. Et ça r’présente un paquet de conneries.

    • « Comme on tombe dans la drogue... » 5 avril 2008 14:11, par Nicolas Chapelle

      repondre message

      Je pense que je suis assez d’accord avec toi si je comprend bien ton propos.

      Je pense que pour que la secte, comme la drogue, car l’analogie, si elle n’est pas neuve, reste pertinente, a besoin de se développer sur un terreau fertile. Celui-ci l’est à un moment donné pour de multiples raisons environnementales. Et je pense donc que personne n’est à l’abri, mais pas à n’importe quel moment.

      Simplifier le processus et le réduire à un moment donné, un objet, revient d’une certaine façon, à faire retomber la responsabilité sur les épaules de la victime. "Elle aurait du se méfier !" Or, je pense qu’elle est vraiment victime d’un processus insidieux alors qu’elle est en position de faiblesse

      ...Moi qui te croyais Sataniste Philippe !

      • « Comme on tombe dans la drogue... » 5 avril 2008 23:11, par Philippe Seguin

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        Je le fus, je le suis et je le serai (c’est pas Francis Cabrel qui a dit ça ?). Mais voilà, les choses ne sont pas aussi simples, je dérangeais et on me l’a bien fait comprendre ! On m’a brimé, on m’a tancé, j’en porte encore les stigmates, tel le pastaga sur le faciès de Michel Mezy (si tu nous lis, big up à toi l’artiste !). Il a fallut se défendre, inventer de jolis alibis tels mes plus beaux découpages/collages de la maternelle (déjà, je confondais Corbier et Belzebuth, chienne de vie !), je fus publiquement tour à tour païen, prof de yoga, moniteur de ski et même socialiste ! J’ai même prétendu en public que j’étais un fan de Jefferson Airplane, c’est pour dire !

        Les mentalités ne sont pas encore prêtes pour des hommes de mon bois, c’est tout mon malheur.

        Sinon, pour en revenir au sujet, oui c’est à peu près ça. La réduction d’une chaîne de causalité à son élément le plus visible qui est fatalement le plus immédiat dénote d’une argumentation totalement simpliste et culpabilisante. C’est aussi celle qui a pignon sur rue et qui stimule bien souvent le législateur... J’pense qu’il y a aussi une dimension psychologique/jouissive dans le fait de pouvoir montrer du doigt un coupable bien matérialisable. Et on aboutit en quelque sorte au dangereux culte de la punition. Que ça soit le livre, le son, l’image ou même ce terrifiant concept de nature humaine, on aura toujours un salopard à faire payer et on sera tenté de s’dire que si on serrait un peu (voire bcp, soyons fous) plus la vis, on aurait déjà fait une bonne partie du chemin.

        Ca n’a l’air de rien comme ça le coup du "ce livre m’a entrainé dans..", qu’on peut assimiler au célèbre, "j’ai décidé de tuer parce que j’écoutais/regardais/jouais à", mais au final, ça peut rapidement rendre sadique et castrateur. Voilà.

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