"Dans un an, je ne sais pas si Bakchich existera encore"

Laurent Léger, rédacteur en chef de Bakchich.info

mardi 03/02/2009 - mis à jour le 11/02/2009 à 00h50

Hautcourant a rencontré Laurent Léger, le rédacteur en chef du site d’information Bakchich.info. Il nous a dévoilé sans détours sa vision du métier de journaliste et les difficultés qui lui sont propres.

Bakchich est en danger. Malgré les quelques bonnes résolutions issues des États Généraux de la presse écrite, les journaux en ligne n’ont pas encore trouvé de modèle économique viable.
Ce site d’information créé en mai 2006, dont la rédaction est dirigée par Nicolas Beau et Laurent Léger, est souvent considéré comme "le Canard Enchainé" de la toile ( voir : http://www.bakchich.info/article6319.html). Leur ambition première était de pouvoir publier toute information dérangeante sans restriction, ni pression. Car Laurent Léger le confirme, "il est parfois difficile de publier une info."

Aujourd’hui, ils ne se privent plus. Leur créneau : l’enquête et les affaires sensibles. Dernièrement, ils ont dévoilé l’affaire du père caché de l’enfant de Rachida Dati. La ministre de la justice l’aurait conçue avec José-Maria Aznar, l’ancien Premier ministre du gouvernement espagnol. Laurent Léger nous éclaire sur les dessous de cette enquête.

Le rédacteur en chef l’avoue, il ne sait pas si Bakchich passera l’année. La situation économique du journal les pousse à envisager le pire. "Dans un an, je ne sais pas si Bakchich existera encore" confie-t-il.

L’enjeu est de taille. Selon Laurent Léger, il n’y a pas de place pour une presse indépendante dans la configuration actuelle des médias on-line. Des financiers véreux leur font de l’œil, tandis que les grand patrons de presse les ignorent. Bakchich semble dans l’impasse.

Bakchich a approché des grands propriétaires de presse comme Bolloré, ou encore Lagardère, non sans quelques appréhensions. La survie de leur journal en dépendait. Laurent Léger affirme que cette étape a fait l’objet de débats au sein de la rédaction. "C’est un vrai challenge qu’on s’est posé. Est-ce qu’ils sont susceptibles de nous financer ? Et deuxièmement, s’ils nous financent, que fait-on si ils nous demandent de ne pas écrire sur certaines choses ?". Les grand patrons ont refusé. La question ne se pose plus.

Médiapart, Bakchich, Rue 89... le paysage médiatique sur le Web est très varié et tous partagent les mêmes problèmes. Alors pourquoi ne pas s’allier ? Pour Laurent Léger, cela reste peu probable pour l’instant.

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8 réactions

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  • "Dans un an, je ne sais pas si Bakchich existera encore"

    5 février 2009 15:22, par Black Night

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    LE souci majeur de Bakchich c’est ses coûts qui sont trop élevés. Des chiffres ont été avoués 60.000 euros de charges par mois. C’est beaucoup trop.
    A un moment il faut tailler dans les salaires car pour 12 personnes qui bossent, cela fait beaucoup je trouve...

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    Je ne conçois pas comment un site comme bakchich peut avouer qu’il se serait laisser financer par des grands groupes économiques et financier s’il en avait eu l’occasion.
    Quel aurait été leur credo après ça ?

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    Depuis plus d’un an, on attend toujours les révélations fracassantes. Au lieu de ça, de l’info semi-mondaine et les cancans du landernau politico-médiatique parisien.

    Bakchich disparu, en l’état actuel des choses, personne ne sera sevré d’informations vitales.

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    ne tapez plus jamais sur Royal, faites comme Mediapart et vous aurez Pierre Bergé derrière… (humour noir)

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    En même temps on ne voit pas quelle autre solution qu’une mise en commun des structures permettra la survie de cette "presse web" indépendante qui nous est devenue absolument nécessaire. En tout cas moi j’ai besoin chaque jour de Mediapart, Bakchich, rue 89. Ne nous laissez pas tomber !

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    J’en serai désolée si tel était le c as, car avec rue 89, c’est un des sites de référence que je consulte régulièrement pour un "autre ton", une "autre forme" de journalisme et des infos que je ne trouve pas ailleurs.
    La diversité de l’info est la grandeur d’une vraie démocratie...........il semble qu’on s’en éloigne de plus en plus.............. ;la faute à qui ?????????
    J’ai bien une réponse mais je pense que vous saurez vous même trouver le nom de cet imposteur

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    en même temps, si le projet de journalisme d’investigation indépendant c’est de connaître le père de l’enfant d’une ministre, ça motive pas forcément.

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      Absolument, je ne comprends même pas qu’il puisse utiliser cet argument pour justifier l’existence de ce journal. On croirait presque à une blague. Enfin, au cas où bakchich coule, il y aura peut-être de la place à Voici pour monsieur Léger.

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