Entrée à l’université : la réforme divise les syndicats

mercredi 06/12/2017 - mis à jour le 15/12/2017 à 18h33

De nouvelles règles d’entrée à l’université seront effectives dès la rentrée 2018. Mais ces nouvelles modalités d’admission sont loin de faire l’unanimité.

Exit le tirage au sort. Le projet de loi « Orientation et réussite des étudiants », présenté mercredi 22 novembre en conseil des ministres, prévoit notamment de réformer les règles d’admission à l’université. Après le fiasco du système Admission post-bac (APB) qui avait laissé plus de 3000 néo-bacheliers sans affectation dans le supérieur à la rentrée 2017, la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, a souhaité changer ce dispositif et mettre fin au tirage au sort pratiqué dans les filières où la capacité d’accueil est inférieure aux nombre de candidatures (STAPS, droit, psychologie…).

Parcoursup, c’est le nom de la nouvelle plate-forme par laquelle transiteront les futurs bacheliers dès janvier 2018. Les modalités d’admission sont fondées sur les compétences et la cohérence du projet des candidats, ainsi que sur leurs prérequis - les « attendus » - pour la formation. Les candidats pourront formuler dix vœux, sans les classer. Si la formation dispose d’une capacité d’accueil suffisante, ils seront soit admis directement, soit admis après avoir effectué une mise à niveau. De même pour les formations restreintes, avec une troisième réponse possible : « en attente ». Le gouvernement assure qu’aucun étudiant ne sera laissé sans formation.

La réforme fait partie du plan étudiant annoncé fin octobre par le premier ministre Edouard Philippe et Frédérique Vidal. Un milliard d’euros sur cinq ans devraient être investis dans l’enseignement supérieur pour la refonte de la licence et les modalités d’admission.

Une réforme qui fait polémique

« C’est un gâchis énorme », tempête Hervé Christofol, secrétaire général du syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESUP-FSU). Pour le syndicaliste, cette réforme et le budget qui va avec ne permettront pas de résoudre les problématiques du manque de moyens des universités et donc de la sélection. Il reproche un plan sous financé et pas pertinent : « Un milliard d’euros ça fait 2500 euros par étudiant, or un étudiant coûte 10 000 euros par an. Financer des postes de chercheurs pour sélectionner des étudiants plutôt que pour enseigner, c’est aberrant ». La SNESUP-FSU plaide en faveur de la création de postes d’enseignants, qui permettrait de pouvoir accueillir davantage d’étudiants plutôt que d’imposer la sélection.

Du côté étudiant, le plan du gouvernement est contesté par le syndicat Unef, qui dénonce une sélection déguisée. Au contraire, il s’agit d’une réforme « qui va dans le bon sens », affirme Jimmy Losfled, président la Fédération des associations générales étudiantes (Fage). « Le gouvernement ne cache pas le fait qu’il y ait sélection, elle a toujours existé. Mais la méthode est pragmatique, réaliste et plus juste que le tirage au sort ». Si la fédération semble satisfaite, elle reste tout de même vigilante, notamment sur la définition des attendus : « il faut qu’un cadrage national soit fixé pour un traitement égalitaire de tous les candidats par toutes les universités », observe Jimmy Losfeld.

A Montpellier, Philippe Augé, le président de l’Université, salue lui aussi une réforme plus juste. Mais concernant l’application, les universités sont pour l’instant dans le flou. « Le dispositif de mise à niveau par exemple, implique de nouvelles charges pour les enseignants et donc un coût pour l’Université. La mise en place concrète dépendra des moyens qui nous seront alloués. Nous sommes dans l’attente du contenu précis de ces mesures  », explique Philippe Augé.
Rendez-vous à la rentrée.

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