Dossier : Montpellier, une ville verte ?

Le SCoT, ou comment limiter l’impact écologique de l’extension urbaine

samedi 12/03/2011

Montpellier a été la première agglomération française à mettre en place un Schéma de Cohérence Territoriale (SCoT). Ce modèle, imité par sept autres groupements de communes en France, entend organiser à l’échelle intercommunale l’évolution des territoires urbains, en prenant en compte les impacts économiques, sociaux mais aussi écologiques de l’expansion urbaine.

En matière d’environnement, l’une des principales menaces est à l’évidence la croissance démographique. Les hommes sont de plus en plus nombreux, multipliant du même coup les besoins en énergie et en espace. Cette problématique qui se pose à l’échelle de la planète concerne aussi une ville comme Montpellier, agglomération en pleine croissance et amenée à devenir une véritable conurbation, allant d’Alès à Sète.

Dès lors, la question de l’écologie ne saurait se poser uniquement à l’échelle de la ville elle-même et des territoires déjà urbanisés. L’augmentation de la population menace les territoires agricoles, les espaces naturels et les paysages au niveau de la communauté d’agglomération et des territoires périurbains. Le Schéma de Cohérence Territoriale [1], lancé en 2001, entend limiter les conséquences écologiques d’un phénomène inéluctable.

Un constat alarmant

En 50 ans, Montpellier est passée du 20e au 8e rang des villes françaises en matière de démographie. Alors que sa population a doublé depuis les années 1960, passant de 150 000 à plus de 250 000 habitants (avec une agglomération de près de 400 000 habitants), les territoires urbanisés ont été multipliés par dix (de 100 à 1000 hectares). Et le phénomène ne semble pas près de s’arrêter. Face à l’explosion des prix engendrée par l’attractivité de la ville, les projets immobiliers s’orientent de plus en plus vers les communes et les zones rurales avoisinantes.

La pression foncière s’accentue dans un périmètre toujours plus éloigné autour de la ville. Ce phénomène est encore amplifié par la crise viticole qui touche le Languedoc-Roussillon, une région productrice de vin. L’étalement urbain que connaissent Montpellier et ses environs a des conséquences économiques (coût d’alimentation en énergie d’un habitat dispersé), sociales (exclusion des classes populaires du centre de la ville) et écologiques (imperméabilisation des sols, destruction des paysages, développement de l’utilisation de la voiture).

Montpellier a beau se présenter comme une ville verte, les terres agricoles et les espaces naturels ne cessent de diminuer.

Le SCoT de Montpellier, un projet novateur qui propose des solutions…

Montpellier a été la première ville française à organiser son développement sur une base intercommunale afin de prévoir et d’organiser son développement de manière cohérente. Géré par la Communauté d’agglomération, qui regroupe aujourd’hui 31 communes, le SCoT a également été le premier en France à prendre en compte les unités agro-paysagères afin de mieux préserver certain espaces agricoles ou naturels clés.

En établissant des cartes centrées sur les zones naturelles et agricoles permettant “d’inverser le regard” ainsi qu’une trame “verte” et “bleue” (sorte de “coupures écologiques” visant à éviter le morcellement de ces espaces), on cherche à protéger des espaces au-delà des seuls sites classés. Voilà donc le défi auquel une agglomération comme celle de Montpellier est confrontée : devenir une métropole, intégrer de nouvelles populations tout en économisant l’espace.

Mais pour réussir ce tour de force, il semblerait que les habitants de Montpellier et des communes alentour n’aient pas d’autre choix que de renoncer au modèle de la maison individuelle, pourtant très attractif. En effet, la principale solution retenue par le SCoT est d’établir des règles de densification urbaine pour limiter le grignotage des terres naturelles.
L’objectif : récupérer en priorité les friches urbaines et concentrer l’habitat dans les zones déjà urbanisées. L’avenir semble donc à l’habitat collectif de taille moyenne intégré à la ville par les transports collectifs.

... mais soumis à de nombreuses limites

S’il permet pour la première fois de prendre en compte les espace agricoles et naturels, le SCoT ne dispose pas de réelles vertus contraignantes, l’application des orientations que le document propose dépend de son intégration à l’intérieur des Plans Locaux d’Urbanismes qui fournissent les autorisations de permis de construire. De plus, alors que le SCoT permet tant bien que mal d’encadrer l’expansion à l’intérieur de la Communauté d’Agglomération, la problématique se déplace aux communes avoisinantes.

À l’avenir, la mise en place de projets plus globaux tel que l’établissement d’un programme “inter-SCoT” à l’échelle du Languedoc-Roussillon, semble inéluctable. Mais ce projet, actuellement à l’étude, ne semble pas près de voir le jour.

Notes

[1Tout savoir sur le SCoT en six points :

Un SCoT est un document d’urbanisme réglementaire à l’échelle de plusieurs communes qui vise à établir à moyen et long terme l’organisation d’un territoire et l’évolution de ses zones urbaines.

► Il est élaboré à partir d’un Projet d’Aménagement et de Développement Durable qui fixe les objectifs d’évolution du territoire.

► Le SCoT est établi à l’initiative des communes ou de groupement de communes qui en définissent le périmètre.

► Une enquête publique est obligatoire avant son approbation.

ZOOM SUR… LE SCoT DE MONTPELLIER

► La création de SCoT a été permise par la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU) du 13 décembre 2000.

► Le Conseil de Communauté du 21 juillet 2005 a arrêté le projet de SCoT qui a été adopté à l’unanimité du Conseil d’Agglomération, le 17 février 2006.

►Le SCoT planifie l’aménagement du territoire à l’horizon de 2020.

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