Médias

Les nouveaux éditocrates

mercredi 27/01/2010 - mis à jour le 27/01/2010 à 17h58

Plusieurs journalistes ont récemment publié un ouvrage sur les éditorialistes qui se répandent dans de nombreux médias. Ils se sont imposés dans la presse écrite et audiovisuelle depuis plusieurs années, Alain Duhamel en tête. Mais leurs jeunes successeurs rivalisent de conformisme.

Le livre sur Les nouveaux éditocrates ironise sur les discours tenus par l’élite des journalistes. Ils défendent les vertus du marché et décèlent dans la moindre grève une résurgence des goulags. Mais ses réjouissants portraits concernent des éditorialistes installés depuis longtemps dans les fauteuils confortables des plus prestigieuses rédactions.
Cependant, une nouvelle génération éclot. En dehors du prometteur Christophe Barbier, les éditocrates raillés dans ce livre appartiennent à la génération précédente. Sébastien Fontenelle, l’un des coauteurs, évoque plusieurs noms d’éditocrates prometteurs dans un entretien accordé à Télérama.fr. Ils sont moins connus que Laurent Joffrin ou Philippe Val mais leurs noms sont destinés à devenir familiers.


L’information d’aujourd’hui par les éditocrates de demain

« Quoi qu’on fasse, quoiqu’on dise, il y aura toujours quelqu’un sur internet pour vous aligner » Caroline Fourest

Arrivistes, conformistes serviles et talentueux, les éditocrates de demain écrivent déjà l’information d’aujourd’hui. Nul besoin de bénéficier des talents divinatoires de Jacques Attali pour prédire les noms des personnes qui prendront la relève de leurs aînés. Ils ont moins de cinquante ans et se révèlent déjà plus agaçants que la modération soporifique d’un Alain Duhamel déclinant. La plupart s’affichent comme étant de gauche, pour permettre à Éric Zemmour de passer pour un iconoclaste décomplexé. Mais ils défendent le même credo. Ils s’amourachent du libéralisme tout en fustigeant tous ceux qui se situent à la gauche de Dominique Strauss-Kahn, forcément antisémites, islamo-gauchistes, ou simples utopistes décérébrés.


Claude Askolovitch, le nouveau chouchou de Lagardère

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Claude Askolovitch

Marianne2.fr : http://www.marianne2.fr/photo/805214-965879.jpg

Claude Askolovitch rejoint rapidement l’entreprise de médias dirigée par Lagardère. Il incarne désormais le journaliste près à rallier n’importe quel nouveau pouvoir. Une qualité indispensable pour devenir éditocrate.


Contre la violence de la gauche radicale

La carrière du “journaliste de gauche” connaît une ascension fulgurante pour sa traque inlassable de l’antisémitisme islamo-gauchiste. Claude Askolovitch a choisit le chemin le plus sûr pour faire carrière dans les médias : chanter les vertus du capitalisme et pourfendre ceux qui le remettent en cause. Sa signature devient éminente lorsqu’il rédige des articles dans Le Nouvel Observateur, entre les pages publicitaires pour les rolex et les voitures de luxe. En 2003, un reportage sur le rassemblement au Larzac lui permet de déverser sa bile sur l’altermondialisme. La dénonciation du capitalisme financier, du quadrillage policier des quartiers populaires, et du colonialisme de l’État d’Israël heurtent l’éditocrate ambitieux. Il fustige, de la part des altermondialistes, une « profonde intolérance envers l’ennemi » et déplore que «  les lynchages verbaux sont monnaie courante ». Mais la violence du langage n’est pas uniquement l’apanage des « minorités radicales ».


Pour la violence de la droite extrême

Claude Askolovitch en 2005, au cours d’un de ses débats insignifiants qui polluent les ondes, semble déplorer la mollesse du discours sécuritaire de Sarkozy. Au cours de l’émission « On refait le monde » sur RTL, il affirme : « Un type qui tire sur un gamin de dix ans est une ordure et un détritus, au Nouvel Obs comme ailleurs ». Lorsque Sarkozy préconise de « nettoyer » les quartiers populaires «  au kärcher », Claude Askolovitch dénonce « les abrutis du Mrap » , association antiraciste, et le Syndicat de la Magistrature. Pour ce journaliste de gauche, les opposants à l’ordre sécuritaire deviennent des ennemis à abattre.

Des entretiens complaisants

A ses heures, il devient porte-micro de Rachida Dati, Éric Besson et Manuel Valls. Il recueille la prose insignifiante des laquais du nouveau pouvoir. Rachida Dati apparaît comme l’icône du nouveau régime en incarnant la diversité multiculturelle. Pour les médias, la nomination d’une bourgeoise arriviste améliore symboliquement le sort de tous les maghrébins qui subissent les discriminations. Mais la nouvelle garde des Sceaux défend surtout le conservatisme social incarné par les peines planchées. La prison devient la solution pour ceux qui subissent la discrimination au logement et les problèmes sociaux.
Mais le reporter intrépide recueille également la haine de Besson à l’égard de la candidate socialiste. L’actuel ministre de la rafle et du drapeau apparaît comme le double de Claude Askolovitch en politique : il incarne le retournement de veste récompensé par l’Élysée. Cependant, il ne s’agit d’aucune trahison. A gauche comme à droite, ils tiennent exactement le même discours. Seule l’étiquette est modifiée. Manuel Valls peut également rejoindre le camp conservateur, il en tient déjà le discours sous le questionnement incisif du nouvel éditocrate.

Une ascension rapide

Il demeure sur la bonne voie. Mais pour parachever son ambition, il se doit se frapper un grand coup. Il déclenche alors « l’affaire Siné ». Le caricaturiste de Charlie Hebdo raille l’arrivisme de Jean Sarkozy qui se marie avec l’héritière Darty, dont il évoque la tradition religieuse. Claude Askolovitch jaillit plus vite que ses confrères. Il peut à la fois dénoncer la culture antisémite de l’extrême gauche et assurer définitivement son ralliement au pouvoir sarkozien. Joli coup. Sa récompense : il devient éditorialiste à Europe 1 et au JDD, deux médias qui appartiennent à Lagardère, ami du nouveau président.

La trajectoire de Claude Askolovitch apparaît comme un modèle pour tout aspirant éditocrate. A force de persévérance et de débats, à Ripostes et à « On refait le monde » sur RTL, il peut aujourd’hui pleinement satisfaire ses ambitions. Il pourfend le mouvement social avant de se jeter dans les bras de Sarkozy. Sa complaisance lui permet de devenir l’éditorialiste vedette du groupe Lagardère. Cependant, le discrédit du pouvoir est tel que le sarkozysme de gauche est emporté avec lui. Le journaliste de cour, installé au JDD, n’a pas fini de subir les railleries.
D’autres choisissent une stratégie de carrière moins directe mais tout aussi prometteuse. Des jeunes loups refusent toujours de se compromettre avec le nouveau régime pour mieux assurer leur avenir à long terme. Renaud Dély est de ceux-là.

Renaud Dély, l’antisarkozysme au service du pouvoir

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France 5 : http://www.france5.fr/c-dans-l-air/IMG/arton165.jpg

Renaud Dély parvient à conserver un semblant de crédibilité. Il n’est pas sarkozyste, même pas sarkozyste de gauche. Au contraire, il est directeur adjoint de la rédaction de Marianne qui a fait de l’opposition au nouveau pouvoir sa ligne éditoriale.

Pour une gauche de droite

De 2002 à 2006 il dirige le service politique de Libération, et côtoie notamment Laurent Joffrin. Au cours de cette période, il exalte l’ordre libéral et incite la gauche à se moderniser. Dans son livre sur Les tabous de la gauche, il donne des gages de précocité éditocratique. Sa problématique s’inscrit dans ce cadre : « À l’approche de l’élection présidentielle, la gauche française saura-t-elle enfin s’affranchir des tabous qui la corsètent ? Pour l’emporter en 2007, d’abord et réussir au pouvoir, ensuite, comblera-t-elle ce défaut de lucidité qui l’a envoyée se fracasser contre le mur du réel ? » A l’image de Laurent Joffrin, il considère que le Parti Socialiste doit abandonner ses défroques marxistes.
Le PS a privatisé, baissé les impôts, pourchassé les migrants et réprimé les délinquants pendant son passage au pouvoir. Mais, pour Renaud Dély, le PS demeure englué dans des archaïsmes anticapitalistes : « [La gauche] reste prisonnière d’une grille de lecture poussière, brandit des références obsolètes et se sert d’outils devenus inefficaces ». Comme beaucoup de ses confrères, il incite les dirigeants du PS à aller toujours plus loin dans le reniement du socialisme. Les odes au marché déclamées par Manuel Valls et Bertrand Delanoë ne lui suffisent pas.

Pom pom girls des micro

Entre deux passages à l’émission C dans l’air, pour papoter avec Jacques Marseille ou Christophe Barbier, il délivre ses avis éclairés dans So Foot et « On refait le match » sur RTL et commente les pitreries de Raymond Domenech. Renaud Dély peut trouver n’importe quel prétexte pour livrer son expertise sur n’importe quel sujet. A l’image de Claude Askolovich, il étend également ses compétences sur les pelouses de football. Leurs prédécesseurs n’ont jamais osé évoquer les coup francs de Platini ou les dribbles de Zidane. Mais eux, ils ajoutent une autre compétence à l’éditorialisme ainsi rajeunit.
Renaud Dély se précipite dans tous les plateaux de télévision. Aujourd’hui, il incarne même la marque « Marianne ». Il devient une figure de la contestation médiatique et un habitué de tous les faux débats qui se répandent sur les ondes.

Marianne contre le NPA

A Marianne, son amour de la finance se révèle contrarié. Au mois de mai 2008, il co-écrit un article pour dénoncer « la nouvelle pensée unique » qui «  sert la domination des élites » et se présente comme un « lieu de giscardisation de la gauche des banquiers libérés et des technocrates branchés ». Il désigne sa cible comme la « ligne Olivennes-Joffrin-Ockrent ».
Cependant, Marianne laisse libre cours à sa haine du gauchiste. Renaud Dély publie un livre pour dénoncer le rapprochement entre Besancenot et Sarkozy. Sa thèse : « Besancenot en adversaire numéro un, fustigé par la propagande gouvernementale et choyé par les médias, c’est l’impossibilité d’émerger, et donc la garantie d’un règne sarkozyste de longue durée ». Il affirme donc, sans rire, que l’objectif du NPA réside dans la perpétuation de l’oppression sarkozienne.
Relayée dans Marianne et encensée dans les grands médias, sa thèse demeure ridicule. Il dépeint Besancenot en Le Pen de gauche, selon la théorie du bon vieux complot hitléro-trotskiste. Sabine Herold, égérie du groupuscule de la droite extrême Alternative Libérale, attaque Renaud Dély ; mais pour plagiat.

Cependant, le journaliste de Marianne n’évoque évidemment aucune idée politique commune entre Besancenot et Sarkozy. Il ne compare pas les programmes du NPA et de l’UMP. Sébastien Fontenelle n’a pas de mal à démonter la supercherie imprégnée d’une certaine mauvaise foi. Pour lui, la proximité du NPA avec le FN semble moins évidente que le pillage du programme de l’extrême droite par le gouvernement. Pour Samuel Johsua, dirigeant du NPA, la thèse de Renaud Dély contribue à enrailler la recomposition de la gauche.
Comme son journal, Renaud Dély fustige le NPA, considéré comme étant trop à gauche pour être « réaliste », et surtout toute opposition qui provient directement de la rue. Sarkozy doit certes quitter le pouvoir mais au profit d’une gauche assagit qui ne doit pas remettre en cause l’ordre marchand.

Caroline Fourest, la croisée de la République

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Le Post : http://ak.static.dailymotion.com/dyn/preview/320x240/15667764.jpg

« L’audace se cherche ailleurs. Il n’est pas question d’y renoncer  ». Caroline Fourest annonce ainsi son départ de Charlie Hebdo, après celui de Philippe Val. L’audace se cherche surtout ailleurs que dans ses articles.


La croisade contre l’islamo-gauchisme

Claude Askolovitch n’hésite pas à dresser son hagiographie dès 2004, avant sa soudaine notoriété. Avec Fiametta Venner, elle dirige la revue Pro Choix qui s’oppose principalement aux mouvements anti-avortement. Cependant les deux journalistes se lassent d’écrire dans leur revue confidentielle, lue par quelques cercles restreints de l’antifascisme militant. Elles publient Tirs croisés pour dénoncer tous les intégrismes avec déjà quelques amalgames. Pour Claude Askolovitch, les deux auteurs « ne déparaient pas dans le paysage des gauches radicales ». Le combat commun contre les musulmans et la gauche radicale dessine une nouvelle ligne de front. Cette thématique est abondamment reprise dans le livre de Caroline Fourest, La tentation obscurantiste.
Elle oppose la gauche antitotalitaire, qui défend Israël et l’Occident, à la gauche anticoloniale qui soutiendrait les islamistes à travers le peuple palestinien. Son essai est encensé dans les médias et lui vaudra tous les honneurs de l’éditocratie pontifiante. Elle reçoit une récompense pour son livre de la part de Jean-Louis Debré, qui a durcit les lois racistes au ministère de l’Intérieur. En revanche des chercheurs en sciences sociales relèvent les erreurs méthodologiques et factuelles de son essai. Son texte permet surtout de vomir son exécration de la gauche radicale qui refuse le massacre du peuple palestinien et l’exclusion des étrangers, symbolisée par la loi sur le voile.


La tentation conservatrice

Ses écrits se présentent comme une dénonciation de l’intégrisme islamiste. Ce combat lui permet de trouver des soutiens indispensables au sein des serviteurs les plus zélés de l’ordre établi. Le renforcement des lois sécuritaires et antiterroristes se justifie par cette nouvelle menace islamiste qui prend le visage de Tariq Ramadan. La défense de la laïcité permet l’exclusion des écolières voilées avant le contrôle policier et l’expulsion des sans papiers. Les femmes voilées sont exclues des écoles avant d’être définitivement exclues du territoire français.
Caroline Fourest devient rapidement chroniqueuse au Monde et à France Culture pour assimiler au terrorisme islamiste tous ceux qui ne se pâment pas devant l’Occident dominateur. Sarkozy n’hésite pas à jouer avec les clivages raciaux et à faire de la chasse aux migrants une priorité, avec des quotas d’expulsions. Les textes de Caroline Fourest viennent à point nommé pour justifier, sans soutenir explicitement, la xénophobie d’État.
Le contenu de ses livres et de ses chroniques se révèle particulièrement foisonnant. Le site du collectif les mots sont importants, qui analyse les discours racistes, consacre même une sous-rubrique à “Soeur Caroline”. Elle participe également la publication des caricatures de Mahomet dans Charlie Hebdo qui permet à Philippe Val de recueillir le soutien de l’ensemble de la classe politique pour son audace subversive.


La tentation du conformisme

Caroline Fourest pourfend la gauche radicale, mais pas uniquement en raison de ses supposés sympathies pour l’islamisme. L’éditocrate prometteuse rejette toute forme de critique qui déplait au pouvoir. Elle se complait dans le conformisme le plus niais. Caroline Fourest ne se contente pas de pourchasser Tariq Ramadan. Elle devient une véritable éditocrate capable de disserter verbeusement sur n’importe quel sujet, tout en ruminant les obsession qui l’ont porté au sommet du journalisme servile.
Désormais, elle côtoie Alain-Gérard Slama, Ali Badou, Olivier Duhamel et Laurent Joffrin à France Culture pour gentiment bavarder sur les médias. Elle dénonce la critique des médias et internet de manière récurrente. Pour Caroline Fourest, comme pour l’ensemble des éditocrates, toute critique s’assimile à du poujadisme voire à de l’antisémitisme. La journaliste de Charlie Hebdo s’attaque même à la presse satirique et à son propre journal. Caroline Fourest se moule dans la trajectoire de Philippe Val pour rejeter toute forme de critique ou de satire et préférer les dorures des palais républicains. Même Cavanna, fondateur de Charlie Hebdo, critique une chronique aussi pompeuse que creuse publiée dans Le Monde par sa jeune consœur. Pour Caroline Fourest, la démocratie n’est plus un idéal à conquérir mais un ordre à défendre.


L’avenir d’une imposture

Ses journalistes, dont les noms demeurent peu connus, aspirent à une reconnaissance plus vaste. Ils en empruntent déjà le chemin d’un pas déterminé.
Claude Askolovitch apparaît réellement pour ce qu’il est : un propagandiste de l’État Sarkozy. Les deux autres conservent une posture d’opposition. Claude Askolovitch, en ralliant Lagardère, demeure lié au pouvoir actuel et peut être freiné dans sa carrière en cas d’alternance. Cependant, il peut imiter ses glorieux aînés. Alain Duhamel, par exemple, hisse le retournement de veste au rang d’un véritable art. La principale qualité pour un éditocrate est d’avoir l’échine souple pour devenir un courtisan permanent, au-delà des alternances partisanes. En plus, Claude Askolovitch a fait toute sa carrière dans des journaux étiquetés à gauche avant de s’installer dans les fauteuils de Lagardère.

Renaud Dély, se complait dans son rôle d’opposant au pouvoir. Il dirige un journal qui prétend se démarquer du pouvoir actuel. Il intervient fréquemment sur les plateaux de télévision pour incarner le journaliste d’opposition. Toutefois, Renaud Dély peut facilement se muer en conseiller du prince auprès d’un pouvoir socialiste après les présidentielles de 2012. Il pourra ainsi inciter la gauche de gouvernement à mener des réformes libérales indispensables. Il participera, aux côtés des hiérarques du PS, à la diabolisation de Besancenot en 2012.

Caroline Fourest apparaît comme une éditocrate particulièrement talentueuse qui balaye de l’extrême droite jusqu’à une partie de l’extrême gauche. De nombreuse personnes, qui n’accorderaient pas une once de crédibilité à Bernard-Henri Lévi, la soutiennent. Ses idées correspondent à la culture républicaine qui défend l’ordre contre les immigrés. Les communistes ont longtemps défendu la figure de l’ouvrier blanc qualifié contre le travailleur immigré. La CGT a récemment expulsé les sans papiers qui occupaient la Bourse du travail. Ensuite, Caroline Fourest, en luttant contre l’intégrisme, peut rallier certains défenseurs sincères des libertés contre l’oppression patriarcale et religieuse. Elle donne également des cours à Sciences Po et peut ainsi entretenir des liens de connivence avec la classe politique et médiatique pour servir sa carrière prometteuse.

Cette génération d’éditocrates revêt les haillons de l’impertinence pour préconiser un ralliement, forcément raisonnable, à l’ordre libéral. Ils n’hésitent pas à bousculer leur camp, la gauche. Ils paraissent ainsi libres et indépendants. Toutefois, leurs noms sont appelés à rayonner bientôt au sommet du panthéon de la soumission au pouvoir.

Toutefois, l’influence des éditocrates demeure limité. Les lecteurs et les journalistes ne sont pas toujours convaincus de la pertinence de leurs propos. Ses journalistes courtisans sont souvent critiqués avec délectations. Leur unanimisme en faveur de l’ordre libéral n’empêche pas les grèves et les luttes à leur grand désarroi. Ils sont davantage le révélateur de l’idéologie du pouvoir et d’un système médiatique abreuvé de conformisme.

Ensuite, internet se dessine comme un contre-pouvoir face aux éditorialistes des grands médias. Les rédactions sont également traversées par des rapports de pouvoir et des conflits. Si le rapport de force n’est pas prêt d’évoluer une conscience critique existe réellement. Le journalisme ne doit plus être une corporation mais un combat.

Sur les éditocrates :
http://www.lmsi.net/spip.php?article961

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4 réactions

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  • Les nouveaux éditocrates

    7 février 2011 09:13, par brrrrelin

    repondre message

    Merci pour cet article qui ne fait que préciser une "intuition" à l’écoute de la nouvelle Vrounze Kultur... Heureusement que le "tiers monde" (conf Herbert Marcuse) vient à point aujourd’hui pour reprendre à la place de nos sociétés repues les croyances en d’autres possibles que ceux des seules dorures bling bling...
    Heureusement aussi que nos "anciens" sont encore là pour parler haut et fort... "Indignez-vous" (conf le Théatre de la Colline ce soir, 7 février 2011)...
    Quel piètre et petit "pouvoir" que cette parole accaparée par des brillances factices...

  • Les nouveaux éditocrates

    27 janvier 2010 22:55, par christian

    repondre message

    Excellent article, un langage vrai, authentique, bravo.

  • Les nouveaux éditocrates

    27 janvier 2010 19:15

    repondre message

    "le journaliste près à rallier n’importe quel nouveau pouvoir. Une qualité indispensable pour devenir éditocrate"...Et bien, cette réflexion, de la part d’un étudiant en journalisme, force le respect.

  • Les nouveaux éditocrates

    27 janvier 2010 19:01, par A. B

    repondre message

    Bravo ! A mes yeux le meilleur article de hautcourant saison 2010. Bon, certes quelque peu empreint d’animosité, mais pour le reste, c’est plein de vérités.

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