Pourquoi ils préfèrent la SCOP

Par le 22 novembre 2018

Les SCOP connaissent une croissance moyenne de 10% par an et pourraient franchir la barre des 70 000 salariés d’ici 2020. Hautcourant revient sur les trajectoires originales de trois entreprises régionales ayant opté pour ce modèle.

Elle sont en plein boum. Les Sociétés Coopératives Ouvrières de Production (SCOP) comptent aujourd’hui 3 200 entreprises et 58 000 salariés sur l’ensemble du territoire national.
En France, une entreprise sur deux survit après cinq ans d’activité. Pour les SCOP, ce taux s’élève à 67%”, souligne Pierre Auriau, directeur de l’Union Régionale des SCOP du Languedoc-Roussillon. “Notre modèle attire de plus en plus. On a une croissance d’environ 10% par an et on espère franchir la barre 70 000 salariés d’ici 2020.
Pourquoi ce modèle séduit-il autant ?

Quand les ouvriers reprennent leur entreprise

Depuis 45 ans, des crèmes glacées sont produites à Carcassonne. Pourtant, “La Fabrique du Sud” a bien failli disparaître en 2012. Malgré les bénéfices réalisés, le fonds d’investissement californien, qui venait de reprendre l’entreprise quelques mois plus tôt, décidait de fermer le site audois. “Nous étions 123 salariés et nous allions tous nous retrouver au chômage”, se souvient Christophe Barbier, à l’époque agent de maîtrise. “Après plusieurs mois de combat, nous sommes 19 ouvriers à avoir décidé de nous associer pour reprendre notre entreprise sous forme de SCOP.
En 2014, l’activité est relancée sous la présidence de Christophe Barbier. “Aujourd’hui nous sommes 24 salariés, presque tous sociétaires. On a dû rapidement embaucher car personne n’avait de compétences commerciales.”
Depuis 2017,  “La Fabrique du Sud” est bénéficiaire et travaille avec les grandes surfaces d’Ile de France et de toute la moitié sud du pays. “On a redonné un sens à notre travail. Chacun a son mot à dire et les décisions sont prises horizontalement.”

De l’armée à la couture en coopérative

Le partage des décisions, c’est aussi ce qui a séduit Françoise Denis. Après une carrière dans l’armée, cette nîmoise a décidé de changer radicalement de vie. “Je ne voulais plus de patron. J’ai beaucoup aimé travailler dans l’armée mais j’avais envie d’un changement radical”, détaille-t-elle.
Il y a trois ans, elle se lance dans la couture et crée avec son mari la SCOP “Design a new style” dans la ville de la toile denim. Depuis, l’entreprise est passée de quatre à sept salariés-associés et pourraient en compter une huitième dans les prochains mois.
“En les poussant à devenir sociétaires, on motive les salariés qui s’impliquent plus. Chez nous, chacun à sa spécialité mais doit être capable d’aider ou remplacer son collègue en cas de besoin”, explique Françoise Denis.  “Après deux premières années difficiles, nous sommes désormais en pleine croissance. On espère continuer à grandir et à embaucher”.

L’indépendance dans un cadre collectif

Consultante et formatrice en communication, Sylvie Giraud-Mallier a quant à elle fait le choix de rejoindre « Mine de talents », une Coopérative d’Activité et d’Emploi (CAE) alésienne, il y a cinq ans.
Ce modèle cumule les avantages”, avance-t-elle. “Il me permet de travailler en tant qu’indépendante tout en étant salariée. Je bénéficie également des services de gestion administrative de l’entreprise. Mais contrairement à ce qui se passe dans les sociétés de portage, je ne suis pas une cliente mais une associée.”
Aux côtés de 200 autres entrepreneurs salariés issus des secteurs de l’informatique, de la communication, du bien-être, de l’artisanat ou de l’habitat, Sylvie Giraud-Mallier participe à une réelle dynamique collective. “Avec les autres entrepreneurs en communication, il nous arrive par exemple de répondre collectivement à des appels d’offres.
Une façon de mutualiser les savoir-faire pour avancer ensemble.

 

La SCOP, comment ça marche ?

Dans une SCOP, les salariés doivent détenir plus de la moitié du capital social de l’entreprise et les deux-tiers des droits de vote. Le dirigeant est élu par ses pairs lors du conseil d’administration où chaque associé dispose d’une voix.
En fin d’année, si l’entreprise est bénéficiaire, le profit se partage de la manière suivante :
– une part pour tous les salariés, sous forme de participation et d’intéressement ;
– une part pour les salariés-associés sous forme de dividendes ;
– une part pour les réserves de l’entreprise qui vont contribuer à assurer la pérennité de l’entreprise en consolidant ses fond propres.

 

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à propos de l'auteur

Auteur : Boris Boutet

Attiré par l’écriture et le journalisme depuis mon plus jeune âge, ma curiosité naturelle m’a poussé à développer de nombreux centres d’intérêts, parmi lesquels ma passion, le sport. Adolescent, la même ritournelle, presque prophétique, résonnait souvent dans mon cocon familial : « Tu finiras journaliste sportif ». Avec l’esprit de contradiction qui caractérise bien des jeunes de cet âge, je démentais. Pourtant, après avoir écrit bénévolement pour plusieurs sites amateurs, je deviens très vite correspondant sportif pour Midi Libre et le Républicain d’Uzès. Dans le même temps, je m’essaye à la radio, créant ma propre émission sur le web et intervenant de temps à autres sur Radio Nîmes. Au fil des semaines, et de mes deux stages universitaires effectués à Midi Libre, mon style rédactionnel évolue. Mes attentes du métier aussi. Initialement attiré par la presse écrite, c’est désormais la radio que je convoite. Mais avant de commenter des évènements sportifs ou de débattre dans les studios d’une radio nationale, je souhaite traiter sur Haut Courant de l’actualité sous toutes ses formes et découvrir les différents supports offerts par le journalisme web.