Montpellier, mobilisation contre l’ACTA

"Big brother est arrivé"

mardi 14/02/2012 - mis à jour le 19/02/2012 à 22h58

Ce samedi 11 février, des manifestations ont essaimé dans de nombreuses villes européennes et françaises. Les manifestants battaient le pavé pour protester contre le projet de loi ACTA, accord commercial anti-contrefaçon, signé à Tokyo par la France le 26 janvier dernier.

A Montpellier, plus d’une centaine de personnes se sont rassemblées et ont défilé selon le trajet traditionnel. Parti de la place de la Comédie, le cortège, essentiellement composé de jeunes est monté jusqu’au Peyrou avant de rejoindre le Corum aux cris de « Liberté d’expression ! » et de « Libérez le futur, non à la censure ! ». Nombre d’entre eux portaient le masque emblématique de V pour Vendetta des Anonymous.

Alors que le cortège suit son circuit, un petit nombre de manifestants fait le pied de grue devant la fontaine des Trois Grâces. « Nous restons là pour sensibiliser les gens, discuter avec eux et distribuer des tracts » explique Ergo en costume, cravate masqué qui souhaite préserver l’anonymat et se présente donc sous son pseudonyme. Il confie cependant avoir un vingtaine d’année, être étudiant et faire parti du groupe des Anonymous depuis quelques mois. Selon lui l’ACTA «  c’est l’arrivée de big brother. Sous pretexte de lutter contre le copyright, l’Etat pourra nous surveiller ».

Sa pancarte où figure l’un des slogans des Anonymous interpelle les passants curieux de connaître les motifs de leurs revendications. « Les médias communiquent peu sur l’évènement et la signature de ce texte » se plaint Boris Cailly étudiant à l’ESMA qui témoigne à visage découvert. « En tant que sympathisants du mouvement, nous n’avons pas à nous cacher » souligne Louisiane. Entre deux conversation Boris raconte qu’il a souhaité faire parti du mouvement mais n’ayant pas les compétences informatiques nécessaires mais il contribue à sa hauteur : « moi je fais des images et des tracts, on fait avec ce qu’on a ».

Ergo qui semble plus impliqué pense que le mouvement a été propulsé suite à la fermeture du site MegaUpload par le F.B.I. Sur Montpellier il estime qu’il y a environ 400 personnes qui sont bien impliquées dans le mouvement des Anonymous.

Rencontré en fin de cortège, Laurent G., jeune infirmier est présent aujourd’hui pour se renseigner sur ce projet de loi qu’il estime « pas explicite » même après lecture intégrale. « La partie du texte qui me dérange le plus et celle relative aux médicaments ». Le tract explique en effet qu’au nom des brevets, l’ACTA donnera aux grandes sociétés le pouvoir d’arrêter la production de médicaments génériques.

L’Acta, un projet qui suscite méfiance et controverse


L’appel à la manifestation a été lancée depuis les réseaux sociaux. Sur la page Facebook Anonymous Montpellier, 600 personnes avaient répondu présentes. Le groupe d’hacktivistes anonymes mène depuis 2008 des actions informatiques et physiques en faveur notamment de la liberté d’expression sur Internet.

Cette fois-ci le gouvernement européen suscite la colère de ces cracks de l’informatique qui ont appelé à la mobilisation pour protester contre la signature de cet accord par 22 pays européens. Négocié entre l’Union européenne, les Etats-Unis, le Japon, le Canada, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, Singapour, la Corée du Sud, le Maroc, le Mexique et la Suisse, ce texte est destiné à lutter contre la contrefaçon de manière très large, depuis les médicaments et autres marchandises, jusqu’au téléchargement illégal sur l’internet.

C’est déjà la deuxième manifestation depuis la signature du projet le 26 janvier. Les réactions ont été vives en Europe de l’Est et l’Allemagne a suspendu vendredi 10 février le processus de ratification du traité. De nombreuses voix s’élèvent contre ce projet mené à huis-clos depuis plusieurs années.

Kader Arif a démissionné de son poste de rapporteur de la loi au Parlement européen le jour de la signature de l’accord pour « alerter l’opinion publique » et a dénoncé « une mascarade » sur le site internet des députés socialistes européens. En effet, les eurodéputés socialistes, libéraux, et verts dénoncent les dangers d’un texte qui défend trop, à leurs yeux, les intérêts des ayants droit au détriment des citoyens.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

Région //

Rejoignez Haut Courant sur Facebook

Haut Courant sur Twitter