7eme Art

Le Concert, une revanche sur un air de Tchaïkovsky

jeudi 19/11/2009 - mis à jour le 15/02/2010 à 11h37

Dans « Le Concert », Radu Mihaileanu, le réalisateur de « Train de vie », suit les aventures d’un ancien maestro déchu par l’URSS de Léonid Brejnev.

A l’extérieur, une foule d’adolescents attend pour voir le second volet de Twilight ou encore 2012. A l’intérieur, loin des blockbusters du moment, une vingtaine de personnes sont venues apprécier la dernière fable de Radu Mihaileanu, réalisateur d’origine roumaine. Le rideau rouge se lève, Le Concert commence.

Dans son dernier opus, Radu Mihaileanu nous livre une histoire de rencontres et d’amitiés, d’imposture et de courage, de revanche et de musique. Andreï Filipov, chef d’orchestre du prestigieux Bolchoï est le plus grand maestro de son époque. Le 12 juin 1980, en pleine représentation, il est licencié par Léonid Brejnev, dirigeant de l’URSS, pour avoir refusé de se séparer de ses musiciens juifs. Aujourd’hui, il travaille toujours dans le célèbre théâtre, comme homme de ménage. Nostalgique, il revit sans cesse ses heures de gloire. Un beau jour, il intercepte un fax conviant l’orchestre du Bolchoï à se produire à Paris au Théâtre du Châtelet. Alors, lui vient une idée folle : réunir ses anciens musiciens et les emmener à Paris afin de prendre sa revanche.

Mêlant à la fois le burlesque et le lyrisme, le film est porté par un trio d’acteurs russes touchants et drôles. Alexei Guskov dans le rôle d’un maestro mélancolique et courageux, Dimitry Nazarov dans celui de l’ami fidèle, et Valeri Barinov qui joue à merveille le communiste nostalgique, ancien membre du KGB, qui aide au triomphe de la musique sur les anciennes idéologies. Sans oublier la gracieuse Mélanie Laurent qui interprète Anne-Marie Jacquet, une talentueuse violoniste française à la recherche de son passé.

Le Concert, en tant que comédie post-soviétique, c’est aussi quelques clichés : des caractères bien trempés, des Russes débraillés lâchés dans un Paris de goguettes et de péniches, le vieux musicien juif cupide, les violonistes tsiganes qui fabriquent de faux passeports, ou encore la “gay-attitude” du directeur du théâtre du Châtelet. Bref, la rencontre d’un prolétariat russe et d’un luxe tout parisien. Ce film montre une Russie tiraillée entre le regret de l’ère communiste et l’entrée dans un monde occidental capitaliste. Derrière les apparences d’une simple farce slave, Mihaileanu rappelle le souvenir douloureux de l’URSS de Brejnev, il y a trente ans.

Point d’orgue du film : le Concerto pour violon en ré majeur opus 35 de Tchaïkovski. Soit plus de douze minutes de musique ininterrompue qui emportent le spectateur très loin. Une scène qui monte crescendo en émotion et en révélations. Un face à face saisissant entre le chef d’orchestre et la soliste. « Ce concert est comme une confession, un cri ». Un véritable coup de cœur.

Réalisé par Radu Mihaileanu, avec Mélanie Laurent, Alexei Guscov, Dimitry Nazarov, Valeri Barinov, François Berléand, Miou-Miou, Lionel Abelanski... Producteur, Alain Attal.

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