Les sorties ciné du mercredi 6 décembre

Il fait trop froid pour sortir ? Allez vous faire une toile. Mercredi arrive avec son de lot de nouveaux longs métrages qui sortent en salle. Voici une sélection des films à l’affiche cette semaine.

Bienvenue à Suburbicon – Une satire déjantée

Avec Bienvenue à Suburbicon, George Clooney passe à nouveau derrière la caméra, sur un scénario qu’il cosigne avec les frères Coen. Le film est inspiré de l’histoire vraie d’une famille américaine blanche de Pennsylvanie qui s’est opposée à l’installation d’une famille noire dans leur quartier.
Suburbicon, petite ville résidentielle des Etats-Unis, fin des années 50. La parfaite banlieue américaine. Matt Damon incarne un père de famille moyen dont la vie va basculer dans des histoires de crimes. Un thriller-comédie absurde et déjanté qui dresse une satire de la société américaine. Allez faire un tour à Suburbicon.

Les Gardiennes – La guerre des femmes

Après Des hommes et des dieux, Grand Prix du jury du festival de Cannes et César du meilleur film en 2010, Xavier Beauvois signe là un nouveau long métrage puissant, en adaptant le roman homonyme d’Ernest Pérochon. Le réalisateur a voulu raconter la Grande guerre, mais celle des femmes qui ont participé à l’effort de guerre. Pour cela, il a réuni pour la première fois à l’écran Nathalie Baye et Laura Smet.
Les Gardiennes nous emmènent dans la France profonde de 1915. A la ferme du Paridier, les femmes ont remplacé les hommes partis sur le front. Nous suivons Hortense, la doyenne et sa fille Solange, qui travaillent dur dans les champs et vivent au rythme des permissions des hommes. Hortense engage une jeune fille de l’assistance publique pour les épauler. Xavier Beauvois méritera-t-il un nouveau César? Jugez-en par vous-même.

Santa & Cie – L’esprit de Noël

Pour son nouveau long métrage, Alain Chabat enfile le costume du père Noël, mais pas sans difficulté. Le réveillon approche mais les lutins chargés de fabriquer les jouets des enfants tombent tous malades. Panique. Sur ordre de la mère Noël (Audrey Tautou), Santa se rend sur Terre pour sauver Noël. Une comédie familiale de saison, où la magie rencontre la réalité.

Tueurs – Au cœur d’un casse

On passe cette fois au polar. Le reconverti du grand banditisme François Troukens et Jean-François Hensgens signent un film de braquage bien ficelé. Frank Valken (Olivier Gourmet), braqueur professionnel, réalise un casse exceptionnel qui tourne mal. Un commando entre en action et exécute les témoins. Parmi eux, une magistrate qui s’occupe d’une affaire de tireurs fous. Projetés 30 ans plus tard, on retrouve un Frank Valken récidiviste arrêté en flagrant délit. Il s’évade de prison pour prouver son innocence, avec une Lubna Azabal et un Bouli Lanners, détectives, à ses trousses. Le film promet d’être palpitant.

Les sorties ciné du mercredi 29 novembre

Chaque mercredi, une nouvelle fournée de nouveaux longs métrages sort tout chaud dans les salles obscures françaises. L’occasion de passer en revue les derniers films de Robert Guédiguian, Thomas Alfredson et Mélanie Laurent et de se confronter à la dernière superproduction Disney-Pixar.

Coco de Lee Unkrich – Voyage au Mexique

Coco est le dernier film d’animation des studios Pixar, auteur des films d’animation Toy Story, Wall-E ou encore Vice-Versa. L’histoire se déroule au Mexique où Miguel, 12 ans, rêve de devenir musicien afin de ressembler à son idole Ernesto de la Cruz. Un objectif bien difficile à atteindre pour le petit mexicain puisque sa famille l’empêche d’avoir tout rapport avec la musique. Alors qu’il est en train de participer à la célèbre fête mexicaine du « dia del muertos » [jour des morts, ndlr], il se retrouve à la suite de péripéties en plein milieu d’un monde haut en couleur : le pays des morts.
L’occasion pour lui de rencontrer ses ancêtres et de découvrir la raison de l’aversion de sa famille envers la musique.

Une virée délirante en plein cœur des traditions mexicaines où l’on décèle également de nombreuses références à la mythologie aztèque. Coco est un immense succès au Mexique, où le film a battu tous les records en devenant le plus grand succès pour un film d’animation, rapportant la bagatelle de 34,1 millions d’euros au box-office mexicain. Une histoire loin d’être effrayante ou morbide, mais au contraire pleine de vie et d’humour qui ravira petits et grands.

Le Bonhomme de neige de Thomas Alfredson – Un thriller glacial

Après s’être attaqué aux vampires (Morse) puis au film d’espionnage (La Taupe), le réalisateur Thomas Alfredson s’essaie au polar avec Le Bonhomme de Neige inspiré du best-seller de Jo Nesbø. En plein cœur de la Norvège, le détective alcoolique Harry Hole (Michael Fassbender) enquête sur la disparition d’une femme qui pourrait être la dernière victime d’une série de meurtres inquiétante. Avec l’aide de Katrine Bratt (Rebecca Ferguson), tout juste sortie de l’école de police, ils vont se lancer à la poursuite d’un tueur laissant des bonhommes de neige sinistre à chacun de ses méfaits.

Plonger de Mélanie Laurent – Amour en eaux troubles

Adaptation du roman éponyme de Christophe Ono-dit-Biot, Plonger est le troisième long métrage de la l’actrice-réalisatrice Mélanie Laurent. Le film nous immerge dans la vie de Paz (Maria Valverde) et de César (Gilles Lellouche), couple à l’amour fusionnel et passionné. Tout bascule pour les deux amants à la suite d’une maternité non désirée qui fragilise l’équilibre de leur relation. Paz, fuit sans donner de nouvelles. Une « relation homme-femme » qui a marqué Mélanie Laurent lors de sa lecture du roman de Christophe Ono-dit-Biot. Après Les Adoptés, Respire et Demain, la réalisatrice réussira-t-elle une nouvelle fois à captiver son public ? Réponse mercredi en salle.

La Villa de Robert Guédiguian – Une chronique familiale ancrée dans le présent

En plein cœur de sa terre natale, le réalisateur Robert Guédiguian réunit ses acteurs fétiches Jean-Pierre Daroussin, Ariane Ascaride ou encore Gérard Meylan dans une chronique familiale ancrée dans la réalité. Angèle, Jospeh et Armand se réunissent dans la maison familiale pour soutenir leur père vieillissant dans un cadre idyllique, celui de la calanque de Méjean. Le moment pour eux de mesurer ce qu’ils ont conservé de l’idéal que leur père leur a transmis. Du monde de fraternité qu’il avait bâti dans ce lieu magique, autour d’un restaurant ouvrier dont Armand, le fils aîné, continue de s’occuper. Une réunion familiale qui va se voir bouleversée par un phénomène plus que d’actualité… Guédiguian aborde les thèmes universels qui lui sont chers : l’amour, les relations familiales, la paix…

Les sorties ciné du mercredi 22 novembre

Comme chaque mercredi, les salles obscures se ravitaillent en nouveaux longs métrages dont voici une petite sélection. À l’affiche cette semaine, Le Brio, Marvin ou la belle éducation, La Lune de Jupiter, L’oeil du cyclone ou encore La bataille des sexes.

Marvin ou la belle éducation de Anne Fontaine – La difficulté d’être soi

Martin Clément (Finnegan Oldfield), né Marvin Bijou, est un garçon « différent ». Et pour cela, il a fui. Il a fui son petit village des Vosges. Il a fui sa famille, la tyrannie de son père, la résignation de sa mère. Il a fui l’intolérance et le rejet, les brimades auxquelles l’exposait cette « différence ». Envers et contre tout, il s’est quand même trouvé des alliés. Madeleine Clément (Catherine Mouchet), la principale du collège qui lui a fait découvrir le théâtre, et Abel Pinto (Vincent Macaigne), le modèle bienveillant qui l’encouragera à raconter sur scène toute son histoire. Marvin devenu Martin va prendre tous les risques pour créer ce spectacle qui, au-delà du succès, achèvera de le transformer.

« Le nouveau film d’Anne Fontaine est une balade fiévreuse sur un être humilié et offensé chez qui la lumière finit par l’emporter sur l’ombre », Télérama

Le Brio de Yvan Attal – Un plaidoyer pour une France tolérante

Neïla Salah (Camélia Jordana), jeune banlieusarde de Créteil issue d’une famille algérienne, rêve de devenir avocate. Dès son premier jour à l’université parisienne d’Assas, elle va se confronter à Pierre Mazard (Daniel Auteuil), professeur connu pour ses provocations et dérapages de langage. Pour s’éviter une sanction administrative, ce dernier accepte de préparer Neïla au prestigieux concours d’éloquence. Mais pour relever le défi, il faudra que chacun dépasse ses propres préjugés.

« C’est malin, bien écrit, bien rythmé, bien joué. Assouplir les mœurs en riant, voilà un bon propos de comédie », Lefigaro.fr

L’oeil du cyclone de Sékou Traoré – L’Afrique face à ses démons

Quelque part en Afrique. Un enfant soldat devenu chef de rebelles (Fargass Assandé) est accusé de crimes de guerre. C’est une jeune avocate (Maïmouna N’Diaye) qui assure sa défense, souhaitant faire triompher la justice dans son pays corrompu, quitte à mettre en danger sa carrière et sa vie. Mais peut-on réellement sauver un ex enfant-soldat ?

« En homme programmé à tuer, Fargass Assandé est totalement hallucinant », Télérama

La Lune de Jupiter de Kornél Mundruczó – Un ange passe

Six fois nominé au Festival de Cannes, le long-métrage raconte l’histoire d’Aryan (Zsombor Jéger), un jeune migrant qui se fait tirer dessus lors de son passage illégal de la frontière. Sous le coup de sa blessure, il découvre qu’il a désormais le pouvoir de lévitation. Jeté dans un camp de réfugiés, il s’en échappe avec l’aide du Docteur Gabor Stern (Merab Ninidze) qui ambitionne d’exploiter son extraordinaire secret. Les deux hommes prennent la fuite en quête d’argent et de sécurité, poursuivis par le directeur du camp. Fasciné par l’incroyable don d’Aryan, Stern décide de tout miser sur un monde où les miracles s’achètent.

« Au festival de Cannes, on lui aurait bien volontiers attribué un double trophée : celui du scénario et celui de la mise en scène », La Voix du Nord

Battle of the sexes de Jonathan Dayton et Valerie Faris – Un film dans l’air du temps

1972. La championne de tennis Billie Jean King (Emma Stone) remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs (Steve Carell), profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple…

Onze ans après Little Miss Sunshine, Dayton et Faris se saisissent d’un thème on ne peut plus actuel : la cause féministe au prisme du machisme dans le tennis des années 70.

« [Emma Stone et Steve Carrell] assurent joliment le show sous leurs postiches », Première

SEANCE DU JOUR #3 – Chico et Rita sur un air latino

Le réalisateur espagnol Fernando Trueba est à l’honneur cette année pour la 39e édition du Cinemed. Aujourd’hui, Haut Courant s’intéresse à Chico et Rita (2011), nominé aux Oscars et récompensé par le Goya du meilleur film d’animation (2011).

À La Havane, en 1948, Chico, un jeune pianiste talentueux, fait la fête avec ses amis lorsqu’il rencontre Rita, une chanteuse de jazz. Le coup de foudre est réciproque pour les deux artistes cubains qui rêvent de percer aux Etats-Unis. Après une nuit enchantée, place au cauchemar. Juana, la petite copine de Chico débarque. Ils participent malgré tout à un concours musical ensemble. C’est le début d’une reconnaissance locale pour le duo. Un soir, Ron, un producteur américain, propose à Rita de la produire et de l’emmener à New York. Elle accepte à contrecœur, convaincue que Chico aime sa femme Juana.

Le spectateur ne peut que tomber sous le charme de cette intrigue poétique bercée par les sons des grands jazzmen cubains. Ils sont d’ailleurs présents dans le film comme Chano Pozo, Charlie Parker, Dizzy Gillespie ou encore Ben Webster. Bebo Baldes, a également réalisé la bande originale du film. La vie du grand pianiste cubain a fortement inspiré les deux réalisateurs, Fernando Trueba et le dessinateur Javier Mariscal, mondialement connu pour avoir créé Cobi, la mascotte des Jeux Olympiques de Barcelone de 1992.
Ces derniers ont réalisé un travail qui frappe par son originalité. Pour être très réaliste, ils ont utilisé des archives photographiques de La Havane. Les réalisateurs ont utilisé une méthode novatrice d’animation du dessin tout en intégrant les mouvements de vrais acteurs qui jouaient en studio.

Derrière l’amour passionnel et contrarié des protagonistes se cache la dure réalité sociale de l’époque. Le film constitue une véritable dénonciation du racisme notamment à travers le personnage de Rita. La jeune chanteuse ne peut pas résider dans les grands hôtels dans lesquels elle se produit et est entièrement dépendante de son producteur, un riche homme blanc. De plus, après la révolution cubaine en 1959, le jazz n’est plus populaire car il est associé à l’impérialisme. C’est pour cette raison que les personnages comme les grands musiciens cubains ont abandonné leur île pour devenir célèbres ailleurs.
Un beau dessin animé pour adultes qui saura nous émerveiller comme des enfants.

[Pour les plus curieux, voici un extrait

 >https://www.youtube.com/watch?v=g2bVBUZ93R8&feature=youtu.be]

SÉANCE DU JOUR #2 – Retour à Bollène, un premier film remarquable de Saïd Hamich

La 39e édition du Cinemed présente le premier film de Saïd Hamich, Retour à Bollène. Il fait partie de la sélection officielle Panorama Longs Métrages.

Le Cinemed diffuse aujourd’hui et vendredi 27 octobre le premier long métrage de Saïd Hamich, producteur de nombreux films dont Much Loved de Nabil Ayouch. Pour lui, « c’est un sentiment nouveau d’être dans cette position ». Pour son premier passage derrière la caméra, il s’est occupé du scénario et de la production. Il le décrit comme « un film personnel ».

Le film raconte l’histoire de Nassim (Anas El Baz), un jeune homme de 30 ans, qui vit à Abu Dhabi avec sa fiancée américaine. Avec elle, il revient dans le Sud-Est de la France, à Bollène, l’endroit où il a grandi.
Bollène a bien changé depuis qu’il est parti. Sa ville est sinistrée, la Ligue du Sud gouverne la ville. Nassim retrouve sa famille avec laquelle il entretient des rapports compliqués, surtout son père à qui il ne parle plus. Un père qu’il évite le plus possible, retardant la rencontre. Le personnage est confronté à un passé qu’il a cherché à oublier en partant loin de la France. Retrouver Bollène et la banlieue dans laquelle vit sa famille, c’est être soumis à tout ce qu’il redoute. Saïd Hamich suit Nassim dans son parcours et ses retrouvailles avec d’anciennes connaissances, des personnes qui ont marqué sa vie et qui ont bien changé depuis son départ.

Le réalisateur souligne, par le biais du retour du personnage principal, la réalité d’une certaine France. Une France où les commerces de proximité sont fermés, des services publics inefficaces, les habitants des banlieues laissés pour compte, le chômage. Clairement, le film a une composante politique et sociale. Avec Retour à Bollène, Saïd Hamich prouve qu’il n’est pas seulement un producteur engagé, il est aussi un réalisateur à suivre. Il montre aussi son perfectionnisme : « le film n’est pas mixé jusqu’au bout ».

Présenté pour la première fois au public au Cinemed, Retour à Bollène décrit une certaine réalité de la vie politique locale. Le réalisateur décrit avec pertinence les passerelles qui peuvent exister entre l’extrême gauche et l’extrême droite. À travers le retour de Nassim sur sa terre natale, le spectateur assiste à la réalité bouleversante d’un personnage confronté à son passé et à sa famille. Une réalité qui le happe et le replonge dans ses tourments, laissant ressurgir ses blessures. Nassim doit affronter ses démons et ses peurs. Un passage obligé pour appréhender l’avenir sereinement. Pour être heureux, tout simplement.

SÉANCE DU JOUR #1 – Razzia, une ode à la liberté

Après Much Loved, Nabil Ayouch revient en ouverture du 39e festival Cinemed avec un tableau édifiant de la société marocaine.

C’est un geste fort que de présenter ce film en ouverture du Festival. Un film engagé, sur l’évolution des moeurs au Maroc, entre conservatisme et modernité. De manière chorale, il conte les destins croisés de Salima, Joe, Hakim, Inès.

Et surtout celle d’Abdallah, avec sa voix qui nous guide durant tout le film. Tout commence en 1982: il est professeur dans les montagnes de l’Atlas au Maroc et tente d’enseigner les sciences à ses élèves. Mais les nouvelles réformes lui impose (avec surveillance à la clé) d’utiliser l’arabe, langue coranique, au détriment du berbère. Les cours se transforment en éducation islamique. « Qu’importe la langue si vous leur ôtez la voix ? » désespère-t-il. « Rester pour lutter ? ». Il hésite.

Nous voilà sans transition en 2015. Salima, une jeune femme mariée et sans emploi se débat face à la pensée patriarcale qui l’étouffe et à la domination des hommes. Joe, de son vrai nom Joseph, est un restaurateur juif de Casablanca. Sans cesse renvoyé à son appartenance religieuse. Hakim, jeune marocain homosexuel rêve, lui, d’Europe et de liberté. À la recherche d’un avenir meilleur il est confronté au rejet de la société et de son père, du fait de son orientation sexuelle et de sa passion pour la musique. Inès, jeune lycéenne ultra connectée est confrontée et choquée par le mariage d’une de ses amies, mineure, avec un homme de 32 ans.

Tout cet entrelacs d’histoires de vies qui se frôlent sans se rencontrer questionne les mutations et soubresauts de la société marocaine : la religion, la libération de la femme et les mariages de mineurs, l’homosexualité. En quête de liberté, chacun des personnages tente à sa manière de s’affranchir des carcans du Maroc d’aujourd’hui.

Ecrit par le réalisateur lui-même et Maryam Touzani l’actrice principale du film (Salima), le scénario met en scène les comédiens de son précédent long métrage – le multi primé Much loved -, Amine Ennaji (Abdallah) et Abdellah Didane (Ilyas).

Le réalisateur d’origine marocaine scrute son pays avec un réalisme bouleversant. Il y décrit une société bloquée tout autant par l’emprise religieuse que celle de la domination des hommes sur les femmes. Dans « Casa la moderne » prisée des touristes, il filme l’envers du décor : la difficulté de naître et d’être femme, le rejet des juifs, la stigmatisation des homosexuels. Il y dépeint également la contestation de la jeunesse face au chômage, leur désespoir face à l’avenir. Et la violence qui en découle.

Plein écran sur le 39e Cinemed

Montpellier accueille du 20 au 28 octobre la 39e édition de son festival de cinéma méditerranéen. Avant premières, courts métrages, documentaires, rétrospectives : tous les formats cinématographiques sont à l’affiche partout dans la ville.

Montpellier se prépare à devenir la capitale du cinéma méditerranéen à l’occasion de la 39e édition du Cinemed, dont la cérémonie d’ouverture aura lieu le vendredi 20 octobre. Une édition 2017 particulièrement attendue au vue de la qualité des invités et de la programmation proposée par les organisateurs cette année. Le festival, après avoir mis en lumière la Tunisie l’année précédente, s’intéresse au renouveau du cinéma algérien et notamment sa jeune garde de réalisateurs. Durant cette semaine de multiples réalisateurs, producteurs et acteurs seront présents pour présenter leurs œuvres au cours des différents événements organisés dans tous les cinémas de la ville.

Une compétition acharnée pour décrocher l’Antigone d’Or

Cette année le jury qui récompense le meilleur long-métrage, présidé par l’actrice Aure Atika (La vérité si je mens, Comme t’y es belle…), doit déterminer lequel des neuf films en compétition mérite de remporter l’Antigone d’Or du meilleur film. Une sélection parmi laquelle on retient notamment Les Bienheureux de Sofia Djama avec Sami Bouajila, mais également le premier long-métrage de Mariam Khatchvani : Dede. On notera aussi le troisième film de la palestino-américaine Annemarie Jacir qui présente Wajib. Un long métrage où l’on accompagne un fils et son père pratiquer la coutume palestinienne du « Wajib », de délivrer directement aux proches les invitations de mariage.

Il ne faut pas oublier non plus les films hors-compétition comme la très attendue avant-première de Tout nous sépare réalisé par Thierry Klifa dont le tournage s’est déroulé à Sète. On y retrouve l’immense Catherine Deneuve, Diane Kruger ou encore le rappeur Nekfeu, rien que ça ! Ce n’est pas la seule avant-première que l’on pourra retrouver lors du Cinemed, puisque l’on regardera également avec attention le nouveau film d’un habitué du festival, Robert Guédiguian, avec La villa. Autre long métrage très attendu celui de Karim Moussaoui En attendant les hirondelles, avec la présidente du jury, Aure Atika, dans une triple histoire au cœur de l’Algérie contemporaine.

On ne peut pas non plus rater un des événements majeurs du festival méditerranéen, la présence du duo de réalisateur Olivier Nakache et Eric Toledano. Une rétrospective de leur filmographie a lieu toute la semaine, avec notamment leur nouveau film Le Sens de la fête. Il sera également possible de rencontrer les réalisateurs à l’occasion de la « carte blanche » qui leur est attribuée, où ils présenteront un film d’Ettore Scola : Nous nous sommes tant aimés.

Tout nous sépare, un des films les plus attendus du Cinemed.

Des documentaires, court-métrages et rétrospectives pour tout les goûts

Au sein de cette 39e édition, les courts métrages sont d’une grande variété, que ce soit de pays, de durées mais également de formes (fictions, animations, dessins au trait…). La sélection officielle comporte vingt-et-un courts métrages en compétitions et douze en panorama. Parmi eux, le très attendu Retour à Genoa City réalisé par le français Benoît Grimalt. Quelques films d’animation seront également présentés, tels que Dead Horses, Cinq ans après la guerre ou encore Estilhaços, même si les fictions restent plus nombreuses.

Grande nouveauté cette année : la compétition est ouverte aux documentaires courts. Huit films documentaires sont en compétition, allant du film ethnographique à la fiction, en passant par des documentaires plus intimistes, familiaux ou encore expérimentaux. De vraies propositions de cinéma ont été sélectionnées, ce qui permet de découvrir quelques raretés. Notamment Radio Kobani, du hollandais Reber Dosky, qui offre une réflexion sur la géopolitique et l’actualité en Syrie.

Une rétrospective sera consacrée à Merzak Allouache, engagé pour l’Algérie depuis longtemps. Un hommage à Dominique Cabrera, d’origine algérienne, sera également organisé avec une présentation non chronologique de son parcours à travers ses films, dont Corniche Kennedy. Les films du regretté Manuel Pradal, découvert par le festival, seront également mis à l’honneur, dont Marie baie des anges. Une rétrospective des films de Fernando Trueba, qui a un statut à part dans le cinéma espagnol, sera aussi présentée (La Reine d’Espagne, Cousine je t’aime, La fille de tes rêves…).

Une édition qui va nous en mettre plein les yeux.

CINÉMA – Les sorties du Mercredi

Chaque semaine, la rédaction d’Haut Courant vous propose une sélection de films qui sortent le mercredi.

• L’ATELIER – Un film politique et social sur la jeunesse française.

En 2008, son film « Entre les murs » avait reçu la Palme d’or à Cannes. Il revient avec son huitième long métrage : un film social sur la jeunesse française. Le film a été nommé cinq fois au Festival de Cannes. Le casting regroupe, en partie, de jeunes acteurs amateurs que Laurent Cantet a recherché dans les rues de la ville.

Ils sont sept jeunes, âgés de 18 à 25 ans. Issus de la Ciotat, là où les chantiers navals ont fermé depuis 25 ans. Ils cherchent un avenir. Et, c’est dans le cadre d’un atelier qu’ils sont amenés à écrire, ensemble, un roman policier. Leur professeure, Olivia, une célèbre auteure de romans policiers va les aider, et les amener à confronter leurs points de vues. La romancière, interprétée par Marina Foïs, veut les faire réfléchir, notamment sur leur ville. Leur passé. Et c’est Antoine, qui ne s’intéresse pas à cela et attiré par l’extreme droite, qui va violemment s’opposer au groupe.

Ce sont deux mondes qui s’affrontent. D’un coté, une jeunesse perdue, prise de doutes et de découragement face à l’avenir qui lui est promis. De l’autre, le monde intellectuel, le monde des adultes, avec une vision différente.

Cinq fois nommé au Festival de Cannes, le nouveau film de Laurent Cantet nous dépeint une synthèse de la jeunesse française.

• DETROIT – La révolte de 1967 des noirs américains

1967. Des émeutes éclatent à Détroit, dans le Michigan, en réaction à la ségrégation raciale. Des coups de feux sont entendus près de la base de la Garde nationale. La police encercle un motel d’où semble provenir les détonations. Et, ils procèdent à une série d’interrogations, bafouant les procédures. Bilan : 3 hommes abattus et plusieurs blessés. Le nouveau film de Kathryn Bigelow retrace cet évènement, encore très controversé.

• OUVRIR LA VOIX – Le documentaire qui donne la parole aux femmes noires

Amandine Gay donne la paroles aux femmes noires en France, qui sont systématiquement renvoyées à deux choses : leur couleur de peau et leur condition de femme. Ce film comporte une vingtaine de témoignages, retraçant le quotidien de ces femmes. Et les nombreux clichés auxquels elles font face, chaque jour.

• DES LOIS ET DES HOMMES – Un pêcheur irlandais face aux réglementations de l’Union Européenne

C’est l’histoire d’un pêcheur irlandais, John O’Brien, qui se voit contraint dans son mode de vie par les lois restrictives de l’Union Européenne. Va s’en suivre une véritable croisade contre les lobbies industriels, pour prouver qu’une Europe différente est envisageable. Une Europe qui laisserait les autochtones vivre de leurs ressources propres.

Loïc Jourdain a réalisé ici un documentaire qui expose les conséquences directes des règlementations de l’Europe sur le quotidien de simples citoyens.

• L’ÉCOLE BUISSONIÈRE – La nature à l’honneur

Le film de Nicolas Vanier est une adaptation de son roman. Il retrace l’histoire de Paul, un jeune orphelin, vivant dans le Paris des années 1930. Il est confié à Célestine et Borel (joués par Valérie Karsenti et François Cluzet), un couple qui vit à la campagne, en Sologne. Le jeune garçon va découvrir la nature, le monde sauvage, loin de tout ce qu’il connaissait et loin des murs austères de l’orphelinat.

• LA PASSION VAN GOGH – La peinture s’installe au cinéma

C’est le 1er long métrage d’animation fait entièrement de peintures à la main. Au sein de ce film d’animation, 120 peintures de Van Gogh sont présentes et, l’histoire se base sur plus de 800 lettres de l’artiste.

Viggo Mortensen est toujours aussi fantastique

L’acteur danois, principalement connu pour son rôle d’Aragorn dans le Seigneur des Anneaux, est à l’affiche du film Captain Fantastic. Une comédie dramatique réussie.

Viggo Mortensen porte à nouveau les cheveux longs et la barbe, non pas pour affronter Sauron accompagné d’elfes, mais pour partir en guerre contre l’Oncle Sam. Dans le film Captain Fantastic, il interprète Ben, un père de 6 enfants, qu’il élève à l’écart du reste du monde. Ils vivent en totale autarcie dans la forêt nord-américaine. Les enfants sont éduqués selon des principes quasi-militaires et tous vénèrent Noam Chomsky, philosophe et linguiste américain. Lorsqu’un drame touche leur famille, ils sont obligés de quitter leur refuge et d’affronter le monde. Le film raconte la rencontre entre deux visions opposées de la société, notamment sur l’éducation.

Une invitation au voyage

Viggo Mortensen est poignant en père torturé au costume rouge pétant, mais ce sont ses enfants qui lui volent la vedette, notamment Georges MacKay, l’aîné de la tribu que le public a découvert dans l’excellent film Pride.

Le film est une invitation au voyage, des paysages forestiers de la région de Seattle au désert du Nouveau Mexique. Les plans sont à couper le souffle. C’est une véritable bouffée d’air frais, le tout accompagné d’une bande son qui plonge un peu plus le spectateur dans cette ambiance quasi-mystique. Le choix du réalisateur s’est porté sur des chansons du groupe islandais Sigur Ros…et sur My Heart Will Go On, la bande originale de Titanic (si si). Viggo pousse même la chansonnette sur une reprise de Sweet Child O’Mine très réussie.

Matt Ross, le réalisateur, livre un film poétique qui glisse un poil trop dans le mélodrame. Si vous avez la larme facile, prévoyez un stock de mouchoirs. Le spectateur, pas tout à fait remis de ses émotions, ressort néanmoins avec le regret d’une fin un peu trop consensuelle.

Le film avait reçu un accueil tonitruant à Cannes en mai dernier, son réalisateur avait été récompensé par le Prix de la Mise en scène dans la catégorie Un certain regard. Idem à Deauville, où le film a remporté le Prix du Public et celui du Jury.

À l’aube de la soixantaine et 15 ans après la trilogie du Seigneur des Anneaux, Viggo Mortensen séduit toujours, et ce n’est pas Topito qui dira le contraire.

CULTURE – Conférence à l’Aquarium Mare Nostrum à l’occasion de la sortie du film l’Odyssée.

À l’occasion de la sortie en salle du biopic consacré au commandant Cousteau, l’Aquarium Mare Nostrum organise une conférence le jeudi 6 octobre à 20h.

La conférence met à l’honneur François Sarano, compagnon d’expédition du commandant Cousteau pendant 13 ans, doublure sous-marine de Lambert Wilson dans le film et conseiller technique de Jérôme Salle, le réalisateur de l’Odyssée.

Ce dernier animera la soirée sur le thème des grands animaux sauvages. Venu raconter les rencontres qu’il a vécues avec la faune sous-marine lors de ses expéditions, il consacrera une partie de la soirée pour la sensibilisation à la protection des animaux sauvages dans le cadre des actions de son association Longitude 181. Des extraits exclusifs du film l’Odyssée seront projetés aux participants en fin de soirée.

Aquarium Mare Nostrum, Centre commercial Odysseum, Allée Ulysse, 34000 Montpellier.
L’Odyssée, de Jérôme Salle avec Lambert Wilson, Audrey Tautou, Pierre Niney, sortie en salles le 12 octobre.