Le débat sur l’efficacité des substituts au tabac est relancé

lundi 16/01/2012

Les patchs anti-tabac et autres gommes à mâcher sont-ils inefficaces ? C’est en tout cas ce qu’affirment des scientifiques américains de la faculté de santé publique de l’Université Harvard dans un rapport publié ce lundi dans la revue Tobacco Control. (New York Times)

"Nicorette. You want one ?" Même Barack Obama en avait fait la pub. Pourtant, l’étude réalisée entre 2001 et 2006 sur 787 fumeurs, montre que les substituts nicotiniques ne remplissent pas totalement leur objectif, même associés à des séances de soutien psychologique. " Ils ne sont pas plus efficaces pour aider les gens à cesser de fumer sur le long terme que d’essayer seul sans ces traitements", explique Hillel R. Alpert de Harvard. Près d’un tiers de ceux qui avaient récemment arrêté la cigarette ont fini par reprendre, et les chercheurs n’ont trouvé aucune différence entre les gros fumeurs et ceux qui fumaient peu. Autrement dit, l’utilisation de substituts n’offre aucun avantage. Pourtant, le Pr Yves Martinet, pneumologue au CHU de Nancy et président du Comité national contre le tabagisme, affirme que ces produits peuvent au contraire aider le patient s’ils s’accompagnent d’un suivi long et régulier. « Quand ils sont bien prescrits, les substituts multiplient par deux les chances de succès » (Le Figaro).

Mais le site de Tobacco Control rappelle qu’en 2002 déjà, une première étude montrait le peu de fiabilité de ces substituts à la nicotine. Seulement, les sociétés qui les produisent auraient donné de l’argent aux scientifiques afin d’étouffer l’affaire. En effet, le marché des substituts nicotiniques est très lucratif : il représentait plus de 800 millions de dollars en 2007.

Rappelons qu’en France, l’Assurance-maladie prend aussi en charge tous les traitements par substituts nicotiniques prescrits sur ordonnance. Mais ces résultats laissent penser, toujours selon le Dr Alpert, que le fait de recourir à des fonds publics pour financer ces substituts nicotiniques est contestable, surtout si cette approche se fait au détriment du financement de campagnes médiatiques antitabac et d’actions décourageant le tabagisme qui se sont avérées efficaces.

Ces résultats ont donc de quoi décourager, et les débats sont loin d’être terminés… La seule solution fiable pour arrêter de fumer semble donc, pour le moment, la volonté et la motivation.

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