"Mammuth" écrase la toile

mercredi 21/04/2010 - mis à jour le 21/04/2010 à 17h50

Serge (Gérard Depardieu), fraîchement retraité, enfourche sa bécane à la recherche de ses justificatifs perdus afin de toucher sa pension. Voilà le programme que nous ont concocté les doux-dingues Benoît Delépine et Gustave Kervern avec "Mammuth", leur 4e long-métrage, en salle le 21 avril.

Serge Pilardosse, marié sans enfant, travaille depuis qu’il a 16 ans. Il ne s’est jamais arrêté de travailler, n’a jamais rechigné, n’a jamais été malade. L’heure de la retraite a sonné pour Serge. Problème : il lui manque des justificatifs pour avoir droit à sa pension. Alors il enfourche sa vieille Mammut, une moto imaginée par un artisan allemand au début des années 70, et part sillonner les routes du Poitou-Charentes à la recherche de ses anciens employeurs et par la même de son passé.

Malgré eux, le duo Kervern-Delépine tape une fois de plus en plein dans l’actualité avec cette histoire de retraite. Avec Louise Michel, l’an passé, il s’agissait de la séquestration de patrons. « Alors là, il n’y a aucun calcul de notre part. C’est un pur hasard », confie Benoît Delépine alias Michael Kael de Groland.

Un casting de 1er choix

Pendant une heure et demie, on suit Serge, ce gentil con, sur les traces de son passé. Chaque rencontre donne lieu à des scènes tour à tour drôles, touchantes voire pathétiques. Le duo grolandais a une fois de plus invité tous ses amis pour participer à ce film. « Faire un film pour nous, c’est comme réunir les personnes que l’on aime autour d’un bon repas ». Ainsi Isabelle Adjani, Bouli Lanners, Benoît Poelvoorde, Siné, Blutch, Anna Mouglalis, Yolande Moreau, Bruno Locher se sont joints à la distribution de Mammuth.

« Quand je dis oui, c’est oui ! »

Avec un Depardieu qui colle parfaitement au personnage, on se demande comment ils ont réussi à le convaincre. « On a écrit l’histoire pour lui. S’il avait refusé, on aurait fait autre chose. Mais, il a tout de suite été d’accord et a compris que le film parlait plus d’amour que du travail », confie Delépine. « Quand il a dit oui, on était extrêmement heureux mais je l’ai appelé une seconde fois pour être bien sûr. Il m’a alors laissé ce message sur mon répondeur que j’ai gardé quelques temps : “Quand je dis oui, c’est oui, c’est pas entre pompiers qu’on va se marcher sur le tuyau” ». Une réponse digne de Gégé.

Parmi les personnages, il y a celui de la nièce de Serge, Miss Ming. Cette actrice apparue dans Louise Michel en cancéreuse qui bute son patron, crève l’écran par son jeu cristallin. Delépine raconte « c’est Gus qui l’a trouvée une fois sur une plage de Somme en train de réciter des poèmes ». Coup de foudre. Grâce à cette rencontre le personnage de Depardieu prend un nouvel envol dans le film. On notera également la splendide crinière de Serge qui « a été dur à convaincre selon Benoît » mais le tact et la psychologie de Cécile, (leur) coiffeuse grolandaise, « a fait des merveilles ».

Certains journalistes voient des références à tel ou tel film, Benoît répond alors en souriant : « je comprends votre démarche mais il n’y a réellement aucune référence dans nos films. Arrêtez ça ! (rires) Pour “Louise Michel”, un de vos confrères m’avait demandé s’il n’y avait pas un clin d’œil à “1900” (film de Bertolucci de 1976). Je n’ai jamais vu ce film. Plus jeune, je préférai prendre une cuite avec les copains que d’aller au ciné ». C’est quand tu veux Ben !

Etienne Latry

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