Dossier création audiovisuelle, partie 1

Quels scénarios pour la création audiovisuelle ?

vendredi 29/02/2008 - mis à jour le 14/04/2008 à 13h48

Suite à l’annonce de Nicolas Sarkozy relative à la suppression de la publicité sur les chaînes publiques, les appréhensions des professionnels de la création sont nombreuses.

« Nous sommes inquiets » confiait Jacques Peskine, délégué général de l’union syndicale des producteurs audiovisuels (USPA), lors du festival international des programmes audiovisuels (FIPA) à Biarritz.
Un sentiment que la création de la commission instituée par Nicolas Sarkozy pour réfléchir à un nouvel audiovisuel public, n’est pas parvenue à éliminer. Jean-François Copé, son président, a été apostrophé le 20 février dernier sur France inter, au sujet des effets collatéraux de cette annonce. L’auditeur : un scénariste de téléfilm, lui précise « sachez que nous les créateurs, ressentons déjà les conséquences de cette déclaration (fuite de certains annonceurs). Dans quelle mesure pouvez-vous nous garantir la pérennité du financement ? ». Dans sa réponse, Jean-François Copé s’est reporté aux propos de Nicolas Sarkozy selon lesquels il y aurait une compensation à l’euro près des pertes liées à la suppression de la publicité . « Une promesse qui n’engage que ceux qui y croient » commente le même jour à la radio Catherine Tasca, ancienne ministre de la culture et de la communication « nous connaissons l’état actuel des finances publiques, je ne crois pas un instant en la capacité d’installer durablement un volume équivalent ».
La popularité de Nicolas Sarkozy est en berne. Les français semblent plus confiants en l’action de son premier ministre. C’est d’ailleurs à lui qu’a été adressé, le 23 janvier dernier, un courrier commun des organisations de l’audiovisuel et du cinéma.
Dans cette lettre, les auteurs admettent que « la philosophie (du projet de suppression) pourrait aller dans le bon sens » mais soulignent « le flou » des contours sur la compensation des ressources. Ils ajoutent « le service public joue un rôle essentiel dans la diversité et le dynamisme de la production française de fiction, de documentaire, d’animation et de spectacles vivants. Nous nous trouvons donc à un instant décisif de l’avenir de France Télévision et de la création audiovisuelle française ».

Qu’est-ce que cela signifie ?

Qu’en est-il des mécanismes qui rendent la création directement dépendante de la télévision publique ? Quel est le quotidien des professionnels de la création audiovisuelle ? Que pensent les spectateurs de cette réforme ? Qu’en pensent certains spécialistes ?

Une série d’articles pour répondre à ces questions

Les premiers, à travers l’exemple du documentaire, s’attacheront à présenter les étapes à suivre pour le financement de ce « genre » particulier (Documentaire et chaînes publiques) ainsi que le quotidien des acteurs stratégiques du film documentaire (Le documentariste, le producteur et le réalisateur).
Puis, une interrogation sur l’exception culturelle française servira d’introduction aux articles consacrés aux attentes du public (Télévision Publique, qu’en pense le public ?) ainsi qu’à celles de spécialistes ayant réfléchi dans leurs travaux à la télévision (Une autre télévision est possible, oui mais laquelle ?).

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  • Quels scénarios pour la création audiovisuelle ?

    29 février 2008 22:11, par Philippe Seguin

    repondre message

    Oui, c’est pas mal de mettre en avant l’fait que le sujet pose pour le moment plus de questions, d’inquiétudes, qu’il ne suscite de franches oppositions. Ca sent sacrebleu bigrement l’effet d’annonce, et dans certain cas le populisme le plus faisandé, dans le style assez baroque de ces derniers jours (transformation du CNE en CDI, lutte contre les fournisseurs et distributeurs, mesure de sûreté pour "criminels dangereux"...) Des mesures pour le moins populaires à quelques encablures des... Et oui, le gros classique en somme ! Mais là ils ont sorti la grosse Bertha mazette !

    Sinon je tique un peu sur ça :
    « le service public joue un rôle essentiel dans la diversité et le dynamisme de la production française de fiction, de documentaire, d’animation et de spectacles vivants. Nous nous trouvons donc à un instant décisif de l’avenir de France Télévision et de la création audiovisuelle française ».
    C’est peut-être mon côté cynique, je l’avoue, mais j’ai tendance à percevoir ce manifeste comme une vision un tantinet angélique du service public. J’veux bien pour France 5, TV5 Monde (c’est utile à l’étranger). Mais, dans la majeure partie des cas, le service public n’est que le relais, voire l’agent d’une forme de culture uniforme (voire impersonnelle...) et d’idéologie politique dont il participe à la domination sans partage. Je peux comprendre les impératifs commerciaux qui sous-tendent une telle politique mais j’suis incontestablement trop sensible pour ce genre de couplet larmoyant sur la diversité culturelle. Parce que France 2 et France 3, c’est de plus en plus TF1, hein. Heureusement qu’on a encore les numéros...

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