Opinion sur l’identité nationale

Une jeunesse française

lundi 18/01/2010 - mis à jour le 21/01/2010 à 21h51

La dernière réunion publique, organisée dans le cadre du débat sur l’identité nationale à Montpellier, a tourné au fiasco islamophobe ce lundi 11 janvier. Une preuve de plus, s’il en fallait, que ce débat n’apportera rien de bon et qu’il faut l’arrêter sur le champ. Si nous devons parler d’identités, des alternatives existent mais le pouvoir n’a certainement pas envie de les envisager. Parti pris à l’appui du parcours d’un officier de la Légion d’honneur aujourd’hui âgé de 84 ans, et qui vit depuis 40 ans dans le Vercors.

“Truth & Reconciliation Commission” (TRC). Ce nom a été donné en 1996 à une juridiction sud-africaine présidée par l’archevêque et prix Nobel de la Paix Desmond Tutu. Une commission qui avait autorité pour faire toute la lumière sur les exactions commises au plus fort du régime ségrégationniste de l’Apartheid. Jusqu’à 2003, une caravane mobile a sillonné l’Afrique du Sud village par village pour organiser des débats contradictoires entre anciens ennemis, vainqueurs noirs et perdants blancs confondus (voir la vidéo).Desmond Tutu {JPEG}Qu’on ne s’y trompe pas : il ne s’agissait pas de faire le procès des blancs par les noirs, mais d’étudier les violences produites par les deux camps, au cas par cas et à égalité entre victimes et bourreaux. « Dites tout ce que vous avez fait dans les moindres détails, demandez pardon à vos victimes, et vous serez amnistiés… Vous aurez le droit de vivre librement dans cette nouvelle “société arc-en-ciel” que nous voulons construire. ». Des réunions publiques tournant souvent aux confessions glauques et à des humiliations avec pleurs et cris, en présence de très nombreux médias diffusant les images et les déclarations orales dans tout le pays. Une nouvelle forme de justice moderne et tolérante à l’Africaine, pour certains. Une simple perte de temps morbide, pour d’autres. Pour le président Nelson Mandela, un moyen de faire table rase du passé une fois pour toutes, avant de repartir sur des bases identitaires saines.

Aujourd’hui, compte tenu de la tournure du débat français sur l’identité nationale, je me demande, un brin provocateur, si les Français qui font le procès de l’Islam n’auraient pas besoin qu’on leur rafraîchisse la mémoire. Pour cela, je propose aujourd’hui de retracer le parcours de l’un de ces jeunes résistants français que le président est venu saluer à la Chapelle-en-Vercors le 12 novembre dernier (Voir son discours en vidéo).

« La guerre, c’est comme les frites »

Appelons-le “Michel”, un nom bien français. Michel est né en 1925 en Picardie, dans une famille de petits notables de la paysannerie. Une de ces familles profondément rurales que la France de l’époque compte par milliers.

Normalement, Michel n’aurait jamais dû quitter sa Picardie natale. Mais l’Histoire en a décidé autrement. Quand la Seconde Guerre mondiale éclate, il a 14 ans. Trop peu pour avoir pris part à la Débâcle de l’armée française et être fait prisonnier. Mais suffisamment pour comprendre ce qui se trame autour de lui. En 1940, lui et sa future épouse, de sept ans sa cadette, voient les soldats du Reich s’installer dans leur village. Encore aujourd’hui, la langue germanique crispe la femme de Michel : « J’entends le bruit de leur pas », dit-elle au sujet des soldats allemands. Nul ne peut douter du traumatisme provoqué par le quotidien de l’Occupation sur une fillette de six ans.

En 1942, année du grand basculement qui amorce la chute du Reich, Michel a 17 ans. L’anecdote qui le conduit à quitter son village est si rocambolesque qu’il serait difficile de se risquer à la conter ce coup-ci. Disons simplement qu’à l’époque, si Michel ne souhaite pas avoir affaires aux Allemands, il vaut mieux qu’il parte loin. Alors il part, en train, direction le Sud libre. Puis il arrive dans le maquis du Vercors, prend contact avec les groupes clandestins et participe ensuite à toutes les échauffourées de la Résistance. Notamment la libération de Roman. Petite anecdote : de nos jours, Michel refuse systématiquement de se rendre aux réunions commémoratives. « La guerre, c’est comme les frites », plaisante-t-il. « Ce sont ceux qui en parlent le moins qui en ont mangé le plus. »

« 1951 »

À la Libération, Michel quitte les troupes qu’il a suivi jusqu’en Allemagne et rejoint victorieusement sa Picardie natale, le revolver à la ceinture et les cheveux plein de poux. Durant cette période, de vieilles rancœurs éclatent dans les petits villages français. Le sien n’en est pas exempt. En 1944, certains voisins veulent en découdre avec le père de Michel, un héros de la Première guerre mondiale. « C’est un collabo », disent-ils. Ce qui est totalement faux, puisque l’homme en question, chevalier de la Légion d’honneur, a caché des Anglais dans sa cave pendant toute l’Occupation. Mais qu’importe, le moment permet les règlements de compte les plus bas, en totale impunité. Devant le risque de voir son père lynché, le jeune Michel s’interpose : « Si quelqu’un s’approche de lui, je le descends ! » Résistant reconnu (il est caporal), auréolé par la victoire du “grand Charles” sur Pétain, et donc protégé par l’État naissant, Michel a les moyens de ses menaces. Un peu lourd quand même à porter pour un jeune homme qui n’a que 19 ans.

Ellipse. Le temps a passé et il n’y a pas eu de drame dans le village. La vie a repris, des mariages ont eu lieu. Michel est resté dans l’armée mais il n’est plus en France. En pleine force de l’âge, militaire formé et aguerri, le jeune homme a été envoyé en Indochine, au front pour défendre la présence française outre-mer contre les aspirations indépendantistes de tous poils. Il ne le sait pas encore, mais il sera bientôt pris dans la tourmente de la décolonisation française.

Michel n’a pas de difficulté lorsqu’il s’agit d’évoquer l’épisode indochinois. Pourtant de terribles drames se déroulent là-bas : il faut parfois se salir les mains pour apaiser les souffrances des mourants. Surtout lorsqu’il s’agit d’enfants… En mémoire de toutes ces victimes, et conscient que l’armée française n’a sans doute pas grand-chose à faire dans cette partie du monde, Michel ramènera d’Indochine un Bouddha en bois peint, sauvé des flammes. Toujours intact aujourd’hui, il a gardé les traces de balles héritées de son passé.

le général de Lattre {JPEG}Michel aussi, a gardé la trace d’une balle. Cette dernière a failli lui coûter la vie dans une bataille épique qu’il a mené et pour laquelle il sera décoré. Mais le projectile n’a fait que creuser le flanc droit de son crâne et lui retirer l’usage de son œil. Dans la bibliothèque de la maison que Michel a racheté dans le Vercors et dans laquelle il vit depuis noël 1969, le vieil homme conserve précieusement une photo dédicacée du général Jean de Lattre de Tassigny, sur laquelle on le voit, l’œil bandé, un sourire aux lèvres rayonnant de fierté, au garde-à-vous. Devant lui, de Lattre lui tend la main. “1951”.

« L’Algérie, c’est la France »

Nouvelle ellipse. Quelques années ont encore passé et Michel est toujours sous-officier chez les paras. « Je préférais être un grand parmi les petits qu’un petit parmi les grands », explique-t-il pour justifier son refus catégorique d’accéder au rang d’officier. En clair, plutôt que d’être commandé dans un bureau, Michel aime à commander au grand air. C’est sa philosophie et son métier. Lui et ses hommes sont envoyées en Algérie avant le contingent. On rapporte alors des trois départements français du sol africain quelques troubles pernicieux pour la métropole coloniale. Michel se rend dans des fermes de propriétaires où il fait état de découvertes lugubres : des corps de colons mutilés, la tête coupée, plantée sur un piquet. Le constat est amer… Après avoir livré un combat pendant des mois pour une peine perdue en Indochine ; après avoir survécu à un saut sur le canal de Suez (où il a perdu d’innombrables amis parce que l’armée n’apprenait pas la nage à ses propres parachutistes), voilà que l’Algérie aussi « se met à déconner ». Ce sont les mêmes soldats. Exactement les mêmes, dans tous ces conflits perdus.

Dans l’esprit d’un militaire, l’Algérie, colonie de peuplement, n’a absolument rien à voir avec l’Indochine, vulgaire colonie de ressources. « L’Algérie, c’est la France », croit-on dans l’Hexagone depuis 100 ans, bercé que l’on est dès sa naissance par une campagne de propagande vantant les mérites de la présence française sur ce carré de terres agricoles qui n’attendait qu’à être cultivé.

Une génération perdue

De l’Algérie, Michel ne parle pas. Lorsqu’il le fait, c’est quand même avec une ouverture d’esprit digne d’un homme humble, capable d’autocritique. Mais la conversation reste d’ordre général, il parle de l’Histoire de la décolonisation, de la pertinence de ces guerres qui se sont succédées… Pourtant, à l’avènement de la 5ème République et plus précisément au moment de l’indépendance algérienne, la carrière militaire de Michel prend précipitamment fin et cela mérite d’être souligné. Tout comme le fait que dans les années qui suivent, ce gaulliste de Résistance se met à vouer au président Charles de Gaulle une haine viscérale. À la mort du général en 1969, Michel sabre même le champagne. Bref, le parcours post-algérien de cet homme est rempli de trous mais on y trouve des vrais indices. Il est donc possible de se poser la question fatidique : un épisode de la carrière du militaire manque-t-il à l’appel ? Un épisode qui se résumerait en trois lettres : “O”, “A”, “S” ?

Plus précisément, Michel a-t-il fait partie de “l’Organisation de l’armée secrète”, ce groupe para-militaire clandestin aux bras politiquement longs, qui se jure en 1962 que « l’Algérie est française et le restera » ? Pendant le conflit, ce groupe bascule dans le terrorisme et continue de jouer les agitateurs après la décision de de Gaulle de « brader l’Algérie »… Jusqu’à ce que le président de la République se débarrasse une bonne fois pour toutes de ses enfants les plus gênants au sein de l’armée et qu’on n’en parle plus. Il y a intérêt : l’historien Rémi Kauffer considère que l’OAS a fait près de 2 000 morts pendant le conflit. Et de Gaulle lui-même est menacé.

La famille de Michel jure qu’il n’a jamais torturé ni Algériens ni partisans de l’Algérie libre. Ce point, le vieil homme en a fait après la guerre un point d’honneur. C’est son choix, et compte tenu de son âge et de son parcours, il faut le respecter. C’est pourquoi nous n’irons pas enquêter plus loin dans les registres des amnistiés de 1964 pour retracer le parcours exact du militaire qu’il était. Le fardeau de l’Histoire s’est abattu sur la génération de Michel avec une hargne toute particulière. Notre génération peut comprendre cela. C’est donc sur un doute que s’achève la petite histoire.

Le modèle sud-africain appliqué à la Guerre d’Algérie ?

Massu décore Le Pen {JPEG}Il est inutile d’aller chercher un socle identitaire français jusque dans l’Ancien régime comme le font Nicolas Sarkozy et sa “plume” Henry Guaino. L’essentiel des identités françaises sont là, sous nos yeux. Le gouvernement souhaite réellement révéler les ressorts de notre héritage républicain dans ses rapports avec le monde arabe ? Qu’il aille jusqu’au bout, en mettant sur pied une Commission pour la vérité et la réconciliation concernant les exactions produites pendant la guerre d’Algérie. Il n’est pas sûr que les Français qui se sont récemment exprimés à Montpellier sur la question de l’identité nationale approuvent un tel retour sur leur héritage national. Il ne faut pas oublier qu’en France, on célèbre encore Napoléon 1er comme un grand homme alors que le reste de l’Europe préfère se souvenir de la fin de son règne tyrannique. Marine Le Pen non plus n’apprécierait pas, elle qui a fanfaronné sur France 2 le jeudi 14 janvier alors que son père a, comme Michel, un lourd passé en Algérie. Aussi faut-il adresser un message aux -vieilles- personnes qui ont exprimé leur crainte de l’Islam lundi dernier devant le préfet : ne la ramenez pas trop, c’est indécent…

Le président de la République ne le sait pas, mais Michel a assisté à son discours sur l’identité nationale à la Chapelle-en-Vercors le 12 novembre dernier (un extrait). Et s’il n’avait pas été sourd et en fond de salle, il aurait applaudi des deux mains. Parce qu’il partage l’idée de cette France éternelle érigée dans le terreau fertile du christianisme. Lui aussi (comme tant d’autres) a peur de l’Islam, cette religion « insoluble » dans l’identité française. Et ce n’est pas le genre de Nicolas Sarkozy d’aller contre son auditoire : il est si friand de sondages… Voilà pourquoi le président n’organisera pas un tel déballage, et pourquoi il n’est sans doute pas la bonne personne pour nous parler de notre identité. Pour parler d’identité, M. le président, il faut en avoir une. À part le bitume des Hauts-de-Seine et les hauts lieux de la vie parisienne, on ne voit toujours pas très bien où vous puisez la votre. Et c’est inquiétant.

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9 réactions

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  • Une jeunesse française

    21 janvier 2010 19:14, par christian

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    je ne vois pas en quoi cet article fait avancer le débat. Son ton qui se veut très péremptoire ne sert qu’à perdre le lecteur dans un dédale de jugements idéologiques. Aucun intérêt, vraiment.

  • Une jeunesse française

    21 janvier 2010 18:29

    repondre message

    Quand vous dites : "Aujourd’hui, compte tenu de la tournure du débat français sur l’identité nationale, Haut Courant se demande, un brin provocateur, si les Français qui font le procès de l’Islam n’auraient pas besoin qu’on leur rafraîchisse la mémoire " parlez vous collégialement ? Pourquoi dans ce cas, ne signez vous pas tous ? Tous vos camarades pensent-ils la même chose. Peut-être pas. Dans ce genre d’article, il vaut mieux parler en son propre nom et pas engager toute une promotion.

    • Une jeunesse française 21 janvier 2010 21:38, par Igor Gauquelin

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      Vous avez parfaitement raison. D’ailleurs, cet écrit n’a jamais eu vocation à revendiquer le titre "d’article" : c’est un point de vue, classé dans la rubrique "opinions" de notre site. C’est un parti pris. J’en assume donc l’entière charge et le prend en mon nom unique. Je vais corrigé l’erreur que vous avez soulevé.

      Quant aux autres critiques reçues, elles sont légitimes compte tenu du ton employé dans mon texte. Merci Marie G. notamment, j’entends vos remarques et j’en prendrais compte. En revanche, je regrette qu’un journaliste vienne me faire la leçon de façon si agressive sans donner son nom. Moi j’ai donné le mien.

  • Une jeunesse française

    21 janvier 2010 18:19, par Marie G

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    je suis d’origine espagnole et catholique. un débat sur l’identité nationale ne me dérange aucunement. rappelons que dans certains pays la notion de débat n’existe pas. meme s’il est détourné, heureusement qu’il existe des débats dans une democratie (régime politique dans lequel le peuple est souverain et détient le pouvoir collectivement).
    le vrai debat je pense est celui du respect pour un pays qui accueille et qui nourit. je ne suis ni de droite ni de gauche je suis citoyene du monde. cest attristant de voir que justement il n’y a plus de debat : personne n’ecoute l’autre, fait de propositions... il est bien gentil de critiquer mais proposer est plus difficile. votre ton est un peu donneur de lecon : faites vous de la politique ? jeunes gens dans le travail que vous avez choisi ayez de l’objectivité et de l’humilité et de la genérosité !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Une jeunesse française

    20 janvier 2010 16:42, par S. D

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    « C’est inquiétant ». Cela me semble être une excellente conclusion pour résumer l’immense médiocrité de cet « article » (si tant est qu’on puisse appeler cela un article).

    L’antisarkozysme primaire d’accord mais encore faut il que le raisonnement se base sur des arguments intelligibles. Or, là, vous mélangez tout. Vous passez des procès faisant suite à l’Apartheid à la guerre d’Algérie, en passant par le portrait d’un résistant sous Vichy, tout cela pour démontrer que notre bon président n’a pas d’identité.

    Non seulement c’est très péremptoire, mais de plus, quel est le sens de cette « démonstration » ? Eclairez ma lanterne s’il vous plaît. Tout cela est sans cohésion, sans angles.

    En tant que journaliste, je trouve que ça ressemble à du « Mediapart de comptoir ». C’est très bien de vouloir dénoncer les dérives de la présidence actuelle et la dangerosité d’un tel débat, mais il est important de le faire avec talent et réflexion. Cela s’apprend, c’est un métier. Visiblement pas le votre.

    Et puis quand on ose reprendre le titre d’un livre, le minimum est quand même de penser à mettre des guillemets.

  • Une jeunesse française

    19 janvier 2010 08:30, par coco

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    Je ne sais pas si tu l’as fait exprès, mais ton titre est exactement le même que le livre de Pierre Péan sur la jeunesse de François Mitterrand. Un homme soi-disant de gauche qui a quand même servi le régime de Pétain et qui a soutenu lui aussi l’Algérie française.

    • Une jeunesse française 20 mars 2010 06:12, par Philippe Seguin

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      Ne sois pas si dur, après tout il se donne du mal, il va du préfet jusqu’aux pauvres hères... Et si t’as encore plus glauque comme affichage (genre, je rencontre des gens du monde mais je peux encore manger des lentilles devant quelqun qui a le tetanos), n’hésite pas car le bon goà»t, ça se partage.

      • Une jeunesse française 20 mars 2010 22:02, par Julie Derache

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        Vos commentaires sont de plus désobligeants et de très mauvais goût. Cela, à HautCourant, nous ne le partageons pas.

        Oui, Igor se donne du mal. En étant en stage à Lyon, il a quand même fait l’effort d’écrire des articles de là-bas... Et si son article ne vous convient pas, il a le mérite de l’avoir travaillé. Et pour votre information, il a convenu à Monsieur Edwy Plenel. Et je suis sûre que ce dernier a assez d’expérience et d’exigences pour reconnaître le bon travail.

        Sur ce, s’il s’avérait que vous recommenciez ce genre de commentaires blessants et méprisants, nous ne les publierons plus. Ce avec l’accord de notre professeur, qui juge que cela n’élève pas vraiment le débat citoyen. Chose à quoi doit servir un média.

        Julie Derache, rédactrice-en-chef.

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