Dry January : « Il y a un intérêt santé publique »

Par le 21 janvier 2019

D’origine britannique, le « janvier sec » consiste à ne pas consommer d’alcool durant tout le mois de janvier. Julien Gambier, addictologue au CHU de Nîmes, s’occupe quotidiennement des patients dépendants de la boisson .

Pas d'alcool en janvier, l'apéro est allégé.

Comment avez-vous entendu parler du Dry January ?

C’est un patiente qui m’en a parlée, elle s’était engagée dans cette optique là et souhaitait voir avec son conjoint ce que pourrait donner un janvier sec. C’est foncièrement une bonne chose puisqu’il y a un intérêt de santé publique derrière. L’objectif principal est de réduire sa consommation d’alcool et surtout de savoir si l’on peut vivre sans. De plus cela permet de casser cette croyance populaire qui consiste à penser qu’il y a de nombreuses  situations où l’alcool est indispensable. Cependant, aucune promotion n’a vraiment été faite pour ce mouvement donc j’attends de voir les répercussions au niveau des instances de santé publique.

Est-ce un phénomène surtout destiné à des personnes dépendantes à l’alcool ?

Contrairement au tabac, où la plupart des consommateurs sont dépendants, l’alcool touche un public plus large majoritairement constitué de non-dépendants. Ceux là vont pouvoir stopper leur consommation plus facilement et avoir des effets bénéfiques car ils vont gagner en forme physique et morale, auront moins d’anxiété et dormiront mieux. Contrairement aux personnes dépendantes, leur risque santé lié à l’alcool dépend du nombre de verres consommé. Réduire sa consommation de ne serait-ce qu’un ou deux verres par jour, c’est gagner énormément en terme de réduction de risques.

Que signifie être dépendant à l’alcool ?

Il existe deux types de dépendance. La dépendance physique, d’une part, avec le cerveau qui s’habitue à baigner dans de l’alcool et se met à lutter contre ses effets sédatifs. Dans ce cas, l’arrêt brutal de consommation peut être très nocive allant jusqu’à tuer. Mais pour 70% des patients, il s’agit d’une dépendance comportementale où l’on associe des petites actions quotidiennes à l’alcool comme se poser chez soi le soir après une journée de travail ou en prenant l’apéro le midi.

A partir de quel moment peut-on parler de dépendance ?

Dans le sens commun, c’est lorsque l’on a régulièrement des problèmes liés à l’alcool mais la définition médicale est différente. En France, 60% des consommateurs sont dans l’usage à faible risque qui comprend 3 verres par jour pour les hommes, deux pour les femmes, une journée sans alcool dans la semaine et pas plus de quatre verres standard par occasion festive (mariage, anniversaire etc). 

À partir de quatre verres par jour, nous sommes dans l’usage à risque chronique, c’est à dire au delà de la limite à ne pas dépasser pour être en bonne santé. Après, tout cela est purement théorique, il existe des personnes qui ont consommé énormément d’alcool tout au long de leur vie sans avoir de complications de santé et d’autres qui en ont consommé moins et se sont retrouvés infarctus. Le risque est déterminé selon les populations et non pas par individu.

 

 

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à propos de l'auteur

Auteur : Ludovic Clotagatide

De la Réunion à Montpellier en passant par la Belgique, l’intérêt de ce jeune créole pour le journalisme s’est renforcé tout au long de son parcours. Bercé par les voix de Thierry Roland ou encore Thierry Gilardi durant son enfance, c’est à 21 ans qu’il décide de s’envoler pour l’Europe, avec pour principal objectif, devenir journaliste sportif. C’est pourtant vers la presse écrite qu’il souhaite se diriger préférant l’écriture aux caméras et micros et après un stage concluant au JIR à Saint-Denis. C’est en intégrant la rédaction d’Haut-Courant qu’il souhaite aujourd’hui franchir un nouveau palier dans sa jeune carrière.