Musées : les innovations les plus dingues !

Par le 30 novembre 2018

Voyager dans le temps, jouer à la balle avec François 1er ou discuter avec des astronautes. Les hauts lieux de la culture n’hésitent plus à utiliser les nouvelles technologies pour appâter le public. Retour sur quelques unes des innovations les plus dingues, à l’occasion de la sortie de la série « Fabre and the City » du musée Fabre.

Comment donner envie d’entrer au musée ? En misant sur la réalité virtuelle. C’est le pari que se sont lancé les conservateurs du monde entier. Impression 3D, lunettes connectés, robots ou simples applications sont autant d’initiatives qui existent et valorisent les circuits touristiques.

Des lunettes d’agent secret pour l’opéra 

Qui n’a jamais rêvé de comprendre les chanteurs d’opéra ? Voilà, chose faite. En France, l’Opéra Garnier, comme le Musée du cinéma, se déguste avec une monture sur les yeux. Connectées via l’application Opéra Touch, elles permettent aux spectateurs de lire les sous-titres et d’accéder aux partitions, intrigues et biographies des artistes en temps réel, sans les quitter du regard. Une expérience en semi-immersion qui invite les plus novices à écouter Carmen, sans rechigner. Plus d’excuses possibles.

L’Opéra Garnier, à Paris, s’est transformé en salle de cinéma. On vous y propose une paire de lunettes un peu spéciales.

Des robots-guides

En Angleterre, l’art rime avec robots. En 2014,  inspiré du film la Nuit au musée, des automates téléguidés et équipés de caméras ont guidé les plus curieux à travers le Tate Britain, en pleine nuit. Du canapé ou du pub d’à côté, via leur téléphone, les volontaires ont pu découvrir le décor d’un lieu vide de ses visiteurs. Une seule contrainte : dicter à l’heureuse machine la marche à suivre. C’est sans crainte, les robots choisis possédaient tous des détecteurs d’obstacles ainsi que des lampes à LED. L’expérience plébiscitée par le public, serait refaite dans les années à venir.

Attention, pilotage de robots à distance en cours. Crédit : Tate Britain Museum

Une chase au Pokémon

Pour les fans de Pokemon Go, le musée national de Singapour se transforme en un lieu de capture. Avec, l’exposition « Story of the Forest » et sa fresque de 69 dessins de la collection William Farquhar d’histoire naturelle, les visiteurs, toujours munis de leur smartphone, attrapent les diverses plantes et animaux présents dans le musée. À chaque prise, l’application connectée fournit des informations sur l’espèce, sa rareté, son habitat et son régime. Le but pour l’explorateur, est d’en collecter le plus possible. Une manière ludique de s’informer sur l’exposition.

Des hologrammes

Et les hologrammes ? En Floride, au Kennedy Space Center, des astronautes de la NASA ont pu parler à coeur ouvert et raconter leurs fortunes et mésaventures pour « Heroes and Legends », en juin 2017. Pourquoi se sont-ils lancés dans le programme spatial ? Qu’est-ce qu’une sortie dans l’enfer ? Autant de questions auxquelles ne pouvaient malheureusement répondre les raies manta du Musée d’Histoire naturelle de Los Angeles. Pourtant elles aussi, accessibles en 3D. La même année, le temps d’une exposition inédite, intitulée « The Blu », les touristes, casques visés sur la tête, ont pu manipuler les baleines et se frotter aux fonds marins. Il ne manquait que la parole aux vertébrés.

Exposition « Heroes and Legends », au Kennedy Space Center (Floride, Etats-Unis)

Les visites virtuelles de Google

Mais bientôt, il ne sera plus nécessaire d’aller au musée. Depuis 2011, le géant Google étend son emprise sur la culture et s’est lancé sur le projet des visites virtuelles. Des chefs d’oeuvres de 430 institutions, dont 26 françaises (château de Chantilly, de Chambord…), sont d’ores et déjà disponibles sur Google Art Project, où l’on y découvre plus de 40 000 oeuvres en haute définition. D’autres sites interactifs comme Giza 3D ou Paris 3D, permettent eux aussi de découvrir les vestiges du passé, ou de survoler survoler Paris. Trop de technologies tueraient-elles finalement les musées ?

Avec Google Art Project, le célèbre moteur de recherche remplacera (éventuellement) les musées.
À Montpellier, c’est le musée Fabre, habitué des technologies, qui lance sa nouvelle série « Fabre and the City », disponible sur tous les smartphones. Au fil des salles, les visiteurs découvrent au travers de sept épisodes, les coulisses du lieu. De la préhistoire à la fin du XVIIIème siècle. Les protagonistes de chaque oeuvre racontent à qui veut l’entendre leurs péripéties. Il paraîtrait que Voltaire et Rousseau sont les plus bavards.

 

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à propos de l'auteur

Auteur : Léa Coupau

Née dans la ville aux trois M — Montaigne/Montesquieu/Mauriac —, de la Grèce en Martinique, du Maroc en Angleterre. Passeport en poche, j’ai appris à découvrir le monde au-delà des images. Plus tard, au-delà des mots. Après des années à bourlinguer, « comprendre et expliquer pour témoigner » est devenu mon dada. Des études aux expériences, mes divers passages en rédaction régionale ont affiné ma pratique. Elles m’ont permis d’être au coeur de l’action. De la décrypter. De soulever les contradictions. À ce jour, mes bagages sont posés à Montpellier. Cette curiosité en coin, avec l’envie de susciter l’intérêt du lecteur.