Beaucoup de coeur dans ces Camions !

Un soir aux Camions du coeur

mercredi 08/04/2009

Aujourd’hui, on n’a plus le droit d’être seul(e). Si les restos du cœur s’attachent à distribuer les repas, les Camions du cœur prennent le relais en mettant l’accent sur le lien social.
Résumé d’un vendredi soir plein de chaleur...

Tous les vendredis soir à Lyon, les Camions du cœur installent leurs stands sur un parking, dans le quartier Flachet.
Ils viennent avec une triple mission :
Distribuer des colis alimentaires (ainsi que de la soupe et des boissons chaudes), aider à l’insertion des personnes démunies (en les aidant, par exemple, à trouver un emploi) et surtout créer du lien social : Faire connaissance avec les bénéficiaires, ouvrir le dialogue, écouter, réconforter, encourager.

Les camions du cœur distribuent de la nourriture tous les soirs, mais le vendredi est un jour particulièrement important. C’est d’ailleurs le jour où il y a le plus de monde. En effet, les colis permettent aux plus démunis d’avoir des denrées "de base" pour tenir toute la semaine et ne pas souffrir de la faim pendant le weekend.
Le colis de ce vendredi soir contient :
- un kilo de farine
- un paquet de purée
- une boîte de raviolis
- une boîte de salade de pâtes
- un pot de confiture

Le butin est particulièrement maigre car les Camions sont en rupture de stock. D’habitude, il y a du lait, des crèmes desserts, du concentré de tomate et autres denrées "utiles".

A 18h30, les bénévoles s’activent déjà au local pour faire les colis. C’est un travail qui se fait à la chaîne, dans la bonne humeur. Chaque bénévole a sa tâche. Les plus costauds chargent les colis dans le camion, les conteneurs de soupe et d’eau chaude, ainsi que le matériel dont ils auront besoin sur place (tables, chaises, essuie-tout etc.)

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Thierry Pascal , responsable de l’équipe du vendredi explique comment “les Camions” se fournissent en nourriture. D’abord, il y a le budget, avec trois composantes : Les bénéfices des Enfoirés, environ 20% du budget, les dons de particuliers ou d’entreprises, et les subventions de l’État.
L’association fait alors appel à une banque alimentaire qui négocie les prix et s’occupe d’acheter la marchandise.
Ce soir, Thierry est un peu morose. A cause de la rupture de stock, il faut se rationner sur le lait.

A 19h, deux bénévoles prennent leur voiture pour faire la "tournée du pain". Cette tournée consiste à faire le tour des boulangeries de Lyon, attendre la fermeture et récupérer les pains et viennoiseries non achetées. Si certaines boulangeries ne donnent que quelques restes, d’autres font carrément une tournée de baguettes exprès pour les Camions.
En plus des colis alimentaires et des boissons chaudes distribuées à volonté, les bénéficiaires recevront du pain, parfois plusieurs baguettes. Ils pourront aussi déguster des viennoiseries.

A 20h30, le Camion arrive sur le parking, chargé de 273 colis et de quelques bénévoles.
Déjà, une dizaine d’hommes et quelques femmes en poussette attendent patiemment que soit installés les stands de boissons chaudes et de soupe.
Lorsque les tables mises en place, les bénévoles vont à la rencontre des gens, discutent, prennent des nouvelles. Ils apprennent au fil du temps à connaître les bénéficiaires, les appellent par leur prénom, s’inquiètent de leur moral.
Contrairement à ce qu’on pourrait penser, il n’y a pas une majorité de SDF. Beaucoup viennent d’Europe de l’Est ou du Maghreb et ne trouvent pas d’emploi. D’autres vivent en foyer et ont du mal à joindre les deux bouts. Il y a des personnes âgées démunies et esseulées, des personnes handicapées que l’AAH (Allocation Adulte Handicapé) ne permet pas de survivre. Certains souffrent de troubles mentaux, mais cherchent le contact social, le dialogue. Ils viennent se réchauffer, le corps et l’esprit.

Le stand des boissons chaudes ne chôme pas, en attendant la distribution des colis. La population est majoritairement masculine. Comme les femmes reçoivent leurs colis les premières, les hommes font la queue devant le camion en buvant un café ou un chocolat chaud.
Lorsque la distribution des colis commence, c’est la bousculade. Les bénéficiaires savent qu’il est possible de repartir sans rien...
Il y a cinq ans, les bénévoles faisaient 150 colis, l’année dernière c’était 230, cette année, ils ne vont jamais en-deçà de 273 et ce n’est même pas assez.
A la fin de la distribution, certains n’auront pas leur colis. Ils sont arrivés trop tard ou se sont trouvés en fin de queue.
Pour les bénévoles, c’est une situation très dure. Surtout quand un bénéficiaire dit qu’il va faire les poubelles.
Pour la saison prochaine (de novembre à juin), Thierry commandera 300 colis, en espérant que ça suffira.

A la fin de la tournée, l’équipe se retrouve au local pour un débriefing. Ils tiennent un cahier, dans lequel ils écrivent le bilan de la soirée. Cela permet un suivi de certains bénéficiaires, des "habitués" que les bénévoles connaissent bien. Cela permet aussi une communication entre les équipes de la semaine. Par exemple, l’équipe du jeudi précise qu’un bénéficiaire a des idées noires. L’équipe du vendredi pourra donc s’enquérir de son état et essayer de le réconforter.
Pour Thierry, la création et la conservation de ce lien social est la mission première des Camions du cœur. Contrairement aux Restos (qui sont sédentaires et qui ont pour mission de distribuer des repas), les Camions doivent principalement entretenir des relations sociales avec les bénéficiaires pour tenter de les insérer dans la société et de leur éviter une exclusion totale.

Comme disait Coluche :
"L’esprit d’équipe... C’est des mecs qui sont une équipe, ils ont un esprit ! Alors, ils partagent !"

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