Jégo ne guadeloupe pas son avion

Satire à vue : le fait marquant de la semaine vu par la presse

jeudi 12/02/2009

Chaleur dans les Dom Tom. Prix trop élevés, salaires trop bas, le mécontentement s’accélère depuis le 20 janvier 2008 dans ce petit coin de paradis qu’est la Guadeloupe. Face à la contestation grandissante, la métropole s’organise. Enfin, essaye...
Yves Jégo, secrétaire d’État à l’outre mer, tente de gérer la crise aux gré de ces déplacements. Mais quand ce dernier est rappelé en urgence par le premier ministre, le règlement de la situation semble bien compromis.

Panique sous les tropiques. Depuis le 20 janvier, la Guadeloupe vit au rythme des manifestations et des blocages. En gros, c’est la galère. Le Nouvel Obs rappelle les faits : « une grève générale à l’appel de 52 organisations réunies dans un "Comité contre l’exploitation outrancière" (LKP) réclame (…) une baisse du prix des carburants, des produits de première nécessité, des impôts et des taxes, ainsi qu’une hausse du salaire minimum de 200 euros ». Une situation alarmante qui ne l’est pas forcément pour nos dirigeants. De toute façon, la Guadeloupe, c’est loin, il y fait chaud et les fonds marins sont fabuleux, alors il n’y a vraiment pas de raison de grogner. Pourtant, c’est l’escalade du mécontentement, et ce sont de 12 à 18 000 manifestants qui prennent d’assaut Pointe-à-Pitre les 29 et 30 janvier derniers.

Mais ou était Yves Jégo ? En pleine révision de l’intégrale du guide du routard collection DOM TOM ? Qui sait, en tout cas, le secrétaire d’Etat à l’outre mer a tardé à réagir. Pour le Canard Enchainé, la raison est toute autre : « Si Jégo a attendu deux semaines avant de s‘envoler pour Pointe à Pitre, c’est tout simplement parce qu’il voulait rester à Paris jusqu’au 31 janvier, jour de la réunion de son club groupusculaire Nouvelle Société ». Le temps d’enlever sa toge et d’enfiler son bikini, Jégo a tout de même fini par s’envoler le 1er février. Une réaction un peu trop tardive qui a provoqué l’amertume du président. « Il a merdé » a-t-il constaté dans le Canard Enchainé. Et de poursuivre : « Une crise comme celle de la Guadeloupe, si on ne la règle pas dans les 48 heures, on ne peut la régler normalement ».

Mais tout le monde n’a pas la frénésie présidentielle. Moins Speedy Gonzales que Rantanplan, Jégo vit la crise à la cool, sans pour autant être insensible au sort des insulaires. Dans un entretien au Journal du Dimanche, il constate une situation plus qu’alarmante : « Il est normal que l’éloignement ait un impact sur les prix, mais certains prélèvent des marges qui paraissent abusives ». Le secrétaire d’état s’est même engagé « à revenir ici chaque mois pour rendre des comptes aux Guadeloupéens » rapporte la Provence. Quel zèle ! Tu m’étonnes John, la crise aurait été à Saint Pierre et Miquelon, ça n’aurait surement pas été la même…

Guadeloupe en quarantaine : Risques de contagion

Qui n’aurait pas été séduit par une ambiance surement plus caliente que la neige parisienne ? Yves Jégo, à la fraiche et détendu de la valise diplomatique, en a même oublié d’être un sale con. Deuxième reproche de Nicolas Sarkozy recueilli par le Canard Enchainé : « Sur place, Jégo a lâché trop vite. Dans une telle négociation, si on lâche tout tout de suite, c’est la fuite en avant assurée ». En avant, on sait pas. Mais fuite, ça s’est sur il y aura. Rue 89 nous fait ainsi part du départ en urgence d’Yves Jégo : « Dimanche 8, au soir du vingtième jour de grève en Guadeloupe, le ministre de l’Outre-mer a quitté Basse-Terre, pour aller chercher "des solutions à Paris" ».

Surprise dans la population Guadeloupéenne. Mais que leur hospitalité ne soit pas mise en cause, car la raison de cette précipitation était à cherche ailleurs. Pour Bakchich, « François Fillon a la réponse. C’est lui qui a rappelé à l’ordre le secrétaire d’État, jugé trop généreux ». Le Monde indique quant à lui une autre hypothèse : « le gouvernement craint la contagion ». « En donnant satisfaction au collectif (LKP) de syndicats et d’associations de Guadeloupe qui mène la grève générale depuis le 20 janvier, l’Etat sait qu’il s’expose à coup sûr à une revendication similaire en Martinique et en Guyane » a complété Libération.

Un dossier à prendre avec des pincettes donc. Mais pourquoi utiliser des pincettes quand on peut y aller au bulldozer ? Sortant la grosse artillerie, François Fillon a enfin permis le retour dans l’ile de son secretaire d’état. « Yves Jégo est revenu en Guadeloupe dans la nuit de mardi à mercredi, en compagnie de deux médiateurs nommés par le Premier ministre, explique la Tribune. Ces derniers auront pour tâche de trouve un accord salarial entre le patronat et le collectif KLP à l’origine de la grève générale démarrée dans l’île le 20 janvier ». Et pendant ce temps, Yves Jégo retourne à son intégrale du guide du routard ?

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4 réactions

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  • PUISSANCE BEKE AUX ANTILLES

    16 février 2009 00:16, par JEAN-YVES

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    Il est vrai d’écrire"que l’ancien système colonial de précaution est en vigueur " en Martinique où sont encore présents physiquement les descendants des anciens maîtres d’esclaves et aussi en Guadeloupe.
    Rappelons nous que cette ethnocratie raciste ne doit sa survie qu’après avoir ouvert la Martinique aux Anglais quand le régime de la terreur coupait les têtes de leurs semblable en Guadeloupe.Ilya+de3OO ans ;ILS AGISSENT TOUJOURS DANS L’OMBRE
    Des commissions d’enquête prouveraient si nécessaire les détournemnts de fonds,les fraudes fiscales , les prises illégales d’intérêt,les assassinats impunis (ALIKER),les passes-droits obtenus de l’état,les prêts d’Etat transformés en subvention-cadeaux.La population ne veut pas mendier à l’état français MAIS JUSTICE SOCIALE

  • Jégo ne guadeloupe pas son avion

    12 février 2009 21:07, par marie

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    Je serais curieuse de savoir combien coûtent ces VA-ET-VIENT !!!!!!!!!!!!!tout cela pour en fiche plein la vue aux gens.Et tous ces gros bonnets si on les obligés à vivre avec un salaire de misère ,je ne sais comment ils réagiraient,puisqu’ils ont l’habitude de dépenser sans compter !!!!!!!!!!

    • Jégo ne guadeloupe pas son avion 14 février 2009 21:45, par Spiteri Marielle

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      Je vais te dire , Marie , c’est pas lui qui paye , c’est toi , c’est moi ...
      De plus , super rats ces hauts dignitaires mettent tout ce qu’ ils consomment sur leur note de frais gouvernementale !
      Donc c’est tout bon aussi de faire traîner les affaires, mais ce n’est pas tout, il a pris un avion de ligne heureusement , mais quand c’est un avion du président, donc un de plus qui décolle , c’est plus de réchauffement pour cette pauvre planète alors qu’ il est possible de discuter en vidéo conférence , non ? juste histoire de gagner du temps et de connaître ses interlocuteurs !
      Les antillais ont bien raison de réclamer ! Si les métropolitains pouvaient se réveiller avec le même courage !
      Ne rêvons pas...

      • Jégo ne guadeloupe pas son avion 15 février 2009 20:14, par Yannick

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        A l’heure des vidéo conférences, il ne faut pas prendre les gens pour des cons, Jégo n’était pas obligé de prendre un taxi (oups ! l’avion) pour aller chercher des réponses aux négociations engagées. C’est de l’indécence voire un scandale qui porte atteinte à notre dignité de fuir devant ses responsabilités même si c’est suite à s’être fait tirer les oreilles. Voyager avec sa femme sur le compte du contribuable est inadmissible. Le gouvernement ne mesure pas l’ampleur de la détermination des guadeloupéens et devra en supporter toutes les responsabilités.

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