Le Sénégal accueille le sésame chinois en pleine crise alimentaire.

lundi 02/03/2009

Après le pétrole viendra l’eau et l’alimentation : les experts sont formels, dans quelques décennies, les guerres seront alimentaires sur notre belle planète bleue. Au printemps 2008, le Sénégal a connu ce que l’on appelle communémant des "émeutes de la faim". Le gouvernement réagit au plus vite. Il change de politique agricole et passe des accords avec d’autres pays producteurs. Un partenariat avec la Chine lance la plantation de 35 000 hectares de sésame. Finalement, malgré les promesses et les grands discours, seuls les Chinois auront du sésame "à dîner".

La sécurité alimentaire, une priorité au Sénégal ?JPEG

On a beaucoup reproché à Léopold Sédar Senghor et à son successeur, Abdou Diouf, d’avoir donné un coup fatal à la diversité agricole de leur pays en favorisant l’arachide. En 2000, l’élection de Abdoulaye Wade marque un tournant dans l’histoire du pays. La fin de l’ère socialiste serait-elle un gage de changement ? En avril dernier, l’octogénaire président sénégalais, Abdoulaye Wade, tentait de faire face aux "émeutes de la faim" qui ont secoué son pays. Depuis plusieurs années, le prix des denrées alimentaires ne cesse d’augmenter. A coup de promesses, il a calmé une population échaudée, assurant que le pays deviendrait autosuffisant en alimentation de base d’ici 2015.

JPEG Pour parvenir à ses fins, Abdoulaye Wade a lancé un vaste programme de culture agricole, baptisé "la grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance" (Goana). D’après Matar Gaye, responsable régional de l’OXFAM, cela marque une rupture dans la politique agricole sénégalaise. Cette mesure prévoit la production de deux millions de tonnes de maïs, trois millions de tonnes de manioc, 500 000 tonnes de riz paddy et deux millions de tonnes pour les autres céréales (mil, sorgho, fonio) d’après un site internet pro-Wade, www.au-senegal.com .

Que fait la Chine ?

D’après Amath Sall, ministre sénégalais de l’agriculture, le pays dispose de conditions environnementales favorables à une production indépendante du riz. Selon les experts chinois, c’est aussi un environnement idéal pour produire du sésame. JPEG

En novembre 2008, Ouyang Riping, le PDG de la société agricole DTE (Dantong Trading Entreprise) était en visite au Sénégal. Reçu en grande pompe par Abdoulaye Wade, ils ont célébré "l’amitié sino-sénégalaise" lors d’une cérémonie officielle. En résulte un accord de production : la Chine devrait produire au Sénégal plusieurs tonnes de sésame dans les années à venir. En effet, si les Chinois consomment annuellement près de 700 000 tonnes, ils n’en produisent guère plus de 300 000 tonnes.

Les retombées de cet accord sont moindres pour le peuple sénégalais. Pas une graine de ce sésame ne sera revendue sur les marchés de Dakar ou de Thiès. Sur internet, des sites chinois se vantent de participer au développement de l’agriculture africaine. Mais à quelle échelle ? Le gouvernement chinois s’est engagé à accompagner le gouvernement sénégalais dans ses efforts pour la poursuite de la Goana en lui offrant des machines agricoles d’une valeur de 10 millions de yuans RMB (environ 1,5 million de dollars) nous apprend www.french.xinhuanet.com . Dans le quotidien des Sénégalais, les effets restent attendus.

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