Le rock est-il mort à Montpellier ?

mardi 21/11/2017 - mis à jour le 21/11/2017 à 18h55

À Montpellier, ville qui compte plus de 75 000 étudiants, la musique résonne dans tous les casques. Mais le rock, genre musical incontournable dans les années 1990 plaît-il toujours autant aux Montpelliérains ?

Le rock a-t-il perdu sa superbe ? C’est le constat que dresse Pierre Tomi, programmateur des soirées Rock it to The Moon au Rockstore : « Ces dernières années, les fréquentations sont en baisse et le public étudiant se tourne vers d’autres styles. Sur certains concerts, cela arrive qu’on ne vende aucune place au Crous par exemple (avec un tarif préférentiel pour les étudiants). Quand j’étais étudiant, il fallait se précipiter le jour de la mise en vente. Aujourd’hui, on se réjouit quand on en vend 10 ». Concurrencé par d’autres styles musicaux, le rock souffre. « Le rap ou l’électro sont clairement loin devant aujourd’hui » , affirme Pierre Tomi.
Si dans les années 1990, des groupes de rock comme Nirvana ou Guns N’Roses étaient diffusés dans les boîtes de nuit, ce temps est désormais révolu. Ce public aujourd’hui quadragénaire continue à écouter du rock mais les jeunes générations se rendent moins facilement dans les concerts de rock. Laurent Galichon, leader-guitariste du groupe bittéro-montpelliérain Red Beans and Pepper Sauce observe que la moyenne d’âge du public est plutôt élevée et se situe autour de 40 ans.

Tous les acteurs montpelliérains du rock sont loin de partager cet avis et considèrent que le rock enthousiasme encore très largement. Parmi eux Abel Gibert, programmateur du Black Sheep pour qui « la musique rock conserve toujours la même place. Le public jeune écoute tout style de musique, c’est beaucoup moins clivé qu’il y a quelques années ». Pour Adrien Lagarde, batteur de Dotpal, un groupe de pop rock alternatif montpelliérain « Même au collège, à côté de ceux qui écoutent Jul, il y a des jeunes qui écoutent Nirvana. Notre groupe a un public jeune de 18-30 ans de la même tranche d’âge du groupe. Le rock plus old school, plus hard, déplace un public un peu plus vieux. Dans le rock, il y a à la fois un public âgé et un public jeune ».

Frank Rabeyrolles, programmateur du Black Out pub se montre lui aussi optimiste quant à l’avenir du rock. « Il se transmet de génération en génération. Il évolue beaucoup dans les genres. Il peut redevenir très underground à un moment donné, être plus populaire à un autre moment et cela passe. Le rock va durer. Cela passe par des groupes locomotives qui suscitent des vocations comme Radiohead et Nirvana ». Un avis partagé par Laurent Galichon du groupe Red Beans & Pepper Sauce « tout est une question d’artistes car c’est eux qui permettront le renouvellement et le succès du rock ».

Le Rock’n Roll est-il handicapé par l’absence de vraies stars de moins de quarante ans ? « Il manque une grande locomotive internationale dit Pierre Tomi. J’aurais du mal à citer un véritable tube rock qui a fait le tour du monde sur ces cinq dernières années ». Comme le suggère Abel Gibert, programmateur du Black Sheep « il y a un nouveau style musical tous les 20-30 ans, c’est cyclique. Ces dernières années, il n’y a pas eu de nouveaux courants musicaux ». Mais tout espoir n’est pas perdu : comme le précise Pierre Tomi «  il a suffi d’un album enregistré à New York en 2001 pour que tous les étudiants du monde se remettent à porter des Converse et des jeans slims, et rêvent de monter un groupe de rock ». Alors qui seront les prochains Strokes et Nirvana ?

« Le plus dur c’est de trouver des scènes qui paient normalement »

À Montpellier, les groupes de rock galèrent pour trouver des salles et jouer en centre-ville. Abel Gibert, programmateur du Black Sheep signale que « les groupes de rock ont souvent du mal à trouver des créneaux pour répéter. Il y a un manque de salles de répétitions à louer à des prix abordables ».
Frank Rabeyrolles, programmateur du Black Out pub insiste sur la difficulté sonore par rapport au voisinage en ville : « Il est très difficile d’insonoriser les salles présentes dans le centre-ville. Une autre difficulté importante c’est l’image que peut véhiculer le rock, une image négative pour certains ». Toutefois, les salles de concert et les scènes ouvertes sont nombreuses et accessibles sur Montpellier. Adrien Lagarde, batteur du groupe Dotpal révèle que « le plus dur c’est de trouver des scènes qui paient normalement. Si tu joues gratuitement tu peux jouer partout » . Le leader-guitariste de Red Beans & Pepper Sauce, Laurent Galichon souligne que « la véritable difficulté c’est de trouver des diffuseurs. Après ce n’est pas plus compliqué à Montpellier qu’ailleurs. Pour les groupes qui débutent, ils peuvent s’appuyer sur des salles subventionnées par les pouvoirs locaux qui servent justement à promouvoir les artistes locaux ».

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