La K-pop, meilleure ambassadrice de la Corée du Sud en France

La K-pop et ses figures contribuent à donner une visibilité internationale à la Corée. Un phénomène que nous avons pu vérifier à l’occasion du festival Corée d’ici qui s’est déroulé du 14 au 26 novembre à Montpellier.

Psy et son « Gangnam style » n’était pas le seul. La victoire du Jinjo Crew à la Battle of the Year, dimanche 18 novembre, ou encore les 28 000 places (à 70€ minimum) remplies en quelques minutes pour le concert du groupe BTS à Paris en disent long. Le phénomène K- pop gagne toujours en intensité dans l’hexagone. Un style influencé par le hip-hop que les artistes ont mélangé à de la danse traditionnelle coréenne avec une touche de romantisme et un peu de légèreté pour faire chavirer le coeur des adolescentes. « C’est une musique avec une nuance plus calme comparé aux boys-band américains, et surtout elle s’englobe dans tout un mouvement artistique avec le théâtre ou encore le cinéma coréen également très populaire », explique Lee-Jang-Seok, président de la fédération des écoles coréennes de France et directeur de celle de Montpellier.

Ces dernières sont au nombre de 13 aujourd’hui dans l’hexagone et quatre autres sont sur le point d’être reconnues. Ces établissements ont essentiellement été conçus pour que les élèves viennent y apprendre la langue coréenne mais proposent également divers ateliers culturels. Le succès de la K-pop à travers le monde entier a contribué à donner une grande visibilité internationale à la Corée du Sud « Quand l’école de Montpellier a ouvert en 2005, nous n’avions que six élèves, aujourd’hui ils sont 150 et 1500 pour toute la France. », précise le directeur.

L’engouement pour l’apprentissage de la langue coréenne grandit à tel point qu’ils sont de plus en plus nombreux dans ces écoles à vouloir se rendre dans le pays du matin calme par la suite. Lee-Jang-Seok ne s’attendait pas forcément à ce que le phénomène K-pop perdure aussi longtemps. « En 2012 quand Psy était devenu célèbre avec son « Gangnam style », je pensais que cela n’était qu’une tendance qui finirait par s’estomper mais aujourd’hui il y a de plus en plus de fans et nous accueillons même des artistes français qui chantent en Coréen au cours du festival Corée d’ici. Maintenant j’estime que ça peut durer encore 10 ans ! », espère t-il.

Un succès davantage lié  au visuel

La clé du succès de ces groupes comme Day 6 ou Big Bang est surtout liée leur omniprésence sur les réseaux sociaux qui a permis de créer une proximité avec leurs fans du monde entier. « Ils organisent beaucoup de « fans meeting » sur les réseaux ainsi que des jeux qui nous permettent de mieux les connaître et tout est traduit en anglais pour que chacun comprenne », précise Vanille, 17 ans et inscrite à l’école Coréenne de Montpellier. Celle qui a commencé le Coréen depuis 5 ans maintenant a découvert sa passion pour cette culture par hasard. « Je regardais la télé et je suis tombé sur une chaîne qui passait de la musique coréenne, il y avait un clip avec un monsieur aux cheveux bleus parlant une langue bizarre, cela m’a plu, j’ai continué à regarder et je me suis intéressé au pays comme ça. A partir de là j’ai commencé à prendre des cours sur Internet », raconte t-elle. Son objectif aujourd’hui est de partir pour Séoul l’année prochaine pour y envisager de futures études.

La K-pop fonctionne surtout par le visuel, la majorité des fans à l’international ne comprenant pas les paroles. « Tout est hyper bien rôdé et très spectaculaire et les danses ne sont pas compliquées à réaliser », assure Bora, étudiante et fan lilloise de longue date.

Toutefois, nombreux sont ceux qui aimeraient que l’on s’intéresse au pays du matin calme pour autre chose que la K-pop comme Young-Ho-Nam, directrice artistique du festival Corée d’ici. « Même si la K-pop marche bien ici en France, j’estime que les Français ne connaissent pas encore bien notre culture car elle va bien au-delà de ça. C’est aussi pour cela que ce festival est organisé dans le but de valoriser et faire connaître l’art coréen en général avec de la peinture, de la sculpture ou de la cuisine. », considère la danseuse et chorégraphe.

Un peu de soul, beaucoup de pop et du rock, passionnément — Top 5 des albums à écouter cette semaine

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It’s About Time, Nile Rodgers & Chic

On connaît tous de lui ce rythme entêtant « Le freak, c’est chic ». Vingt-six ans après son dernier album, Nile Rodgers remet le feu au dance-floor. Au programme : des convives exceptionnels au nom de Lady Gaga, Emilie Sandé, Elton John, ou encore Craig David, et du groove. Dès les premières notes, « Till The World Falls » remonte le temps. La guitare de Nile Rodgers, libre et entraînante, nous propulse à la fin des seventies où le funk et disco se mélangent. Avec une pointe de jazz dans « State of Mine (It’s About Time) ». À 66 ans, la machine à tube n’a rien perdu de sa connaissance des riffs. Et les mélodies sont scintillantes, donnant une seule envie : entamer la danse.

Superior State, RENDEZ-VOUS

Le rock français est-il mort ? On aurait tendance à répondre oui — même si ce genre d’affirmation fait débat. Voilà que des Parisiens nous coupent la parole. RENDEZ-VOUS sort un nouvel album post-punk hypnotique. L’opus rock de l’année pour l’hebdomadaire Les Inrocks. Tout commence avec « Double Zero » et « Paralysed », et une basse autant omniprésente que dense. Piste 7, « Middle Class » dénote par une touche plus légère mais conserve cette manière furieuse aussi sombre que lumineuse de « Sentimental Animal ». Les voix quasi spectrales des membres du groupe saupoudrent cette cold wave aux sons carrés, précis. Minimalistes. Une marque de fabrique qui rappelle d’anciens, Depeche Mode notamment. Superior State est un pied de nez au marasme.

Forever Neverland, MØ

Sa réputation est méritée. Après un premier album en 2014 et le succès mondial de « Lean On » l’année suivante (plus de deux milliards de vues sur YouTube), l’artiste danoise brouille encore et toujours les frontières conventionnelles de la pop. Un style qui lui est propre, aux douces influences d’électro et d’indie. Au menu de ce second opus, des chansons sur son passage à l’âge adulte, sur la perte de contrôle d’une jeune star à Los Angeles. Sur ses déceptions amoureuses, aussi. Et puis, des collaborations avec Diplo, Charlie XCX, What So Not, et Two Feet. Parmi les 14 titres, « Way Down » est l’un des plus créatifs, pur et palpitant. Des percussions contagieuses et une voix qui s’amuse. Qui tente même le demi-rap sur « Nostalgia » et se met à rêver sur « Blur ». Preuve que la chanteuse peut sortir de sa rugosité, Forever Land est synonyme d’une pop moderne, colorée et pleine de caractère.

Honey, Robyn

Un peu plus au Nord, il était une fois un talent précoce et suédois. Repérée dès l’adolescence, Robyn revient aujourd’hui avec des mélodies douces et amères pour un public qui l’adore déjà. Après deux albums réussis Robyn (2005) et Body Talk, Honey (2010) était (très) attendu. Huit ans que la chanteuse n’avait pas fait parler d’elle sur les scènes européennes. Conçu avec Alhund et Joseph Mount de Metronomy, son nouvel opus est comme elle. Sincère. Des histoires tendres et intimes (la perte d’un ami et collaborateur, une rupture amoureuse) sur une pop minutieuse, tantôt mélancolique tantôt disco. Résultat ? Un mix parfait entre son univers et sa voix puissante et sensible. On en redemande.

Village, Jacob Banks

Enfin le long format. Le chanteur britannique, roi hybride de la soul et du hip-hop, sort son premier album après de nombreux mini-opus et collaborations. Une ascension méritée au nom de Village. La voix grave de l’artiste se découvre au fil d’une collection éclectique de 14 chansons célébrant… les bars de la capitale anglaise (« Love Ain’t Enough »). Dans ces pubs, Jacob Banks y fit ses preuves. Y loua l’expérience humaine. Les autres. Et c’est ce que tentent « Be Good To Me », « Slow Up » qui appellent à la tolérance, à la bienveillance. Il fait bon vivre, profiter. Prendre le temps aussi de réécouter ses tubes déjà consacrés. Comme « Unknown (To You) ». « Say that you don’t want me, say that you don’t need me. » (Dis moi que tu ne me veux pas / Dis moi que tu n’as pas besoin de moi) Sa voix rauque touche en plein coeur. Dernier conseil de l’artiste : « Stay alive, stay hydrated » !

Affaire Booba/Kaaris : ce qu’en pense la nouvelle scène rap

Nasty, L’Exorciste, LRF…ils sont les jeunes talents de la scène rap montpelliéraine. A l’occasion d’un open-mic organisé au Ol’dirty bar à Montpellier le 11 octobre dernier, ils réagissent à l’interminable clash entre Booba et Kaaris

Deux géants du « rap game » à la barre. Booba et Kaaris ont été condamnés à 18 mois de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Créteil, le 9 octobre dernier. Les divers « clash » qui alimentaient les réseaux sociaux depuis quatre ans ont fini par aboutir à cette confrontation brutale à Orly en août dernier.

La nouvelle scène rap ne s’est pas montrée indifférente face à ce fait-divers. Parmi les jeunes venus poser leurs textes sur diverses instrumentales, certains reprochent un manque de professionnalisme de la part des deux rappeurs. « Cette histoire permet à l’opinion publique de tirer une fois de plus sur le rap français, ce qui ne nous arrange pas en tant que jeunes artistes », regrette Nasty, 23 ans, étudiant et habitué des open-mic trois ans à Montpellier.

Peu de grands noms du rap ont souhaité s’exprimer publiquement sur ce sujet. Disiz la Peste avait déclaré qu’il s’agissait selon lui « d’un fait divers comme un autre » sur le plateau d’ « On n’est pas couché », le 14 octobre. Rohff, autre grand ennemi de Booba, s’était juste fait remarquer sur Instagram quelques heures après les évènements en qualifiant ce dernier de « lâche ». Le post est illustré d’un cliché montrant le « Duc » qui s’en prend à Kaaris avec l’aide de ses amis.

Des businessmen reconnus

L’Exorciste, membre du groupe LaRocca Vegetal Sound défend quant à lui un autre point de vue lié au style des deux rappeurs parisiens. « Dans leurs clips ils se sont souvent donné une personnalité agressive et cette confrontation a au moins eu le mérite de crédibiliser leurs paroles », explique le Perpignanais. Son acolyte, LRF, a lui vécu cette affaire comme un divertissement. « Cela ne représente pas la culture populaire qu’est le rap, il s’agit simplement d’un coup médiatique réalisé par des artistes qui ne vivent pas dans le même monde que nous », assure l’artiste présent sur la mixtape « Eclosion » sortie le 12 octobre dernier.

Malgré la mauvaise tournure qu’a prise ce clash entre Booba et Kaaris, la richesse de leurs carrières suscite tout de même l’admiration des nouveaux venus sur la scène. « Je ne me sens pas concerné par cette histoire mais ce qu’ils ont réussi à construire tout au long de leur carrière est respectable. Ils sont millionnaire, ont tout les deux créé leur propre marque de vêtements et ont lancé beaucoup de jeunes rappeurs.», rappelle PDB, grand adepte des open-mic à Montpellier.

Ce dérapage public est loin de mettre en péril les carrières des deux « gangsters » d’un jour. B2O a réunit 40 000 personnes lors de son concert à l’U Arena de Nanterre, le 13 octobre tandis que la star de Sevran a dévoilé la jaquette de son prochain album, « Or Noir 3 » sur Instagram. Punchlines à suivre.

Kazy Lambist fait rêver le Rockstore

Samedi 13 octobre, Kazy Lambist donnait un concert au Rockstore, devant plus d’une centaine de personnes. Après deux ans d’absence sur les scènes montpelliéraines, on était de la partie. Au programme : retrouvailles et électro-pop.

La salle était en apesanteur. Dès la première partie, UTO, groupe parisien, défie la gravité avec des sons aériens. Le trio entame l’enfance, l’amour de manière « un peu énervée » comme le murmure la chanteuse sautillant d’un bout à l’autre de la scène. Un pas en arrière, les deux musiciens tapotent leur clavier, impassibles. La bande oscille entre une pop sucrée et un trip-hop alléchant. Quelques aboiements incrédules. « On s’appelle UTO ». Les cheveux ébouriffés, la voix féminine rappelle une dernière fois son nom avant de remercier le public. Dans les rangs, l’excitation monte d’un cran. On presse l’arrivée du Montpelliérain.

De retour à la maison

21 h : Kazy Lambist (Arthur Debreucq) déboule avec son bassiste Amaury et la douce Lara (micro et clavier). Fumigènes bleus pour un album 33 000 FT, bleu, lui aussi. Le groupe vainqueur en 2015 du prix du public des Inrocks Lab, commence avec les titres qui l’ont fait connaître. Doing Yoga, Love Song. Les bassins tanguent et les sourires se dessinent. À chaque morceau, la foule exulte un peu plus. C’est standing ovation garantie. Inscrite au conservatoire de Lille, Lara déploie tout son être sur scène. L’habitude du théâtre. Le lent mouvement de ses bras contamine ses deux compères qui l’imitent. S’enchaînent The city is beautiful et The essential dont les paroles  sont reprises par tous, ravis de retrouver l’artiste du coin. Et ce n’est pas Julien, chemise entrouverte, qui dirait le contraire. « Il est bon et en plus beau gosse, que demander de plus ? » À sa droite, Elisa ne peut s’empêcher de faire bouger ses Stan Smith. « Incroyable ».

Le prodige de 25 ans plane. Il dédie sa prochaine chanson, Annecy, à ses grands-parents au premier rang. « We felt in love tonight / And this is all we know » (« Nous étions tombés amoureux cette nuit-là / Et c’est tout ce que nous savons »). Deux phrases qui résument à cet instant l’émotion que toute la salle ressent. Comme dernier au revoir, Headson, en duo avec la chanteuse LC Elo. Le public est comblé. À la sortie, Delphine, jeune trentenaire, en redemande encore… « kazy » rassasiée.

Pop, rap acerbe et remix hip-hop — Top 5 des albums à absolument écouter cette semaine

Haut Courant se remet en piste et sélectionne les meilleures sorties des derniers jours. Embarquez à bord, découvrez les pépites passées sur l’auto-radio et montez le volume avec la rédaction.

Brol, Angèle

Angèle. C’est un prénom que l’on entendra souvent. Avec son premier album, la chanteuse belge trouve la mélodie qui lui va bien. Ou plutôt les mélodies. Les cheveux dans les yeux, elle nous plonge dans un univers coloré qui brouille les frontières du genre musical. Et l’on s’y perd avec délice. Alliant sonorités classiques, pop, hip-hop et jazz, chaque chanson est un futur hit. L’artiste de tout juste 22 ans réussit le drop. Des mots simples, une pointe d’humour et du talent pour un album qui imprègne. Surtout, ne pensez pas qu’elle doit son succès à son frère, Roméo Elvis, rappeur francophone en vogue. La jeune femme est douée. Et s’amuse sur les thèmes de l’amour et de l’écran qui nous sépare du monde, répondant aussi aux critiques avec « Balance ton quoi ». Douze titres à savourer.

Wanderer, Cat Power

Depuis le temps que l’on attendait. Six ans que la rockeuse n’avait pas fait parler d’elle. Et à 46 ans, elle n’en a pas perdu sa sublime voix. Celle qui avait écrit en une nuit l’album Moon Pix qui lança sa carrière, revient avec un dixième opus. Pour le titre « Woman », elle chante notamment avec sa fan dévouée, Lana Del Rey. Et Cat Power fait ici ce qu’elle sait faire le mieux. Des chansons épurées, quelques touches de piano et des accords de guitare. Puis, sa voix. Profonde. Mélancolique. Tantôt française sur « Black », tantôt espagnole avec « Me Voy ». Après des hauts et des bas, l’artiste américaine nous offre un album tout doux. Quelque chose qu’on adore.

Tha Carter V, Lil Wayne

« I love you Dwayne. » Les mots d’une mère en larmes qui rappelle son amour et sa fierté éternels à son fils. De l’intro à l’outro, le rappeur se livre seul ou en featuring avec ses compères. Le regretté XXXTentacion, Travis Scott, Nicky Minaj, Kendrick Lamar, tous participent à cet album sombre qui séduit. D’entrée de jeu, l’émotion prend aux tripes. Lil Wayne parle de ses démons, les femmes, l’argent ou encore lui-même, et va jusqu’à raconter sa tentative de suicide à l’âge de 12 ans. Du rap d’excellence et des artistes conviés sur l’album qui jouent le jeu. Dans cette noirceur accablante, des vents de douceur s’immiscent aussi. Merci à sa fille, Reginae Carter, qui magnifie « Famous » de sa voix limpide. Merci surtout à l’expérience de Lil Wayne qui ressort d’une tempête judiciaire de plus de six ans avec son label Cash Money. Tha Carter V marque un retour en force du petit génie.

Reduxer, Alt-J

Du rab. On en voulait. Comme les frites à la cantine. Dès que les derniers passent, on tend l’assiette pour en reprendre une nouvelle fournée. C’est pareil pour Alt-J. Relaxer ne nous avait pas suffit. On attendait le deuxième service. Le trio de Leeds reprend huit de ses titres et en offre une version hip-hop. À cela, deux petites fraicheurs se glissent dans l’album. Des Etats-Unis à l’Allemagne, en passant par notre beau pays bleu blanc rouge, Pusha T, Kontra K et Lomepal se mêlent aux autres rappeurs pour faire revivre Relaxer. C’est un florilège pour ce remix à la recette parfaite : une bonne instru avec de bons flows.

Trench, Twenty One Pilots

Peuvent-il faire mieux que leur dernier album ? Blurryface a été couronné triple platine. Sans compter chacune des chansons, toutes certifiées or — vendues à plus de 500 000 exemplaires. Mais si quelqu’un peut renchérir, c’est bien le duo d’Ohio. Dans ce second opus, la batterie de Josh Dun s’allie avec un Tyler Joseph plus confiant. Plusieurs de leurs nouveaux titres rappellent leur influence urbaine. Musique rythmée et rap acerbe. Ils l’avaient déjà prouvé avec Blurryface, ils maîtrisent. Mais les Américains ne s’arrêtent pas là et mélangent les genres. Le duo rivalise avec des mélodies plus douces. Tantôt funk, tantôt aérien. « Cut My Lip », « Legend » ou « Smithereens » trouvent parfaitement leur place pour ce 5ème album. Après un an de silence, il se pourrait que Twenty One Pilots réaffirme sa suprémacie.

Bertrand Cantat, l’indésirable

Quatorze ans après le meurtre de sa compagne Marie Trintignant, l’ex-leader de Noir Désir signe un premier album solo, sorti le 1er décembre. Diffuser Bertrand Cantat, un homme au comportement violent envers les femmes ? La question ne laisse personne indifférent. Reportage au sein d’une radio et d’un grand disquaire.

« Et Snoop Dogg ? Il a tué un mec dans le ghetto ! Et pourtant on passe ses chansons sans se poser de questions ! » « Oui mais là Bruno, c’est différent. » À la radio associative montpelliéraine Divergence FM, la discussion est animée entre le programmateur musical, Bruno Bertrand, et son président, Alain Vacquié. Les avis divergent sur une question : faut-il diffuser ou non Bertrand Cantat ?

Quatorze ans après le meurtre de Marie Trintignant, l’ancien meneur du mythique groupe de rock Noir Désir marque un retour musical et médiatique forcément passionnel avec la sortie, début décembre, d’un premier album – « Amor Fati » – sous son propre nom.

Alain Vacquié poursuit. Selon lui, cette comparaison avec le rappeur américain est maladroite. Dans le cas de Cantat, ce n’est pas une histoire de règlement de compte : « La victime est identifiée. C’était sa compagne et il l’a tabassée à mort ! Même si j’aimais ce qu’il fait, je ne le passerais pas. Diffuser ce type, c’est en faire la promotion. Je ne veux pas donner la parole à un assassin ! » « Et lui rapporter du fric… », complète le programmateur. Silence. « Mais il a purgé sa peine… » « Certes, mais là, il y a un problème de déontologie ». Un problème qui s’inscrit dans un contexte d’une ampleur inédite.

Un nom qui ne passe pas

Le retour en solitaire de Cantat, sur fond d’affaire Weinstein et de libération de la parole des femmes sur les questions de violence et harcèlement sexuel, invite à la réflexion. N’y aurait-il pas une contradiction à valoriser un homme dont la brutalité envers la gente féminine a été avérée, au moment de discours politiques prononcés à la suite de ces révélations en cascade ?

« Dans ce cas, la question doit aussi se poser pour Joey Starr ? » qui a frappé une hôtesse de l’air à Montpellier et a été [condamné à plusieurs reprises à de la prison ferme pour violences conjugales, ndlr], questionne le salarié. « Tu as lu l’interview de Cantat dans Les Inrocks ? Il ose se faire passer pour une victime ! À sa place, je me ferais oublier ! », rétorque Alain Vacquié. « C’est vrai… », concède Bruno Bertrand. Silence. « En fait, c’est toute la difficulté de savoir s’il faut distinguer l’homme de l’artiste, continue-t-il. C’est tellement compliqué de répondre par oui ou par non, d’avoir un avis tranché. C’est un débat sans fin ». Quoi qu’il en soit, concernant Bertrand Cantat, les choses sont claires depuis le début pour le programmateur musical : « Je ne le passerai pas puisque musicalement, je n’aime pas ».

Pratique. Mais si c’était l’inverse ? « Je ne sais pas… Je ferais probablement du cas par cas. Je ne diffuserais pas les chansons dans lesquelles il ferait référence à son crime de façon détournée ». Un potentiel conflit musicalo-éditorial avec le président de la radio ? Non car « je garde mon opinion personnelle pour moi, explique ce dernier. Je n’aurais pas empêché Bruno de le diffuser. C’est à l’appréhension de chacun. Mais il faut se poser la question. »

Ce qui est certain, c’est qu’elle ne se pose pas pour Noir Désir : « Aucun problème ! ». Les deux hommes sont au diapason. « Noir Désir, ce n’est pas Bertrand Cantat », un nom synonyme de violence. Un nom qui ne passe pas. Le noeud du problème.

Et côté disquaires, les cas de conscience ont-ils été similaires ? Direction la Fnac de Montpellier.

« Oui, je me suis posé la question »

Rayon musique. Le rockeur ne figure ni dans les « Nouveautés », ni dans les « Idées cadeaux ». Peut-être sera-t-il parmi « Les 10 albums de l’année sélectionnés par les disquaires de la Fnac » ? Bingo. Il faut tout de même balayer du regard les deux étages du présentoir avant de tomber sur la pochette aux nuances sombres. Sur une étiquette descriptive du produit – qui a été cachée derrière celle de U2 – un paragraphe de quelques lignes : « Bertrand Cantat effectue un retour très attendu avec ce nouvel album solo (…). Cet opus, qui n’échappera pas à la polémique, met le doigt sur plusieurs sujets politiques ».

Un aveu implicite de la légitimité du débat ? « Oui je me suis posé la question, avoue, un peu hésitante, l’une des deux responsables du rayon musique qui préfère conserver l’anonymat. Ou je ne mets pas du tout l’album, ou bien je le mets en rayon, mais pas surexposé. Là, il est simplement à la vente » [La Fnac ne donne aucune consigne nationale quant à la disposition des rayons de chaque magasin et laisse carte blanche à ses vendeurs, ndlr]. Sourire gêné, un hochement de tête, comme si elle en avait déjà trop dit. « Mais je ne dirai rien de plus, je suis désolée ».

On retrouve également l’album au rayon «Variétés françaises ». L’unique place qu’il y occupe à la cinquième rangée est loin d’être avantageuse. Pour Cantat, tourner une page noire de sa vie par la grâce du public ne reste pour l’heure qu’un simple désir.

#Agenda culturel du 24 novembre au 3 décembre

Bientôt la Sainte Catherine où « tout arbre prend racine » ! L’occasion de vous donner les derniers évènements de ce mois de Novembre. Une dernière semaine qui s’avère remplie de musique, de cinéma et d’art à gogo, sur fond de décors de Noël prématurément installés. Alors sortez un instant de la frénésie de ce #BlackFriday pour lire ce qu’Haut Courant vous a concocté…

CÔTÉ CONCERT

Samedi 25 novembre à 19h : le Nu-Bahia accueille l’inimitable GUTS. Ce beatmaker et producteur de hip-hop et de funk français fête cette année les dix ans de son label Heavenly sweetness. Food truck de 19h à 23h et fermeture exceptionnelle à 2h du matin. Chers étudiants, pensez à l’happy hour de 19h à 21h.

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Samedi 25 novembre de 10h à 20h : L’Orchestre national Montpellier Occitanie participe à l’événement Orchestres en fête et vous propose trois rendez-vous dans la journée. À 10h, un concert pédagogique baroque (Salle Molière), à 14h, la répétition générale publique de Manfred│Robert Schumann (Opéra Comédie) et à 18h30, une conférence de Corinne Schneider autour de l’oeuvre (Salle Molière). Entrée libre dans la limite des places disponibles.

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Samedi 25 novembre de 17h à 22h : le Collectif Le Repere revient avec une session musique live Jam Acoustik #2 à la Casa Bondels. L’occasion pour les musiciens et amateurs de groove de se retrouver pour partager un moment festif et musical dans ce magnifique espace culturel du centre de Montpellier !

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Du 29 novembre au 3 décembre : plongez au cœur du romantisme allemand avec l’œuvre surréaliste Manfred│Robert Schumann à l’Opéra Comédie. À ne pas manquer : le Flash’Opéra qui nous donne les 10 clés pour tout savoir sur l’œuvre une heure avant chaque représentation. Info people : rencontre avec les artistes à l’issue de la représentation du dimanche 3 décembre.

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CÔTÉ THÉÂTRE, DANSE ET PERFORMANCE

Mardi 28 novembre de 18h30 à 21h30 : en prélude à la journée de lutte contre le sida du 1er décembre 2017, Montpellier Danse organise la soirée « Ce que l’art a fait du sida », animée par le critique de danse Gérard Mayen. Rencontre avec Elisabeth Lebovici, auteure de Ce que le sida m’a fait – Art et activisme à la fin du XXe siècle et Didier Roth-Bettoni, auteur de Les années SIDA à l’écran. Suivie de la projection du film Zero Patience de John Greyson. Entrée libre sur réservation.

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Mardi 28 et mercredi 29 novembre à 20h : venez (re)découvrir le Mythe de Médée au Théâtre Jean Claude Carrière du Domaine d’O. Une histoire d’amour finissant en infanticide, voilà l’histoire originale, et la compagnie L’Entreprise et son metteur en scène François Cervantes ont choisi de se réapproprier cette tragédie grecque en adaptant le texte original. Trois comédiennes, trois femmes, face à la salle parlent directement aux spectateurs. Un beau moment en perspective.

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Du 28 au 30 novembre à 20h : hTh (humain Trop humain), le Centre Dramatique National de Montpellier et son directeur Rodrigo Garcia, proposent La Despedida. Une installation théâtrale et un montage poétique d’archives au service d’un spectacle traitant du conflit interne en Colombie. Il constitue la dernière pièce du projet « Anatomie de la violence en Colombie », projet initié par Mapa teatro en 2010 et qui s’achève en 2017 avec la signature des accords de paix dans ce pays. À voir !

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Du 24 novembre au 2 décembre à 20h30 : la Compagnie Je Pars à Zart qui a récemment repris la direction du théâtre de la Plume nous propose un huit clos intitulé The Sunset Limited autour de deux protagonistes échangeant dans le métro new-yorkais leurs visions du monde diamétralement opposées. Entre humour noir et joutes verbales, vous ne risquez pas de vous ennuyer. Info insolite : si vous offrez une plume au guichetier, vous obtiendrez une place offerte pour une place achetée !
N’oubliez pas : grâce au concept de place suspendue, vous pouvez payer une place en avance qui profitera à celui qui n’en a pas les moyens.

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CÔTÉ EXPO ET INSOLITE

Du 24 novembre au 13 janvier 2018 : la Galerie Annie Gabrielli accueille l’exposition « Human Nature » de Marc Gaillet. Entre grenade rose à paillettes, crâne rouge et statut de la liberté effondrée, vous trouverez de quoi satisfaire votre curiosité et votre amour pour l’art insolite ! N’oubliez pas le vernissage : vendredi 24 novembre de 18h30 à 20h30.

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Samedi 25 novembre de 17h à 18h à La Panacée : présentation de la première résidence d’artiste APIARY avec Bianca Argimon, artiste diplômée des Beaux-arts de Paris et Jacques Bernard, artisan lissier lozérien. Une invitation pour les artistes contemporains à s’imprégner de ce contexte rural et de ce rythme ralenti pour enrichir leur création !

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Samedi 25 novembre de 10h à 21h : le Marché du Lez ouvre son Marché Solidaire – The Happy Winter Market – au profit de l’association qui accompagne les femmes atteintes de cancer, Étincelle. Au programme : vide dressing, pop up store, artisans, artistes et bien-être.

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Du 30 novembre au 2 décembre : Montpellier sera le théâtre de la 4ème édition de « Coeur de ville en lumières » . Un spectacle lumineux, musical et féérique, accessible à tous dans l’Écusson. Durant ces trois jours, dès 18h30, ce parcours libre à travers le centre historique vous permettra de découvrir le patrimoine d’une autre façon.

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Jusqu’au 22 décembre de 15h à 19h : du mercredi au samedi, La Fenêtre propose l’exposition « Du bidonville à la ville : Exister – Circuler – Travailler » pour mettre en lumière et changer de regard sur les fouilleurs de poubelles, recycleurs et biffins des temps modernes. Exposition réalisée grâce au soutien du LERSEM, la Fondation Abbé Pierre et La Cimade. Seulement 3€ !

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Le rock est-il mort à Montpellier?

À Montpellier, ville qui compte plus de 75 000 étudiants, la musique résonne dans tous les casques. Mais le rock, genre musical incontournable dans les années 1990 plaît-il toujours autant aux Montpelliérains ?

Le rock a-t-il perdu sa superbe ? C’est le constat que dresse Pierre Tomi, programmateur des soirées Rock it to The Moon au Rockstore : « Ces dernières années, les fréquentations sont en baisse et le public étudiant se tourne vers d’autres styles. Sur certains concerts, cela arrive qu’on ne vende aucune place au Crous par exemple (avec un tarif préférentiel pour les étudiants). Quand j’étais étudiant, il fallait se précipiter le jour de la mise en vente. Aujourd’hui, on se réjouit quand on en vend 10». Concurrencé par d’autres styles musicaux, le rock souffre. « Le rap ou l’électro sont clairement loin devant aujourd’hui » , affirme Pierre Tomi.
Si dans les années 1990, des groupes de rock comme Nirvana ou Guns N’Roses étaient diffusés dans les boîtes de nuit, ce temps est désormais révolu. Ce public aujourd’hui quadragénaire continue à écouter du rock mais les jeunes générations se rendent moins facilement dans les concerts de rock. Laurent Galichon, leader-guitariste du groupe bittéro-montpelliérain Red Beans and Pepper Sauce observe que la moyenne d’âge du public est plutôt élevée et se situe autour de 40 ans.

Tous les acteurs montpelliérains du rock sont loin de partager cet avis et considèrent que le rock enthousiasme encore très largement. Parmi eux Abel Gibert, programmateur du Black Sheep pour qui « la musique rock conserve toujours la même place. Le public jeune écoute tout style de musique, c’est beaucoup moins clivé qu’il y a quelques années ». Pour Adrien Lagarde, batteur de Dotpal, un groupe de pop rock alternatif montpelliérain « Même au collège, à côté de ceux qui écoutent Jul, il y a des jeunes qui écoutent Nirvana. Notre groupe a un public jeune de 18-30 ans de la même tranche d’âge du groupe. Le rock plus old school, plus hard, déplace un public un peu plus vieux. Dans le rock, il y a à la fois un public âgé et un public jeune ».

Frank Rabeyrolles, programmateur du Black Out pub se montre lui aussi optimiste quant à l’avenir du rock. « Il se transmet de génération en génération. Il évolue beaucoup dans les genres. Il peut redevenir très underground à un moment donné, être plus populaire à un autre moment et cela passe. Le rock va durer. Cela passe par des groupes locomotives qui suscitent des vocations comme Radiohead et Nirvana ». Un avis partagé par Laurent Galichon du groupe Red Beans & Pepper Sauce « tout est une question d’artistes car c’est eux qui permettront le renouvellement et le succès du rock ».

Le Rock’n Roll est-il handicapé par l’absence de vraies stars de moins de quarante ans? « Il manque une grande locomotive internationale dit Pierre Tomi. J’aurais du mal à citer un véritable tube rock qui a fait le tour du monde sur ces cinq dernières années ». Comme le suggère Abel Gibert, programmateur du Black Sheep « il y a un nouveau style musical tous les 20-30 ans, c’est cyclique. Ces dernières années, il n’y a pas eu de nouveaux courants musicaux ». Mais tout espoir n’est pas perdu : comme le précise Pierre Tomi « il a suffi d’un album enregistré à New York en 2001 pour que tous les étudiants du monde se remettent à porter des Converse et des jeans slims, et rêvent de monter un groupe de rock ». Alors qui seront les prochains Strokes et Nirvana ?

MUSIQUE – 10e Koa Jazz Festival : une programmation éclectique

« Du jazz partout et pour tous ! ». C’est la devise du Koa Jazz Festival, et pour sa dixième édition du 16 au 26 novembre, il ne déroge pas à la règle.

Au programme : Journal Intime, Susheela Raman, Thomas de Pourquery & Supersonic, David Eskenazy Trio, Mooncat, Kiera Lorelle, La Guiguinche, Gérard Pansanel, Fälk et bien sûr le Grand Ensemble Koa. Mêler des musiciens reconnus et des artistes régionaux participe à la richesse de la programmation et à la renommée du Festival.

Le Collectif Koa, organisateur de l’évènement, nous transporte cette année vers d’autres lieux, en plus de l’éternel JAM et du Dôme, à l’instar du Chai du Terral, La Tendresse, La Vignette, le Musée des Moulages ou encore La Petite Scène. La diversification des lieux permet une multiplication des formats avec en plus des concerts, une sieste musicale, du jazz en gare ou encore un brunch/concert. Une manière de s’adresser au plus grand nombre et de toucher tous les publics.

Car le mot d’ordre du Koa Jazz Festival, c’est la rencontre. Et les actions culturelles en sont l’occasion. Lors d’une résidence au Chai du Terral, du 15 au 17 novembre, le Grand Ensemble Koa a effectué un travail pédagogique sur le territoire de la Métropole, avec une participation des élèves du conservatoire. Le lundi 20 novembre et le jeudi 23 novembre, le « Jazz rencontre les mômes » permettra aux enfants d’aborder la question du rythme, du solo, de l’improvisation et de l’histoire du Jazz à travers un jeu de questions/réponses auprès des musiciens.

La politique tarifaire du Festival reste abordable et de nombreux évènements sont gratuits, alors ne vous privez pas !

MUSIQUE – Shakira ne viendra pas à Montpellier

La chanteuse colombienne n’assurera pas son concert prévu jeudi prochain à l’Arena de Montpellier. Tous les fans de la star au déhanché mythique ne pourront pas l’entendre chanter son « le do le le le, le do le le le » dans Whenever, Wherever et la voir danser.
Après avoir annulé ses dates à Cologne en Allemagne, Paris, Anvers et Amsterdam début novembre, la chanteuse souffre d’une hémorragie des cordes vocales. Toujours pas rétablie, la superstar ne viendra pas à Montpellier. Les dates de sa tournée El Dorado World Tour en Europe sont reportées à 2018.
Très déçue, Shakira a écrit une lettre à ces fans pour exprimer toute sa reconnaissance et les remercier pour leur soutien pendant ces moments difficiles pour la chanteuse.