New-York : Son coeur battait pour Barack Obama

lundi 02/11/2009 - mis à jour le 04/11/2009 à 16h11

Michel Pieyre, reporter-photographe du quotidien Midi-Libre et sa compagne Valérie Marco, journaliste à DirectMontpellier Plus, nous présentent les coulisses du livre "Huit jours avant Obama" sorti début Octobre 2009 aux Editions FLAM. Il le dédicacera ce mardi 3 Novembre à 17h30 à l’Auditorium Sauramps de l’Odyssée.

Hautcourant : Comment vous est venue l’idée de faire un livre sur les Huit Jours avant Obama ?

Michel Pieyre : J’ai toujours été attiré par les grands hommes et les grandes femmes de ce monde. C’était une occasion de vivre un événement historique : le premier Président noir des Etats-Unis. A partir de 2007, je me suis intéressé à Barack Obama lorsqu’il commençait à percer. Puis, j’ai suivi son parcours jusqu’aux primaires. C’est à ce moment-là que j’ai décidé avec Valérie Marco de partir aux Etats-Unis. Nous avions la possiblilité de partir à Chicago ou New-York. Nous avons choisi New-York car j’avais envie d’y retourner et Valérie tenait absolument à découvrir cette ville. Nous avions pleins d’histoires à raconter sur les quartiers notamment Celle des noirs.

Vous aviez organisé ce voyage longtemps à l’avance ?

Valérie Marco : Non, depuis le mois d’Août 2008.

M.P : L’été 2008, Obama remportait des tranches de primaires. Il allait donc être le candidat démocrate.
J’avais pris mon appareil photo comme je le fais à chacun de mes voyages. Au fur et à mesure de mes clichés, un espèce de scénario s’élaborait.

Les New-Yorkais se laissaient-ils facilement prendre en photo ?

M.P : Je n’ai pas eu de problèmes. Je m’approche des gens parce que j’ai une focale très courte. A plus de deux mètres, la photo n’est pas intéressante car elle n’a pas de force. Il y a cette espèce de chose merveilleuse qui se passe : vous êtes face à quelqu’un et au bout de deux minutes c’est comme si vous disparaissiez. Les gens sont très naturels, ils ne posent pas dans ces moments-là.

La campagne d’Obama était-elle plus visible que celle de McCain ?

M.P : En arrivant, nous avons été surpris de ne pas voir de campagne électorale au niveau des affiches.
La campagne d’Obama était ultra-participative : il y avait plein de stands dans les rues notamment à Union Square le soir où la jeunesse New-Yorkaise se regroupait pour parler d’espoir et d’avenir. La campagne d’Obama se faisait dans la rue et c’est là où il a gagné. Tandis que McCain, on ne le voyait nulle part.

Avez-vous rencontré des pro-McCain ?

V.M : Non. Par contre, j’avais un badge d’Obama et un noir de Harlem m’a dit que je risquais d’avoir des problèmes si j’allais à Central Park avec ça. Sinon, je pense que les pro-McCain se planquaient. ça me rappelait l’effet Sarkozy : Les militants étaient presque inexistants et il a pourtant pris 53%.
Alors, soit ils n’assumaient pas soit c’était une forme de discrétion. Ils ne voulaient peut-être pas être populaire à la manière d’Obama.

Avez-vous vu des gens qui ne se sentaient pas concernés par les élections ?

M.P : Il y a eu un vote massif ce mardi 4 Novembre 2008 alors que les américains ne vont pas souvent voter. D’habitude c’est 50% des votants, là il s’agissait d’environ 66%. Ce qui était marrant, c’était de les voir voter dans les églises. Là, ce n’est pas la séparation de l’église et de l’Etat !

Valérie Marco, vous parlez d’espoir dans votre texte...L’élection d’Obama vous en a-t’elle donné pour la France ?

V.M : Pendant un moment oui. Je me suis mise à y croire. Moi qui traîne toujours la patte pour aller voter, ça m’a donnée vraiment envie d’accomplir cet acte citoyen. Obama n’est pas charismatique seulement dans l’image mais aussi dans l’idéologie. Chez nous, on dit que Nicolas Sarkozy est charismatique alors que pour moi c’est une statue creuse.

Les images et les textes du livre donnent l’impression d’une certaine distance sur la société américaine. Est-ce culturel ou plutôt un constat ?

M.P : Je pense que l’on a une image déformée des Etats-Unis et encore plus de New-York. Quand, on se balade dans les rues de New-York, la misère est beaucoup plus visible qu’en France. Dans notre pays, il y a une certaine base comme par exemple le RMI. Là-bas, il n’y a rien.

Avez-vous rencontré des français de New-York ?

V.M : J’avais l’idée de faire un reportage sur les montpelliérains qui vivent à New-York. Un collègue m’a transmis les coordonnées d’un chef cuisinier qui lui-même m’a donnée le contact d’une traductrice française de l’ONU. En tout cas, ni l’un ni l’autre n’aimerait revenir.

Pourquoi ?

V.M : Parce qu’ils s’épanouissent plus aux États-Unis. Ils construisent leur propre fortune. Il y a de la place pour tout le monde mais c’est à chacun de faire son chemin. La société américaine est paradoxale car elle est à la fois démocratique et individualiste.

Enfin, pouvez-vous nous expliquer comment a été conçu ce livre ?

M.P : Quand nous sommes revenus, nous devions développer les photos. D’un point de vue technique, elles ont été faites sur une pellicule argentique et développées sur du papier baryté.
Au départ, il s’agissait seulement d’une exposition photo que j’ai faite à l’Atelier, au Rebuffy et à Pézenas. J’ai rencontré mon éditeur lors du vernissage et il m’a proposé d’en faire un livre.
Tout l’été 2009, nous avons travaillé sur les textes, Valérie a écrit celui qui se trouve vers la fin du livre. Je me suis basé sur mes légendes-photos que j’ai gonflées pour en faire des textes. Ensuite, nous avons rajouté un extrait du discours d’Obama pour chacun des textes.

La préface a été faite par Romain Huret. Comment l’avez-vous rencontré ?

M.P : On a cherché un préfacier pendant deux mois. Fin Août, j’écoutais France Info dans ma voiture et je suis tombé sur une émission spéciale sur Obama dans laquelle Romain Huret intervenait. J’ai beaucoup aimé. Aussitôt arrivé à la rédaction, je lui ai envoyé un mail pour lui proposer d’être le préfacier et il a accepté. Puis, nous avons travaillé ensemble par Internet. Je vais le rencontrer pour la première fois, ce mardi 3 Novembre à l’occasion de la dédicace du livre.

Mardi 3 Novembre 2009, Michel Pieyre dédicacera son livre à 17h30.
Une rencontre animée par Romain Huret spécialiste des Etats-Unis, Maître de conférence à Lyon 2 et l’Institut d’Etudes Politiques à Paris, aura lieu à 18H30 à l’Auditorium Sauramps de l’Odyssée (en partenariat avec la Club de la Presse).

Exposition photographique du 26 Octobre au 7 Novembre 2009 dans l’auditorium de Sauramps Odyssée.

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  • New-York : Son coeur battait pour Barack Obama

    4 novembre 2009 22:36, par Nabil

    repondre message

    Très sympathique cette interview laura ! questions pertinentes et on est tenu en haleine jusqu’à la fin ! je ne m’étais pas trompé sur toi...keep on the good work !

    Nabil

Région //

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