PORTRAIT DU JOUR #3 : Nabil Ayouch et Maryam Touzani, le couple passionné

dimanche 22/10/2017 - mis à jour le 10/11/2017 à 15h11

Nabil Ayouch et Maryam Touzani c’est Razzia, un couple, une passion et tellement plus encore. Haut Courant a souhaité en savoir plus à travers un portrait croisé. Rencontre.

Ils ont ouvert la 39e édition du Cinemed avec Razzia et ont ému l’assemblée. Leur générosité et leur fougue font écho lorsqu’ils partagent leur histoire et leur passion. Ils font du cinéma pour être utile. Mais aussi pour voir l’espoir d’un changement de société.

Nabil et Maryam : la mixité culturelle comme richesse

Tout commence par une identité et la leur est plurielle. Nabil est né à Paris en 1969, fils d’une mère juive française d’origine tunisienne et d’un père marocain. Il a grandi à Sarcelles, marqué par l’ambivalence entre une mixité culturelle et un communautarisme. Il raconte que dans ce climat « on se construit dans l’adversité, dans la solitude ». Mais sa rencontre avec les arts et la culture se fera au Forum des Cholettes où il y perçoit « des voies d’expression » lui permettant de cultiver sa différence, notamment au cinéma, et de pousser sa quête identitaire.

Pour perpétuer la transmission, il montera un centre culturel « Les Étoiles » à Sidi Moumen, à Casablanca, avec son ami Mahi Binebine. À cet endroit-même où des jeunes vivaient dans l’invisibilité d’un bidonville, il leur donne un lieu d’expression et d’existence. Pour Nabil, il est primordial qu’ils arrivent à se projeter et à extérioriser leurs émotions : « Là où les politiques ont parfois échoué à créer du lien identitaire, les arts et la culture peuvent être des vecteurs ».

Maryam : « un besoin d’être utile, de faire entendre sa voix et d’inspirer »

Maryam possède aussi des racines multiples : « un père rifain (berbère, ndlr), une mère tangéroise et une grand-mère andalouse espagnole ». Elle est née à Tanger en 1980 et a fait des études pour devenir journaliste à Londres. Cela lui a donné un regard plus critique sur la société marocaine et « l’envie de participer à la construction de quelque chose ».

Elle rencontrera Nabil à Casablanca, lors d’une interview. Elle l’admirait déjà beaucoup. Si Maryam est plus discrète, elle est aussi engagée dans la dénonciation des entraves aux droits fondamentaux. Ce combat est véritablement le fil rouge de Razzia. Ce film est le fruit « d’épreuves, comme la censure marocaine de Much Loved, qu’on avait envie de mettre en scène ».

On ne peut qu’identifier Maryam au personnage de Salima, qu’elle incarne dans Razzia, car elle porte en elle ces révoltes. Elle déclame « un besoin d’être utile, de faire entendre sa voix et d’inspirer ». Nabil aussi a ressenti « une urgence de faire ce film, un besoin viscéral de s’exprimer ». En échos à l’affaire Weinstein, tous deux affirment l’importance « d’ouvrir des brèches » pour que tous ces individus isolés se retrouvent parmi « une majorité silencieuse » et partagent leurs témoignages.

Pour finir sur une confession, Maryam tournera son premier long métrage dès l’automne 2018. Adam traitera de la difficulté d’être une mère célibataire au Maroc et de l’intensité des jugements dans une société très traditionnelle. Un couple à suivre donc.

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