Cet article a été marqué avec 1 tag1 tag

Passer son permis à Montpellier : patience et richesse sont de mise

vendredi 05/04/2013 - mis à jour le 10/04/2013 à 21h42

À Montpellier, les taux de réussites du permis de conduire sont 2% plus élevés qu’à une échelle nationale. Les candidats préfèrent prendre quelques heures supplémentaires que de devoir repasser leur permis une seconde fois car les délais peuvent atteindre 78 jours et que le budget alloué au permis pèse lourd dans le portefeuille des étudiants.

« Relève un peu ton embrayage, va un peu moins vite et fais tes contrôles dans ton rétroviseur. » Lunette de soleil sur le nez, Nejjari Bouchra, gérante de l’auto-école Pasteur, 8 boulevard Louis Blanc, forme avec calme et pédagogie François, qui en est à sa 21ème heure de conduite.
Dans la voiture, l’ambiance est détendue et entre deux démarrages secoués, les conversations vont bon train. « On essaye d’établir une relation de confiance entre l’élève et le moniteur, ça nous permet de mieux les guider » explique Nejjari.

Sous le soleil de Montpellier, l’heure de leçon se déroule sans encombre. La formatrice choisit à son élève un parcours d’examen : départ de Louis blanc, direction les Aubes puis passage vers Odysseum pour revenir à l’auto-école viaAntigone.

Une fois le moteur coupé, l’heure est au bilan. Nejari fait part des observations qu’elle a notée sur le carnet d’évaluation de François pendant qu’il était aux commandes. « Il est bon techniquement, mais il doit encore se corriger, notamment au niveau des contrôles et de la souplesse de la conduite. Mais s’il lui faut une semaine de préparation de plus, on décalera un peu son passage au permis » souligne sa monitrice.
L’auto-école Pasteur préfère ne pas précipiter les inscriptions à l’examen que plus de 60% devront repasser. « La première fois, les élèves sont prêts, mais ils se laissent trop facilement déstabiliser, ils n’ont pas le mental » se désole la formatrice. François devait passer son permis fin mars ou début avril et se dit « pressé ».
En cas d’échec, le candidat sera placé sur liste d’attente pendant trois mois minimum. « Il y a un an de ça, on était à huit mois d’attente » affirme la gérante.

Pourtant, au service de l’éducation et de la sécurité routière de la Direction Départementale des Territoires et de la Mer (DDTM), le son de cloche est différent. « On n’a jamais été à huit mois d’attente ! Le délai maximum est de 79 jours entre deux présentations. Nous avons du mal à le faire baisser parce que la population de jeunes sur l’Hérault est en constante augmentation. En deux ans nous avons eu 9,5% de candidats supplémentaires » détaille Marie-Pierre Bottero, chef de service.

Pour répondre aux 1 100 candidats qui se présentent chaque année, la DDTM a ouvert un créneau supplémentaire le samedi spécialement réservé aux repêches, soit 200 examens en plus par mois. Un inspecteur supplémentaire a également été embauché en février dernier.

De leur côté, les auto-écoles mettent en garde leurs candidats « On déconseille de passer le permis juste pour le tenter » précise Nejjari Bouchra. C’est en effet 25 à 30 heures de leçon de conduite soit au minimum 1040€ qu’il faut compter pour obtenir sa feuille rose.
«  Certaines auto-écoles sur le boulevard Louis blanc prennent jusqu’à 53€ de l’heure. Nous on prend 44€ de l’heure et on arrive très bien à gagner notre vie » précise la gérante. ""« C’est un coût financier et des délais d’attente importants et les candidats en sont de plus en plus conscients. »

Pour aller plus loin :
Un point sur les réformes du permis

Martine Couderc, déléguée au permis de conduire a été inspectrice pendant vingt ans.
C’est son expérience du terrain qui lui permet de guider au mieux son équipe de vingt inspecteurs. Alors qu’en janvier dernier, une grève immobilisait les examens pendant cinq jours au niveau national, les inspecteurs de Montpellier n’ont pas eu à exprimer leur mécontentement. « Il y a eu de récentes réformes sur les permis de conduire et les inspecteurs n’ont pas eu assez de temps et moyens pour les mettre en place. À Montpellier nous avions anticipé sur les directives de Paris et j’ai fait en sorte que les inspecteurs soient suffisamment formés pour maîtriser les nouveaux dispositifs » se félicite l’inspectrice en chef.

Côté évaluation, les réformes des cinq dernières années ont porté leurs fruits. « Nous sensibilisons nos inspecteurs pour qu’ils mettent à l’aise les candidats et des points supplémentaires sont donnés si le candidat a une écoconduite et fait preuve de civisme au volant » expose Marie-Pierre Bottero. « La grille d’évaluation est plus juste, renchérit Martine Couderc. Il y a trente ans de ça, l’inspecteur se faisait son idée sur le candidat dès les cinq premières minutes. Désormais, l’évaluation ne se base plus sur une impression, mais sur l’ensemble de l’épreuve, grâce à un barème très précis ».

Le taux de candidats Héraultais ayant atteint les vingt points requis s’élève en 2012 à 61% de réussite, soit 2% de plus que la moyenne nationale.

Vous avez aimé cet article ? Partagez-le !

Partager sur Facebook Tweeter Enregistrer sur Google Bookmarks Enregistrer sur Yahoo! Envoyer par e-mail

Envoyez un lien vers cet article à la personne de votre choix.
Vous recevrez une copie du message.

Région //

Rejoignez Haut Courant sur Facebook

Haut Courant sur Twitter