« C’est même pas le marché de Noël, c’est les hivernales »

Le marché des « hivernales » de la ville Montpellier affiche une laïcité exemplaire, n’en déplaise à certains

Le chalet des pâtisseries orientales loin de celui de la charcuterie Corse, le choix des chalets par la Ville n’est pas anodin, leurs dispositions non plus. A l’entrée du marché, une crèche de santons provençaux sous un dôme de plastique est illuminée, la vie du village est représentée, les figures bibliques beaucoup moins. À l’accueil, Nicole Barrandon à la direction de l’espace public à la mairie s’en explique : « Depuis Frêche, la ville de Montpellier est une ville ouverte, cosmopolite, quand les commerçants envoient leurs dossiers pour avoir un chalet, la mairie a une volonté d’équilibrer les cultures». Dans les choix affichés, valoriser l’artisanat est l’un des objectifs, néanmoins, la question de la religion est un vrai enjeu, notamment pour la Mairie. Hélène, santonnière à St Guilhem le Désert affiche une pensée plus radicale, elle s’insurge : « Je suis catholique pratiquante et je trouve que les musulmans imposent trop de choses en France. Nous ne sommes pas représentés sur le marché de Noël. D’ailleurs, c’est même pas le marché de Noël c’est les Hivernales. Nous sommes colonisés. Pour la crèche que mon mari a installé à l’entrée du marché de Noël, le 25, le petit Jésus sera dans la crèche et il n’y a pas eu de débat avec la Mairie à ce sujet. » Pourtant, les visiteurs du marché de Noël ne semblent pas y porter attention, comme Jacques, gendarme, qui ne voit pas vraiment où est le problème : « Le chalet des pâtisseries orientales c’est pas un problème, tout le monde à le droit de travailler, n’empêche que c’est plus la tradition du pain d’épice que des cornes de gazelle. ». Sa femme, Claude, retraitée, Montpelliéraine de souche, ajoute : « si ils veulent fêter Noël avec nous c’est pas grave. J’en ai assez du débat sur la laïcité, plus d’arbre de Noël dans les écoles, c’est quand même une fête catholique et la naissance du petit Jésus » . Néanmoins, la présence des pâtisseries orientales au marché de Noël ne la dérange pas. « Ça apporte de la diversité sur le marché de noël, les loukoum c’est mon péché mignon. Ils ont autant le droit d’être là que d’autres ».

« Je vends des chapelets parce que c’est la mode, les jeunes aiment ça »

Le débat sur la laïcité divise les français, y compris au sein du marché de noël de Montpellier. En effet, ce sujet cristallise certaines inquiétudes, concernant la transition de notre société d’une influence judéo-chrétienne vers une société multi-culturaliste. Ce changement est vécu par une tranche de la population comme une perte des traditions, voire des valeurs républicaines, quand elle est accueillie par toute une autre comme un symbole d’ouverture et d’évolution des mœurs. Mais, peut être que le Marché de Noël relève plus d’une question de vente que de croyances ou de tradition . Gérard lui, vend des chapelets parmi des portes-clés de la Camargue et des bracelets tressés fluo : « moi je vends des chapelets parce que c’est la mode, les jeunes aiment ça. C’est tendance, ça coûte pas cher, je vends ça comme des petits pains ».

Montpellier Fans : La marque de vêtements made in Montpellier s’expose au marché de noël

Parmi les nombreuses cahutes du marché de noël de Montpellier, celle de Max Atounga attire l’œil. Des sweats, des polos ou encore des T-shirts au style américain y sont accrochés. Sur la devanture, un slogan est affiché : « Montpellier Fans, la marque 100% Montpellier ». Rencontre avec un jeune auto-entrepreneur qui a décidé de rendre hommage à sa ville à travers une ligne de vêtements.

Chaque année à Montpellier, sur l’esplanade qui jouxte la place de la Comédie, s’installe le marché de noël. Dans les petites cabanes en bois se mélangent marchands de friandises, de vin chaud, d’accessoires de noël mais également des vendeurs de produits moins traditionnels de cette période de l’année.De nombreuses personnes se servent de cet annuel lieu de vente pour faire découvrir des nouveautés aux habitants de Montpellier. Max Atounga, 33 ans, fait partie de ces personnes. Cet ancien chauffeur-livreur actuellement sans emploi a décidé de dépenser les 3800 euros nécessaires à la location d’un stand pour exposer sa marque de vêtement 100% montpelliéraine pendant tout le mois de décembre.

Une marque à destination de tous les Montpelliérains

Nommée Montpellier Fans, cette marque au style urban wear a été créée il y a deux ans et se revendique made in Montpellier. «Tous les articles sont fabriqués à Montpellier déclare t’il Je fais faire la série-graphie à Saint-Jean les Maguelones et la broderie à Perols, c’est une marque 100% locale ». A l’origine, les premiers T-shirts de ce véritable amoureux de Montpellier avaient été créés pour les supporteurs du MHSC, le club de football local. Mais ce dernier a voulu étendre sa collection et a créer une gamme complète de vêtements (pulls, sweatshirts, polos etc …) destinée à une clientèle montpelliéraine en générale mais également étudiante : « Je cible les Montpelliérains et les étudiants. Dans un futur proche, Je voudrais bien intégrer des BDE et leur créer des collections calquées sur le style américain, sur les universités américaines ».

Max prévoit aussi d’élargir sa gamme de produits aux touristes et ce pour faire grandir son entreprise. « Dans une ville touristique comme Montpellier explique t-il il n’y a aucun endroit où on peut acheter un mug marqué Montpellier, comme on trouve par exemple à Londres ou à Paris. Il y a un créneau à prendre là dedans, d’ici deux ans je compte lancer une gamme touristique ».

« Le marché de noël est une bonne pub pour moi »

Max est pour le moment un débutant dans le monde du textile. Montpellier Fans, qui n’a que deux ans, est pour l’instant uniquement commercialisée sur internet sur son site Montpellierfan.com. Ses produits ne sont pas encore dans les rayons des nombreuses boutiques de l’Écusson et le jeune chef d’entreprise a trouvé dans les marchés hivernaux et estivaux un moyen de faire découvrir sa marque au grand public. Déjà présent sur l’esplanade Charles de Gaulle durant les Estivales cet été, Il confie « j’ai réfléchi longtemps avant de m’engager car c’est une grosse somme, mais c’est une bonne pub pour moi, un bon moyen de communiquer sur la marque, une belle vitrine ». Mais réaliste sur la situation économique actuelle, il ironise : « Par contre, je ne sais pas si je vais m’en sortir, on verra à la fin du mois. Je prie pour que les comptes soient bons ».

Car comme pour de nombreux jeunes auto-entrepreneurs, les débuts sont souvent difficiles. Pour l’instant au chômage et vivant de ses allocations, Max reste lucide sur sa situation financière : « Il faut quatre ans pour lancer une marque, je ne peux pas dire que j’en vis, puisque je vis de mon chômage, (…) Pour l’instant, mes marges sont très petites car je ne sors que des petites quantités. Tout ce que je gagne, je le réinvestis. J’ai déjà acheté quelques machines pour produire moi-même, pour limiter quelques intermédiaires. Je mets toutes mes économies dans la marque et on verra dans un an».

Surveillance nocturne du marché de noël : circulez, y’a rien à voir !

Avec les huit imposants vigiles assurant la surveillance nocturne du marché de noël de l’esplanade Charles-De-Gaulle à Montpellier, autant dire que les voleurs et malfaiteurs font en général rapidement demi-tour.

Et pourtant, cela n’a pas découragé un jeune fêtard sacrément ambitieux qui a tenté de voler…le sapin de noël ! Cela dit, « depuis le début du marché, c’est la seule tentative de vol à laquelle nous avons eu affaire », affirme le chef des agents de sécurité, qui a souhaité rester anonyme. « La plupart du temps, il ne s’agit pas de véritables tentatives d’intrusion mais plutôt de jeunes étudiants ivres et irresponsables de leurs actes qui viennent s’amuser sur le manège pour enfants ou tentent de tagger les chalets. »
Verrous sur les chalets, installation de barrières à certains endroits, présence de vigiles, toutes les précautions sont prises pour éviter les dégradations des lieux et les éventuels vols d’objets. Chaque nuit de la semaine, huit vigiles de la société privée LCE Sécurité patrouillent de 20h à 9h et dès 22h les week-ends. Sous contrat avec la mairie, ces agents assureront la sécurité nocturne du marché jusqu’au 15 décembre avant de donner le relai à des agents d’une autre société. En général, l’équipe se divise en deux. Quatre agents fixes montent la garde au niveau de l’entrée pendant que l’autre équipe, mobile, surveille les allées des éventuelles tentatives de dégradation des chalets. «En réalité, nous sommes là à titre dissuasif », explique le chef des agents. « Nous avons un rôle de prévention. D’ailleurs, nous ne sommes pas armés. En cas de problème, nous appelons la police qui interviendra alors

Un budget d’environ 45 000 euros

Du côté des commerçants, il n’y a pas de véritable sentiment d’insécurité. Depuis le début de cette édition, seuls deux vols de bijoux ont été signalés à l’accueil et aucune plainte n’a été déposée au commissariat de police. La journée, aucun dispositif particulier de surveillance n’est mis en place mais la police municipale fait cela dit des rondes de façon régulière. « En revanche, explique Ben, agent technique au service du Domaine des espaces publics, les agents de sécurité sont présents 24/24h lors des journées d’installations ». Financée par la mairie, la sécurité nocturne du marché de noël de cette année représenterait un budget de 45 000 euros, selon les estimations du chef des agents de sécurité. De quoi assurer la protection des lieux et démotiver les intrus. Reste à protéger le sapin de noël, où il faudrait placer un cadenas blindé et quelques chiens enragés pour dissuader ceux qui sont tentés de l’approcher !

Marché de noël : le nouvel emplacement fait débat

Nouvel emplacement, nouveaux problèmes. Une fois n’est pas coutume, le marché de noël de Montpellier ne se tient pas sur la place de la Comédie mais sur l’esplanade Charles de Gaulle. Une décision de la mairie qui fait débat autant chez les commerçants que chez les passants.

Certains des artisans présents semblent satisfaits de ce changement. Pour François, producteur d’huile d’olive, « cette disposition assure une égalité entre les commerçants. Tout le monde est visible ce qui permet une parité économique». D’autres en revanche estiment que l’étalage en ligne des chalets dénature complètement l’esprit du marché de Noël. « Il y a un côté grande surface, on dirait une galerie commerçante plus qu’un véritable marché. » confie Nicolas, artisan chocolatier. La circulation est encombrée et les passants se massent parfois autour d’un chalet, formant ainsi un effet entonnoir qui peut gêner. Même constat pour Corinne, propriétaire du « Chaudron d’or » : « Cette nouvelle disposition est nulle ! La clientèle n’est pas la même. C’est une avenue, plus un marché. Les gens viennent y faire une ballade mais consomment peu. ».
Mais au-delà du désenchantement de l’esprit de Noël perçu par certains, c’est surtout un manque à gagner pour les quelques chalets situés au bout de l’esplanade. « C’est peut-être bien pour les gens qui passent. Mais pour moi, c’est très difficile. » estime Sylvie, joaillière. « Je suis au bout de l’Esplanade. Tout le monde ne va pas jusque là. Beaucoup de monde fait demi-tour et ne me voit même pas. ». Des pertes économiques qui sont similaires pour la plupart des commerçants les plus éloignés et ce, en dépit du petit train installée à l’extrémité de l’esplanade. Les passants sont également très partagés sur cette nouvelle disposition. Si certains estiment que « cela dégage la place de la Comédie et [que] ce n’est pas plus encombré ici. » d’autres en revanche font la fine bouche : « C’est vrai que ce n’est pas la même ambiance. L’alignement des chalets, je trouve ça très froid. ».

La mairie est restée très évasive quant aux raisons de ce changement : dégager la place de la comédie, laisser de l’espace pour le passage des secours, mettre en valeur l’esplanade Charles de Gaulle… Les raisons sont multiples et que cela soit du côté des commerçants ou des clients, l’incompréhension sur le sujet reste entière. De plus, la majorité des commerçants a été mise au courant très tard : « Moi je l’ai su par le journal ! » précise Kahly, tenant d’un stand de fromage.
Une organisation maladroite d’autant que le marché permanent vient quant à lui d’obtenir un emplacement définitif sur la place de la Comédie il y a deux semaines après une année entière de négociation selon Marc Sentourens, vice-président du syndicat des Halles et Marchés. L’acquisition de cet emplacement arrive juste après le tollé des entreprises et notamment du syndicat des halles et marchés contre la hausse de la CFE (Cotisation Foncière des Entreprises). Alors que les échéances électorales approchent, la mairie offre un très bon emplacement au marché permanent avec de nouveaux étalages certes payés par les commerçants mais dont ils seront exonérés fiscalement de surcroît. Des petits plus accordés aux marchands qui se font au détriment des artisans du marché de Noël. De quoi rendre vin chaud, chocolats et autres sucreries bien amères.

Un marché de Noël de plus en plus commercial

Le marché de Noël de Montpellier a bien changé depuis sa création il y a 10 ans. Alors qu’il était au départ un « petit village de Noël », il ressemble aujourd’hui à tous les autres marchés et à n’importe quelle braderie.

Certains commerçants et artisans ont le sentiment de perdre un peu plus chaque année de la magie de Noël sur leur marché, situé cette année sur l’esplanade Charles-de-Gaulle. On y trouve en effet de plus en plus de gros commerçants ou de simples revendeurs qui n’ont pas vraiment leur place. « Une année, il y avait même des pulls Nike » s’inquiète Sophia, créatrice d’objets de décoration et de peluches, qui vend sur le marché depuis la première édition. « On retrouve trop souvent les mêmes produits d’un stand à l’autre et ça crée de la concurrence entre nous. C’est pas du tout ça l’esprit de Noël. On ne vient pas là pour avoir ça ! » Et surtout, indique François, producteur de foie gras, « certains créateurs de bijoux et de vêtements de la région auraient peut-être plus leur place ici, que d’autres plus gros qui ne devraient pas être là ». Les deux exposants, dirigeants de petites entreprises, ont l’impression qu’on vole la place à leurs homologues : « On voit trop des gros commerçants et même des gens qui ne font que de la revente, qui pourraient vendre sur n’importe quel autre foire et laisser la place à des plus petites structures qui ont besoin de cet avantage ». Avec l’augmentation du prix des chalets – 3 800 euros pour un emplacement simple et 8 000 euros pour un double – de moins en moins de petites structures se présentent. Elles n’ont pas les moyens d’assumer tous les frais qu’un mois de marché représente. Elles ont également peur de ne pas résister à la concurrence. « Avec une sélection plus poussée, on pourrait éviter tous ces problèmes », assure Sophia.

La sélection des exposants est faite sur dossier, par la commission d’attribution des chalets, dirigée par le service des affaires économiques de la ville. Les commerçants, artisans et producteurs remplissent donc ce dossier de candidature six mois avant le début du marché. Il comporte une description des produits vendus. Une exigence de seulement cinq photos des produits doit être suivie. Les candidats ont l’obligation par ailleurs de joindre un justificatif d’enregistrement à la Chambre de commerce et d’industrie ou la Chambre de métiers et de l’artisanat. Selon Sophia, c’est un dossier « trop léger ». S’il était plus complet et s’il comportait des critères plus poussés quant à l’origine des produits, on éviterait bien des problèmes sur le marché. Aussi, il pourrait être différencié selon le type d’activité du candidat, car c’est un dossier unique.

Ben, agent technique du service des domaines et espaces publics, également membre de la commission, indique que la ville souhaite « équilibrer l’offre » et favoriser la diversité. Pourtant, le marché semble « dériver » d’après Sophia. Il s’éloigne de l’esprit des marchés de Noël et perd de sa qualité. Il était autrefois plus folklore et plus agréable : on y jouait de la musique et l’on y présentait des spectacles, raconte l’artisan. Aujourd’hui, même le contact avec les organisateurs se perd. Ces derniers venaient régulièrement en début de journée voir les exposants pour s’assurer que tout allait bien. Désormais « on se fout de nous », déplore l’une des plus anciens artisans du marché. Sophia remarque qu’« on ne contrôle même plus si l’on vend bien ce qu’on a indiqué dans notre dossier ». Alors même s’« il en faut pour tous les goûts et toutes les bourses » comme le martèle François, une révision des critères de sélection pourrait redonner de la qualité et de l’authenticité au marché.

Petit papa noël, que faire du déchet ?

Le froid hivernal ne frêne pas les 5 000 personnes de passage sur l’Esplanade Charles-De-Gaulle, qui accueille cette année le marché de Noël montpelliérain. Ils seraient même 10 000 en fin de semaine, selon la mairie. Une affluence à l’origine de déchets. Et au bout du compte, la gestion de ces résidus est plutôt banale pour une ville qui communique intensivement sur un Montpellier propre et écologique.

Au travers des chalets et des festivités : des déchets

Samedi 15 heures. Foule et transactions. La centaine de commerçants et d’artisans du marché de Noël déballe et installe de nouvelles marchandises. Les passants eux, concluent leur achat de Noël. Beaucoup en profitent pour se balader et se divertir. On peut alors entendre : « Une crêpe mamaann ! » ou bien « Plutôt sandwich ou paëlla chéri ? ». Ainsi, gobelets, canettes, bouteilles et autres déchets, s’envolent au milieu des feuilles de platanes, en plus de multiples prospectus.

Des corbeilles municipales sont disposées tout au long du village. Peu esthétiques devant un étalage, « on les déplace à l’arrière » confie une créatrice de bijoux. Derrière son stand de champagnes, une commerçante indique : « En fin de journée, je mets mes sachets devant le chalet et ils le ramassent le soir. » Mais le tiers des commerçants stocke ses ordures derrière les chalets.
Une aire de jeux longe l’arrière des chalets. Des mamans comme Sophia, 36 ans, n’apprécient pas qu’il y ait « des verres au sol, à portée des petits ». Le verre. Deux petits conteneurs lui sont précisément réservés. En les ouvrant, on constate que seules quelques bouteilles cohabitent confortablement. D’autres jonchent le sol ou sont dans la mauvaise poubelle. Même scénario pour les cartons et autres matières destinées au recyclage.

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Communication défectueuse

Une vendeuse de bijoux donne son avis : « C’est pas pratique du tout. Y’a même pas de tri, ça m’horripile un peu. Avec le vent c’est vite sale. Je mets mes ordures dans les corbeilles mais c’est petit et vite plein. On sait pas trop où mettre, du coup on met tout ensemble. » Un reflet du manque de communication entre la mairie et ceux qui font vivre le marché de Noël. Luis Marquez, responsable du service propreté et incivilité, avoue qu’il ne communique pas avec les commerçants « mais ceux qui organisent le marché oui ». Le service organisateur lui, dit alerter les commerçants comme la brigade de propreté. Parole contre parole, le discours du commerçant est souvent le même : « Aucune consigne ! Je sais juste qu’il y a des poubelles à l’entrée parce que j’ai vu. »

Luis Marquez estime qu’il « y a peu de déchets sur ces marchés-là. C’est beaucoup de petits emballages. On a plus de travail sur les estivales. » Une appréciation en contradiction avec la réalité du terrain. Seulement, il « ne chiffre pas la quantité de déchets produits » car la mairie ne lui a pas demandé pour cette manifestation-ci.

Une brigade inspecte les lieux. Son rôle ? Informer, éduquer et en dernier recours, sanctionner (jusqu’à 450 euros d’amende). Force est de constater que pédagogie n’est pas faite. Pour autant, l’équipe de Luis Marquez n’a encore attribué aucune amende, « parce que c’est un moment de fête », il ne faut pas trop les « embêter, la manifestation se passe bien. » Après tout, les déchets se fondent presque dans les scintillants décors de noël. •

Aux hivernales de Montpellier, le bonnet de Noël est dans tout ses états

Comme chaque année depuis dix ans, le marché de Noël de la ville de Montpellier est l’occasion, pour petits et grands, de profiter des plaisirs de ces fêtes de fin d’année. Du 30 novembre au 28 décembre, les vendeurs exposent, sur l’esplanade Charles De Gaulle, leurs traditionnels produits : vin chaud, sucreries et idées-cadeaux. En tête, le bonnet de Noël tient toujours une place emblématique.

Orné de deux tresses à la Falbala ou en tête de cerf, le bonnet de Noël reste l’objet incontournable pour ces fêtes. De toutes les formes et de toutes les couleurs, le traditionnel bonnet rouge et blanc s’est mué en mille et une choses étranges. Tête d’ours, sapin enguirlandé, moumoute bleue et bonhomme de neige, le choix est d’autant plus difficile que les produits dérivés font, eux aussi, tourner les têtes. Costume de père Noël pour les moins de un an, sac à dos en forme de hotte et petites robes rouges bordées de fourrure blanche se partagent la vedette sur l’étalage de Sacha. « Le produit qui se vend le plus reste le « Rodolphe », le bonnet à tête de cerf. », commente la vendeuse.

De 2 euros, pour le simple bonnet, à une vingtaine d’euros pour un habit plus fantaisie, tous les budgets sont sur le stand. Malheureusement, le chiffre d’affaires n’est pas des plus encourageants. « Ça chute! Je ne sais pas si c’est la crise ou le mauvais emplacement, mais les ventes ne sont pas extraordinaires cette année. », commente la jeune femme, « Avant, nous étions en plein milieu de la place de la Comédie, mais là on est caché dans un coin ».

Pourtant, la devanture colorée, avec traîneau et lutins, attire de loin les plus petits. Mais les adultes restent souvent sceptiques aux demandes de leurs bambins. « Tu es sûr que tu as besoin de ça ? », demande une passante à son fils qui tente, tant bien que mal, de faire céder sa mère. Comme si ne plus croire au Père Noël enlevait toute crédibilité au fameux bonnet rouge. « Après les enfants, les jeunes sont une bonne clientèle. Ils viennent souvent acheter des costumes pour les fêtes étudiantes, qui ont lieu avant les vacances de Noël. », raconte Sacha. La petite robe courte de mère Noël et le bonnet « 70’s » à paillettes deviennent alors la tenue idéale pour une « Christmas party » avant l’heure.

Caroline repart, elle, avec un bonnet tout simple, le basique du stand, indémodable, celui du « vrai » père Noël. « C’est juste histoire de marquer le coup ! Cette année, ce sera le premier Noël de mon neveu. », explique cette serveuse de 26 ans.

Au final, l’esprit de Noël est toujours là. Et même si les sceptiques voient d’un mauvais œil ce détournement commercial du fameux bonnet rouge, il suffit d’enfiler sur la tête un sapin de Noël en moumoute verte pour se rappeler que c’est avant tout un moment de fête.