Languedoc Roussillon : dossier Régionales 2010

Martine Aubry, cible privilégiée des attaques de Georges Frêche

samedi 13/02/2010 - mis à jour le 25/02/2010 à 15h22

Georges Frêche a le goût de la petite phrase. Sa récente « tournée » médiatique parisienne ne l’a pas démenti. Une nouvelle fois, le président de la région Languedoc-Roussillon s’est porté en héraut de la lutte contre le parisianisme. Avec une cible toute choisie : la première secrétaire du PS, Martine Aubry.

Georges Frêche peut pavoiser. Non content d’être crédité d’une large avance sur ses adversaires dans les sondages, le président sortant de la région Languedoc-Roussillon assiste à l’impuissance d’Hélène Mandroux et d’Europe Écologie à s’entendre autour d’une liste commune dès le 1er tour.

L’empereur de Septimanie peut donc dormir sereinement, sa réélection sur le trône régional s’annonce d’ores et déjà des plus confortables. Et ce n’est pas la lettre de rappel envoyée par la direction nationale du PS aux premiers secrétaires des fédérations du Languedoc-Roussillon qui semble en mesure de le déstabiliser.

Georges Frêche apparaît, plus que jamais, indéboulonnable, se jouant des médias comme des politiques avec une désinvolture déconcertante. Et sa récente « tournée parisienne » en est la parfaite illustration. De LCI à Canal+, en passant par la chaîne parlementaire, Radio classique ou « Les Grandes gueules » sur RMC, l’ancien maire de Montpellier n’a pas boudé son plaisir. Usant des mêmes vieilles antiennes, à la limite du radotage, lors de chacune de ses interventions, Georges Frêche a fait la démonstration d’un “show” bien rôdé. Avec une cible privilégiée, leitmotiv de ses attaques à répétition : Martine Aubry, « l’élue de la fraude ».

Car si Georges Frêche se dit être « le Villepin d’Aubry », victime de son « acharnement », il n’a pas été en reste, lui non plus, s’agissant des critiques à l’égard de la première secrétaire du PS. Entre ironie, dérision et accusations plus sérieuses, l’Empereur de Septimanie n’a eu de cesse de discréditer la maire de Lille.

Devant les caméras de Public Sénat, il lance, gouailleur, « Dites lui que je suis prêt à la prendre comme directrice de campagne, elle est très bien ; grâce à elle je fais la tournée de tous les médias parisiens ». Même dérision dans « les grandes gueules » sur RMC : « Vous savez que j’ai engagé Martine Aubry comme directrice de la communication ?  » questionne-t-il, narquois, avant d’ajouter, « Elle m’aime beaucoup ! ». Et, de conclure, tel un candide de la politique, « Martine Aubry me lance, je la remercie ».

A nouveau, sur Radio classique, interrogé par Guillaume Durand, il « remercie Martine » qui lui « rend un service extraordinaire ». « Elle m’a donné une dimension nationale que je n’avais pas, elle me fait une publicité extraordinaire » lâche-t-il.

Moqueur, Georges Frêche n’en oublie par pour autant de tacler plus sévèrement la première secrétaire du PS, répétant à l’envie qu’elle est « l’élue de la fraude  ». Une attaque plus sérieuse relative à l’élection controversée de Martine Aubry à la tête du PS au sortir du congrès socialiste de Reims en novembre 2008. Le président de région s’appuie pour cela sur l’ouvrage de deux journalistes, qui révèlent l’ampleur des fraudes lors des votes dans certaines sections socialistes.

Martine Aubry est donc « l’élue de la fraude » et Georges Frêche ne va pas se priver de le répéter, ne s’embarrassant pas d’une quelconque nuance dans ses propos. Dès lors, à ses yeux, « Martine Aubry ne fait que passer à la tête du PS  », elle est « un épiphénomène qui passe ». Et de citer sur Radio classique un extrait d’une tirade de « L’avare », à l’attention de la première secrétaire : « Qui se sent morveux se mouche ! ».

Pour enfoncer un peu plus la maire de Lille, Georges Frêche se plaît, sur RMC, à la comparer à son père, Jacques Delors, « un homme formidable ». Une petite comparaison facile et inopportune qu’il se permettait déjà à l’antenne de 7lTV : « Pensez à votre père qui est un très grand monsieur, et tâchez d’être digne de lui. Vous avez encore beaucoup de chemin à faire ». Déjà, sur la chaîne locale, le président de région n’était pas tendre à l’égard de la première secrétaire. « Aubry n’est pas une démocrate, c’est un petit chef local  » lâchait-il. Et de poursuivre « Je lui dis dans les yeux ma chère Martine, vous n’êtes pas digne de diriger un grand parti démocratique comme le PS  ».

Enfin, pour signifier un peu plus sa prise de distance avec Mme Aubry, le baron languedocien se permet d’afficher ostensiblement son soutien, presque teinté d’admiration, à l’égard de Ségolène Royal, « rivale » de la première secrétaire lors du congrès de Reims.

Aussi, lorsqu’il s’en prend à «  l’élue de la fraude » n’omet-il pas de souligner « l’élégance » de l’ancienne candidate à l’élection présidentielle qui « avec beaucoup de raison et d’intelligence a préféré s’incliner ». Car pour Georges Frêche, la chose est entendue, « c’est Ségolène Royal qui avait gagné ».

Les fidèles de la présidente de la région Poitou-Charentes ne s’y sont d’ailleurs pas trompés. Les "Royalistes" se saisissent en effet du "cas Frêche" comme symbole de leur opposition à Martine Aubry (lire l’article).

Ce soutient à l’égard de Mme Royal, qui avait défendu Georges Frêche en novembre 2008, ne fait que renforcer un peu plus le divorce de longue date entre la rue de Solférino et le président du Languedoc-Roussillon.

Un divorce qui ne semble pas en tout cas, pour l’instant, nuire au « Néron de Septimanie » qui non content d’être assuré d’une confortable réélection à la tête de la région, vient de se donner une nouvelle « dimension nationale ».

Alors quand on lui parle d’une éventuelle candidature à l’investiture socialiste pour la présidentielle de 2012, Georges Frêche n’exclut rien : "Si une équipe se forme au PS, j’aimerais bien être dans les conseillers ". Martine Aubry et les ténors socialistes apprécieront.

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6 réactions

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    bravo jeine homme, les faits vous ont donné raison. L’empereur a été réélu dans un fauteuil, que dis je^, sur un trône. Quelle démonstration, mais en même temps quelle désolation pour le paysage politique.

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    Bravo monsieur Bisson pour votre article : une bonne analyse des viles strategies des politcards : deux serpents qui se mordent la queue, ca va donner quoi ? en tout cas... pas d’avancees pour le citoyen ! sils se gargarisent mutuellement tant mieux, nous on prefererait qu’ils agissent pour le bien de leurs electeurs...
    Et si monsieur Freche se plaint quon le caricature... il a qu’a etre moins... pagnolesque !!!!
    Marie G

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    il est vrai qu’il s’est plutôt bien tiré de son exercice parisien. même si l’on n’éprouve guère de sympathie pour l’homme, le fait d’être constamment attaqué et sa manière d’y répondre, par ce semblant de bonhommie, de gouaille de franchise, le rendrait plutôt "attachant" aux yeux de ses électeurs. On aime les victimes. Et il est rusé "l’animal"

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    J’ai assez peu de sympathie pour Georges Frêche. Pourtant, je trouve qu’il a fait bonne figure, surtout sur Canal + devant le mépris qu’avaient les journalistes pour notre région ! Il a bien cloué le bec à ces petits journaleux parisiens et c’est une bonne chose. Mais je n’irais pas jusqu’à dire BRAVO Frêche ...

  • repondre message

    même si l’article est bon, y en a un pue marre de FRECHE

Région //

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