New York – Toulouse en 42h, c’est possible ?

New York, Moscou bloquées par la neige, des centaines de vols annulés… Une impression de déjà-vu. La semaine dernière, la météo, déjà capricieuse n’épargnait pas les aéroports européens. Les avions cloués au sol par un brouillard givrant et une importante couche de neige condamnaient des milliers de passagers à passer Noël dans les terminaux des compagnies aériennes. Voici une histoire, parmi tant d’autres, d’un retour en France plus compliqué que prévu.

Alexander McQueen : un surdoué s’en est allé

Le couturier Alexander McQueen a été retrouvé mort à son domicile de Green Park (Londres), jeudi 11 février.

Il avait la grâce et cette poésie mélancolique dont étaient empreintes ses créations. Il était de ceux dont le talent frise parfois l’arrogance, dont l’inspiration transcende avec éclat genres et conventions. Il était l’un des créateurs de mode les plus brillants de sa génération.

Impérieusement provocateur, « l’enfant terrible de la mode », sévissait dès 16 ans, chez les tailleurs de Sevile Row, glissant dans les doublures des vestes du Prince Charles : « Je suis un con ».

Derrière l’apparence joviale, il y a pourtant une vision plus sombre, insondable. L’univers d’Alexander MC Queen était fantastique car infini, à l’extrême limite du réel, comme l’illustre Plato’s Atlantis, collection hypnotique présentée à la Fashion Week de Paris en Octobre dernier. Tout droit sorti d’arrières mondes magnétiques, les créations de Mc Queen donnaient tout son sens à la formule prophétique de Coco Chanel : « La mode c’est quelque chose au bord du suicide. »

Au fait d’un art fantasmagorique, le créateur londonien s’est donné la mort, une semaine après le décès de sa mère. Dans le Figaro, son ami David LaChapelle témoigne :

« Le suicide, ce n’est pas juste une petite pulsion irrationnelle, un mauvais jour. C’est quelque chose de profond qui vous hante, qui vous tenaille. Je le comprends. J’ai eu ce genre de doutes en tant que photographe et homme. J’ai pris mes distances à temps. Alexander venait de perdre sa mère, cela l’a dévasté. Je pense aussi qu’il a attendu que sa mère parte pour partir à son tour. Il ne lui aurait jamais fait subir un tel chagrin ».

Alexander Mc Queen s’en est donc allé, à une semaine du lancement de la Fashion Week londonienne : « Je n’y croyais pas quand j’ai entendu l’annonce de son décès. Avant hier, j’essayais des chaussures qu’il a créé. A quelques jours des défilés, il y a une atmosphère triste ici » explique Estelle, mannequin à Londres.

God save you, McQueen.

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«Demain, on ira à la plage!»

Vendredi 8 février, au Secret Place, le fief caché de la TAF (L’association « Tout A Fond », organisatrice de concerts Rock), Underground Railroad s’est produit devant un public épars. Interview des trois frenchies expatriés à Londres

Bonsoir, pour commencer, pouvez-vous vous présenter?

Tous:On s’appelle Underground Railroad. Le groupe se compose de Marion, à la guitare et au chant, JB à la basse, et Raf à la batterie et au chant également.

Êtes-vous un groupe français ou anglais?

JB: On est un groupe français expatrié à Londres.
Raf: En 2006, nous avons sorti notre 1er album, «Twisted Trees» sur Dirty Witch, un petit label lyonnais. Ça c’est bien passé avec eux, mais nous n’avons pu bénéficier d’aucune presse, et de très peu de promo. Depuis, on a signé sur One Little Indian, un label anglais, avec qui on a ressorti l’album. Le disque est maintenant distribué dans toute l’Europe, on le trouve même dans les FNAC. On a ainsi pu faire 4 dates en première partie de Dinosaur Jr!

Vous êtes donc partis pour vivre de votre musique?

Marion: On ne trouvait pas forcément notre place sur la scène parisienne, on sonnait trop hardcore pour les groupes de pop, et trop Indie[[Rock Indépendant]] pour les groupes de Punk.
JB: En Angleterre, ce problème ne se pose pas, nous sommes bien accueillis sur la scène Shoegaze. On tourne avec des groupes comme Ipso Facto, ou John & Jehn, un duo français qui s’est aussi expatrié.
Raf: Côtoyer ces groupes nous permet de travailler le relief de notre musique.

Underground Railroad: Marion, Raf et JB dans la forêt...

Justement, vous avez joué beaucoup de nouvelles chansons ce soir, vous préparez un nouvel album?

JB: On part en studio en mars, le disque sortira en septembre 2008
Raf: Grâce à notre label, on peut partir enregistrer aux USA. Le producteur John Goodmanson, qui a travaillé avec Blonde Redhead, Bikini Kill ou plus récemment The Gossip s’est montré intéressé par notre projet. On va jouer dans un studio ou a joué Nirvana!

Au niveau de la composition, il semblerait que vous vous émancipiez de l’influence des Sonic Youth?

Raf: C’est sûr, nos nouvelles compos sont plus mélodiques, plus influencées par le shoegaze.
Marion: On travaille plus les reliefs, l’ambiance, la dynamique de nos chansons
Raf: Nous avons beaucoup élargi nos influences, on a beaucoup écouté My Bloody Valentine, The Warlocks, The Liars, mais aussi le Velvet Underground, et des groupes expérimentaux et psychédéliques.

Vous étiez déjà venus à Montpellier?

Marion: Oui, on a avait déjà joué au Point Zero et au Peanuts, mais c’est la première fois qu’on joue avec la TAF

Pas trop déçus par le nombre de spectateur? (une bonne vingtaine d’individus…)

Raf: Non, ce n’est pas étonnant, on n’a pas vraiment d’actualité en ce moment…
Marion: On teste un nouveau tourneur en ce moment, on fait juste 4 dates en France.
JB: On a joué à la Flèche D’Or à Paris, à Besançon, à Montpellier ce soir, et demain à Castres… C’est toujours agréable de jouer à Montpellier, demain, on ira à la plage!