Culotte Gate: Débarquement de culottes à l’Assemblée Nationale

Pour protester contre la taxe tampon, ou plus exactement le refus de l’Assemblée Nationale de faire des produits hygiéniques un produit de première nécessité (pour baisser la taxe à 5%), des femmes ont créé le Collectif Culotte Gate. Le principe est simple, il consiste à envoyer ce lundi des culottes tâchées de faux sang (vernis, tomates, etc…) à l’Assemblée Nationale. Une action choc pour lever le tabou sur les règles et faire réagir aussi bien les femmes et les hommes que les politiques et les médias.

Non ceci n’est pas une mauvaise blague post-halloween, c’est très sérieux. Le Culotte Gate réagit contre le refus de l’Assemblée nationale de baisser la TVA sur les protections hygiéniques à 5,5% au lieu de 20% en les reconnaissant comme des produits de première nécessité. Comme le coca soit dit en passant] Catherine Coutelle, députée de la Vienne et présidente de la délégation aux droits des femmes de l’Assemblée en avait fait la demande, en soutien à la pétition du collectif [Georgette Sand qui avait réuni près de 17 000 signatures.

Avoir ses règles c’est comme se raser le matin, pas nécessaire

Dans la nuit du 14 au 15 octobre dernier, Christian Eckert, secrétaire d’Etat au Budget a refusé de baisser cette taxe, estimant qu’un tampon ou une serviette hygiénique n’était « pas exactement un produit de première nécessité », allant jusqu’à comparer le produit à de la mousse à raser. Pour justifier son refus il a comparé cette demande à d’autres comme « des taux réduit chez Mickey », « sur les zoos » ou encore « des parcs d’attraction et l’entrée des grottes. » Des propos qui ont suscité une vive polémique et ont fait réagir des femmes sur un forum de Madmoizelle, qui ont décidé de se mobiliser.

Le Collectif Culotte Gate passe à l’action

Lola Maestracci, l’une des initiatrices de l’action choc de ce matin, revient sur la naissance du Collectif Culotte Gate et de son objectif:

.gifComment est né Culotte Gate ?

« Après l’annonce de la décision de l’Assemblée Nationale, on était beaucoup à être choquées, en colère. Donc on a décidé d’agir pour protester. L’argument selon lequel les protections hygiéniques n’étaient pas des produits de première nécessité nous a vraiment énervé, on s’est donc dit qu’on allait montrer aux députés ce que SONT des produits de première nécessité en envoyant par voie postale des culottes tachées aux députés. »

Qui se cache derrière ce collectif?

« Le collectif culotte n’a pas de statut associatif officiel, c’est juste une vingtaine de personnes (des femmes pour la majorité) sur un forum internet qui ont décidé de se bouger pour faire entendre leur voix. »

Quel est le but de l’opération de ce lundi ?

« Le but est d’envoyer par la poste des culottes tachées (le vrai sang est interdit, ce sera de la peinture, de l’encre, etc.) directement à l’Assemblée, pour que les protections hygiéniques soient reconnues comme produits de première nécessité. Nous avons aussi prévu d’envoyer des culottes à différentes radios et journaux pour que notre action soit relayée et qu’elle ait plus de poids ».

Qu’espérez-vous d’une telle action ?

« Je pense que ce type d’action est nécessaire. Notre action est un moyen de s’adresser à eux directement, pour leur dire notre déception et notre colère face à leur décision, et leurs justifications sexistes: comparaison avec la mousse à raser, Christian Eckert qui dit qu’il « s’y connait » en menstruations parce qu’il achète des tampons pour ses filles (alors qu’aux dernières nouvelles, il ne possède toujours pas d’utérus). J’espère que le Culotte Gate permettra de changer les choses. Il y a déjà pas mal de femmes qui vont participer, même si elles ne sont pas féministes à la base. Je pense que ce genre d’action peut permettre à certaines personnes de s’engager, de découvrir le féminisme. Donc oui on veut faire changer les choses ! »


Pour celles et ceux qui veulent participer, le Culotte Gate vous invite à joindre le Manifeste à votre courrier, accompagné ou non d’une petite culotte tâchée au rouge à lèvres, vernis, confiture de fraise ou autre liquide couleur « sang menstruel » (laisser libre court à votre imagination) au « 33 Quai d’Orsay 75007 Paris ». Peut-être que cette action permettra à Christian Eckert de se rendre compte qu’un tampon, c’est pas du luxe !

Découvrir Montpellier en gyropode

C’est sur ces engins futuristes que Serge et Christian font visiter la ville, à la découverte des quartiers montpelliérains. Situé entre la place de la Comédie et le Polygone, le local de l’agence ne paye pas de mine, mais le lieu est stratégique. L’axe est beaucoup fréquenté, et il est rare qu’une personne ne soit pas intriguée par les Segway mis en évidence devant la vitrine.

Entre 15 et 60 euros

Pour les plus aventuriers, « principalement des touristes » selon Serge, il est possible de visiter la ville en chevauchant un gyropode. Comptez 15 € pour quelques tours d’initiation (30 min), 25 € pour une épopée à travers le cœur de ville (1h), 45 € pour une grande boucle (2h) et 60 € pour une plus grande découverte de Montpellier, douze kilomètres au total. Que les novices se rassurent, une initiation est prévue avant chaque circuit.

Des instructeurs agréés

Serge et Christian sont franchisés et instructeurs agréés par Mobilboard, le premier réseau national d’agences de location de Segway. « Nous avons reçu un agrément de l’entreprise pour être apte à encadrer un groupe sur Segway » explique Serge. Les deux instructeurs n’ont d’ailleurs pas eu besoin de l’accord de la Maire pour circuler puisque selon la loi, l’utilisateur d’un Segway est considéré comme piéton (voir ci-dessous). De plus, sourit l’un d’entre eux : « nous ne sommes pas guides, c’est pour cela que nous faisons des balades commentées et non guidées… ». Ce qui n’empêche pas une certaine déontologie. « On ne loue qu’avec un accompagnateur pour éviter tout débordement» souligne Serge. Enfin, en plus des activités touristiques, l’agence propose de louer ses véhicules aux entreprises soucieuses de se faire connaître. Un moyen original pour attirer le regard des badauds.

Ce que dit la loi : en deux roues, mais toujours piéton !

En France, il n’existe pas encore à proprement parler de codification. L’utilisation d’un Segway est régie par un avis du Ministère des Transports de 2003. Le texte assimile le gyropode Segway à un piéton et l’autorise ainsi à circuler sur les trottoirs et zones piétonnes à la vitesse de la marche. L’utilisation du gyropode est donc soumise aux règles du Code de la Route relative aux piétons. Néanmoins, en l’attente d’une codification attendue, la société qui commercialise les Segway a mis en place des règles de conduite. L’utilisateur doit être âgé de 16 ans au minimum – 14 ans s’il est accompagné d’un adulte, doit peser au minimum 45 kg et au maximum 118 kg. Une formation théorique et pratique est également délivrée pour savoir interagir avec les autres utilisateurs (piétons, vélos…)

Ce qu’il faut savoir sur le Segway

Du grec gyros « cercle » et podos « pied », le gyropode est un véhicule électrique monoplace. Le Segway est le premier du genre. Ce type de véhicule permet, tout en occupant la même place qu’un piéton, de se déplacer plus rapidement, de façon silencieuse et sans émission polluante sur un espace piéton.

Gyropode.jpgL’engin futuriste a été inventé en 1999, par Dean Kamen, inventeur et entrepreneur du New Hampshire. À la base, il s’agissait de créer une machine permettant aux personnes en fauteuil roulant de se déplacer plus rapidement au quotidien. Dean Kamen conçoit alors un fauteuil électrique capable de monter les trottoirs : l’Ibot voit le jour. Le Segway n’est que la transposition de l’Ibot pour toutes les personnes non handicapées. La mise au point finale se fait en 2001, et son inventeur le commercialise via son entreprise Segway inc.

La première génération se termine en 2006, les Segway aujourd’hui appartiennent donc à la seconde génération. Principale innovation : alors qu’il fallait tourner la poignée droite pour tourner à droite, et vice-versa, aujourd’hui la technologie appelée LeanSteer® permet de faire tourner le Segway lorsque l’utilisateur incline le manche sur le côté. Vendue entre 7000 et 9000 euros, la machine reste un véhicule de luxe, ce qui explique sûrement que les ventes n’aient pas décollé.

Sur le plan technique, le Segway dernière génération pèse environ 50 kg, mesure entre 1,20 et 1,50 m et peut aller jusqu’à 20 km/h. Sur les modèles de seconde génération, toutes les batteries sont au lithium-ion et le moteur a une puissance de deux fois 1880 W (soit environ 4 chevaux). Une machine révolutionnaire qui a cependant fait défaut à l’ancien propriétaire de la marque : en 2010, Jimi Heselden se tue suite à une chute dans une rivière, près de son domicile en Angleterre, aux commandes d’un Segway…

La Terre plate : une histoire qui ne tourne pas rond

Au XXIe siècle, il y a encore des gens pour penser que la terre est plate. Sur internet et dans des petites salles de réunion des Etats-Unis, les croyants de la « Flat Earth Society » se rassemblent pour contester la rondeur de la terre.

Aussi étrange que cela puisse paraitre, il existe à Lancaster, en Californie, une Société de Recherche sur la Terre Plate, la « Flat Earth Society », qui prétend « que la Terre est plate, qu’elle a la forme d’un disque avec, au centre, le Pôle Nord et les continents groupés autour de lui sauf l’Antarctique correspondrait en fait à la circonférence du disque », explique Daniel Shenton, son actuel dirigeant. Au premier abord cela peut sembler amusant et on peut croire à une sorte de canular pour distraire les internautes. Mais il en est tout autrement, car derrière cet aspect se cache le problème de la montée du conservatisme religieux aux Etats-Unis.

Histoire brève de la « Flat Earth Society »

Samuel ShentonFondée en 1956 par l’anglais Samuel Shenton puis dirigée par l’américain Charles K. Johnson (décédé en 2001), la Flat Earth Society compte aujourd’hui une centaine de membres, des milliers de sympathisants (2469 sur Facebook) et environ 9.000 visiteurs pour le forum de discussion. L’origine de la société remonte à de vieilles croyances du XIXe siècle : c’est l’anglais Samuel Birley Rowbotham (1816-1884), religieux fondamentaliste, qui reprend le premier la vieille théorie médiévale de la terre plate dans son ouvrage « L’astronomie Zetetic » (zetetic signifie sceptique). Ce vieux dogme, qui prône aussi le géocentrisme, réapparaît à la moitié du XIXe siècle, au moment où le rationalisme scientifique prend de l’ampleur, alors que l’autorité religieuse est en plein déclin. Certains penseurs chrétiens décident alors de lancer des attaques, et c’est notamment le polémiste John Hampden, dans les années 1870, qui réalise la célèbre expérience du niveau de Bedford pour prouver que la terre n’est pas ronde. Aux États-Unis, les idées de Rowbotham sont reprises par l’Eglise catholique apostolique et s’étendent dans plusieurs états, notamment dans l’Illinois.

Voici une interview avec Daniel Shenton, président de la Flat Earth society, où il explique pourquoi la terre est plate.

« Galilée avait tort, l’Eglise avait raison »

Mais à une époque où l’homme a marché sur la lune et où les satellites en orbite envoient des photos d’une planète sphérique, comment le concept d’une Terre plate peut-il encore persister? La plupart des membres pensent tout d’abord que la mission Apollo 8 en 1968 était une grosse supercherie, et que la NASA a truqué la photo de la Terre vue de l’orbite de la Lune. « Les agences spatiales du monde sont impliquées dans un complot international pour duper le public », explique M. McIntyre, membre de la Flat Earth Society. Basés sur des observations soi-disant « scientifiques » et sur leur interprétation de la Bible, ils affirment aussi que la terre est un disque immobile et pas une sphère en orbite. Et sans surprise, ils contestent la théorie de l’évolution et du réchauffement climatique.

La Flat Earth Society n’est pas un cas isolé aux Etats Unis : en novembre 2010 s’était aussi déroulé un congrès baptisé « Galilée avait tort, l’Eglise avait raison », à South Bend dans l’Indiana, à 150 km de Chicago. Des conférenciers issus du monde scientifique, et se présentant comme des « experts », ont tenté de prouver que le Soleil tourne autour de la Terre selon le système géocentrique. Il a pourtant coulé de l’eau sous les ponts depuis Galilée et Copernic, mais il s’agit toujours du même combat de l’obscurantisme contre la vérité. Aujourd’hui, des illuminés et des farfelus tentent de manipuler les esprits pour faire passer leurs théories abracadabrantes, et propagent leurs croyances dans l’espoir que les gens donneront aux Ecritures leur juste place. Il faut bien comprendre qu’aux Etats-Unis, l’attachement au religieux est beaucoup plus important qu’en France, et la montée de certains courants fondamentalistes et de mouvements évangélistes n’est pas sans danger, notamment en pleine période électorale aux Etats-Unis. On a d’ailleurs encore à l’esprit les primaires républicaines, où l’on trouvait un candidat mormon, un autre ayant prôné l’étude obligatoire du créationnisme, et un troisième considéré comme le père spirituel du Tea Party. Le doute est un moteur inéluctable de la démarche scientifique, mais manipulé et contraint à des intérêts particuliers, c’est un moteur non moins efficace de confusion et d’amalgame dans le public.

Système du géocentrisme

Plusieurs sites sur le créationnisme et le géocentrisme :
• Answers in Genesis (AiG) dirigée par Ken Ham.
http://www.answersingenesis.org/
• Institute for Creation Research (ICR) dirigé par Henry Morris (1918-
2006) puis par son fils John Morris
http://www.icr.org/
•Ce site est consacré à la relation historique entre la Bible et l’astronomie.
http://www.geocentricity.com/

Un Père Noël qui a du chien

Déguisements, calendriers de l’avent ou collier à motifs enfantins…Mais non, il ne s’agit pas de cadeaux pour vos chérubins ! Le Père Noël récompense aussi les animaux de compagnie les plus sages.

« La tendance British est à l’honneur chez Gueule d’Amour » annonce le site de Marque de vêtements et accessoires pour chats et chiens tendances . Le classique manteau uni et la clochette sont désormais ringards : pour cet hiver, place au tissu écossais aux décors floconneux et aux accessoires « ludiques ». Frisbee décoré de bonhommes de neige, peluche à l’effigie de noël qui fait pouet, à l’unité ou en assortiment…la gamme se décline au-delà de ce qu’on ne pourrait imaginer. Et pour qu’il ne manque aucun détail, repas de fête et bijoux complètent le tableau : friandises en forme de couronne « à placer sous le sapin » ou colliers étoilés, « votre chien pourra-t-il patienter jusqu’à Noël ? » ose le détaillant. Cette lubie ne serait, cependant, pas qu’une pure création commerciale.

Chez Ami Chien à Montpellier, Marie Christine remarque à propos de Noël : « Une année, juste avant les fêtes, j’ai fait près d’une centaine de toilettages dans la semaine, c’était fou. » Le passage par un salon de toilette serait il considéré comme un cadeau de Noël pour l’animal ? Pas tout à fait : « Les gens souhaitent que leur chien soit beau lorsque la famille sera présente. Parce que, quand la belle mère ne supporte pas l’odeur, je vous dis pas ! » s’amuse la gérante de l’Ami Chien. Une cliente venue chercher son caniche tient à justifier : « Il était dégoûtant depuis les dernières pluies, et d’habitude je l’amène ici tous les trois mois. Mais là il sentait vraiment mauvais. » Pour un tarif moyen entre 35 et 60 euros, uniquement pour le toilettage, c’est plutôt le maître qui se fait un cadeau.


« Noël reste un bon moment entre le chien et le maître »

Il n’empêche, sur les forums canins, le sujet « cadeau de Noël » attire et fait participer les internautes. A un sondage lancé sur ces plates-formes de discussion, ils sont 52 % à affirmer qu’ils offriront un cadeau pour les fêtes de fin d’année. Les dépenses peuvent paraître surprenantes, depuis le foie gras jusqu’au pneu de voiture en passant par l’oreille de porc ou le serre-tête bois de renne. « Noël reste un bon moment entre le chien et le maître » insiste Maya.

Quant à ceux qui répondent par la négative, gare à ne pas considérer qu’ils abandonnent leur animal : « Non, pas besoin d’attendre noël pour leur acheter ce dont ils pourraient avoir besoin. » rétorque Chloé. Une position que revendique également Christophe : « Pour les miens cette année ce sera rien du tout, car déjà ils ont des nonos toute l’année, les jouets ils jouent pas avec, et comme je dépense 300€ de véto tous les mois pour l’acupuncture de madame, j’estime que c’est déjà pas mal ! Et je voudrais au moins un mois dans l’année me faire plaisir à moi et ne pas bouffer des pâtes ! (c’est d’ailleurs mal parti ce mois ci encore). »

Même si, comme le reconnaît Marie-Christine « les ventes ont plongé avec la crise », force est de constater que certains animaux de compagnie comptent parmi les privilégiés. « On ADORE son petit ourson et son nœud très mignons sur le dos ! » rappelle l’accessoiriste du web. Au bonheur des chiens, des maîtres et des commerçants.

Près de Montpellier, un Noël séparé par des barreaux

La maison d’arrêt de Villeneuve-lès-Maguelone n’est qu’à 10km de Montpellier. Pourtant, les 693 détenus qui vivent derrière ces murs n’ont pas vu la ville s’illuminer et se couvrir de ses parures de Noël ; ils n’ont pas vu l’immense sapin bleu et blanc de la place de la Comédie, ni les pères Noël faire leurs apparitions au coin des rues. Alors Noël en prison, c’est juste une période comme les autres, à quelques choses près…Jeudi 26 novembre, à l’accueil de la prison héraultaise, rencontre avec les familles des détenus et des membres d’associations investis dans l’univers carcéral, en attendant l’heure du parloir.

« Un film qui permet de se laisser envahir par la magie de Noël » écrit Philippe V dans la feuille d’Hector, l’hebdomadaire écrit par des détenus de la prison. Il évoque le dernier Walt Disney, le drôle de Noel de Scrooge. Pourtant il ne verra ni le film, ni la magie de Noël. « C’est juste une période encore plus dure et déprimante pour eux» confie Cathy la femme d’un détenu qui purge une peine de 25 ans. « Pour moi c’est une période angoissante, je suis tracassée pour mon mari, et triste pour mes enfants. En même temps ça fait dix ans que c’est comme ça, donc j’ai l’habitude de fêter Noël sans lui » ajoute-t- elle avec un sourire fataliste, tout en enlevant ceinture, collier et bottes pour passer le portique de sécurité avant le parloir.

Dans la cour d’entrée de la prison, un petit espace vert et un local permettent aux familles d’attendre l’heure du parloir. Jean-Claude Mauroux, membre de l’association locale de soutien aux détenus, Aviso, et représentant de l’ANVP (Association Nationale des Visiteurs de Prison) les accueille avec bonne humeur, toujours un mot gentil et un franc « bonjour » aux uns et aux autres. Enfin plutôt aux unes, car la majorité sont des femmes, souvent très jeunes, accompagnées de leurs enfants. C’est le cas de Kelly, 20 ans, dont le mari purge une peine de 3 mois de prison. Pour lui, Noël sera symbole de liberté et de retrouvailles en famille. Il va être libéré, bientôt, le 9 décembre, « si tout va bien et qu’il ne se refait pas attraper à faire le yoyo » explique la jeune maman, qui est venue accompagnée de leur bébé de deux mois. Le monde carcéral a en effet ses codes et son vocabulaire, le yoyo consistant à faire passer des produits licites ou illicites d’une cellule à l’autre avec une corde de fortune, faite de bout de tissus ou de sacs plastiques.

La majorité des femmes de détenus n’ont pas cette chance, elles attendent fébrilement de savoir si une permission sera accordée à leur conjoint. « Plutôt rare en général, ce sont les permissions pour la réinsertion qui sont favorisées, de type entretien, formation… » confie Jean-Claude Mauroux. Deux ou trois jours maximum, pour passer les fêtes en famille, mais elles ne sauront qu’aux alentours du 12 décembre si la requête est acceptée ou pas par l’Administration Pénitentiaire. En attendant, elles réfléchissent déjà au contenu du colis. Elles sont une trentaine ce jour-là et la solidarité est évidente, certaines viennent ensemble, prennent le même bus. Aux nouvelles, elles livrent les quelques astuces pour mieux vivre cette épreuve, ou juste échanger leurs expériences. Débat autour de ce fameux colis de 5kg, rempli de victuailles de Noël, le seul autorisé au parloir excepté le sac de linge. Elles peuvent le déposer entre le 15 et le 25 décembre mais ne peut contenir que de la nourriture, pas de lettres ni de cadeaux « c’est la seule chose qui change à Noel, sinon les règles ne sont pas plus souples pendant les fêtes » explique Martine. Elle a 51 ans, et c’est déjà le troisième Noël qu’elle passe sans lui. « Comme il n’a pas été jugé, il ne peut pas avoir de permissions. Je vais lui apporter du foie gras et les plats qu’il aime et que je vais les cuisiner moi-même. ».

Le directeur de l’établissement, Bernard Giraud soutient l’action des associations, mais l’afflux de visiteurs pendant les périodes des fêtes de fin d’année, ne permet pas d’assouplir les règles, ou de rallonger les plages horaires des parloirs. « Au sein de l’établissement, il y aura un menu spécial pour Noël et le Nouvel An. », confie-t-il. A l’évocation de l’augmentation des dépressions ou des suicides pendant les périodes de fêtes, comme évoqué dans l’article de Libération du 24 novembre, par un infirmier de la prison de Fresnes, « On est vigilants toute l’année, même si cette période est source de tensions pour les détenus. On parle d’ailleurs souvent des suicides, mais très peu des vies qu’on sauve… ».

Derrière les murs et les barbelés, c’est une véritable petite ville, ou se côtoient plusieurs acteurs : détenus, gardiens, administration pénitentiaire, associations, famille. Il y a une vie et une ville carcérale derrière les barreaux, sauf qu’en ces lieux la magie de Noël se résume à un colis de 5kg, et ironise jean-Claude Mauroux « un peu de sel en plus dans la popote ».

Du côté des associations, certaines organisent des goûters de Noël, d’autres restent fidèles au poste comme les membres d’Aviso, présents à tous les parloirs, même celui du 24 décembre. Marion Mayer-Bosch, déléguée régionale Occitanie de l’association GENEPI Montpellier regrette de devoir ralentir le rythme de leurs visites pendant les fêtes « car l’association est composée par une majorité d’ étudiants qui rentrent chez eux pour les fêtes ». Les bénévoles qui restent sur place continuent néanmoins les visites afin de ne pas rompre ce « lien d’humain à humain », entre citoyens libres et citoyens détenus, pour décloisonner la prison.

Le magicien des airs

Rencontre avec un personnage atypique, Nasser Omar, réfugié politique afghan, détenteur de plusieurs records du monde, qui, de ses rêves d’enfant jouant avec des cerfs-volants, a su créer une entreprise florissante dans la petite ville de Perrigny-les-dijon, et exporte désormais dans le monde entier.

Passionné, insatiable et déterminé, Nasser Omar, véritable faiseur de miracles, capable d’envoyer dans les airs une pieuvre de trente mètres, un bateau de pirates ou un train de cerf-volant composé de 4000 pièces est, à l’évidence, un personnage hors du commun.

Né en Afghanistan, il apprend dès son plus jeune âge à manier avec dextérité les cerfs-volants de combat, en afghan, «goudi parân», littéralement, «poupée du vent», alors considérés comme sport national.
Les règles du jeu sont assez simples : prenez un cerf-volant dont le fil est enduit d’une substance abrasive (comme du verre pilé) et tentez avec celui-ci de couper le fil du cerf-volant de votre concurrent. Si vous réussissez, la tradition veut que vous vous appropriez le cerf-volant du vaincu, à condition de l’attraper le premier.

A peine sorti de l’enfance, Nasser Omar, comme 2 millions de ses compatriotes, doit malheureusement fuir la guerre, qui éclate en 1979. Après un passage au Pakistan, où il restera plus d’un an, il part pour la France. La Croix-Rouge l’accueil et il obtient le statut de réfugié politique en 1985.

Avec sa femme, rencontrée alors qu’il travaillaient tous deux en centre aéré, il va s’efforcer d’imposer ses créations dont il remarque le succès auprès des enfants dont il s’occupe.

«Nathalie, ma femme, s’occupe de la gestion, moi je ne sais pas faire cela, je me charge des créations»

C’est ainsi, au fil des années, que naîtra Nasser Volant, une entreprise qui propose des animations allant de 5000 à 20 000 €, dans toute la France et même dans le monde entier.

«la prochaine représentation que l’on donne à l’étranger est en Guyanne» explique-t-il simplement.

19 ans d’existence et un agenda bien rempli, prouve que cette entreprise n’est pas le fruit d’une mode ou d’une vague qu’il l’aurait soudainement propulsé. Nasser Volant possède désormais un atelier de fabrication en Indonésie et sous-traite régulièrement en chine. Il possède dans sa cave des stocks allant jusqu’à 80 000 cerfs-Volants.

En rencontrant Nasser Omar, on comprend que cette réussite n’est pas le fruit du hasard mais bien de la capacité que cet homme a, non seulement de créer des objets uniques mais aussi et surtout de communiquer sa passion avec une extraordinaire aisance.

Quand Vélomagg’ pédale dans la semoule

Près d’un an et 3 000 abonnés après sa mise en place, le Vélomagg’ jongle encore entre succès et maladresse. Témoignage de cycliste en mal de monture

Dimanche matin. Entre Fise et soleil, l’appel de l’exploit sportif résonne en plein air. Objectif : la plage. Moyen de transport : le vélo. Une seule formalité, la location d’une petite reine. Initiative qui tourne vite au parcours du combattant. Pas de vélo disponible en location sans abonnement. Le système est victime de son succès. « Les seuls vélos sont réservés aux abonnés ? Alors comment s’abonne-t-on ? »

Un aller – retour et trois justificatifs plus tard, une fois surmonté l’épisode de la photocopieuse en panne, l’obstination paie. Et la fière détentrice de la carte n° 285933 s’en va traquer la bécane. Rien à la vélostation centrale mais pas de panique ! Les bicyclettes ne manquent pas à l’Opéra-Comédie et, en attendant de pédaler, les pieds battent le pavé. Mais misère ! Coup d’oeil au panneau de l’Opéra, qui affiche « aucune clé dispo ». Un autre à la quinzaine de vélomagg’ attachés à la station. Sollicité, le jeune homme au guichet s’excuse : « Non, désolé, la borne ne fonctionne plus depuis hier soir. »
Mais la mission plage vaut bien un regain d’obstination. Au moins de quoi cavaler jusqu’aux Halles Castellane… où le totem, plongé dans un coma profond, ne répond pas aux passages frénétiques de la carte magnétique. L’essai sur l’Esplanade redonne une lueur d’espoir quand le volet s’ouvre. De courte durée. La seule clé proposée ne correspondant à aucun vélo. Cap sur la maison de l’Agglo pour un dernier essai avant abandon. Trotte, trotte. Là encore, dix vélos et zéro clé.

L’appel à la station centrale clarifie la malédiction. « Les vélos ne tournent pas car les abonnés gardent les clés et repassent de temps en temps pour réinitialiser leur abonnement. Du coup, les vélos sont visibles mais pas disponibles. » Autre joie de l’automatisation, les bornes ne sont pas reliées au centre. Aucun moyen de vérifier la présence des clés dans les totems ou de pénaliser les abonnés égoïstes.

Bilan : deux heures perdues, un abonnement inutile et le recours à la voiture. Et tant pis pour l’environnement.

Trois questions à…

crédit : Montpellier AggloRobert Subra, vice-président de l’Agglo, chargé des transports

« Mille vélos commandés »

Un millier de vélos pour plus de 400 000 habitants, est-ce suffisant ?
Nous en prévoyons 6 000 de plus pour les trois ans à venir. C’est peu à l’échelle de l’Agglo mais il faut garder en tête qu’il s’agit d’une petite part de l’intermodalité. Les Vélomagg’ entrent dans un dispositif qui doit devenir le plus complet possible. L’idée consiste à éviter l’utilisation de la voiture en ville. Pour ça, il faut développer le maximum de moyens alternatifs. Le vélo, mais aussi le tram, les parkings d’échanges, les bus et les zones piétonnes en font partie. Un puzzle bien cossu en fait !

Comment s’assurer que les vélos ne sont pas monopolisés par des abonnés au détriment des autres ?
On a délibéré le 30 avril pour modifier le système. La durée d’emprunt passe de 24 à 12 heures. En le rendant à la station de départ, on y gagne une heure. Sinon, des pénalités vont se mettre en place. Le problème, c’est que certains empoisonnent les autres en immobilisant les vélos ! Alors, on crée un encouragement d’un côté et une pénalité, de l’autre.

Quelles priorités pour l’avenir ?
Continuer à s’adapter à la ville et à sa population. Les usagers du Vélomagg’ ont pour la plupart moins de 35 ans et un grand nombre de touristes s’en servent aussi. Du coup, les abonnements longue et courte durées doivent être maintenus. Mille vélos sont commandés mais sans l’apport de recettes publicitaires, ça coûte cher. On est ravi mais l’ennui, c’est qu’il faut réussir !

Cas unique et effet de mode

D’autres villes pratiquent le vélopartage mais Montpellier possède le Vélomagg’. La particularité du dispositif ? Pas de publicité, pas de limite à une seule ville et un coût moins important.
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Depuis juin 2007, le système s’est installé puis a été automatisé. À l’initiative de l’Agglo et de Tam, qui ont oeuvré ensemble pour développer une offre alternative aux propositions de Clear Channel ou JC Decaux. Pour éviter le recours aux afficheurs publicitaires, Tam a misé sur les économies. Les arceaux et les cadenas viennent de marchés habituels. Au final, un vélo revient à 700 € par an contre 3 000 €, en moyenne, pour les différents modes de vélopartage. Il présente aussi un autre avantage par rapport à ses cousins lyonnais ou parisien. Contrairement à ces derniers, le Vélomagg’ fonctionne sans chaîne.

Le principal motif de location ? La promenade. Robert Subra avoue même avoir trouvé des surprises dans l’enquête de satisfaction effectuée l’année dernière. « Beaucoup de gens s’en sont servis pour aller à la plage ! C’est tout de même à dix kilomètres… » Cela s’explique puisque les touristes, français ou étrangers, représentent plus de 60 % des usagers. Viennent ensuite les déplacements domicile-travail et les courses. Pour s’adapter aux 60 000 étudiants que compte la ville, Tam propose aussi un abonnement longue durée… Indisponible ! Pour des raisons techniques, les 600 vélos prévus à cet effet sont tous attribués.

Du côté de l’Agglo, on reconnaît que la proportion de vélos par habitant est insuffisante mais Robert Subra l’affirme : « Le service doit être efficace et, vu les contraintes économiques, on est obligé de progresser lentement. » Autre spécificité du dispositif, des stations sont implantées dans les autres communes de l’Agglo. À Saint-Jean- de-Védas, Jacou, Lattes ou encore Castelnau-le-Lez, les abonnés peuvent choisir entre les transports en commun et le vélo pour se déplacer.

Une alternative appétissante au créationnisme

Mai 2005, Etats-Unis. L’inquiétude fait prendre la plume à Bobby Henderson, diplômé en physique de l’université de l’Oregon. Dans le Kansas, le Comité d’éducation se prépare alors à valider l’enseignement scolaire du créationnisme ou dessein intelligent. Cette nouvelle lui inspire une lettre ouverte, devenue l’origine d’un véritable culte sur Internet.

La démarche s’apparente à une démonstration par l’absurde. Il s’agit, pour Bobby Henderson, d’expliquer que le fait de se référer à des livres anciens ne peut légitimer la présence de théories surnaturelles dans un enseignement scientifique. Il décide donc d’aller dans le sens des pro-créationnisme, en les félicitant pour leur idée, avec toutefois une réserve toute personnelle. « Rappelons-nous bien qu’il existe plusieurs théories du dessein intelligent. Moi-même ainsi que beaucoup d’autres gens dans le monde croyons profondément que l’univers a été créé par un Monstre en Spaghetti Volant.»

La lettre a connu un immense succès après avoir été publiée sur Internet. Bobby Henderson y décrit la création du Monde selon son propre point de vue, celui du Pastafarisme. Au commencement, le Monstre, composé de deux boulettes de viande et d’une multitude d’appendices nouilleux, crée une montagne, des arbres et un nain. Puis il invente tout le reste, « et nous sommes tous Ses créatures ». Pour étayer son argument, il précise qu’il existe un paradis, constitué principalement de volcans à bière, et dans lequel se trouve une manufacture de strip-teaseuses.

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L’image amuse, mais le principe est très sérieux. Pour mettre en exergue le caractère absurde du créationnisme « classique », il lui en oppose une alternative qui fait sourire, mais aussi réfléchir. Ou réagir. Quand ses opposants crient au blasphème, il conserve sa stratégie : «S’il ya un Dieu, et qu’Il est intelligent, alors je suis sur qu’il a le sens de l’humour. Et comment savez-vous qu’Il n’est PAS un Monstre en Spaghetti Volant ?» Et de rajouter que le Monstre aime beaucoup les pirates, dont le nombre en chute libre depuis le 19e siècle a précipité le réchauffement climatique. Cette facette parodique a d’ailleurs provoqué l’hilarité parmi les membres du Comité d’éducation du Kansas opposés au créationnisme, qui lui ont répondu en le remerciant de prendre position.

La guerre entre créationnisme et darwinisme n’est pas neuve aux Etats-Unis. Depuis 1925 et le procès de John Scopes, condamné à une amende pour avoir enseigné la théorie de l’évolution, les mobilisations s’enchaînent. En 1987, les enseignements créationnistes avaient été supprimés des manuels scolaires, car jugés anticonstitutionnels. Le retour de ces valeurs à l’école vient du fait que les Comités d’éducation peuvent voter la modification des programmes à la majorité. Ce type de décision reçoit d’ailleurs l’aval quasi-officiel du président George W. Bush lorsqu’il annonce que « parmi toutes les explications traditionnelles de l’origine de la vie, les professeurs de biologie doivent enseigner cette théorie de l’intervention d’une intelligence supérieure, qui soutient que les mutations aléatoires de la théorie de l’évolution sont en fait guidées par la main de Dieu »

Quand les détournements d'oeuvres d'art ne suffisent plus...

La communauté scientifique américaine continue à former un bloc contre la régression des découvertes de Darwin au rang de simple théorie à considérer avec un regard critique. Mais les sondages de ces dernières années révèlent que la vision religieuse reste une valeur de référence parmi de nombreux citoyens américains. 68% considéraient, en 2000, que les deux théories pouvaient fonctionner ensemble (avec la volonté divine guidant l’évolution). Bobby Henderson reste sceptique. « Je n’ai pas de problème avec la religion. J‘ai un problème lorsque la religion se pose comme étant une science. Va pour enseigner le créationnisme à l’école, mais pas pour l’enseigner dans une classe de sciences.»

En Novembre 2007, trois conférences concernant le Pastafarisme ont été tenues à l’Académie Américaine de Religion de San Diego, en Californie. Les débats portaient des titres tels que «Sainte Pâte et Sauce Originelle : les bordéliques implications du MSV dans la théorisation de la religion.» Les académiciens admettaient que, si cette intervention dans le programme faisait rire sous les capes, le débat soulevé s’annonçait très sérieux. Déterminer si la religion nécessitait une croyance théologique véritable ou juste une collection de rituels et une communauté se réunissant pour signaler son alliance culturelle. En bref : « Une anti-religion comme le Pastafarisme est-elle réellement une religion ? »

Une blague très sérieuse. Ce pourrait être la définition du Pastafarisme, et de la folie qui l’entoure. Les pastafariens potentiels peuvent d’ailleurs reporter leur affection sur le livre de Bobby Henderson, L’Evangile du Monstre en Spaghetti Volant, étayé par de nombreuses participations de chercheurs, historiens et un « mec super sympa qui a un avis sur tout » récemment traduit et publié en français. Et s’annoncer « pastafarien » dans son profil sur facebook, sans oublier d’adopter à vie, et quotidiennement, le costume de pirate. Ainsi serez-vous probablement touchés par Son Appendice Nouillesque…

Mais où se cache le pont ?

La recherche d’un voleur de pont mobilise depuis le 18 février la police tchèque. L’ouvrage d’acier, qui pèse la bagatelle de 4 tonnes, a disparu entre le 5 décembre et le 11 janvier. Il hébergait une ligne de chemin de fer désaffectée reliant les villes de Cheb et Stary Hroznatov en Bohême occidentale, près de la frontière allemande.

La compagnie de sécurité responsable du pont a donné l’alarme en remarquant que ledit pont ne se trouvait plus à sa place.

Martina Hruskova, porte parole de la police tchèque a expliqué à l’AFP qu’ils «ne savaient pas réellement s’il avait été subtilisé pour un usage personnel ou pour sa valeur à la découpe». Elle n’a pas précisé quel usage personnel pouvait en être fait.
Son confrère du commissariat de Cheb, Ladislav Boehm, a précisé que le dommage causé aux Chemins de Fer s’évaluait à 20 000 couronnes (environ 800€).

Si le crime reste une première en République Tchèque, sa perpétration n’est pas inédite ailleurs. Au moins deux ponts se sont envolés des paysages russes au cours des six derniers mois, et deux autres en Macédoine l’an dernier. Dans ce dernier cas, les voleurs s’étaient trahis en apportant 200 tonnes d’acier à un détaillant de métal. L’arrivée d’une vingtaine de camions dans sa cour avait rendu son propriétaire quelque peu soupçonneux.

Same player, shoot again!

20 participations, 20 défaites. C’est le record que vient d’établir l’ingénieur du son Kevin O’Connell lors de la 80ème cérémonie des Oscars le 24 février 2008, show annuel récompensant les meilleures réalisations cinématographiques de l’année écoulée. Jamais Hollywood n’avait vu tant de nominations, en vain. Un sacré palmarès.

L’important, c’est de participer. Kevin O’Connell, ingénieur du son, pourrait faire sienne cette phrase du baron de Coubertin. 73422785.jpgNommé 20 fois aux Oscars, il n’a en effet jamais remporté l’ultime récompense. A 51 ans, l’homme qui concourt cette année pour le mixage sonore de « Transformers », détient le record absolu d’échecs à cette cérémonie. Il en a ajouté un 20ème à son palmarès lors de la 80ème édition du show hollywoodien le 24 février 2008.

Le plus grand loser de l’histoire des Oscars

Postulant à la récompense américaine pour la 1ère fois en 1984 pour « Tendres passions », M. O’Connell était de nouveau nomé cette année. Malgré une vingtième déconvenue, le « recordman » ne se considère pas comme un « loser » : « Beaucoup de gens parlent de moi comme ‘le plus gros loser’ mais je ne l’ai jamais considéré ainsi ». Churchil n’a-t-il pas dit que « Le succès c’est d’aller d’échec en échec sans perdre son enthousiasme. » Et il en a à revendre de l’enthousiasme lui qui chaque année préparait un discours, au cas où … Pour conjurer le sort ou par lassitude, il n’en a pas préparé cette année. Il n’en a pas eu besoin.

Cet ancien pompier, reconverti car sa mère trouvait ce métier trop dangereux, précise quand même avec fierté qu’il est heureux de « voir son travail reconnu par ses collègues comme l’un des cinq meilleurs du secteur, avant d’ajouter. Cela est très gratifiant ». Il conserve d’ailleurs une part d’incrédulité à chaque nomination, avouant être chaque fois « sur un nuage ». Un nuage sur lequel plane l’ancien pompier, propulsé sous le feu des projecteurs grâce désormais à une prodigieuse carrière de « serial looser » des Oscars.

On remet ça l’année prochaine Kevin ?