Crise migratoire : “L’Europe et la France n’assument pas leurs responsabilités”

En retrait de la vie politique, Aurélie Filippetti n’en demeure pas moins une citoyenne engagée. Rencontrée à l’occasion du festival Cinemed qu’elle préside pour la troisième année consécutive, l’ancienne Ministre de la Culture de François Hollande se livre sans langue de bois sur hautcourant.

A la fin de l’année 2017, vous vous êtes mise en retrait de la vie politique. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Je suis toujours complètement en retrait de la vie politique. Je ne prendrai pas part aux débats dans la campagne pour les élections européennes. Il y a des moments où l’on doit être à l’intérieur de l’appareil politique parce qu’on peut faire avancer les choses. Et d’autres où l’on sait que, de toute façon, on ne pourra pas aller plus loin pour défendre ses idées. A ce moment là, il vaut mieux sortir et se mettre ailleurs.
Moi franchement je ne me verrai pas participer aux débats parlementaires tels qu’ils sont menés aujourd’hui à l’Assemblée. D’un côté, une majorité très godillot qui suit aveuglément tout ce qu’on lui demande de voter. De l’autre, une opposition qui doit faire de la communication à outrance pour exister. Moi ce n’est pas trop mon truc. Je trouve que pour l’instant il n’y a pas d’espace à gauche. Pas de parti qui pourrait me convenir.

Vous restez malgré tout une citoyenne engagée.

Tout à fait. Et je continue à prendre part au débat public. J’ai publié un livre il y a quelques semaines (NDLR : Les Idéaux). J’ai envie d’en écrire un autre dans l’année. Pour moi c’est la meilleure forme de participation au débat public. L’écriture engagée, c’est la vraie liberté.

Vous évoquez la “communication à outrance” utilisée par les partis d’opposition. Que pensez-vous des déclarations de Jean-Luc Mélenchon suite aux perquisitions effectuées au siège de La France Insoumise ?

Pour moi c’est justement une nouvelle opération de communication qui va encore fonctionner car on vit dans la société du spectacle. Je trouve choquant qu’un parlementaire s’attaque à la justice. Les juges d’instruction sont indépendants.  Heureusement qu’il y en a en France. Bien sûr qu’il y a des pressions sur la justice mais le juge d’instruction, lui, est indépendant.

“Des donateurs ont été particulièrement généreux avec Macron”

Maintenant que Jean-Luc Mélenchon dise qu’il n’y a pas eu la même diligence vis à vis des financements de la campagne d’Emmanuel Macron ça c’est un fait. Bien sûr il y a des problèmes dans la campagne de l’actuel Président. Des donateurs qui ont été extrêmement généreux avec Macron et pas avec d’autres. Ça c’est problématique. Mais la manière dont Mélenchon a pris à partie la justice, ce n’est pas acceptable.
Il faut respecter l’institution judiciaire en général. Si on commence à s’y attaquer, on ne peut pas après critiquer Marine Le Pen quand elle tient des discours contre la justice. Sinon c’est deux poids deux mesures.

La 40e édition de Cinemed que vous présidez met à l’honneur le Liban, un pays qui traverse une importante crise migratoire. Comment jugez-vous le comportement des Européens face à ces problèmes ?

Je trouve que l’Europe n’assume pas du tout ses responsabilités. Sans doute la France encore moins que les autres.
On a accueilli beaucoup moins de réfugiés que les autres pays européens par rapport à notre population. Sur les 190 000 migrants qu’on reçoit chaque année, on ne compte que 36 000 réfugiés de plus. En moyenne, ça fait un par commune. C’est vraiment rien du tout.

“On a aucune leçon à donner à l’Italie”

Il faut avoir conscience que cette crise aurait pu arriver aussi chez nous. Elle nous est arrivée dans le passé d’ailleurs. On doit absolument être solidaires de ces peuples mais aussi des pays qui sont touchés par la crise migratoire.

Comme l’Italie de Matteo Salvini ?

L’Italie a été en première ligne et les autres pays européens l’ont laissée se débrouiller. On a laissé notre frontière fermée et maintenant on vient donner des leçons aux Italiens en leur disant “vous avez voté pour un facho.” On a aucune leçon à donner à l’Italie.
L’arrivée au pouvoir de l’extrême droite est la conséquence de l’incurie de l’Union Européenne. De son absence totale de responsabilité et de solidarité à la fois vis-à-vis des migrants et des pays de l’UE les plus exposés à cette crise.

Vous avez été Ministre de la Culture pendant deux ans. Depuis quelques jours, c’est Franck Riester qui occupe ce poste. Quels sont les principaux enjeux auxquels il devra faire face ?

Je le connais car il était député en même temps que moi et il a suivi tous les dossiers culturels depuis plusieurs années. Donc voilà on verra. La véritable question c’est celle des moyens qu’on va donner à la culture.
Il faut que la culture soit une priorité pour le gouvernement et pour le Président de la République. C’est indispensable. On a besoin d’avoir une politique culturelle à la hauteur de l’image que renvoie la France dans le monde.
Je trouve que depuis plusieurs années, on n’accorde pas à la culture la place et les moyens qu’elle mérite.

Propos recueillis par Camille Bernard et Boris Boutet

Magnus Reuterdahl : « En Suède, une consommation éthique du vin se développe »

Le Suédois Magnus Reuterdahl est archéologue et blogger. Il écrit en ce moment pour un des plus gros magazines scandinaves sur le vin : Dinvinguide.se. Selon lui, la consommation de vin devient de plus en plus « éthique » en Suède, et les vins bio français présents à Millésime Bio ont les atouts pour profiter du mouvement. Interview.

Comment en êtes-vous arrivé à écrire sur le vin ?

J’ai commencé à écrire il y a une dizaine d’années et je suis aujourd’hui rédacteur pour un des plus importants magazines scandinaves sur le vin : Dinvinguide.se. J’ai participé il y a quelques années à la création de la communauté #winelover, qui compte aujourd’hui environ 20 000 membres. La révolution des réseaux sociaux a été mon ticket d’entrée dans le monde du vin, pour avoir des contacts, voyager et apprendre. Le vin est un élément parfait pour comprendre une culture, une région. La nourriture, l’histoire, les gens : tout cela explique pourquoi un vin est bon.

Selon une récente étude, les Suédois seraient les plus gros consommateurs européens de vins bio. Est-ce que vous pensez que cela correspond à la réalité ?

Oui c’est le cas. Je pense qu’on surfe sur la tendance bio du moment. Les consommateurs regardent de quelle manière le vin est produit. Une consommation éthique se développe et de plus en plus de Suédois pensent écologie, bio, commerce équitable.

Durant une conférence sur la Suède en marge de Millésime Bio, il a été démontré une augmentation significative de la consommation de vins bio dans les grandes villes suédoises. Qu’en pensez-vous ?

Je ne dirais pas seulement dans les grandes villes mais un peu partout en Suède. Comme beaucoup de tendances, ça commence dans les grandes villes avant de s’étendre. Même si je ne suis pas un grand fan du monopole d’État qui existe en Suède, cela a l’avantage de mettre tous les vins sur les mêmes étagères et parmi eux, beaucoup sont bio. Parallèlement, de nombreux journalistes, bloggers et écrivains ont contribué à la notoriété de ces vins en écrivant à leur sujet, en plus de cette tendance à consommer sain, local et durable.

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Selon vous, les consommateurs sont-ils prêts à payer plus pour boire du vin bio ?

Oui et non. Si vous prenez un consommateur lambda, il pourrait choisir un vin bio si le prix est situé dans sa fourchette d’achat, disons entre 5 et 9 euros. Là encore, parmi les vins les moins chers du catalogue du monopole d’État, beaucoup sont bio. Cela a contribué à une augmentation des ventes. Si l’on regarde du côté agroalimentaire, les consommateurs paieront plus pour certains produits (œufs, légumes, lait…). Si c’est présenté de la bonne manière, ils achèteront le produit même si le prix est plus élevé, aussi longtemps que ce produit sera dans leur fourchette d’achat. Mais cette dernière ne dépassera probablement pas les 5-9 à 10-15 euros.

S’il y a en effet une augmentation de la consommation de vin bio en Suède, pensez-vous que les vins français ont une chance face aux vins italiens ?

Oui je le pense. Mais à mon avis, les viticulteurs français doivent faire des efforts de communication afin que les consommateurs puissent relier le vin à la région de production. La France est un pays qui a de nombreux avantages : de bons raisins, des régions entières couvertes de vignes et une histoire. Cependant les nouveaux consommateurs, comme en Suède ou même aux États-Unis, ne le savent pas nécessairement. Ils doivent être ciblés. Il y a ici ce que j’appelle une « génération perdue », surtout chez les hommes entre 20 et 35 ans. Il y a quelques années, le vin était cette « boisson d’adulte » qu’il était courant de consommer. Aujourd’hui, il y a une grande compétition avec les bières, le whisky, le gin…. La question est de savoir si cette génération-là va se mettre à boire du vin ou pas. Vous ne pouvez pas vous asseoir et espérer que quelqu’un vous trouve, espérer que votre héritage vous apporte de nouveaux clients. Vous devez vous lever et vous montrer. Le vin bio est un des moyens de le faire.

Finalement, les viticulteurs qui parviennent à exporter efficacement leurs vins sont ceux qui travaillent ensemble pour renforcer l’image d’une région. Ceux qui promeuvent même d’autres vins que le leur pour être plus visibles.

Gilles Contrepois s’est reconverti dans le vin bio : « J’étais prêt à remuer des montagnes pour y arriver »

Voilà vingt ans, Gilles Contrepois plaque tout pour changer de vie. L’informaticien parisien met le cap au sud et décide de devenir vigneron. A 53 ans, il gère aujourd’hui avec sa femme le domaine Grand Guilhem à Cascastel-des-Corbières, dans l’Aude. Chambres d’hôtes et vin bio : il a trouvé sa voie. Rencontre.

Que faisiez-vous avant de gérer le domaine Grand Guilhem et de vous lancer dans la viticulture bio ?
-175.jpgJe suis originaire de la banlieue parisienne où j’ai également fait mes études. N’étant pas trop mauvais en maths et ne sachant pas trop quoi faire de ma vie, j’ai intégré une école d’ingénieur. J’avoue que c’était une voie royale : j’étais sûr de trouver un travail à la sortie. Issu d’un milieu modeste, je me suis payé mes études. Même si le métier d’ingénieur n’était pas une passion en soi, j’ai vécu la vie parisienne à 100 %. Je sortais beaucoup, je rencontrais du monde. Après mes cinq années d’études, j’ai travaillé dans trois sociétés différentes, j’ai touché à tout : marketing, commerce, technique… Mon dernier poste était celui de responsable des ventes dans une société américaine, Oracle. Je gagnais très bien ma vie, à la limite de l’indécence !

Mais alors, comment passe-t-on d’une vie parisienne qui vous procurait argent et confort à vigneron dans l’Aude ? Quel a été le déclencheur ?
À 33 ans, j’ai commencé à m’ennuyer dans mon travail. Je trouvais que ce que je faisais était répétitif, limité. Je traînais des pieds pour aller travailler, ce qui est rarement bon signe ! J’ai commencé à réfléchir aux choses qui me faisaient vraiment vibrer. J’ai beaucoup voyagé et découvert le monde du vin. Puis j’ai toujours aimé le contact avec les gens. Allier ces deux intérêts me paraissait être une bonne idée. Le but était d’associer le côté solitaire du vigneron tout en gardant le contact avec les gens grâce aux chambres d’hôtes.

Pourquoi avoir choisi l’Aude, les Corbières, et ce domaine en particulier ?
-15.pngCe n’était pas une évidence au départ. Avec ma femme, nous avons visité beaucoup d’endroits en France. On a commencé par le Lot avant de se rendre compte que l’hiver est un peu rude et la mer beaucoup trop loin ! On a enchaîné avec le Bordelais : on était tentés par les côtes de Castillon, les côtes de Francs. Mais là, nous n’avons pas aimé la mentalité bordelaise : nous n’avons pas été très bien accueillis. On s’est alors rabattus sur le Languedoc où nous avions l’habitude de passer nos vacances. On s’est dit : c’est une belle région avec de bons vins, il y a des choses à faire. On voyait la possibilité de s’exprimer et de créer des choses nouvelles. Les Corbières sont vite devenues une évidence après un passage dans les Pyrénées-Orientales où on s’est sentis un peu prisonniers : milieu plus urbanisé et accueil là encore pas très chaleureux. On est passés par des agences pour trouver un domaine qui nous correspondait. Le domaine Grand Guilhem avec sa maison qui n’avait jamais été habitée sauf pendant la guerre nous a plus : un site doté de dix-huit parcelles très morcelées avec des lieux-dits et des cépages très différents. Et surtout du Carignan, un cépage qui me faisait rêver !

N’étant pas vigneron à la base, vous êtes-vous formé avant de vous lancer ?
Il a fallu s’installer en tant que jeunes agriculteurs. Pour cela, j’ai passé un bac pro agriculture par correspondance via le Centre National de Promotion Rurale (CNPR). Ma femme, elle, a obtenu un brevet d’aptitude professionnelle agricole. De mon côté, j’ai enchaîné avec trois BTS : viticulture œnologie, boisson vin et spiritueux, conduite et gestion d’une exploitation agricole. Avoir les diplômes était la base pour pouvoir s’installer et bénéficier de prêts bonifiés. Mais je n’y suis pas allé à l’aveuglette : lorsque je suis allé voir la banque, j’avais préparé un business plan avec perspectives pour l’avenir sur trois, cinq, dix ans.

-178.jpgAvez-vous rencontré des difficultés pour vous installer ?
Au départ, la banque des agriculteurs nous a découragé : « il faut tout arracher » nous lançaient-ils ! On a su qu’on n’avait pas eu les prêts par les habitants du village ! Tout ça était un peu étrange. Je n’étais pas préparé à cet obstacle-là. Au vu de mon projet et de mon ancien métier, je pensais que les banques allaient me dérouler le tapis rouge, et pas du tout ! L’objectif était de privilégier l’emprunt pour avoir une trésorerie, ne pas diluer nos économies et vivre confortablement. J’ai consulté le maire qui n’a pas souhaité trop se mouiller. Fort heureusement, d’autres structures se sont montrées plus motivées par le projet. Il faut dire qu’à l’époque, nous étions des jeunes parisiens qui souhaitaient faire vivre une maison inhabitée depuis des années et lancer une production de vin bio : nous étions une curiosité dans le village !

Au-delà du financement, comment avez-vous réussi à construire cette nouvelle vie ?
L’ancien régisseur du domaine, Jeannot, nous a beaucoup soutenu. Vigneron à la retraite qui ne souhaitait pas s’arrêter de travailler, il a été présent à chaque étape. En décembre 1997, quand tout a vraiment démarré, j’avais 35 ans, une femme et deux enfants en bas âge. A cela s’ajoute les travaux de la maison, les artisans à trouver, les vignes à s’occuper en pleine période de taille, les cours par correspondance, le montage de la société… Pendant trois ans, ma femme et moi n’avons pas dormi plus de trois heures par nuit ! Mais j’avais tellement envie que, encore aujourd’hui, les difficultés me semblent toutes relatives. J’étais prêt à remuer des montagnes pour y arriver. Au final, le plus dur à gérer était l’inquiétude de mes parents : l’éloignement, le changement de vie… D’autant que je suis à la base « gaucher de la main gauche », pas du tout manuel ! J’ai dû tout apprendre sur le tas !

Pourquoi avoir choisi la viticulture biologique ?
Mon objectif était de travailler comme un artisan, au plus près du raisin. Le bio était une évidence dès le départ, même si à l’époque ce n’était pas vraiment tendance ! Je suis passé pour un fou, j’ai beaucoup fait rire dans le village ! Car évidemment, on a des rendements inférieurs à ce que l’on a en viticulture conventionnelle. Mais je me considère comme simple locataire des sols et je n’ai pas envie de transmettre des terres mortes. Parallèlement, je n’ai pas envie de me faire du mal : quand on voit le nombre de cancers du cerveau chez les viticulteurs, ça fait peur ! Dans certains produits utilisés à l’époque il y avait de l’arsenic, c’est vous dire ! Mon souhait aussi est de proposer un produit qui fasse du bien, un vin qui me ressemble. Une cuvée « nature » issue de vendanges manuelles, vinifiée à partir de levure naturelle, avec aucun ou très peu de sulfites : du raisin et rien que du raisin !

-176.jpgVous participez au salon Millésime bio à Montpellier. Que vous apporte cet événement ?
Cela fait dix ans que je participe au salon Millésime bio grâce auquel je trouve 80 % de mes clients. Le but est de ne pas être un vendeur de vin mais d’être présent. Je travaille avec des cavistes et des restaurateurs rencontrés au salon. J’ai fait le choix de ne pas courir les salons pour continuer à être présent dans les vignes. Millésime bio est sympathique mais c’est devenu énorme, peut-être un peu trop. C’est le reproche qu’on lui fait. Dès lors, des salons off se développent : chaque année j’admets me poser la question de continuer ou pas. Et tous les ans, au final, je reste fidèle pour honorer l’appellation et la certification. C’est un choix parfois mal vu par d’autres viticulteurs qui boycotte le côté « usine » du salon. Mais moi, j’aime sa philosophie : celle qui consiste à donner le même stand si on est jeune viticulteur ou viticulteur expérimenté, si on a 2 ou 50 hectares de vignes. Ce n’est pas le cas de tous les salons : sur certains, plus on a d’argent ou de parcelles, plus notre stand est important, je n’aime pas ça ! Malgré tout, je participe à deux autres salons : Expression des Vins Bio à Bordeaux (un off de Vinexpo) et Real Artisanal Wine à Londres.
Hors salons, je vends 20 à 30 % de mes produits au domaine : un tiers à l’export, un tiers aux cavistes et restaurateurs. C’est une répartition que j’essaie de préserver parce que la vente en direct, c’est forcément plus de marges.

Quels conseils donneriez-vous à ceux qui souhaitent suivre votre exemple : se lancer dans la viticulture bio ou, tout simplement, changer de vie ?
Il faut d’abord être conscient que tout projet n’est pas voué à la réussite. Dès lors, la motivation et la réflexion sur la faisabilité économique du projet sont très importantes. Il est aussi nécessaire, quand on est en couple, de construire le projet à deux et de tenir compte des aspirations de chacun. Dans la viticulture bio plus précisément, être polyvalent est une obligation ! Tout comme avoir une âme de chef d’entreprise : s’occuper de la comptabilité, de l’encadrement des employés, du marketing, du matériel, des vignes… De notre côté, j’avoue que le fait d’ouvrir des chambres d’hôtes en parallèle nous a beaucoup aidé pour maintenir un lien social et pour la notoriété du domaine.

Quels plaisirs trouvez-vous dans votre métier ?
L’idée que des personnes boivent mon vin aux quatre coins du monde, je trouve ça top ! Le fait que le fruit de mon travail donne du plaisir aux autres : quand je reçois un SMS pour me remercier, je suis le plus heureux des hommes !

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Carole Delga:  » Nous connaissons le mieux la région. « 

Carole Delga est la tête de liste du PS-PRG-MRC pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Nous l’avons rencontré dans les locaux du Parti Socialiste à Toulouse, le 10 novembre 2015. Dans l’interview, elle représente la ligne du gouvernement pour les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains.

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Philippe Saurel est la tête de liste des Citoyens du Midi pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Également maire de Montpellier et Président de sa nouvelle métropole, nous l’avons rencontré le 13 novembre 2015. Dans l’interview, il montre comment il s’est lancé tête baissée dans les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains.

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Gérard Onesta est la tête de liste du « Nouveau Monde » (FG, EELV, PO, NGS), pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Nous l’avons rencontré à Toulouse, entre deux rendez-vous, le 10 novembre 2015. Dans l’interview, il présente sa vision de la politique citoyenne et participative, pour ces élections régionales des 6 et 13 décembre prochains.

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« Je vais vous faire mal »

Mardi 14 Octobre 2014 a eu lieu, au Gaumont Multiplexe de Montpellier, l’avant-première de « La prochaine fois je viserai le cœur », le nouveau film de Cédric Anger. Inspiré de l’affaire du « tueur de l’Oise », ce fait divers qui a défrayé la chronique française entre mai 1978 et avril 1979, le film relate l’histoire d’Alain Lamare. Gendarme exemplaire de 22 ans officiant à Chantilly, Alain Lamare est chargé d’enquêter sur une série de crimes qui prend pour cible des jeunes femmes. Crimes dont il est lui-même l’auteur. Le film nous plonge pendant près de deux heures dans la psyché de ce maniaque énigmatique qui tue sans aucun motif.

Comment vous est venue l’idée de réaliser une adaptation cinématographique de l’affaire du « tueur de l’Oise » ?

Cédric Anger : Au départ, il y a la découverte du livre de Yvan Stefanovitch, Un assassin au-dessus de tout soupçon (Edition Balland, ndlr). Yvan, qui travaillait pour l’AFP, suivait l’affaire du tueur de l’Oise. Il était souvent présent aux côtés de Lamare pendant l’enquête. Il explique que Lamare était le plus motivé dans la recherche du tueur, donc paradoxalement de lui-même. C’est l’aspect schizophrénique de ce personnage qui m’a poussé à en faire une adaptation cinématographique.

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Et comment adapte-t-on un fait divers au cinéma ? Tout ce qui est dans le film s’est-il réellement produit ?

C.A. : Je me suis beaucoup inspiré du livre de Yvan Stefanovitch. J’ai écouté des témoignages, lu des procès-verbaux et des lettres de menace que Lamare envoyait à la gendarmerie. Dans l’ensemble, je suis resté fidèle aux événements. Les agressions, la fausse course-poursuite, la tente que Lamare avait plantée dans sa propre chambre et dans laquelle il dormait, tout cela correspond à la réalité. Même les séquences les plus invraisemblables sont authentiques : l’interrogatoire de la fille qu’il a renversé et à qui il demande une description du criminel, ou encore lorsque que, pour échapper à la brigade cynophile, il reste sous l’eau pendant plusieurs heures en respirant grâce à un roseau. Pour ce qui est de la relation qu’il entretient avec Sophie (Ana Girardot) et des zones d’ombre qui entourent encore ses agissements, nous avons été contraints de recourir à l’écriture. D’un point de vue de la réalisation, c’est différent. Il me fallait échapper au côté fait divers pour ne pas risquer de faire un faux documentaire. C’est du cinéma, donc de la fiction et de la mise en scène. Voilà pourquoi j’ai fait le choix de donner un aspect fantastique à certaines séquences du film.

Guillaume Canet, comment en êtes-vous venu à interpréter le rôle ce tueur psychotique ? Comment vous l’êtes-vous approprié ?

Guillaume Canet : Je connaissais vaguement l’histoire du gendarme Lamare. Quand Cédric m’a parlé de son projet, j’ai lu le livre d’Yvan Stefanovitch qui m’a beaucoup intéressé. La lecture du scénario a fini de me convaincre. Ce qui me plaisait énormément, c’était de jouer le rôle de ce personnage qui souffre pour tuer. C’est très net lors de la séquence avec l’autostoppeuse. Il lui dit « je vais vous faire mal ». On sent qu’il ne prend aucun plaisir à la tuer, bien au contraire même, mais on a également le sentiment qu’il n’a pas le choix, qu’il ne peut pas ne pas le faire. Une sorte de mal-être profond et inexpliqué qui le pousse à faire ça. J’étais terrifié par ses actes et en même temps j’avais de l’empathie pour lui. En ce qui concerne l’interprétation elle-même du rôle, je m’en suis tenu à ce qu’a écrit Cédric, à l’ambiguïté de ce personnage malade. C’était fascinant à jouer. Très certainement un des meilleurs rôles que j’ai eu ces dernières années.

Le film joue sur les deux facettes de la personnalité de Franck [1], gendarme et tueur. Comment jouer ce dédoublement ?

G.C : Franck est une sorte de pompier pyromane. Il enquête sur ses propres crimes. Il est d’ailleurs celui qui au sein de sa brigade est le plus dévoué à sa mission. Il fallait donc jouer deux personnages, l’un gendarme, l’autre civil. Ce sont les costumes qui m’ont beaucoup aidé à interpréter ces deux facettes de sa personnalité. Par exemple, dans une scène du film cadrée en plan américain, il n’était pas nécessaire que je porte les chaussures officielles d’un officier de gendarmerie. J’avais des chaussures beaucoup plus confortables mais elles m’ont énormément gêné pour incarner le personnage. Cela ne collait pas avec la nécessaire droiture et rigidité de l’ordre militaire. J’étais déstabilisé.

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Le film est parsemé de plans montrant des lombrics vivants, comment doit-on les comprendre ? Est-ce votre façon de retranscrire visuellement la psychologie du personnage ?

C.A. : C’est une idée que j’ai eue pendant l’écriture du film. Une idée visuelle qui ne demande pas forcément à être justifiée verbalement. Etant donné que j’ai choisi de raconter cette histoire du seul point de vue de Franck, il fallait pouvoir rendre visible l’indicible. Les vers de terre ont été pour moi une évidence. Quant à leurs significations, je laisse le spectateur libre de leur donner le sens qu’il souhaite, qu’elles soient psychologiques ou non.

Guillaume Canet, vous êtes également réalisateur. Avez-vous conseillé Cédric Anger pour mettre en scène La prochaine fois je viserai le cœur ?

G.C. : Cédric est un excellent cinéaste. Il a déjà réalisé deux long-métrages (Le Tueur, 2008 ; L’Avocat, 2011) et a donc toute l’expérience nécessaire pour mettre en scène un film. Il sait où il va. Et puis, j’ai pour habitude de toujours rester à la place qui est la mienne. Donc non, je n’ai pas conseillé Cédric pour mettre en scène ce film.

Propos recueillis le 14 Octobre 2014 à Castelnau-le-Lez (34) par Yoann Hervey.

[1] Cédric Anger, soucieux de ne pas faire du film une sorte de documentaire sur le tueur de l’Oise, a jugé préférable de modifier le prénom d’Alain Lamare par Franck.

Edwy Plenel rend hommage à Stéphane Hessel

Stéphane Hessel, l’icône des « indignés », s’est éteint ce mercredi 27 février, à l’âge de 95 ans. Résistant de la première heure, diplomate, ambassadeur, militant politique et écrivain renommé, Stéphane Hessel laisse derrière lui « l’idée que nous sommes tous responsables de notre liberté ». Ces propos sont ceux d’Edwy Plenel, président et co-fondateur de Médiapart et aussi professeur associé du master 2 « métiers du journalisme » de Montpellier.

Edwy Plenel lui rend hommage et revient sur son empreinte, son héritage, sa longévité, leur amitié et l’exigence de lutter et d’espérer :

Edwy Plenel rend hommage à Stéphane Hessel by Hautcourant on Mixcloud