Le d’OC, un média pour soigner les maux de la presse

Nouveau venu dans le paysage médiatique montpelliérain, le site le d’OC veut prendre le temps de décrypter l’information. Focus sur ce média qui propose un autre regard sur l’actualité.

Urgence : l’information est souffrante. Infobésité, carence du pluralisme journalistique et épidémie de fake news… Face à tous ces maux, le d’OC vous propose un traitement.
Créé en février 2017 par le journaliste Benjamin Téoule, l’objectif de ce pure-player est de « prendre le temps de raconter les histoires et les enjeux du territoire » comme l’explique son fondateur. Le nom du média révèle sa ligne éditoriale. Comme le docteur, « nous voulons ausculter l’information ». Le d’OC ambitionne de la traiter comme un documentaire, avec la prise de distance nécessaire. « OC » pour Occitanie, car c’est le média d’ici.

Le d’OC a été fondé pour « répondre à un besoin des citoyens qui ont envie de s’informer mais remettent en cause les traitements journalistiques de l’information. Aujourd’hui, le citoyen est saturé d’infos », déclare Benjamin Téoule. Ce média de proximité veut prendre le contrepied par une analyse des enjeux locaux. L’indépendance de ce site montpelliérain est indispensable pour produire une information de qualité. Contrairement aux autres médias locaux qui vivent principalement des fonds des collectivités locales, le d’OC ne reçoit aucune aide. Il est financé par les fonds personnels du fondateur et essentiellement par ses abonnements, plus de 300 au bout de 10 mois. Le contenu payant (4,90 euros par mois pour la formule annuelle) est ainsi essentiel pour garantir sa liberté éditoriale.

L’équipe du d’OC se compose de quatre pigistes, du directeur de la publication Benjamin Téoule, de photographes et d’une équipe qui gère le site internet. Avec son « petit » budget (dont nous ne connaissons pas le montant), le d’OC est paru en version magazine papier cette année uniquement pour promouvoir le média en dehors d’Internet. Ce média très ambitieux propose des enquêtes, des reportages, des interviews, des portraits et des grands entretiens. « Je pense que c’est par la force de nos sujets, que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs, et par la force de nos révélations que nous pouvons nous faire connaître » déclare Benjamin Téoule.

Le d'OC

Quels sont les projets du d’OC ?

« Le principal objectif est d’asseoir ce nouveau média qui doit prendre sa place dans le paysage médiatique », affirme Benjamin Téoule. À terme, son ambition est d’augmenter le nombre de publications avec au moins deux articles par semaine (au lieu d’un article minimum actuellement) et de sortir de Montpellier pour s’étendre sur le reste de la région.
Pour résumer, que dire à quelqu’un pour l’inciter à s’abonner au d’OC ? « S’il y a de la défiance envers certains médias, le D’OC a une totale indépendance, les articles sont réalisés par des journalistes professionnels, et le D’OC est complémentaire des médias qui existent déjà. Nous rejoindre, c’est participer à l’avènement d’un média et lui garantir son indépendance », répond le directeur de la publication.

Traiter l’information locale avec un regard distancié est une ligne éditoriale adoptée par de plus en plus de médias comme Marsactu ou Médiacités. Le d’OC, qui n’a même pas encore un an, est ambitieux mais acquiert déjà la reconnaissance de ses pairs. Certains de ses articles ont été repris par d’autres médias. Son enquête sur les liens très étroits entre le maire de Montpellier, Philippe Saurel et la famille Iborra a été publiée également par Médiapart, et son enquête sur les soupçons d’emploi fictif de la députée européenne du Front National, France Jamet, a été citée par Libération.
Un premier pas pour que ce « petit média » devienne « grand ». Vous l’aurez compris, le d’OC est un média à consulter sans prescription.

PORTRAIT DU JOUR #5 – Hacene Larkem, le journalisme n’a pas de frontières

Dans le cadre du Cinemed qui met à l’honneur le cinéma algérien, des journalistes de ce pays ont été invités pour couvrir le festival. Une manière de découvrir une autre réalité du métier.

Pour Hacene Larkem, le journalisme est avant tout une passion. C’est à partir de la terminale qu’il prend goût au métier. Il participe à la rédaction du magazine du lycée. Et se lance ensuite dans des études d’information et de communication. Une fois diplômé, il réalise des piges pour différents médias algériens et travaille en Egypte. Il retourne en Algérie en 2011 et intègre l’agence de presse nationale algérienne, (l’Algérie Presse Service), en tant que reporter. En décembre 2012, il fait partie « des trois personnes qui ont créé le service audiovisuel de l’agence ». Un fait d’armes dont il est fier. Pour continuer à en apprendre sur son métier et se perfectionner dans l’audiovisuel, Hacene décide de reprendre ses études et finit major de sa promotion. Les six journalistes algériens présents au Cinemed sont aussi « les six majors de promo de chaque spécialité » de l’Ecole Supérieure de Journalisme d’Alger.

Quand on l’interroge sur la réalité de son métier en Algérie, il affirme qu’il existe « une crise de la presse, notamment pour la presse écrite et privée. Les journaux ferment, des journalistes sont au chômage ». Hacene, lui, fait partie des chanceux. Il est dans le secteur public qui « se porte bien grâce aux aides de l’Etat même s’il n’y pas d’augmentation de salaires ». Il dévoile le lien entre la crise subie par le pays et le prix du baril de pétrole en baisse. Il distingue aussi nettement le secteur public et le secteur privé. « La presse privée est libre de tout faire, elle dépasse parfois certaines limites de la déontologie. A contrario, la presse publique a une ligne éditoriale précise à suivre, l’objectivité avant tout ». Quand il écrit des articles politiques ou économiques (sa spécialité), il doit obligatoirement citer ses sources, et donne l’information brute sans exprimer son avis.

Mais alors n’est-ce pas trop difficile de parler du cinéma quand on est pas habitué ? Hacene semble trouver cela « abordable ». Pour lui, le Cinemed est l’occasion de retrouver les salles obscures et découvrir le cinéma de son pays. Un cinéma très peu diffusé en Algérie et qui souffre clairement d’un manque de financements. « Ces films m’ont étonné, c’est une fierté de regarder les films de la jeune garde du cinéma algérien ».
En couvrant le festival, ses collègues et lui veulent éclairer leurs concitoyens et faire bouger les choses. Une mission noble, qui s’annonce ardue.
Concernant Hacene, il va tenter de passer son doctorat et souhaite se spécialiser dans l’économie. Il travaille actuellement sur la création d’une émission consacrée à ce domaine. Il faut bien le reconnaître, quand on aime, on ne compte pas.

À Montpellier, Aude Lancelin présente son « Monde Libre »

Invitée de la librairie Sauramps, Aude Lancelin était au Gazette Café ce vendredi 16 décembre pour présenter son livre : Le Monde Libre, prix Renaudot de l’essai 2016. Ancienne directrice adjointe de l’Obs, celle qui a passé 13 ans de sa vie dans le journal livre aujourd’hui un témoignage « à la confluence entre monde politique, financier et faiseurs d’idées ». En marge de la rencontre, elle répond aux questions de Haut Courant.

Officiellement licenciée pour « raisons managériales » en mai 2016, l’ancienne responsable des pages « Idées » à l’Obs dénonce des « motifs politiques ». Elle serait accusée d’être « trop à gauche » et « trop proche du mouvement Nuit Debout » initié par son compagnon, l’économiste Fredéric Lordon. Des consignes de renvoi, qui d’après certaines sources qu’elle ne dévoile pas, viennent de certains des actionnaires en lien avec le plus haut sommet de l’État.

Devant un public venu nombreux, Aude Lancelin revient sur « la dérive du système médiatique français » à partir de son expérience. Le Monde Libre  (éditions Les Liens qui Libèrent) reprend le nom de la holding des trois hommes d’affaires Pierre Bergé, Xavier Niel et Mathieu Pigasse. Il a été volontairement rédigé sous forme de conte afin de « mettre à distance les événements », indique la lauréate du prix Renaudot. L’ancien directeur du Point Franz-Olivier Giesbert et Patrick Besson ex-chroniqueur du principal concurrent de l’Obs, ne seraient d’ailleurs pas étrangers à cette nomination.

« Les rédacteurs en chefs sont choisis pour et par les bailleurs de fonds »

Son but : démontrer « la fabrique des idées » à l’œuvre dans ce qu’elle appelle « les maisons centrales pour journalistes ». L’ouvrage raconte « la dégradation d’un climat intellectuel » à l’Obs. Anciennement appelé Le Nouvel Observateur, « il se faisait autrefois l’écho de grands intellectuels comme Jean Paul Sartre, Albert Camus ou Michel Foucault » et se réfère aujourd’hui à « des idéologues extrêmement à droite qui font la loi dans les journaux de la supposée gauche » selon l’auteur. Elle évoque à de nombreuses reprises les noms de BHL (Bernard Henri Levy), Alain Finkielkraut ou encore Pierre Nora dont on ne pourrait critiquer la pensée sous peine de « multiplier les rendez-vous avec la hiérarchie ».

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Aux journalistes qui déclarent « ne jamais avoir subi de censure de la part de leurs supérieurs », elle répond que « dans un système idéalement géré, l’actionnaire n’a pas besoin de passer un coup de fil car les rédacteurs en chefs sont choisis pour et par les bailleurs de fonds ».

Pas fataliste pour autant, le journalisme reste pour Aude Lancelin « un idéal », qui nécessite de « sortir des lieux de morts pour l’esprit ». Or « l’Obs préfère se suicider plutôt que d’offrir aux lecteurs ce dont ils ont envie », affirme l’auteur. Une étude interne auprès du lectorat du journal démontre un intérêt croissant pour des idées neuves, des penseurs à contre courant. Il y a là pour la journaliste « un véritable boulevard à développer pour le monde de l’information ».

La rencontre se termine par une séance de dédicace et un échange avec le public. L’un d’entre eux l’interroge : « Pourquoi être restée tant d’années dans un média dont vous connaissiez les limites depuis longtemps ? ». Habituée à cette question, la journaliste explique la trouver « légitime » et réplique : « personnellement, j’ai longtemps pensé qu’il n’y avait pas de petites victoires et que l’on pouvait faire bouger les choses de l’intérieur. Aujourd’hui, je me rends compte de plus en plus que c’est impossible .»

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5 questions à Aude Lancelin

Au delà du constat dressé dans votre ouvrage, par quels moyens politiques et/ou professionnels peut-on limiter les effets néfastes de la concentration des médias ?

Je n’ai pas de très bonnes nouvelles à vous annoncer. Cela dépend de la volonté politique, et pour l’instant il n’y en a pas. Les citoyens ont droit à la libre circulation des idées et des opinions. C’est pour cela qu’il faut impérativement une nouvelle loi, notamment sur la concentration dans les médias. Depuis les années 80, les médias ont évolué, nous avons eu l’entrée dans le numérique mais malgré cela, aucune loi n’a été initiée. Le journaliste Pierre Rimbert a un projet intéressant à ce sujet. Également, au niveau des aides à la presse, on peut corriger des choses simples. Pour exemple, parmi les bénéficiaires de ces aides, on ne fait pas la distinction entre un média comme Le Monde Diplomatique et Closer. Pourtant l’un est d’intérêt public et l’autre je vous laisse juge…

Selon vous, la précarité des journalistes est-elle volontairement mise en place par les actionnaires ?

Effectivement, dans un régime actionnarial de ce type, rien ne peut être développé dans un journal. Les différents plans sociaux encouragent la précarité et la précarité encourage la docilité. Je ne sais pas si l’on peut dire qu’elle est volontaire, mais il est clair qu’elle est avantageuse pour les actionnaires. Vous savez, ce ne sont pas des créateurs de presse. Ils ne sont pas là pour proposer des médias innovants ou des contenus intéressants pour les lecteurs. Ils ne sont pas forcément là non plus pour gagner de l’argent d’ailleurs. Ce qu’ils achètent c’est de l’influence. Cependant, ils veulent en bénéficier à moindre coût, et les salariés en sont un.

A ce propos, il y a en ce moment un plan de réduction des salariés en cours à l’Obs

Oui en effet. La boucherie concerne 38 postes et aura lieu d’ici fin février 2017.

Si certains de vos collègues ont pu mal prendre « la médiocrité journalistique » que vous décrivez dans le livre, d’autres vous ont-ils soutenu ?

Certains m’ont soutenu oui, une motion de défiance à l’égard de la direction de l’Obs a même été votée à plus de 80% pour me soutenir. Une première historique dans ce journal. Beaucoup se sont toutefois montrés assez mous à l’égard du plan de licenciement qui a suivi mon départ, montrant trop peu de détermination pour peser. Il n’y a même pas eu de grève. Le journal est toujours sorti en kiosques dans les temps.

Et maintenant, quels sont vos projets ?

Je n’ai pas encore de certitudes. L’idée de lancer un nouveau média est séduisante, d’autant qu’en écrivant un livre comme Le Monde Libre, on se carbonise forcément dans la presse mainstream. A l’heure d’aujourd’hui, je suis fichée, non seulement pour des raisons idéologiques et politiques mais aussi parce que ces médias ne supportent qu’une quantité limitée de vérité. Ceci étant, j’ai écrit le livre en connaissance de cause, je savais que ce serait difficile après. Cela demandait d’accepter le risque et l’incertitude, et c’est ce que je fais.

Jean Stern : « Les chaînes d’info ? Des perroquets du conformisme qui reprennent en boucle des niaiseries »

Jean Stern est journaliste. Issu du CFJ, il participe en 1979 à la création de Gai Pied sous l’égide de Michel Foucault puis devient reporter international. Passé par Libération, La Tribune ou le Nouvel Économiste, il est actuellement consultant et directeur pédagogique de l’École des métiers de l’information. En octobre 2012, il publie un pamphlet virulent Les patrons de la presse nationale : tous mauvais, aux éditions La Fabrique. L’occasion pour lui de revenir sur l’évolution des patrons de presse depuis 1945, de la domination des « 3H » (Hersant, Havas et Hachette) à des figures emblématiques comme Jean-Marie Colombani ou Serge July. Plus qu’un simple historique, l’auteur s’est fixé un but précis : démontrer que les patrons de presse actuels, qui sont aussi des patrons du CAC 40 (comme l’a si bien montré Les Nouveaux Chiens de Garde), sont responsables de la perte d’indépendance des rédactions comme de leur appauvrissement. L’ouvrage est complet, fruit d’enquêtes minutieuses et révélateur d’une crise profonde. Pourtant, il a été peu médiatisé. Rencontre avec un homme qui dit tout haut ce que certains pensent certainement tout bas.

Votre ouvrage met directement en cause les patrons de presse dans la crise actuelle subie par la presse. À partir de quand estimez-vous que le patron de presse a commencé à nuire à son entreprise ?

Je ne peux pas dire les choses comme cela. Il faut en effet distinguer les périodes. Mon livre raconte la perte d’indépendance de deux titres, Libération et Le Monde, qui étaient la propriété de leurs équipes, au profit de milliardaires, et la prise de contrôle d’autres titres par d’autres milliardaires. De ce point de vue, c’est un processus qui date des 20 dernières années. C’est donc assez récent. Mais, en même temps, c’est aussi le fruit d’erreurs plus anciennes qui, elles, remontent à l’absence de définition d’un cadre clair pour la presse française à la Libération. La sous-capitalisation des titres en 1944-1945 et l’endettement auprès des banques nationalisées à partir de l’expansion des années 50, l’étroite imbrication de l’État dans les affaires de presse, à commencer par le contrôle de l’AFP et les innombrables aides, ont encore aggravé l’économie artificielle de ce secteur. La nuisance est en tout cas subtile, mais le contrôle est réel. Vu comme ça, le « conflit d’intérêts », en vogue ces temps-ci, peut s’appliquer à la presse nationale depuis une bonne décennie.

Pourquoi en vouloir autant à ceux que vous appelez les « journalistes-managers » (Jean-Marie Colombani et Serge July), dont les projets d’expansion auraient pu être, au finale, des réussites ?

les-patrons-de-la-presse-nationale-tous-mauvais.jpgTout cela a un double sens. Le fond, c’est que le projet de Serge July comme celui de Jean-Marie Colombani était autant idéologique qu’économique. Il fallait faire avaler le marché au lecteur et par conséquent, aux journalistes. Le Monde et Libé ont été, chacun à leur manière, de très grands journaux, de très bons journaux aussi. July et Colombani ont eu ce projet normatif, accompagné de folie de grandeurs, parce que le problème était moins les projets d’expansion que leur financement, peu ou mal assuré. Ils se sont trompés d’échelle : d’abord sur le plan industriel, avec Libé 3 pour Libé et l’imprimerie d’Ivry puis la croissance externe à marches forcés pour Le Monde. Cela a fait couler l’indépendance des titres, et aussi tuer un rêve hélas mal construit, celui de journaux contrôlés par les journalistes. De ce point de vue, il y a quand même un point commun entre Serge July, Jean-Marie Colombani et leurs rédactions : leur incapacité à affronter correctement le pouvoir de l’argent.
Maintenant, il n’y a pas que Libé et Le Monde. Je parle aussi de la fin de La Tribune ou de France Soir, de la ruine de l’ex-empire Hersant, des Échos, du Figaro, des errements du groupe Lagardère. Les patrons propriétaires ont accumulé les erreurs ces 20 dernières années, mais le résultat est le même partout : des rédactions avec moins de moyens, soumises, un conformisme et un esprit moutonnier propre à la presse française.

On accuse souvent Internet et la presse gratuite d’avoir amené la crise de la presse. Pour vous, ils en ont surtout pointé les faiblesses. C’est le travail journalistique qui est devenu mauvais, trop conformiste, trop formaté ?

les_ncdg_journalistes.jpgLe travail journalistique n’est pas toujours mauvais, loin s’en faut. Beaucoup travaillent dans des conditions très difficiles, doivent faire plusieurs papiers par jour, n’ont plus le temps d’enquêter sur le long terme et de se concentrer sur l’écriture. Une collègue de Libération me disait l’autre jour qu’il était difficile de travailler dans une rédaction que le propriétaire du journal [ndlr : Édouard de Rothschild], ou plutôt le soi-disant propriétaire car il ne contrôle plus que 26% du capital, déteste. Et que déteste aussi le directeur de la rédaction [ndlr : Nicolas Demorand] : il a rassemblé sur une récente motion de défiance 94% des suffrages exprimés contre lui. D’autres que moi ont très bien traité le problème du formatage, de la pensée unique, probablement aggravée ces dernières années par la montée en puissance des chaînes d’infos, où l’on voit à longueur de soirée les perroquets du conformisme reprendre en boucle leurs niaiseries.
Mais ces éditorialistes vedettes à la petite semaine ne représentent pas tous les journalistes. Les autres, beaucoup d’autres, aimeraient travailler mieux, il leur faut donc réinventer des modèles. Les différents plans sociaux ont coûté leurs jobs à plusieurs milliers de salariés de la presse ces dernières années – rédacteurs mais pas seulement, aussi toutes celles et ceux, photographes, iconographes, graphistes, documentalistes etc. qui contribuaient à la qualité et souvent à la pertinence de l’info. Difficile de faire mieux à moins et avec moins.

Vous estimez que la presse quotidienne nationale de 1968 était « globalement réactionnaire – ce qui favorise une presse alternative nombreuse et souvent originale mais pauvre ». C’est la même chose aujourd’hui ?

Oui, tout à fait. La créativité est très forte dans les médias et se nourrit d’ailleurs souvent des plans sociaux qui ont mis plein de gens sur le carreau. On ne peut que se réjouir de nouveaux journaux comme So Foot, Causette, les revues Charles et XXI, de très nombreux pure-players, à Paris comme dans plusieurs grandes villes. Ces titres sont souvent pauvres et doivent se trouver un nouveau modèle économique. Il est urgent de se battre pour la création en France d’un statut pour les entreprises de presse, utilisant les principes de la société à but non lucratif imaginée par Hubert Beuve-Méry et des techniques modernes montant du Web de co-financement par les lecteurs. causette.jpgIl est tout de même étrange que la fiscalité profite davantage aux riches propriétaires qui sont des as de la défiscalisation et pas aux journaux et encore moins aux lecteurs attachés à des titres indépendants et novateurs.

Nos voisins anglais enregistrent encore de bons chiffres (vous citez pour exemple le Daily Telegraph) : la crise ne serait-elle donc que française ?

Non, c’est une crise mondiale du journal papier liée bien sûr à l’explosion et à la richesse du numérique, en termes d’information et de modes de traitement de l’information. Mais ce qui frappe, c’est la différence du niveau d’investissement des propriétaires dans de nombreux autres pays, surtout du côté des rédactions. Chez aucun de nos voisins, sauf l’Espagne, la presse nationale d’information générale n’a chuté autant qu’en France. Mais des centaines de quotidiens locaux ont disparu aux États-Unis, remplacés par des blogs d’ailleurs hyper efficaces. De nombreux titres sont en difficultés en Europe, affaiblis par la crise de la publicité encore plus générale que la baisse des diffusions, partout sensible mais moins forte qu’en France. La crise du capitalisme est mondiale, la chute des recettes publicitaires est sensible dans toute l’Europe.

Que répondez-vous à ceux qui estiment que votre thèse, reliant patrons de presse et volonté délibérée de mettre les rédactions dans le rouge afin de profiter de baisses d’impôts, ressemble étrangement à une théorie du complot ?

Que mon livre n’est pas un essai mais une enquête, qui n’a pas été démentie depuis six mois, notamment basée sur les explications de plusieurs avocats fiscalistes et experts comptables. C’est aussi un récit, celui d’une défaite d’une génération de journalistes, à laquelle j’appartiens. Les faits sont là : il n’y a pas une semaine sans qu’éclatent un conflit, un plan social, un départ fracassant, un licenciement en douceur, une vente, un rachat dans la presse française, et cela va rarement dans le sens de l’amélioration… Et je ne parle pas de ce qui se passe en province, avec l’arrivée de Tapie dans le Sud-Est et dans le Grand Est, ou de Michel Lucas le patron du Crédit Mutuel-CIC qui prépare, selon le mot d’un syndicaliste d’une des rédactions qu’il contrôle, un « bain de sang ». Lui, comme Tapie d’ailleurs, n’a jamais caché son aversion pour les journalistes…

Aurélie Filippetti annonçait vouloir « rétablir l’indépendance des médias en cas de victoire de son candidat – sans dire ni comment ni à quelle échéance ». Pour vous, « les socialistes ont toujours aimé les paroles en l’air ». Ce gouvernement ne sera source d’aucune solution ?

Il faut bien constater qu’en un an, il ne s’est passé grand-chose, à part une ou deux vaines polémiques sur des programmes télé. Le titre de gloire de l’actuel gouvernement est l’accord avec Google, un véritable marché de dupes qui a fait hurler toute la presse européenne et une bonne partie des sites d’information français…

L’État apporte aujourd’hui une aide massive aux journaux, aujourd’hui facilement remise en cause. Quel rôle doit jouer l’Etat vis-à-vis de la presse ?

Dans un rapport récent, la Cour des comptes a jugé le système d’aide à la presse peu efficace et met spécialement en cause, comme je l’avais fait dans mon bouquin, l’aide au portage qui a particulièrement contribué à déstabiliser le système. L’État a aidé à la fois le portage et l’acheminement par La Poste. Les points de vente ont donc été les grandes victimes des mauvais choix de l’équipe Sarkozy au moment des États Généraux de la presse. Nul doute en tout cas que le système est à bout de souffle.

mediapart.pngSi le manque d’enquêtes des journaux actuels est uniquement dû à un manque de moyens, comment se fait-il que Mediapart puisse pousser aussi loin ses enquêtes ? Où trouvent-ils l’argent ?

Auprès de leurs abonnés, c’est simple et assez sain. Après, c’est du travail. Du temps, des contacts, de l’instinct, de la curiosité. Ceux qui prétendent le contraire sont souvent les mêmes qui pensent que je suis une nouvelle victime de la théorie du complot, c’est-à-dire des journalistes bien installés dans le système. Et puis qu’est-ce que cela va dire pousser « aussi loin » une enquête ? Cela veut dire qu’ailleurs, on ne pousse pas toujours « assez loin » l’enquête…

Si les patrons de presse actuels sont « tous mauvais », qui doit les remplacer ?

Je ne pense pas qu’il faille les remplacer. Je pense qu’il faut les renverser et changer la nature de la propriété des journaux, donc je ne vais pas distribuer des bons et des mauvais points de management. Je pense qu’on ne peut plus laisser faire le capitalisme déchaîné dans les médias et que les lecteurs et les journalistes doivent se réveiller. Un nouveau statut des entreprises est urgent, tout comme l’interdiction du contrôle d’un média par des hommes d’affaires ayant des intérêts croisés avec l’État. Et cela fait du monde…

Vous terminez votre livre ainsi : « les journalistes sont condamnés à se trouver de nouveaux horizons s’ils ne veulent pas finir broyés à la ferme. Inventer de nouveaux médias, de nouveaux sites. Balayer les médiocres du paysage, oublier les patrons enfin. Retrouver la parole et la rage d’écrire. » Avez-vous des exemples de journaux qui répondent à ces critères ?

Plein ! Certains que j’ai déjà cités et d’autres encore sûrement que je ne connais pas. Cela me rend assez optimiste, mais il ne va pas falloir lâcher prise. Et du côté des rédactions plus installées, du côté des syndicats aussi, la grogne monte. Je sens bien que le temps du fatalisme est derrière nous. Mon livre aura au moins, peut-être, contribué à cela.

Interview réalisée le 15 avril 2013

Pour aller plus loin :

 une excellente critique de l’ouvrage de Jean Stern par le site Contretemps ;

 Jean Stern sur France Inter : « Qui a tué la presse écrite ? »

 « Libération, mode d’emploi : une dérive managériale et une déroute commerciale » chez Acrimed.

Le Poing : un journal étudiant militant pour l’UM1

Initiative d’élèves de l’UM1, le Poing est un nouveau journal à tendance sarcastique et militant. Sa première bataille ? La situation précaire de Paul Valéry. Rencontre avec Jules, son créateur.

Environ six pages, une typo simple et bi-chromique, du militantisme, des articles « de fond, avec un vrai travail intellectuel », des caricatures, des critiques ciné, des jeux et un horoscope pour ceux qui n’attendent rien des astres : ainsi pourrait-on sommairement décrire « le Poing ». Mais, le Poing, c’est quoi ? Allons, faites un effort. Pour les plus fins observateurs, vous avez sans doute déjà aperçu ce feuillet sillonner les couloirs de la fac sans savoir exactement de quoi il s’agissait. Ça tombe bien, nous avons rencontré Jules, son créateur, pour éclaircir l’affaire.
Jules est étudiant en troisième année en Science politique à la fac de droit (UM1). Pour lui l’aventure journalistique a « commencé avec un tractage sur la lutte à Paul Valéry » car, s’il y a bien une chose à retenir sur ce journal étudiant c’est son fil d’or : « le militantisme ». De gauche, engagé depuis de nombreuses années, Jules souhaite à son échelle « faire vivre une certaine presse populaire » et tient à ce que le journal soit distribué directement de mains à mains « comme au XIXe siècle » affirme-t-il. 1472048_664032583630727_1333912941_n.jpg

Aussi, deux fois par mois, le jeudi, son équipe et lui distribuent devant la fac leur canard à prix libre. Un moyen aussi d’engager la personne qui l’achète : « payer pour un journal c’est aussi un acte militant ». Et si les exemplaires ne sont pas tous partis, tant pis, les numéros restants ne seront pas distribués le lendemain, « mais cela n’est pas encore arrivé », assure Jules. Il voit dans ce journal « un moyen d’éducation populaire » et souhaite « lutter contre la morosité intellectuelle ambiante imposée par la quasi-totalité de nos grands médias » (peut-on lire au dos du numéro 2), qui pour lui « ne disent rien ». Ambitieux, il place le Poing dans la lignée de Charlie Hebdo ou encore Fakir.

Pour plus d’impact, une association est en cours de création

Le paradoxe ? Il ne souhaite pas faire carrière dans le journalisme. Cependant, Jules n’hésite pas à donner de sa plume pour la liesse populaire. Mais qui sont ceux qui donnent souffle au Poing ? Tout le monde. Des camarades de classe, d’autres de la fac de droit, des parents (parfois), bref tout ceux qui le veulent. Si vous voulez participer, il suffit d’envoyer un mail et de proposer votre plume. Car le journal vise également à faire « révéler des talents qui n’auraient peut-être pas eu le loisir de s’exprimer autrement ». Certains signent à visage découvert, d’autres d’une simple initiale, car s’affilier à un journal militant peut être mal vu. Et Jules a dû faire face, parfois, à des réflexions du type « pas ici, pas en fac de droit ». Mais des critiques, il n’en a que faire. Les soutiens sont nombreux et pour que le phénomène gagne en ampleur, une association, le Poing Asso est en cours de création. Elle aura pour but, avant tout, de simplifier l’accès aux subventions et aux dons. Car, Jules a dû casser sa tirelire pour imprimer les 700 premiers exemplaires. Le second numéro, aux 1000 exemplaires, a été distribué le 28 novembre dernier, jour de la diffusion des Nouveaux chiens de garde à la fac de droit, avec la présence de Pierre Carles.

1234855_664005983633387_1079274255_n.jpgC’est aussi ça l’ambition du journal. Faire le lien avec des journalistes, des hommes politiques ou encore des historiens, programmer des conférences en rapport avec la science politique et les débats de société actuels. À terme, l’équipe compte pérenniser le projet (au moins sur 2 ou 3 ans) et souhaite ouvrir une antenne à Paul Valéry. La diffusion actuelle ne se faisant uniquement qu’à l’UM1, où le challenge d’un journal sarcastique est plus grand.

En attendant le prochain numéro, vous pouvez retrouver les versions PDF des deux premiers exemplaires directement en ligne sur la page Facebook du Poing, et sur la page de mobilisation de Paul Valéry.

(Crédit dessins : Florian Sanfilippo)

« Le Monde » pose ses valises à Montpellier

Rencontre avec Jonathan Parienté. Journaliste au Monde, il fait souvent escale à Montpellier dans le cadre du projet « une année en France ».

Jeune journaliste au service politique du site Le Monde.fr, Jonathan Parienté participe avec grand plaisir au projet « Une année en France ». Il quitte régulièrement ses habitudes parisiennes pour venir « poser ses valises » à Montpellier. Une idée originale qui mobilise journalistes et photographes dans huit communes à travers toute la France. L’idée est d’aller voir ce qui se trame dans ces villes, s’adapter à leur rythme, leurs habitants et en rendre compte sur la toile au travers de blogs dédiés.

Jonathan Parienté alimente donc son blog « Montpellier, une place au soleil » au fil de ses rencontres, de ses expériences et découvertes qui ont lieu durant ses séjours. Il admet que cette démarche, pendant cette année d’élection présidentielle, est aussi une manière de se libérer d’un certain parisianisme. L’occasion notamment de « fuir les circuits habituels » pour aller à la rencontre des gens, parler d’eux et de leur environnement. Un moyen pour un lectorat nombreux de découvrir ces villes françaises à travers le prisme d’un journalisme qui prend le temps.


Montpellier une place au soleil – Le blog de… par masterjournalisme08

Le 31 décembre dernier, Claude Perdriel, propriétaire du Nouvel Observateur, de Challenges et de Sciences et Avenir, a étendu son emprise médiatique en rachetant 100% du capital du site d’information gratuit Rue89. Retour sur cette opération financière inopinée avec Pascal Riché, rédacteur en chef et co-fondateur du pure player.

Pionnier en la matière, le site d’information participatif est lancé le jour du second tour des élections présidentielles de 2007. Rue89 se fait rapidement une place de choix dans le paysage balbutiant des médias sur le web. Malgré 2 millions de visiteurs uniques par mois en 2011, le site internet ne dégage toujours pas de recettes suffisantes pour assurer sa pérennité. [[Invité au mois de novembre pour expliquer le fonctionnement de Rue89 à l’équipe de Hautcourant, Pascal Riché avait déjà confié qu’il manquerait probablement 300 000 euros sur l’année pour être à l’équilibre budgétaire. Lors de l’annonce du rachat de Rue89, son président, Pierre Haski, faisait part quant à lui de 400 000 euros de déficit pour 2011.]]

Ce rachat de Rue89 par un grand groupe de presse n’est-il pas symptomatique de la fragilité dans laquelle se trouve le modèle gratuit des sites d’information?

A vrai dire il n’existe aucun modèle sur internet. Les journalistes se trouvent dans une phase de transition. Les sites d’information sont à la recherche d’un modèle économique. Ils testent des concepts dans un contexte où tout va très vite. Par exemple, les tablettes qui débarquent sur le marché français n’existaient pas avant 2010. Les groupes de presse qui se préparent le mieux à cette dynamique seront, à mon avis, les plus solides dans les deux années à venir. Je ne donne pas cher de la peau de certains confrères qui estiment que l’information sur le web est dans une impasse.

Une partie importante de la presse se tourne désormais vers la toile. Les sites sont de plus en plus visités et ils génèreront, à priori, des recettes publicitaires de plus en plus importantes. Avec 2 millions de recettes annuelles [[Rue89 a en effet généré en 2011 un chiffre d’affaires de 2 millions d’euros. Mais si la part de la publicité y est importante (60 % des revenus), elle n’en est pas l’unique source. En se spécialisant dans des services comme la formation et la conception de sites web, Rue89 a ainsi assuré 40 % de ses revenus.]] , Rue89 est relativement solide. Nous ne sommes d’ailleurs plus très loin de notre objectif en ayant atteint l’équilibre budgétaire au dernier trimestre 2011…

Ce qui est une première pour Rue89?

Oui. Mais il ne s’agit que d’un trimestre. Ce n’est donc pas très significatif. Il faut savoir que la publicité est cyclique: le dernier trimestre est toujours meilleur que le premier. Disons plutôt que c’est encourageant pour notre équipe.

Prévoyez-vous de mettre en place un système d’abonnements payants pour Rue89?

Non. Il n’est pas question, pour l’instant, de nous lancer dans un tel projet. Le format payant ne correspond toujours pas à notre vision de l’information sur le web.

Comment envisagez-vous être sous la direction du groupe Perdriel sans perdre votre indépendance?

Nous ne sommes pas véritablement sous la direction de Claude Perdriel: il nous a assuré l’autonomie. Si nous avons été d’accord pour le rachat de Rue89, c’est que nous estimons que ce groupe nourrit de hautes ambitions pour les nouveaux médias numériques.

Il faut préparer l’avenir. Nous avons commencé à nous adapter tout seul, et désormais nous le ferons au sein d’un groupe de presse qui nous convient puisque nous partageons ses valeurs.

Une négociation avec l’équipe de Rue89 a-t-elle eu lieu avant le rachat du site par Claude Perdriel?

Ce rachat a été décidé par les fondateurs, dont je fais partie, et les actionnaires de Rue89 qui ont jugé que cette option était la plus raisonnable.
[[En juin dernier, le groupe Perdriel s’était déjà immiscé dans le pure-player en investissant dans 3,4% de son capital. Une tentative vaine. Aujourd’hui tous les actionnaires de Rue89 ont cédé leur participation au groupe de presse.]] Certes, il n’y a pas eu de concertation préalable avec l’équipe, mais depuis, elle a fait savoir à Monsieur Perdriel qu’elle approuve cette opération.

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En 2007, avec vos confrères co-fondateurs de Rue89 (Pierre Haski et Laurent Mauriac), vous aviez quitté Libération alors dirigé par Laurent Joffrin. Aujourd’hui, vous vous retrouvez à nouveau sous l’égide du même homme, à la tête de la rédaction du Nouvel Observateur. N’est-ce pas le signe d’un échec pour vous?

Non pas du tout. Nous ne sommes pas sous l’égide de Laurent Joffrin. Lors de la conférence de presse de lancement, il avait précisé qu’il ne se mêlerait pas du contenu éditorial de Rue89.

Quand Laurent Joffrin a dirigé pour la première fois la rédaction de Libération, dans les années 1990, j’étais chef du service Economie, Pierre Haski gérait le service Etranger et Laurent Mauriac menait le service Multimédia. Tous trois étions donc en étroite collaboration avec Laurent Joffrin. Nous nous entendions très bien et nous ne nous sommes pas quittés en mauvais termes. Nous avons d’ailleurs fêté ces retrouvailles.

Mais comme je le répète Rue89 n’est pas devenue une filiale du journal Le Nouvel Observateur; c’est une filiale du groupe. En ce qui concerne notre ligne éditoriale, Laurent Joffrin n’a pas à s’immiscer dans nos affaires.

Le projet que vous portiez de créer tout un panel de rédactions locales, à l’image de Rue 89Lyon, risque-t-il d’être avorté?

Les déclinaisons locales de Rue89 font toujours partie des projets que nous entendons développer. La prochaine de ces rédactions va naître à Strasbourg dans les semaines à venir. Nous souhaitons créer des fils d’information locale différents de ce qui est publié dans les titres de presse régionale déjà existants. C’est un concept doté d’un fort potentiel que nous continuerons à explorer.

Bien qu’il soit trop tôt pour l’analyser, avez-vous constaté une incidence sur l’audience du site depuis l’annonce de cette fusion le 21 décembre dernier?

Non. Absolument aucune incidence sur l’audience de Rue89 n’a été notée.

Haut Courant sur Radio Campus : le mystère des faits divers

Haut Courant ne se limite désormais plus à son site internet. Cette semaine, les étudiants journalistes se sont penchés sur le phénomène des faits divers dans les médias.

Pourquoi sont-ils tant appréciés par les lecteurs, auditeurs ou téléspectateurs ? Comment les rédactions choisissent-elles de mettre un fait divers plutôt qu’un autre en avant ? Quelles sont les dérives, parfois morbides que les médias opèrent eux-mêmes ? Autant de questions auxquelles nous allons tenter de trouver une réponse.

Au sommaire cette semaine :

 La phrase de la semaine par Clémence Olivier, qui a réfléchi sur l’affirmation de David Pujadas selon laquelle son JT sur France 2 ne diffusait pas plus d’un fait divers par soir.

 Une interview de Jean-Charles Reix par Damien Fournier. Ce chroniqueur judiciaire a travaillé sur l’affaire Grégory et, plus dans l’actualité, l’affaire Bissonnet. Il a accepté de répondre à nos questions.

 La chronique décryptage de Hugo Jolion-David, ou l’histoire d’un stagiaire à qui revient la charge de couvrir un fait divers particulièrement glacial…

Haut Courant sur RCM

Les errements de David Pujadas

En 2010, David Pujadas, présentateur du journal de 20 heures sur France 2, a été la cible de nombreuses critiques. Qu’elles soient internes ou bien externes, le journaliste n’a pas été épargné. Petit florilège de fin d’année.

Erwan Deverre : Il y aura toujours du bon journalisme quelque soit le support

Erwan Deverre alias Didier Kala est le webmaster de Hautcourant et créateur de Brave patrie, site de commentaires satiriques.

Si ce geek a fait ses premières armes comme web-designer, il a très vite basculé dans le monde du journalisme de commentaire. Grâce à sa double casquette, il jette un regard critique sur le web-journalisme. Longtemps critiqué, Internet devient l’outil incontournable pour relayer l’information. Rencontre avec ce féru de nouvelles technologies qui a mis ses compétences au service de votre cher site Hautcourant.com.

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Erwan Deverre nous livre désormais ses critiques et sa vision de l’avenir du journalisme. Un regard « ambivalent » et parfois acerbe…

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