Le d’OC, un média pour soigner les maux de la presse

Nouveau venu dans le paysage médiatique montpelliérain, le site le d’OC veut prendre le temps de décrypter l’information. Focus sur ce média qui propose un autre regard sur l’actualité.

Urgence : l’information est souffrante. Infobésité, carence du pluralisme journalistique et épidémie de fake news… Face à tous ces maux, le d’OC vous propose un traitement.
Créé en février 2017 par le journaliste Benjamin Téoule, l’objectif de ce pure-player est de « prendre le temps de raconter les histoires et les enjeux du territoire » comme l’explique son fondateur. Le nom du média révèle sa ligne éditoriale. Comme le docteur, « nous voulons ausculter l’information ». Le d’OC ambitionne de la traiter comme un documentaire, avec la prise de distance nécessaire. « OC » pour Occitanie, car c’est le média d’ici.

Le d’OC a été fondé pour « répondre à un besoin des citoyens qui ont envie de s’informer mais remettent en cause les traitements journalistiques de l’information. Aujourd’hui, le citoyen est saturé d’infos », déclare Benjamin Téoule. Ce média de proximité veut prendre le contrepied par une analyse des enjeux locaux. L’indépendance de ce site montpelliérain est indispensable pour produire une information de qualité. Contrairement aux autres médias locaux qui vivent principalement des fonds des collectivités locales, le d’OC ne reçoit aucune aide. Il est financé par les fonds personnels du fondateur et essentiellement par ses abonnements, plus de 300 au bout de 10 mois. Le contenu payant (4,90 euros par mois pour la formule annuelle) est ainsi essentiel pour garantir sa liberté éditoriale.

L’équipe du d’OC se compose de quatre pigistes, du directeur de la publication Benjamin Téoule, de photographes et d’une équipe qui gère le site internet. Avec son « petit » budget (dont nous ne connaissons pas le montant), le d’OC est paru en version magazine papier cette année uniquement pour promouvoir le média en dehors d’Internet. Ce média très ambitieux propose des enquêtes, des reportages, des interviews, des portraits et des grands entretiens. « Je pense que c’est par la force de nos sujets, que l’on ne retrouve pas forcément ailleurs, et par la force de nos révélations que nous pouvons nous faire connaître » déclare Benjamin Téoule.

Le d'OC

Quels sont les projets du d’OC ?

« Le principal objectif est d’asseoir ce nouveau média qui doit prendre sa place dans le paysage médiatique », affirme Benjamin Téoule. À terme, son ambition est d’augmenter le nombre de publications avec au moins deux articles par semaine (au lieu d’un article minimum actuellement) et de sortir de Montpellier pour s’étendre sur le reste de la région.
Pour résumer, que dire à quelqu’un pour l’inciter à s’abonner au d’OC ? « S’il y a de la défiance envers certains médias, le D’OC a une totale indépendance, les articles sont réalisés par des journalistes professionnels, et le D’OC est complémentaire des médias qui existent déjà. Nous rejoindre, c’est participer à l’avènement d’un média et lui garantir son indépendance », répond le directeur de la publication.

Traiter l’information locale avec un regard distancié est une ligne éditoriale adoptée par de plus en plus de médias comme Marsactu ou Médiacités. Le d’OC, qui n’a même pas encore un an, est ambitieux mais acquiert déjà la reconnaissance de ses pairs. Certains de ses articles ont été repris par d’autres médias. Son enquête sur les liens très étroits entre le maire de Montpellier, Philippe Saurel et la famille Iborra a été publiée également par Médiapart, et son enquête sur les soupçons d’emploi fictif de la députée européenne du Front National, France Jamet, a été citée par Libération.
Un premier pas pour que ce « petit média » devienne « grand ». Vous l’aurez compris, le d’OC est un média à consulter sans prescription.

RÉGION – Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées devient officiellement Occitanie

Depuis le 1er janvier 2016, les régions sont passées de 21 à 12. Sept ont dû adopter un nouveau nom.

Les régions Languedoc-Roussillon et Midi-Pyrénées sont réunies sous l’appellation officielle d’Occitanie. Toulouse devient le chef-lieu pour les 5,7 millions d’habitants de la nouvelle région. Les deux mesures entrent aujourd’hui en vigueur suite au décret n° 2016-1264 du 29 septembre.

Six autres régions renommées

Six autres nouvelles régions changent de dénomination :

  • Grand-Est (Alsace, Champagne-Ardenne et Lorraine),
  • Normandie (Basse-Normandie et Haute-Normandie),
  • Hauts-de-France (Nord-Pas-de-Calais et Picardie),
  • Auvergnes-Rhône-Alpes (Auvergne et Rhône-Alpes),
  • Nouvelle-Aquitaine (Aquitaine, Limousin et Poitou-Charentes),
  • Bourgogne-Franche-Comté (Bourgogne et Franche-Comté).

BAZ’R: le festival « absurdo-festif » de Sète

Les 10 et 13 décembre à Sète, le festival BAZ’R a réuni des artistes de tous horizons: My life is a weekend, Minuit, Zombie Zombie, Koudlam, Paradis, Lindstrom dans un cadre « ludique et décalé ». En attendant les concerts, un marché de Noël éthique et alternatif, des activités déjantées organisées par le collectif Nuts et des foodtrucks pour tous les goûts.

Retour en images sur le festival le plus absurdo-festif de l’hiver.

Les foodtrucks du BAZR, ces camions qui rivalisent avec les meilleurs restaurants.

La ligne téléphonique du Père Noël.

Des effets de lumière stupéfiants pour le concert de Zombie zombie.

Koudlam enflamme la scène du BAZR avec son tube See you all.

Les objets de cachet sont nombreux au BAZR. Ils laissent l'impression d'un festival très esthétique.

Le groupe Minuit, avec Simone Ringer et Raoul Chichin les enfants des Rita Mitsouko.

Régionales 2015 :
Louis Aliot : « Je pense que notre programme est supérieur aux autres »

Louis Aliot est la tête de liste Front National pour les élections régionales en Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées. Il était à Montpellier le 19 novembre 2015, dans le cadre de sa campagne. Dans cette interview, il explique pouvoir l’emporter les 6 et 13 décembre prochains.

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Béziers : les canards déchaînés

Pour s’informer sur leur ville, les Biterrois ont le choix entre deux journaux : le controversé journal officiel de Robert Ménard ou le révolté contre-journal municipal. L’un institutionnel, l’autre participatif. Le premier recherche le buzz et délivre sa « vérité », le deuxième entre en « résistance » et s’autoproclame journal majoritaire. Les deux se déchaînent pour diviser ou rassembler.


«Un vrai journal». Voilà ce qu’affirme l’ancien dirigeant de Reporters sans frontières à propos de son JDB, le journal de Béziers. Ce journalisme, Robert Ménard veut en faire rentrer les standards dans le crâne du Biterrois lambda : mise en page aux caractères criards, litanie dénonciatrice, termes soulignés, surlignés, colorés en rouge. L’objectif est, selon le maire élu avec le soutien du Front National, «d’attirer le regard», en clair faire le buzz. Et ça marche, évidemment. Pourtant, son «vrai» journal plonge parfois dans la désinformation, voire le bidonnage.

Dernier exemple en date, la fameuse photo de migrants de l’Agence France Presse (AFP) concoctée à la sauce Ménard, c’est-à-dire retouchée pour diffuser des messages politiques. Résultat, l’AFP a attaqué la ville en justice. «Ils n’ont que ça à faire !», tempête Ménard. Pour l’édile, c’est «sûrement un effet d’annonce du gouvernement qui a dû leur dire qu’il ne fallait pas laisser passer». Au milieu coule le droit d’auteur et la déontologie… «Si on avait utilisé la photo avec le titre ‘Vive les immigrés’, à coup sûr, ils n’auraient pas hurlé.»

La vérité s’il ment, mieux vaut également être raccord avec l’opinion du maire au risque de subir la vindicte publique : le président de l’agglomération, les élus de l’opposition, les journalistes de Midi Libre ou la Ligue des Droits de l’Homme, tous y ont été confrontés. A Béziers c’est sûr, le journal institutionnel gage de neutralité des institutions publiques, n’est plus. Qu’importe, la com’ institutionnelle, le maire le cri haut et fort, il s’en «bat l’œil».


La neutralité selon Robert Ménard

Le JDB est écrit et réalisé par les collaborateurs de cabinet du maire (parmi eux, André-Yves Beck, ancien membre des groupuscules d’extrême droite radicale Troisième voie et Nouvelle résistance, ndlr) et par le service communication. A la surface de sujets polémiques émergent souvent des formules chocs et partisanes. Quid du devoir de réserve des fonctionnaires ? Pas de problème pour le maire, les agents «se régalent» car, rebelote, ils font «un vrai journal». Les rédacteurs suivent donc le nouveau slogan de la ville que l’on peut lire à chaque coin de rue : «Béziers libère la parole !» Agressivité, atteinte à la dignité de la personne, au fil des numéros c’est un florilège tapageur : la Ligue des Droits de l’Homme se prend, photo à l’appui, une «fessée judiciaire», on redéfinit le terme «manifestants» par «groupuscule d’extrémistes», un élu qui émet des remarques lors du débat sur le budget est un «nul», un journaliste de Midi Libre est qualifié de «chien de la rédaction»

Une image du Christ en couverture ? «Et alors ? C’était pour illustrer que la féria s’ouvre avec une messe», se défend le saint édile, certain que les Biterrois boivent ses paroles : «on n’a jamais eu un journal aussi demandé», prêche-t-il. Regard complice avec sa responsable de la communication, sourire aux lèvres, Robert Ménard renchérit : «Si on pouvait le sortir toutes les semaines, on le ferait. Quand Midi Libre aura disparu, on pourra prendre leur place.» Car Midi Libre, ennemi numéro un, est qualifié de «journal de combat contre la municipalité», de «journal d’opinion, menteur et militant». La mairie, elle, «ne fait que se défendre», persifle le maire.

Si le manque de neutralité supposée du quotidien régional taraude l’édile, celle du JDB ne semble lui poser aucun problème. «On fait un journal qui ne rentre pas dans les codes, je le concède, mais c’est un compliment !», argumente-t-il. Et il dézingue à tout-va : «Les professionnels de la com’, qu’ils aillent se faire braire !». Le canard de Ménard est pourtant bien rédigé par ces mêmes professionnels qui maîtrisent parfaitement leur communication politique.


Un contre journal municipal rédigé par et pour les citoyens

-12.jpgFace à ce qu’ils estiment être de la propagande politique et nauséabonde, des citoyens se sont regroupés au sein d’une association qui propose un contre journal municipal : «Nous avions envie de parler autrement de Béziers», explique Marie-Claude, rédactrice. Exclusivement diffusé sur internet, Envie à Béziers (du nom de l’association) a démarré quasi immédiatement après la parution du premier journal municipal de l’ère Ménard. «Nous avons eu une réaction épidermique et nous nous sommes vite rendu compte que nous jouions le jeu du maire», avoue John, également rédacteur, pour qui En vie à Béziers était au départ «un moteur de révolte».

Pour ne plus être un journal d’opposition pur et dur, les rédacteurs ont choisi de faire évoluer la ligne éditoriale. En vie à Béziers propose aujourd’hui des sujets de fond, des articles humoristiques ou des dessins satiriques tout en gardant les notions de décryptage et de rassemblement : «Nous sommes sur une ligne d’ouverture et antidiscriminatoire», précise Marie-Claude, excédée par les diatribes du JDB. Pour John, la rédaction est aussi «un processus de réunion, d’échange, de partage pour faire émerger un travail collaboratif.»

La trentaine de rédacteurs qui se compose de profs, d’ouvriers, de citoyens lambda «permet d’avoir des visions différentes sur le bien-vivre à Béziers», se félicite John. Pour Marie-Claude, le melting pot rédactionnel met en exergue «l’engagement citoyen» naît du besoin d’expression des Biterrois. La rédactrice précise qu’En vie à Béziers n’est pas un journal politique, «nous faisons bien le distinguo entre engagement politique et réflexion citoyenne». Selon John, le but est «d’informer tous les Biterrois de manière citoyenne et participative» et pour lui, «c’est la définition même de l’éducation populaire».


La dictature du vrai

Le JDB, «un vrai journal» ? Les deux rédacteurs restent dubitatifs. John soupire et lance : «On est dans la dictature du vrai prôné par le Front National, c’est leur crédo, créer une dichotomie pour se donner la légitimité du vrai.» Marie-Claude, elle, réagit sur les attaques ad hominem, «on ne peut pas laisser passer ça». John, lui, rebondit sur la notion de ressenti : «Attaquer systématiquement revient à ne jamais se lancer dans un débat de fond. Un ressenti, une opinion, lorsque c’est écrit à la façon du JDB, ça n’appelle pas à être contredit.» La critique, John n’est pas contre, mais selon lui, celle émise dans le JDB «est faite avec des opinions propres et non sur le fond».


Suivre une opinion propagandiste ou oser le décryptage : le choix des Biterrois.

Haut Courant visite le siège du Midi Libre

Haut Courant était invité, mercredi 14 janvier, à visiter les locaux de Midi Libre. Aperçu des coulisses de l’info, au coeur de la rédaction et des rotatives.

Saint Jean de Védas, 21h30. Les étudiants du master journalisme de Montpellier -et rédacteurs du site Haut Courant– arrivent au siège de quotidien régional, accueillis par le journaliste Didier Thomas-Radux.

Après une courte présentation historique et générale du journal, Haut Courant déambule dans les bureaux de la rédaction. Il est 22h30 et quelques journalistes sont encore d’astreinte : ils attendent, devant une vieille télévision, les résultats définitifs des derniers événements sportifs en cours.

La visite se poursuit dans les rotatives de Midi Libre. Le quotidien du Languedoc-Roussillon a cette particularité de disposer de sa propre imprimerie. Elle tire également les exemplaires de l’Indépendant, de Centre Presse, du Monde, des Echos

D’abord, des plaques d’encres sont constituées. Chaque plaque représente une page du journal, qui va varier selon l’édition. 2500 plaques sont produites chaque jour.

Ici, il y a environ 1 mois de stock de papier journal !

Une salle de machines établie sur deux niveaux et qui grouille de bruit…

Les énormes rouleaux de papier sont insérés dans la rotative
Le papier journal défile dans la rotative
Vue générale de la rotative de Midi Libre
Une machine impressionnante
Les journaux imprimés sont pliés et acheminés vers l'empaquetage

Vient ensuite l’empaquetage automatisé des journaux, qui seront acheminés vers les différents points de vente de la région. Les premières livraisons s’effectuent vers 2 heures du matin pour les villes les plus éloignées de la rotative, telles que Rodez ou Perpignan. L’édition de Montpellier est ainsi la dernière imprimée, ce qui fait d’elle la plus complète avec des informations éventuellement tombées jusqu’à 4 heures du matin.

Affiches, slogans, dessins : la marche républicaine de Montpellier

La marche républicaine pour la démocratie, la liberté de la presse et la liberté d’expression aura bien porté son nom. Ce dimanche 11 janvier 2015 à Montpellier, des dizaines de milliers de personnes ont battu le pavé, allant de l’esplanade de l’Europe au Parc du Peyrou. Un cortège qui a tenu à revendiquer son droit à l’expression en le manifestant. Papiers, dessins, pancartes et autres bricolages ont été le support de cette chère liberté.

Ce rassemblement républicain a rendu hommage aux 17 victimes des tueries commises ces derniers jours en région parisienne : l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo, la fusillade de Montrouge, et la prise d’otages de la Porte de Vincennes.

Au-délà du désormais fameux « Je suis Charlie », de nombreux slogans et proses ont fleuri sur le papier, carton et autre tissu des participants. Des messages de paix et de solidarité, et partout cette déclaration à l’unisson pour des valeurs communes : la défense de la liberté d’expression et la dénonciation des actes terroristes. Un message porté par les mots, le dessin et … beaucoup d’humour.

Je suis Charlie
Nos armes auront toujours une bonne mine
La barbarie tue à Paris comme elle tue à KobanéCharlie De Gaulle :
Liberté d'expression, 1er parti de France La liberté n'a pas de religion, seuls des c*** peuvent en douter
On est CharlieLe V de la victoire, représenté avec des crayons géants.
Des terroristes barbares et fascisantsLiberté = Démocratie. Une seule loi, celle de la nation.
L'aMALgame tue. Bande de lâches, nous n'avons pas peur.
Salam = Paix Nous sommes CharLibre
Pour toutes les victimes du terrorismeLettres ensanglantées mais pensées réveillées !
On ne tue pas !!!On peut tuer des hommes. On ne peut pas tuer des principes.
Intermède musical accordéoniste Mourir pour des idées.
L'encre doit couleur, pas le sang.
Unes de Charlie HebdoDroit de rire, droit de dire.
Ils ont assassiné Charlie au nom de l'obscurantisme. Ne le tuez pas une seconde fois au nom de la sécurité ! Le coq, emblème de la France et de la liberté d'expression.
Son seul crime était sa coiffure. Liberté, tolérance, laïcité. La France jamais assassinée.
Touche pas à ma presse Morts de rire
Le peuple kurde est Charlie Solidaires contre tous les fascismes qu'ils soient nationalistes ou religieux
Crayon ensanglanté, le poing levé. Je suis policier, je suis Charlie.
La paix dans le mondeL'immortalité de la tolérance.
Liberté Egalité Fraternité = Laïcité Liberté d'expression, article 11 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.
Je suis musulman, je suis Charlie.
Le fanatisme est un monstre qui ose se dire le fils de la religion, Voltaire. / L'invention de l'humour. Le crayon est une arme.
Jusqu'où iront-ils à contre-Coran ? #anti-amalgame Vivons en paix ! Vivons ensemble !
Abonne-toi à la liberté!!  Abonne-toi à Charlie !!!

Accrocs à l’impro’ !

Leur nom de scène ne va pas de soi. Improbable contraction des termes ‘improvisation’ et ‘prospectus’, les Improspectus sont une troupe de théâtre d’impro’ originaire de Montpellier. Vêtus d’un costume noir et d’une cravate de couleur, ils se jettent régulièrement sur la voie publique pour se donner en spectacle. Leur raison d’être : « amuser et s’amuser ». Haut Courant a rencontré Yannick Sirjean et Damien Dejoie, deux membres de la troupe accroc à l’impro’.

HautCourant : Pouvez-vous définir en quelques mots ce que sont les Improspectus ?

Yannick Sirjean : C’est une bande d’amis montpelliérains qui ont décidé un jour de faire de l’improvisation théâtrale ensemble. Pour amuser et pour s’amuser. L’aventure dure maintenant depuis plus de 4 ans et réunit aujourd’hui une quinzaine de personnes. En ce qui concerne les spectacles, nous avons nos habitudes montpelliéraines. Les gens peuvent nous voir fréquemment au Shakespeare, à la Laiterie des Beaux-Arts et à la Maison pour Tous Voltaire.

HC : Est-ce qu’improviser en théâtre signifie faire tout ce que l’on veut ?

Y.S. : Contrairement aux idées reçues, tout est très mis en scène dans l’improvisation. Au-delà de ce que nous faisons et qui est totalement libre, il y a un arbitre, un maître de cérémonie et tout un ensemble de règles qui sont faites pour cadrer l’improvisation. Le public, d’une certaine façon, participe aussi au spectacle puisque c’est lui qui nous propose les sujets et les thématiques sur lesquels nous allons improviser.

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HC : Ces règles, quelles sont-elles ?

Damien Dejoie : Il y en a tellement qu’on ne peut pas les dire. D’ailleurs, si je les expliquais toutes, je serai obligé de te tuer (Rires…) En plus, ça risque de casser la magie de l’improvisation. Mais grâce à ces règles de jeu que nous avons et qui sont partagées par la plupart des troupes nationales, nous essayons de construire une création théâtrale originale qui a sa propre logique narrative.

HC : Question de néophyte. Quand on passe la plupart de son temps libre à improviser, est-ce qu’il n’y a pas la tentation, à certains moments, de faire de même dans son milieu professionnel ?

D.D. : Non ! Car nous sommes tous des improvisateurs. La vie elle-même est une lente improvisation. Dans une banale conversation, est-ce que vous anticipez vos réponses ? Il est évident que non. Pourquoi ? Parce que vous improvisez. Et tout le monde improvise tout le temps.

Y.S. : Il y a cette drôle idée qui consiste à croire que le défaut de l’improvisateur serait de continuer à improviser tout le temps. Pourtant, on a tous des métiers dans lesquels on ne peut pas se permettre d’être déconneurs en permanence. C’est d’ailleurs pour se débrider qu’on fait du théâtre d’improvisation. C’est une sorte de thérapie faite pour délier les langues et briser des carcans. C’est une sorte de ‘plus’ dans la vie pour pouvoir se débrouiller.

«La vie elle-même est une lente improvisation»

H.C. : Quelle doit être la première qualité d’un improvisateur ?

Y.S. : C’est l’envie. L’envie de jouer, envie de s’amuser. L’impro’, c’est avant tout un état d’esprit. Il faut être ouvert. La règle fondamentale, c’est de toujours dire ‘oui’. Quand tu fais de l’impro’, il faut bannir le ‘non’.

D.D. : Non, non, non je ne suis pas d’accord !

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H.C. : Dans vos spectacles, le public vous propose des thèmes sur lesquels vous devez improviser. Or, ces thèmes sont quelquefois loufoques, abstraits ou abscons. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de ne pas pouvoir relever le défi proposé ? Est-ce qu’il y a pour vous de l’« inimprovisable » ?

D.D. : Non ! Tout ce qui est proposé doit être improvisé. Ou alors, tu n’es pas un improvisateur. Comme je le disais, pour improviser, il faut bannir la négation. L’improvisateur est là pour construire. Et pour construire, il faut se confronter à des choses nouvelles et inconnues.

H.C. : Comment sait-on, en tant qu’acteurs, qu’on a réussi une improvisation ?

Y.S. : Le leitmotiv de l’improvisation, c’est le sentiment, l’émotion, le feeling. La bonne improvisation, c’est celle dans laquelle l’acteur et le public ont eu des sentiments qui n’ont pas été ‘douloureux’. Nous, ce qu’on aime bien, c’est quand le public nous demande si nous n’avons pas écrit certaines scènes à l’avance. Et non, elles n’ont pas été écrites à l’avance.

D.D. : C’est une belle définition. Et je tiens à dire aussi que, l’un des indicateurs qui nous permet de savoir si le public s’est laissé prendre par ce que nous lui proposons, c’est quand il n’y a pas un seul bruit pendant toute la durée du sketch et que, à la fin, les applaudissements retentissent d’un commun accord. Quand il y a stupéfaction, il y a, pour les acteurs, réussite. Je veux dire que le rire n’est pas, et ne doit pas être, le seul indicateur qui permet de jauger la qualité de notre jeu. Parce que, contrairement aux idées reçues, une impro’ peut être triste.

H.C. : Concernant vos costumes, pourquoi avoir fait le choix d’un costume noir et d’une cravate de couleur ?

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Y.S. : C’est le code des Improspectus depuis le début. Le choix a été fait par simple envie de se démarquer. C’est vrai que nous allons à l’encontre de ce qui se fait dans les matchs d’impro’ où les acteurs portent généralement des maillots de hockey. Par contre, je n’ai pas le ‘pourquoi’ de la cravate…

H.C. : … Pour dire que vous êtes les gentlemen de l’improvisation ?

Y.S. : Personnellement, je pense qu’on peut dire cela mais ça serait un peu vantard. Pour nous, c’est être sobre. Et puis la cravate, c’est quelque chose qui passe toujours bien. D’ailleurs, le « costume » porte plutôt bien son nom puisque grâce à lui, on peut faire croire au public que nous sommes habillés complètement différemment. La magie de l’impro’, c’est d’avoir un dress-code, un visuel, sans pour autant devoir s’y arrêter.

D.D. : Quand je suis arrivé et qu’on m’a dit qu’il fallait porter une chemise noire, un costume noir, des chaussures noires et une cravate de couleur, c’était me faire adhérer à l’identité d’un groupe.

«Jouer, c’est sortir de notre quotidien et faire sortir les gens du leur.»

H.C. : Sans compter, vos « répétitions », vous jouez environ une fois par semaine ? Est-ce que ce n’est pas lourd de gérer un agenda aussi chargé ?

Y.S. : Dans la mesure où nous n’avons pas de texte à apprendre, c’est beaucoup plus simple parce qu’il n’y a que l’envie de jouer. Il faut de l’implication mais, comme déjà dit tout à l’heure, c’est avant tout un état d’esprit. Qu’est-ce que les gens ordinaires sont en règle générale le soir ? Ils regardent la télévision ? Eh bien, au lieu de regarder le spectacle qui se passe dans la ‘boîte-à-con’, nous leur proposons de venir voir du spectacle vivant. Pour nous, jouer, c’est sortir de notre quotidien et faire sortir les gens du leur. C’est pour ça que je n’éprouve pas de difficultés à jouer régulièrement.

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D.D. : Ca dépend des gens et des choix qui les poussent à venir faire de l’improvisation. Certains y vont dans le but d’avoir une activité extra-professionnelle et ne pas penser au quotidien. D’autres se lancent parce qu’ils sont timides. Il y en a même qui viennent parce qu’ils se sentent l’âme d’artiste. Et dans une troupe, tous les membres ne sont pas obligés de venir à tous les spectacles. Du coup, une sorte d’équilibre se crée suivant les besoins et nécessités de chacun. Même si nous sommes 15, nous ne jouons jamais tous ensemble. Tout au plus, 4 voire 5 sur scène.

Y.S. : C’est une passion. Et comme nous avons tous le virus de l’improvisation, l’implication vient naturellement. Déjà parce que nous n’avons pas l’impression de travailler mais surtout parce que nous sommes là pour nous régaler et nous éclater. C’est un exutoire.

H.C. : Vous avez joué récemment à la Laiterie et vous y avez proposé une comédie musicale improvisée. Pour le commun des mortels, une comédie musicale demande beaucoup de travail de préparation et de répétition (chorégraphies, chansons, etc..) Du coup, comment est-ce qu’on improvise une comédie musicale ?

Y.S. : Ça se prépare avec beaucoup d’échauffements en amont. Dans une comédie musicale, formellement, il faut des danses, du chant et des textes. Pour le reste, il n’y a que ce que nous improvisons. Et le public ne doit pas voir la différence – ou presque – avec une comédie musicale non-improvisée. Nous essayons d’aller vers de nouveaux concepts, de nouvelles formes d’improvisation dans le but de dépasser le cabaret et le match d’improvisation. Tout art – et la comédie musicale est un art – peut être improvisé. Peut-être que demain ce sera la danse ou autre chose.

Propos recueillis par Yoann Hervey à Montpellier.

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Régionales 2010 en Languedoc-Roussillon

Vendredi, samedi et dimanche. Trois jours par semaine pour le maximum d’infos, enquêtes et reportages sur les élections Régionales qui se préparent en Languedoc-Roussillon. La rédaction de Haut Courant va se plier en quatre pour vous… Nous attendons vos réactions !

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++++Tous nos articles

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 12/03 Elections Régionales : les tracts en revue

 10/03 Voter : « il y a une application pour ça »

 7/03 Des candidats qui ne croient pas vraiment aux sondages ( sondage du 7 mars, Midi Libre )

 17/02 La Région, un cimetière pour les élites ( par William Genieys )

 10/02 Peut-on croire le sondage vérité ? ( Sondage du 9 février )

 7/02 Jacques Molénat, retour sur « la » phrase qui a fait basculer les régionales

 4/02 Le Conseil régional : mode d’emploi

 31/01 « L’extrême droite est historiquement ancrée dans le Midi »

 30/01 2004-2010 : Quel bilan pour Georges Frêche ?

 24/01 Les règles du jeu

 20/01 Le chômage au cœur des régionales

>>>Les programmes liste par liste ( Montpellier Journal )<<<

>>>Nos articles liste par liste<<<

>>>Les articles à la Une<<<

========================[Les infos pour réagir :]

 15/03 Georges Frêche à son apogée

 15/03 France Jamet : « Face à Frêche, le Front National doit former une grande opposition »

 15/03 Europe Ecologie : une soirée électorale « aux airs de 21 avril 2002 »

 15/03 Une vidéo personnalisée de Xavier Bertrand, pour mobiliser l’électorat UMP

 12/03 Une semaine avec Europe Ecologie

 12/03 Jean-Claude Martinez : « depuis 35 ans j’élève le peuple. Je leur fais croire qu’ils sont intelligents. »

 12/03 « Mais qu’est-ce qu’il a ce Georges ? »

 9/03 Dominique Voynet : « Il faut choisir sa Gauche »

 8/03 Pour la Journée de la femme, Martine Aubry vient au secours de son « amie » Hélène Mandroux

 8/03 Martine Aubry : « quand on est socialiste, on est féministe »

 6/03 « A Gauche Maintenant » marche contre Agrexco

 19/02 Le Languedoc-Roussillon devient un enjeu national pour Europe Ecologie

 19/02 « A Gauche Maintenant » : Une unité anticapitaliste dans un contexte antisocial

 18/02 Daniel Cohn-Bendit : « Je suis un utopiste réaliste »

 17/02 Mandroux, « maire courage » selon Montebourg
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 4/02 Rencontre avec un militant : une autre idée du socialisme

 3/02 L’engagement écolo vu par les militants d’Europe Ecologie

 2/02 Raymond Courderc lance la tournée des « Oubliés » en Languedoc-Roussillon

 1/02 J-L Roumégas : « les socialistes ne peuvent pas se poser en rassembleurs de la Gauche alors qu’ils sont divisés »

 30/01 Christian Jeanjean lance sa campagne au Mas-Drevon

 29/01 Déclaration d’Hélène Mandroux, jeudi 28 janvier

 29/01 Hélène Mandroux appelle au rassemblement de la gauche anti-Frêche

 29/01 Grande Motte : les socialistes se réunissent autour du sport et de ses enjeux politiques.
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 28/01 Georges Frêche a-t-il vraiment dérapé ?

 26/01 Europe Ecologie peaufine sa stratégie

 24/01 L’écologie au sein de la politique du Conseil Régional

 24/01 Georges Frêche controversé mais soutenu

 24/01 Julien Sanchez : « Le FN n’a jamais été un parti raciste »

 23/01 La candidature de Georges Frêche : « un aveu d’impuissance » de la direction du Parti socialiste

 21/01 Sondages mi-janvier

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 http://www.sports-sante.com/index.php/tag/oeuvre-artistique-a-la-maniere-de

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Mis à jour le 15 mars à 23h30

Raymond Courderc lance la tournée des « Oubliés » en Languedoc-Roussillon

L’UMP a dévoilé dimanche 31 janvier ses listes électorales pour les régionales de mars. Parallèlement, Raymond Couderc, désigné tête de liste par les militants en janvier 2009 entame une tournée à travers la région. L’objectif ? Donner la parole aux « Oubliés du développement régional »… et prendre ses distances avec la métropole montpelliéraine de Georges Frêche.